Livry Participatif · Fiches environnement · n° 15 · Combien d’arbres jeunes pour remplacer l’abattage d’un cèdre du Liban bicentenaire ?
Combien d’arbres jeunes pour remplacer l’abattage d’un cèdre du Liban bicentenaire ?
Compensation écologique : qu’indiquent les ordres de grandeur (carbone, ombre, biomasse, évapotranspiration) ?
Contexte
Lors de l’abattage d’arbres urbains, il est fréquent d’entendre parler de « compensation écologique », présentant le remplacement de l’arbre adulte par deux jeunes arbres comme un reverdissement de la ville. Au-delà de l’effet d’annonce, quelle est la réalité scientifique ?
Idée reçue
Idée reçue : « Planter un jeune arbre équilibre la perte d’un grand arbre » FAUX
Exemple : cèdre du Liban > 200 ans
Un cèdre du Liban de plus de 200 ans est un arbre mature de très grand développement, avec une forte biomasse, un système racinaire étendu, et une capacité écologique particulièrement élevée.
- Absorption du CO₂ : 40 à 100 kg/an selon la surface foliaire, contre 10 à 25 kg/an pour un jeune arbre.
- Ombre portée importante (environ 150 à 350 m² en moyenne).
- Habitat pour de nombreuses espèces (insectes, oiseaux, microfaune).
- Évapotranspiration et rafraîchissement urbain majeurs.
| Critère | Cèdre · 200 ans | Jeune cèdre · 3–5 ans |
|---|---|---|
| Biomasse aérienne | 12 000 – 40 000 kg | 20 – 60 kg |
| Surface foliaire | 800 – 1 400 m² | 4 – 12 m² |
| Évapotranspiration | 100 – 250 L/j | 3 – 10 L/j |
| Stockage carbone | 1 200 – 2 000 kg | 10 – 20 kg |
| Ombre portée | 150 – 350 m² | 1 – 3 m² |
| Faune associée | Très riche | Faible |
Combien de jeunes arbres faudrait-il planter ?
Estimation (ordre de grandeur)
Pour compenser globalement les fonctions écologiques d’un tilleul cinquantenaire :
- 100 à 250 jeunes tilleuls seraient nécessaires, en plantation simultanée.
- Le chiffre exact dépend de la survie, de la qualité du sol, de l’entretien, et des interactions écologiques du site.
Il faut au moins une à deux générations (50–120 ans) pour approcher les fonctions écologiques d’un cèdre bicentenaire abattu.
- En milieu urbain, le taux de survie des jeunes arbres est de 50 à 70 %, selon l’arrosage, la qualité du sol et la protection.
- Un arbre bicentenaire, outre sa grande valeur patrimoniale, est un puits de carbone bien plus efficace qu’une plantation jeune.
- La perte est immédiate et durable : les jeunes arbres ne compensent pas à court terme.
En bref
Pour rattraper la suppression d’un cèdre du Liban bicentenaire (tel que l’arbre emblématique de la RN3), 100 à 250 jeunes cèdres seraient nécessaires selon les critères retenus (séquestration carbone, surface foliaire, ombre, évapotranspiration), à condition d’assurer leur entretien sur deux générations. Pour cette raison, la conservation des arbres matures doit être privilégiée. La plantation n’est pas une solution équivalente, mais un effort complémentaire.
Références
Nowak, D. J. et al. (2002), USDA Forest Service — Données agrégées de biomasse par âge, diamètre, espèce.
Réchauffement climatique — « Compenser un arbre abattu, même par trois jeunes, c’est un pari risqué » (Tribune de Genève).
Référence recommandée : Livry Participatif, « Combien d’arbres jeunes pour remplacer l’abattage d’un cèdre du Liban bicentenaire ? », Fiche environnement n° 15, 2025.
Rédaction : Commission Biodiversité.
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