Approbation des procès-verbaux des Conseils municipaux du 21 mars, 30 mars et 16 avril 2026
Délibérations et rapports
2026-06-01 : Communication du Maire – Article L. 2122-22 du CGCT — Rapporteur : M. le Maire
2026-06-02 : Complément à la délibération n°2026-03-07 du 30 mars 2026 portant fixation du nombre d’élus à la Commission consultative des services publics locaux, par une délibération fixant le nombre et désignant les représentants des usagers et des habitants intéressés à la vie des services publics locaux — Rapporteur : M. le Maire
2026-06-03 : Adoption du règlement intérieur du Conseil municipal — Rapporteur : M. le Maire
2026-06-04 : Budget principal Ville – Compte de gestion – Exercice 2025 — Rapporteur : M. MANTEL
2026-06-05 : Election d’un président de séance pour le vote du compte administratif 2025 — Rapporteur : M. MANTEL
2026-06-06 : Budget principal Ville – Compte administratif – exercice 2025 — Rapporteur : M. MANTEL
2026-06-07 : Budget principal Ville – Affectation définitive des résultats – exercice 2025 — Rapporteur : M. MANTEL
2026-06-08 : Approbation du rapport relatif à l’utilisation du fonds de solidarité Ile-de-France au titre de l’exercice 2025 — Rapporteur : M. MANTEL
2026-06-09 : Actualisation du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Prévention de la Délinquance — Rapporteur : M. AIDOUDI
2026-06-10 : Approbation du protocole d’intervention tripartite avec la Société Immobilière et Foncière Action Logement (SIFAE Filiale de l’EPFIF) l’Etablissement public Grand Paris Grand Est et la Ville — Rapporteur : M. RIVET
2026-06-11 : Autorisation préalable de mise en location (APML- Permis de louer) – Demande de délégation à la Ville de Livry-Gargan de la mise en oeuvre et du suivi du dispositif par l’EPT Grand Paris Grand Est — Rapporteur : M. RIVET
2026-06-12 : Bilan des acquisitions et cessions immobilières 2025 — Rapporteur : M. MILOTI
2026-06-13 : Approbation de la convention de partenariat entre la Ville de Livry-Gargan et SEQENS dans le cadre du fonctionnement de la maison de quartier Jacob — Rapporteur : Mme MAÏDOU
2026-06-14 : Approbation de la convention de partenariat entre 1001 Vies Habitat et la Ville de Livry-Gargan dans le cadre de l’animation et le fonctionnement de la maison de quartier Jacob — Rapporteur : Mme MAÏDOU
2026-06-15 : Approbation de la convention de partenariat entre Immobilière 3F et la Ville de Livry-Gargan dans le cadre de l’animation de la maison de quartier Gargan — Rapporteur : Mme MAÏDOU
2026-06-16 : Attribution d’une subvention exceptionnelle à l’AS du Lycée Henri Sellier de Livry-Gargan pour la participation d’une équipe féminine au championnat de France de futsal — Rapporteur : M. CRALIS
2026-06-17 : Approbation de la convention tripartite à conclure pour l’organisation du dispositif « Bel été solidaire et quartiers d’été 2026 » — Rapporteur : M. CRALIS
2026-06-18 : Challenge « Mai à vélo » – Distribution de places de cinéma et de bons d’achat Décathlon — Rapporteur : Mme HERRMANN
2026-06-19 : Approbation du cahier des charges modificatif et complémentaire de la rétrocession du local sis 38 boulevard de Chanzy à Livry-Gargan — Rapporteur : Mme KONE
2026-06-20 : Récompenses pour les bacheliers 2026 — Rapporteur : M. CARON
2026-06-21 : Approbation de la convention entre la région Ile-de-France et la Ville de Livry-Gargan bénéficiaire des tickets-loisirs dans le cadre de l’appel à projets — Rapporteur : M. CARON
2026-06-22 : Modification du règlement de la bourse au projet « Coup de pouce jeunesse » à destination des livryens âgés de 16 à 25 ans – Modalités de versement pour le permis B — Rapporteur : M. CARON
2026-06-23 : Désignation des lauréats de la deuxième session « coup de pouce jeunesse » 2026 — Rapporteur : M. CARON
2026-06-24 : Création d’un emploi permanent et autorisation de recrutement sur le fondement de l’article L. 332-8 2° du Code Général de la Fonction Publique – Professeur de chant (par redéploiement) — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-06-25 : Création d’un emploi permanent et autorisation de recrutement sur le fondement de l’article L. 332-8 2° du Code Général de la Fonction Publique – Professeur de trombone et tuba (par redéploiement) — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-06-26 : Création d’un emploi permanent et autorisation de recrutement sur le fondement de l’article L. 332-8 2° du Code Général de la Fonction Publique – Professeur de harpe (par redéploiement) — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-06-27 : Création d’un emploi permanent et autorisation de recrutement sur le fondement de l’article L. 332-8 2° du Code Général de la Fonction Publique – Maître-nageur (par redéploiement) — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-06-28 : Dérogation au plafonnement des heures supplémentaires des agents des services périscolaires-animation, festivités, jeunesse, installations sportives et police municipale — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-06-29 : Renouvellement de la composition du Comité Social Territorial (CST) et de la Formation Spécialisée en matière de Santé, Sécurité et Condition de Travail (FSSSCT) — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-06-30 : Modification du tableau des effectifs — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-06-31 : Nomination d’un élu pour représenter la Commune de Livry-Gargan à la société publique locale Sequano Grand Paris — Rapporteur : M. le Maire
2026-06-32 : Instauration d’une taxe de séjour communale — Rapporteur : M. MANTEL
Vœu du groupe Livry-Gargan Notre Énergie : Pour un engagement clair des services de l’État en faveur du projet d’un 7ème parc — Rapporteur : non indiqué
Sévigné–Salengro : Livry Participatif sollicite le préfet pour l’instruction d’un arrêté de protection de biotope et des mesures conservatoires rapides
À la suite de l’affichage public du permis de construire concernant la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro, Livry Participatif a saisi le préfet de la Seine-Saint-Denis afin de rappeler sa demande d’instruction prioritaire d’un arrêté préfectoral de protection de biotope et la mise en œuvre de mesures conservatoires rapides, conformément aux objectifs du Code de l’environnement en matière de protection des espèces, de leurs habitats et des continuités écologiques.
Cette démarche concerne le système écologique fonctionnel dit « Sévigné–Salengro », composé du lac de Sévigné, de sa couronne arborée, du corridor arboré du boulevard Roger-Salengro et de la chênaie mature située au 75 boulevard Roger-Salengro.
Livry Participatif avait déjà saisi les services de l’État le 26 novembre 2025 en transmettant un dossier de proposition d’arrêté de protection de biotope. L’association alertait alors sur le fait que l’enjeu environnemental ne pouvait être réduit à la seule parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro, mais devait être apprécié à l’échelle d’un ensemble écologique cohérent, ancien et fonctionnel.
La situation a désormais changé de nature. Le permis de construire relatif au 75 boulevard Roger-Salengro a été signé le 2 avril 2026 et son affichage public a été constaté au mois de mai. Cette évolution fait craindre l’engagement prochain d’opérations préparatoires, d’abattages, de terrassements, de démolitions ou de travaux susceptibles d’altérer de manière irréversible les sols, les arbres matures, les habitats d’espèces protégées et les continuités écologiques du secteur.
Livry Participatif rappelle qu’un permis de construire, même délivré à la suite de décisions juridictionnelles en matière d’urbanisme, ne dispense pas le maître d’ouvrage du respect autonome des règles issues du Code de l’environnement. Les obligations relatives aux espèces protégées, à leurs sites de reproduction, à leurs aires de repos, aux habitats fonctionnels et aux continuités écologiques demeurent pleinement applicables.
L’association demande donc aux services de l’État :
— d’engager prioritairement l’instruction d’un arrêté préfectoral de protection de biotope sur le système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » ;
— de prendre ou recommander des mesures conservatoires permettant d’éviter tout abattage, terrassement, décapage de sols ou destruction d’habitats avant instruction environnementale complète ;
— de mobiliser les services compétents, notamment en matière de police de l’environnement et de protection des espèces ;
— de rappeler au maître d’ouvrage que la délivrance du permis de construire ne neutralise pas les obligations environnementales applicables ;
— d’examiner, à défaut d’APPB, toute mesure préfectorale alternative offrant un niveau de protection équivalent, effectif et opposable.
Cette alerte s’inscrit dans un contexte de mobilisation locale importante. Depuis la fin de l’année 2025, Livry Participatif porte une demande de protection du système Sévigné–Salengro et une pétition citoyenne. Le 16 avril 2026, le Conseil municipal de Livry-Gargan a également adopté à l’unanimité un vœu demandant à l’État d’engager sans délai une procédure d’APPB, ainsi qu’un gel conservatoire dans l’attente d’une protection juridique effective.
Pour Livry Participatif, cette unanimité municipale, associée à la mobilisation citoyenne et au dossier environnemental transmis à l’État, démontre que le sujet dépasse le cadre d’un simple débat d’urbanisme. Il s’agit d’un enjeu de santé publique, de biodiversité urbaine, de protection des arbres matures, de lutte contre les îlots de chaleur, de préservation des sols vivants et de respect du Code de l’environnement.
La chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro ne constitue pas un élément isolé. Elle est l’un des maillons terminaux d’un système écologique associant plan d’eau, couronne arborée, corridor végétal et habitats favorables à l’avifaune, aux chiroptères, aux insectes liés aux vieux bois et à la petite faune terrestre. Sa destruction ou sa banalisation compromettrait durablement la fonctionnalité écologique de l’ensemble.
Livry Participatif demande donc que l’État intervienne en amont, avant toute atteinte irréversible. L’association estime que les mesures d’évitement et de protection doivent primer sur de simples logiques de compensation, qui ne sauraient restituer à court ou moyen terme les fonctions écologiques, climatiques et paysagères d’arbres adultes et d’un système écologique déjà constitué.
Contact presse — Livry Participatif
contact@livryparticipatif.fr livryparticipatif.fr
Lien de la pétition : https://www.change.org/Sévigné-Salengro
● En cours — Pétition active
Pour la protection du système écologique Sévigné–Salengro
Demande de protection effective du lac de Sévigné, de sa couronne arborée,
des alignements structurants et de la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro —
corridor écologique centenaire abritant des espèces protégées (martin-pêcheur,
héron…).
Par décision préfectorale n° 2026-2012 du 7 mai 2026, Livry Participatif a obtenu l’agrément « Entreprise solidaire d’utilité sociale » ESUS. Cette reconnaissance administrative confirme l’inscription de l’association dans le champ de l’économie sociale et solidaire et vient conforter son engagement en faveur de la démocratie participative, de l’information citoyenne, du patrimoine, de l’environnement et du cadre de vie à Livry-Gargan.
Livry Participatif devient ainsi la première association livryenne identifiée comme agréée ESUS. L’agrément ESUS s’inscrit dans le cadre des dispositifs publics relatifs à l’économie sociale et solidaire.
Depuis la loi PACTE, le champ de l’utilité sociale a été précisé afin de mieux prendre en compte les structures engagées dans des activités liées à la transition écologique et à la promotion culturelle. L’obtention de cet agrément par Livry Participatif s’inscrit ainsi pleinement dans cette évolution, au regard des actions menées par l’association sur le territoire.
Livry Participatif agit en faveur de la participation citoyenne, de la compréhension des enjeux locaux et de l’implication des habitants dans la vie de leur territoire. L’association intervient au croisement de plusieurs enjeux essentiels : démocratie locale, information citoyenne, éducation populaire, environnement, patrimoine, urbanisme, mobilités, mémoire locale, culture et vie des quartiers.
Son action repose sur une démarche de terrain, de veille, de médiation, d’alerte, de sensibilisation et de participation. Elle vise également à rendre les sujets locaux plus accessibles, à favoriser l’accès à une information structurée et à accompagner les habitants dans la compréhension des décisions qui transforment leur cadre de vie.
L’obtention de l’agrément ESUS reconnaît ainsi la vocation d’utilité sociale de Livry Participatif et confirme sa légitimité comme acteur associatif local engagé dans en faveur de l’intérêt général.
Si elle ne modifie pas la vocation première de l’association — agir de manière indépendante, constructive et documentée au service des habitants, du territoire et du débat public local — cette reconnaissance vient consolider la place de Livry Participatif parmi les acteurs de l’économie sociale et solidaire engagés dans la vie démocratique, environnementale, patrimoniale et citoyenne.
Livry Participatif poursuivra son action autour de ses grands axes d’engagement : informer, protéger, valoriser, sensibiliser, médier, observer, participer, proposer et alerter lorsque les enjeux locaux le nécessitent.
À propos de Livry Participatif
Livry Participatif est une association loi 1901, observatoire indépendant de la démocratie participative et des quartiers de Livry-Gargan. Elle agit en faveur de l’information citoyenne, de la participation locale, de la protection du cadre de vie, de la valorisation du patrimoine, de la sensibilisation environnementale et de la compréhension des enjeux territoriaux.
Décision préfectorale : n° 2026-2012 du 7 mai 2026
Objet : Relance du courrier du 26 novembre 2025 — Alerte environnementale urgente relative au système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » à la suite de la signature du permis de construire du 2 avril 2026 concernant le 75 boulevard Roger-Salengro — Demande de mesures conservatoires, d’instruction prioritaire d’un arrêté préfectoral de protection de biotope et d’identification des services compétents en cas de réalisation des désordres signalés.
Références
Courrier de Livry Participatif du 26 novembre 2025, référence LP-20251126-ENV-RB-GM-KSV-D, relatif à la demande de mise en place de protections environnementales urgentes et d’un arrêté de protection de biotope sur le système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » ;
Dossier de proposition d’un arrêté de protection de biotope relatif au système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » transmis en annexe du courrier précité ;
Conseil d’État, 1er octobre 2025, n° 498169, Commune de Livry-Gargan / Société H et A ;
CAA Paris, 26 septembre 2024, n° 24PA02736, Commune de Livry-Gargan ;
TA Montreuil, 29 avril 2024, n° 2216659, SAS Heta c/ Commune de Livry-Gargan ;
Affichage public du permis de construire PC 093 046 22 C0039 signé le 2 avril 2026 concernant la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro à Livry-Gargan, porté à la connaissance de Livry Participatif par affichage public sur site le 21 mai 2026.
Pièces jointes
Courrier de Livry Participatif du 26 novembre 2025 et dossier de proposition d’un arrêté de protection de biotope relatif au système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » ;
Vœu pour la protection de la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro adopté à l’unanimité par le Conseil municipal de Livry-Gargan le 16 avril 2026, télétransmis et reçu en préfecture le 30 avril 2026 ;
Pétition en ligne de Livry Participatif relative à la protection du système écologique « Sévigné–Salengro », ayant recueilli 391 signatures à la date du présent courrier ;
Pétitions manuscrites relatives à la protection de la parcelle et du système écologique concerné ayant recueilli 124 signatures par Livry Participatif et 241 signatures par Madame Corinne V*******.
Monsieur le Préfet,
Par courrier en date du 26 novembre 2025, notre association Livry Participatif a officiellement saisi vos services d’une demande de mise en place de protections environnementales urgentes et d’un arrêté préfectoral de protection de biotope relatif au système écologique fonctionnel dit « Sévigné–Salengro », comprenant le lac de Sévigné, sa couronne arborée, le corridor arboré du boulevard Roger-Salengro et la chênaie mature située au 75 boulevard Roger-Salengro.
Ce courrier était accompagné d’un dossier circonstancié démontrant que l’enjeu environnemental ne pouvait être réduit à la seule parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro, mais devait être apprécié à l’échelle d’un ensemble écologique cohérent, ancien et fonctionnel, dont chaque composante contribue au maintien d’habitats, de continuités écologiques, de fonctions climatiques locales et de services écosystémiques essentiels en milieu urbain dense.
Nous revenons vers vous aujourd’hui, d’une part, afin de rappeler l’intégralité de cette alerte initiale et, d’autre part, afin de porter à votre connaissance un élément nouveau d’une importance majeure : la signature, le 2 avril 2026, du permis de construire relatif à la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro, dont notre association a eu connaissance par affichage public sur site au cours de la semaine du 18 mai 2026.
Cette évolution donne à notre précédente alerte un caractère d’urgence renforcée. Elle fait craindre un engagement prochain des opérations préparatoires, des abattages, des terrassements, des démolitions ou des travaux susceptibles d’altérer gravement et irréversiblement le système écologique dont la protection a été sollicitée.
Nous souhaitons, par le présent courrier, attirer solennellement votre attention sur le fait que les risques signalés dans notre dossier du 26 novembre 2025 ne sont plus seulement théoriques ou prospectifs. Ils deviennent désormais immédiats.
1. Rappel du courrier transmis le 26 novembre 2025
Dans notre courrier du 26 novembre 2025, nous rappelions d’abord le contexte juridique du dossier.
Par jugement du 29 avril 2024, le tribunal administratif de Montreuil a annulé la décision par laquelle le maire de Livry-Gargan avait opposé un sursis à statuer à la demande de permis de construire de la société H et A, et a enjoint à la commune de délivrer le permis sollicité.
Par décision du 1er octobre 2025, le Conseil d’État a rejeté le pourvoi formé par la commune de Livry-Gargan, confirmant ainsi, sur le plan de l’urbanisme, l’obligation faite à la commune de délivrer le permis de construire.
Nous avions expressément indiqué que notre démarche ne remettait nullement en cause l’autorité de la chose jugée, ni la compétence du juge administratif sur les questions d’urbanisme. Nous soulignions en revanche que ces décisions ne pouvaient être interprétées comme dispensant le maître d’ouvrage du respect des règles issues du Code de l’environnement, notamment en matière d’espèces protégées, d’habitats, de continuités écologiques, de destruction de milieux naturels et, plus largement, de prévention des atteintes graves à l’environnement.
Notre courrier du 26 novembre 2025 insistait ainsi sur une distinction essentielle : l’autorisation d’urbanisme, même délivrée en exécution d’une décision juridictionnelle, ne saurait effacer les obligations environnementales applicables au projet.
2. Rappel des enjeux écologiques identifiés dans le dossier transmis
Notre dossier mettait en évidence l’existence d’un système écologique fonctionnel structuré autour de quatre composantes principales :
le lac de Sévigné, jouant un rôle de site de nourrissage, de halte et de repère paysager pour plusieurs espèces, notamment avifaunistiques ;
la couronne arborée entourant le lac, qui assure des fonctions de refuge, de repos, de nidification potentielle et de régulation microclimatique ;
le corridor arboré du boulevard Roger-Salengro, d’environ 265 mètres, permettant une continuité écologique entre le noyau lacustre et les boisements situés au sud ;
la chênaie mature du 75 boulevard Roger-Salengro, d’environ 1 440 m², qui constitue le pôle boisé terminal du système et l’un des éléments les plus sensibles de l’ensemble.
Nous indiquions que ce système ne devait pas être lu comme une juxtaposition de parcelles isolées, mais comme un ensemble fonctionnel dans lequel le lac, les arbres, les sols encore perméables, les vieux sujets arborés, les continuités végétales et les circulations faunistiques forment un même biotope urbain.
Nous attirions particulièrement l’attention de vos services sur le rôle de la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro. Celle-ci présente plusieurs caractéristiques cumulatives : présence de chênes matures, voire anciens ; potentiel de cavités, de bois mort, de micro-habitats et de vieux bois ; intérêt pour l’avifaune, les chiroptères, les insectes saproxyliques et la petite faune terrestre, dont la présence de hérissons vus entrant et sortant du terrain ; rôle dans la stabilisation des sols ; fonction de refuge et de relais écologique ; contribution à l’îlot de fraîcheur local.
Nous soulignions également que la destruction de cette chênaie ne produirait pas seulement une perte ponctuelle d’arbres, mais entraînerait une rupture de la fonctionnalité écologique de l’ensemble du système « Sévigné–Salengro ».
3. Rappel des risques climatiques, sanitaires et hydrologiques signalés
Notre courrier du 26 novembre 2025 mettait également en évidence le rôle de ce système dans la lutte contre les îlots de chaleur urbains.
Le lac de Sévigné, les espaces de pleine terre, les grands arbres, la couronne végétale, le corridor arboré et la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro forment ensemble un îlot de fraîcheur dans un secteur soumis à une pression d’urbanisation importante.
Nous indiquions que la destruction de la chênaie terminale, combinée à l’imperméabilisation accrue de la parcelle, ne pouvait qu’aggraver localement les phénomènes de surchauffe urbaine, avec des conséquences directes pour les populations riveraines, notamment les personnes les plus vulnérables lors des épisodes de fortes chaleurs.
Notre dossier appelait aussi l’attention sur les interrogations relatives aux sols, à la gestion des eaux, aux circulations souterraines et à la cohérence hydrologique du secteur. À ce titre, nous avions demandé que soient examinés, avant tout engagement de travaux, les risques liés à la nature des sous-sols, aux eaux souterraines, à la stabilité des terrains et aux éventuelles interactions entre l’artificialisation de la parcelle et le fonctionnement hydrologique du système.
Ces éléments sont aujourd’hui d’autant plus préoccupants que la signature du permis de construire fait entrer le dossier dans une phase opérationnelle.
4. Rappel des demandes formulées le 26 novembre 2025
Dans notre courrier initial, nous demandions respectueusement à vos services :
l’ouverture d’une instruction en vue de la création d’un arrêté préfectoral de protection de biotope ciblé sur le système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » ;
de rappeler formellement au maître d’ouvrage que la délivrance du permis de construire ne le dispense en aucun cas du respect des dispositions du Code de l’environnement, notamment celles relatives aux espèces protégées, à leurs habitats, à leurs sites de reproduction et à leurs aires de repos ;
d’examiner les éléments scientifiques déjà rassemblés par Livry Participatif afin de déterminer s’ils pouvaient fonder des mesures de protection immédiates ;
de subordonner tout abattage d’arbres, tout terrassement, toute démolition et toute intervention susceptible d’altérer les milieux à la réalisation d’inventaires naturalistes ciblés et actualisés ;
de solliciter, le cas échéant, l’intervention de l’Office français de la biodiversité afin de contrôler sur place le respect des règles relatives aux espèces protégées ;
d’examiner la possibilité de reconfigurer le projet de manière à préserver la chênaie, la continuité écologique et la fonction d’îlot de fraîcheur du système.
Ces demandes demeurent pleinement d’actualité. Elles revêtent même désormais une urgence particulière.
5. Élément nouveau : signature du permis de construire le 2 avril 2026 et affichage public constaté durant la semaine du 18 mai 2026
Notre association a constaté, au cours de la semaine du 18 mai 2026, l’affichage public du permis de construire relatif à la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro.
Il ressort de cet affichage que le permis a été signé le 2 avril 2026.
Cette information constitue un changement substantiel dans l’appréciation du risque. Elle signifie que le projet est susceptible d’entrer rapidement dans une phase d’exécution matérielle.
Or, à notre connaissance, les éléments environnementaux que nous avions portés à votre attention le 26 novembre 2025 n’ont pas encore donné lieu à une mesure conservatoire, à une information publique spécifique, à une procédure d’APPB ou à une clarification formelle des garanties applicables avant travaux.
Dans ces conditions, le risque d’atteinte irréversible au système écologique « Sévigné–Salengro » devient immédiat.
Nous sollicitons donc une intervention prioritaire de vos services afin que tout démarrage de travaux, tout abattage d’arbres, tout décapage de sols, tout terrassement ou toute intervention susceptible d’altérer les habitats, les sols, les continuités écologiques ou les fonctions climatiques du site soit précédé d’une instruction environnementale complète.
6. Mobilisation citoyenne et pétitions publiques
Nous souhaitons également porter à votre connaissance que la situation du système écologique « Sévigné–Salengro » a suscité une mobilisation citoyenne significative.
La pétition publique portée en ligne par Livry Participatif en faveur de la protection de ce système écologique a recueilli, à la date du présent courrier, 391 signatures, dont celle de Monsieur le Maire de Livry-Gargan, de nombreux adjoints et conseillers municipaux, toutes tendances confondues.
En outre, plusieurs autres pétitions citoyennes ont simultanément vu le jour sur le même sujet ou sur des sujets directement liés à la protection de la parcelle, de la chênaie, du cadre de vie et de l’environnement local. À ce jour, ces pétitions ont recueilli respectivement :
Pétition manuscrite de Livry Participatif : 124 signatures ;
Pétitions manuscrites par Madame Corinne V******* nous ayant été transmise : 241 signatures.
Cette mobilisation ne saurait être interprétée comme une simple opposition ponctuelle à un projet immobilier. Elle traduit une inquiétude collective et documentée concernant la destruction possible d’un élément majeur du patrimoine naturel local, les risques de rupture écologique, l’aggravation des îlots de chaleur, la perte d’un espace de pleine terre, la disparition d’arbres matures non compensables à court ou moyen terme, ainsi que les conséquences potentielles, notamment sanitaires, pour les populations riveraines.
Elle confirme que le dossier dépasse le seul cadre d’un litige d’urbanisme. Il relève désormais d’un enjeu environnemental, sanitaire, démocratique et territorial.
7. Vote unanime du Conseil municipal le 16 avril 2026
Nous souhaitons également rappeler que, le 16 avril 2026, le Conseil municipal de Livry-Gargan a adopté à l’unanimité un vœu demandant à l’État d’engager sans délai une procédure d’arrêté préfectoral de protection de biotope afin d’assurer une protection juridique forte et opposable du système écologique « Sévigné–Salengro ».
Ce vœu, adopté à l’unanimité des groupes majoritaire et minoritaires, s’appuie notamment sur l’existence du système écologique cohérent formé autour du lac de Sévigné, des alignements arborés et de la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro.
Il rappelle également la présence d’espèces protégées ou d’intérêt patrimonial, les risques d’abattage, d’artificialisation des sols et de rupture des continuités écologiques, ainsi que le caractère irréversible des atteintes qui pourraient être portées à un système écologique ancien, non compensable par de simples replantations.
Ce vœu demande expressément :
que l’État engage sans délai une procédure d’APPB ;
que, dans l’attente de cette protection, toute intervention susceptible d’altérer ces milieux fasse l’objet d’un gel conservatoire ;
que ce gel inclue l’interdiction des abattages et des travaux ayant un impact sur les sols, les habitats et la continuité écologique ;
qu’à défaut d’APPB, des mesures préfectorales alternatives offrant un niveau de protection équivalent soient mises en œuvre ;
que les collectivités locales et les habitants soient pleinement informés des procédures, études et décisions relatives à l’avenir du site.
Nous relevons que ce vœu a été télétransmis en préfecture et reçu par vos services le 30 avril 2026.
Il existe donc désormais une convergence particulièrement nette entre l’alerte associative formulée par Livry Participatif dès le 26 novembre 2025, la mobilisation citoyenne exprimée par plusieurs pétitions et la position officielle du Conseil municipal de Livry-Gargan.
Cette convergence appelle, selon nous, une réponse préfectorale rapide, explicite et proportionnée.
8. Demande de mesures conservatoires immédiates
Au regard de ce qui précède, nous vous demandons respectueusement de bien vouloir examiner, en urgence, la possibilité de prendre ou de faire prendre toute mesure conservatoire utile afin d’éviter que les travaux autorisés par le permis signé le 2 avril 2026 ne produisent des effets irréversibles avant l’instruction environnementale complète du dossier.
Ces mesures pourraient notamment porter sur :
la suspension de tout abattage d’arbres dans l’attente d’un contrôle environnemental ;
l’interdiction provisoire de toute intervention susceptible d’altérer les sols, les habitats, les vieux arbres, les continuités écologiques ou les zones de refuge de la faune ;
la réalisation d’un contrôle sur site par les services compétents, notamment l’OFB ;
la vérification de l’existence ou non d’espèces protégées, de sites de reproduction, d’aires de repos, de gîtes arboricoles, de cavités, de vieux bois, de micro-habitats ou d’habitats d’intérêt ;
l’examen des risques liés à l’imperméabilisation, à la modification des écoulements, à la nature des sous-sols et aux conséquences potentielles pour les parcelles riveraines ;
l’identification des garanties environnementales exigibles avant toute exécution matérielle du permis.
Il nous semble indispensable que ces vérifications interviennent avant tout commencement de travaux, et non après la destruction des éléments écologiques en cause.
9. Demande d’instruction prioritaire de l’APPB
Nous renouvelons expressément notre demande d’ouverture d’une instruction en vue de la création d’un arrêté préfectoral de protection de biotope portant sur le système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro ».
Cette demande ne vise pas seulement la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro prise isolément. Elle vise l’ensemble du système composé du lac de Sévigné, de sa couronne arborée, du corridor arboré du boulevard Roger-Salengro et de la chênaie terminale du 75 boulevard Roger-Salengro.
L’objet de cette protection serait de préserver les conditions nécessaires à l’alimentation, au repos, au déplacement, à la reproduction ou au refuge des espèces protégées ou patrimoniales utilisant ce système comme habitat fonctionnel.
À défaut d’APPB, nous sollicitons que vos services examinent les mesures alternatives susceptibles d’assurer un niveau de protection équivalent, opposable et effectif, conformément au vœu adopté par le Conseil municipal.
10. Demande d’identification des services compétents et de la chaîne de responsabilité administrative
Compte tenu du caractère désormais opérationnel du dossier, nous souhaitons également vous demander une clarification formelle.
Dans l’hypothèse où le permis de construire signé le 2 avril 2026 serait mis à exécution et où se réaliseraient les désordres environnementaux, écologiques, hydrologiques, climatiques, sanitaires ou liés aux sous-sols signalés dans notre dossier du 26 novembre 2025, nous vous demandons de bien vouloir nous indiquer quels services, autorités administratives ou administrations seraient compétents à chaque stade de la prévention, du contrôle, de l’alerte, de l’instruction et, le cas échéant, de la constatation des manquements.
Cette demande ne vise pas à préjuger juridiquement d’une responsabilité déterminée. Elle vise à assurer la traçabilité administrative du dossier et à permettre aux citoyens, aux associations, aux collectivités et aux riverains d’identifier clairement les interlocuteurs compétents avant qu’un dommage irréversible ne survienne.
Nous souhaiterions notamment savoir quels services seraient compétents pour apprécier ou contrôler :
le respect des dispositions du Code de l’environnement relatives aux espèces protégées et à leurs habitats ;
l’existence éventuelle d’une obligation d’inventaire naturaliste complémentaire avant travaux ;
la nécessité d’une dérogation espèces protégées, le cas échéant ;
l’opportunité d’une procédure d’APPB ou d’une mesure préfectorale alternative ;
la protection des continuités écologiques et des habitats fonctionnels ;
les conséquences du projet sur l’îlot de fraîcheur local et sur l’adaptation du secteur aux épisodes de fortes chaleurs ;
les risques liés aux eaux souterraines, aux sols, aux sous-sols, aux terrassements, à l’imperméabilisation et aux éventuelles instabilités ou interactions hydrologiques ;
les risques pour les populations humaines avoisinantes, notamment en matière de chaleur urbaine, de ruissellement, de mouvements de terrain ou de désordres affectant les parcelles voisines ;
les modalités d’intervention de l’OFB ou de tout service de police de l’environnement en cas de début de travaux sans garanties suffisantes.
Nous vous demandons également de bien vouloir nous préciser, dans cette même logique, si vos services considèrent que la seule existence du permis de construire signé le 2 avril 2026 suffit à autoriser matériellement des interventions portant sur des éléments susceptibles de constituer des habitats d’espèces protégées, ou si des vérifications environnementales préalables demeurent nécessaires avant tout abattage, terrassement ou intervention affectant les milieux.
Sur la seule parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro, des présences de hérissons, vus entrant ou sortant du terrain, et de chiroptères ont été rapportées par des riverains, ce qui est confirmé par les bases naturalistes existantes.
Cette clarification nous paraît indispensable afin d’éviter toute confusion entre la régularité urbanistique du permis et le respect autonome des obligations environnementales.
11. Risque d’irréversibilité et absence de compensation équivalente
Nous souhaitons enfin insister sur le caractère irréversible des atteintes susceptibles d’être portées au site.
La destruction de chênes matures, l’altération de vieux bois, la disparition de cavités, la suppression de sols de pleine terre, la rupture d’un corridor écologique, l’imperméabilisation d’une parcelle en continuité avec un ensemble lacustre et arboré ne peuvent être compensées par de simples plantations nouvelles.
Même lorsque des replantations sont prévues, celles-ci ne restituent ni l’âge des arbres détruits, ni leurs fonctions écologiques, ni leur rôle microclimatique, ni leurs micro-habitats, ni la qualité des sols, ni la continuité fonctionnelle existante.
Le risque est donc celui d’une perte nette de biodiversité, de fonctionnalité écologique et de résilience climatique pour le quartier.
Il s’agit précisément du type de situation dans laquelle une intervention préventive des pouvoirs publics apparaît nécessaire.
12. Conclusions
Au regard de l’ensemble des éléments rappelés ci-dessus, notre association vous propose respectueusement :
de bien vouloir accuser réception de la présente alerte complémentaire ;
de nous indiquer les suites données au courrier de Livry Participatif du 26 novembre 2025 et au dossier de proposition d’APPB qui l’accompagnait ;
de prendre ou recommander toute mesure conservatoire utile permettant d’empêcher les abattages, terrassements, destructions d’habitats ou altérations des sols conformément aux objectifs définis par le Code de l’environnement sur des espaces abritant des espèces protégées ;
d’examiner en urgence les conséquences environnementales de la signature du permis de construire du 2 avril 2026 concernant le 75 boulevard Roger-Salengro ;
de saisir ou mobiliser les services compétents afin qu’un contrôle environnemental préalable puisse intervenir avant tout démarrage de travaux ;
de faire examiner prioritairement l’opportunité d’une procédure d’APPB sur le système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » eu égard à l’urgence nouvellement constatée ;
de faire préciser au maître d’ouvrage que le permis de construire ne le dispense en aucun cas du respect des règles relatives aux espèces protégées, aux habitats, aux continuités écologiques, aux sols et aux éventuelles autorisations environnementales nécessaires ;
de nous indiquer quels services ou autorités seraient compétents en cas de réalisation des désordres environnementaux, hydrologiques, sanitaires ou liés aux sous-sols signalés dans notre dossier ;
de nous préciser si vos services envisagent une réunion de travail associant, le cas échéant, la préfecture, la DRIEAT, l’OFB, la commune, les associations compétentes et les représentants des riverains.
Notre association est consciente des contraintes liées à la production de logements et des suites juridictionnelles intervenues dans ce dossier.
Notre démarche ne vise pas à contester, par le présent courrier, les décisions rendues en matière d’urbanisme. Elle vise à rappeler qu’un permis de construire, même délivré en exécution d’une décision juridictionnelle, ne saurait neutraliser les obligations issues du Code de l’environnement ni priver les services de l’État de leur capacité d’intervention en matière de protection des espèces, des habitats, des biotopes, des continuités écologiques et de prévention des risques environnementaux.
Depuis notre courrier du 26 novembre 2025, la situation a profondément évolué : le permis a été signé, son affichage public est désormais intervenu, plusieurs pétitions citoyennes ont été lancées, la pétition de Livry Participatif a recueilli respectivement 328 et 108 signatures et le Conseil municipal de Livry-Gargan a adopté à l’unanimité un vœu demandant à l’État d’engager sans délai une procédure d’APPB.
Il existe donc aujourd’hui une proposition associative, une mobilisation citoyenne et une expression institutionnelle locale concordantes.
Nous vous demandons en conséquence de bien vouloir considérer le présent courrier comme une alerte environnementale urgente et comme une demande formelle de mise en œuvre des pouvoirs de prévention, d’instruction et de police de l’environnement relevant de l’État.
Nous restons naturellement à la disposition de vos services pour transmettre tout élément complémentaire utile : photographies, observations de terrain, éléments cartographiques, données relatives aux îlots de chaleur, relevés naturalistes, extraits de documents d’urbanisme, éléments relatifs aux pétitions et documents déjà rassemblés dans le cadre du dossier « Sévigné–Salengro ».
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre haute considération.
Pour l’association Livry Participatif,
Le Président de Livry Participatif
Le Vice-Président, référent juridique
La Référente Biodiversité
Copies
Monsieur le Maire de Livry-Gargan
Monsieur le Président du Conseil départemental
Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports — DRIEAT Île-de-France
Office français de la biodiversité — OFB
Président de l’Établissement Public Territorial Grand Paris Grand Est
Environnement 93 — FNE 93
Les Amis du Parc forestier de la Poudrerie
LPO France
ANCA
APFP
ASPAS
Association A.R.B.R.E.S.
Livry Participatif
contact@livryparticipatif.fr — livryparticipatif.fr
Association déclarée par application de la Loi du 1er juillet 1901 et du décret du 16 août 1901.
RNA W932012473 – SIREN 922 085 584 – NAF / APE 94.99Z
● En cours — Pétition active
Pour la protection du système écologique Sévigné–Salengro
Demande de protection effective du lac de Sévigné, de sa couronne arborée,
des alignements structurants et de la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro —
corridor écologique centenaire abritant des espèces protégées (martin-pêcheur,
héron…).
2026-04-01 : Communication du Maire – Article L. 2122-23 du CGCT — Rapporteur : M. le Maire
2026-04-02 : Constitution d’un groupement de commandes permanent entre la Ville et le CCAS — Rapporteur : M. Mantel
2026-04-03 : Etat récapitulatif des indemnités des élus – 2025 — Rapporteur : M. Mantel
2026-04-04 : Ajustement d’autorisation de programme et crédits de paiement (AP/CP) — Rapporteur : M. Mantel
2026-04-05 : Budget principal Ville – Affectation provisoire des résultats – Exercice 2025 — Rapporteur : M. Mantel
2026-04-06 : Budget principal Ville – Vote des taux 2026 de fiscalité directe locale — Rapporteur : M. Mantel
2026-04-07 : Budget principal de la Ville – Exercice 2026 – Vote du Budget Primitif — Rapporteur : M. Mantel
2026-04-08 : Adoption du règlement Budgétaire et Financier – Budget principal de la Ville — Rapporteur : M. Mantel
2026-04-09 : Octroi de garantie à certaines créances de l’agence France locale – année 2026 — Rapporteur : M. Mantel
2026-04-10 : Attribution des subventions aux associations du secteur sportif — Rapporteur : M. Cralis
2026-04-11 : Attribution des subventions aux associations du secteur de la culture — Rapporteur : M. Cralis
2026-04-12 : Attribution des subventions aux associations du secteur de la citoyenneté — Rapporteur : M. Cralis
2026-04-13 : Attribution des subventions aux associations dans le domaine de l’environnement — Rapporteur : M. Cralis
2026-04-14 : Attribution des subventions aux associations du secteur social — Rapporteur : M. Cralis
2026-04-15 : Attribution des subventions aux associations du secteur Education — Rapporteur : M. Cralis
2026-04-16 : Approbation de la convention de mécénat à conclure avec Quadrature Restauration — Rapporteur : M. Aidoudi
2026-04-17 : Attribution d’une subvention exceptionnelle à l’association Todos Juntos en soutien au Portugal suite au passage de la tempête Kristin — Rapporteur : Mme Choneau
2026-04-18 : Attribution d’une subvention exceptionnelle au profit d’un projet pédagogique relatif à la laïcité et à la citoyenneté – Ecole Elémentaire Bellevue — Rapporteur : Mme Boudjemai
2026-04-19 : Attribution d’une subvention exceptionnelle relative au projet de classe devoir de mémoire en Normandie pour l’école élémentaire Benoît Malon — Rapporteur : Mme Boudjemai
2026-04-20 : Attribution d’une subvention exceptionnelle relative au projet de classe les nouvelles technologies du Futuroscope de l’école élémentaire Bayard — Rapporteur : Mme Boudjemai
2026-04-21 : Attribution d’une subvention exceptionnelle relative au projet de classe découverte Futuroscope de l’école élémentaire Joséphine Baker — Rapporteur : Mme Boudjemai
2026-04-22 : Attribution d’une subvention exceptionnelle relatif au projet de classe découverte équestre de l’école élémentaire Danton — Rapporteur : Mme Boudjemai
2026-04-23 : Abrogation de la délibération relative à la tarification pour l’enlèvement des dépôts d’ordures ménagères et des déchets en dehors des périodes de collecte — Rapporteur : M. Baratta
2026-04-24 : Abrogation de la délibération n°2024-02-16 du 8 février 2024 fixant un barème des astreintes administratives en matière d’urbanisme et d’habitat indigne — Rapporteur : M. Rivet
2026-04-25 : Adhésion au club des managers du centre-ville (CMCV) — Rapporteur : Mme Koné
2026-04-26 : Approbation de la convention de partenariat entre 1001 Vies Habitat et la Ville de Livry-Gargan dans le cadre de l’animation et le fonctionnement de la maison de quartier Jacob — Rapporteur : Mme Maïdou
2026-04-27 : Acquisition de la parcelle de Mme GRAYLEN – 26 allée de Stalingrad 93190 Livry-Gargan — Rapporteur : M. Miloti
Vœu Livry-Gargan, notre énergie ! Un renforcement des moyens de l’Education nationale au sein de nos établissements scolaires est nécessaire ! — Rapporteur : non indiqué
Vœu Notre ambition : Livry-Gargan, notre force : Vous ! Demande de protection de la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro. — Rapporteur : non indiqué
Questions diverses
Envoi complémentaire (14 avril 2026) : Abrogation de la délibération relative à la désignation du délégué titulaire et du délégué suppléant à l’Agence Métropolitaine des mobilités partagées. Envoi complémentaire (14 avril 2026) : Modification de la liste des commissaires à la commission communale des impôts directs.
Approbation du procès-verbal du Conseil municipal du 20 février 2026
Délibérations et rapports
2026-03-01 : Communication du Maire – Article L. 2122-22 du CGCT — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-02 : Délégation du Conseil Municipal au Maire – Article L. 2122-22 du CGCT — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-03 : Fixation des indemnités des élus et répartition de l’enveloppe globale — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-04 : Indemnités du Maire – Fixation du montant alloué après majoration — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-05 : Désignation des élus à la commission d’appel d’offres — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-06 : Désignation des élus à la commission de délégation de service public — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-07 : Fixation du nombre d’élus à la commission consultative des services publics locaux — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-08 : Désignation des élus à la commission consultative des services publics locaux — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-09 : Approbation de la liste des commissaires à la commission communale des impôts directs — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-10 : Composition de la commission de contrôle des listes électorales — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-11 : Création de la commission communale pour l’accessibilité et désignation des élus — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-12 : Désignation des membres du Conseil municipal chargés d’élaborer le règlement intérieur du Conseil municipal — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-13 : Fixation du nombre de représentants de la Ville de Livry-Gargan au Centre Communal d’Action Sociale de Livry-Gargan — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-14 : Désignation et élection des représentants de la Ville de Livry-Gargan au Centre Communal d’Action Sociale de Livry-Gargan — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-15 : Election des représentants à l’Agence France Locale — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-16 : Désignation du délégué titulaire et du délégué suppléant au Syndicat Intercommunal de la Périphérie de Paris pour les Energies et les Réseaux — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-17 : Désignation du délégué titulaire et suppléant au service public du gaz, de l’électricité et des énergies locales en Île-de-France — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-18 : Election des conseillers territoriaux au sein du Conseil de Territoire de l’Etablissement Public Territorial – Grand Paris Grand Est — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-19 : Désignation des représentants titulaire et suppléant de la Commune de Livry-Gargan à la Commission Locale d’Evaluation des Charges Territoriales (CLECT) de l’Etablissement Public Territorial – Grand Paris Grand Est — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-20 : Désignation des représentants au comité stratégique de la société du Grand Paris — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-21 : Désignation du délégué titulaire et suppléant au comité syndical du Syndicat Intercommunal funéraire de la région parisienne (SIFUREP) — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-22 : Désignation des représentants de la Ville de Livry-Gargan à l’Institut Médicoéducatif de Livry-Gargan — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-23 : Désignation des représentants de la Ville au Conseil d’Administration de l’Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) « Emile Gérard » — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-24 : Désignation du représentant de la Ville au Collège des Elus de l’Assemblée Générale de la mission locale pour l’emploi de la DHUYS — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-25 : Désignation des représentants de la Commune de Livry-Gargan au sein des conseils d’écoles des établissements du 1er degré et du second degré — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-26 : Désignation des représentants de la Commune de Livry-Gargan au sein des Conseils d’Administration des collèges et Lycées de Livry-Gargan — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-27 : Désignation des représentants au Collège des élus du Comité National d’Action Sociale pour le personnel des Collectivités Territoriales et de leurs établissements publics — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-28 : Création de la commission permanente administration générale et service à la population — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-29 : Désignation des membres de la commission permanente administration générale — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-30 : Désignation des membres de la commission permanente service à la population — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-31 : Création de la commission consultative ad hoc du règlement général de la voirie communale des voies privées ouvertes à la circulation publique — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-32 : Exercice du droit individuel à la formation des élus — Rapporteur : M. le Maire
2026-03-33 : Indemnité pour frais de représentation du Maire — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-03-34 : Remboursement des frais de déplacement engagés par les élus de la Commune de Livry-Gargan au titre d’un mandat spécial — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-03-35 : Remboursement des frais des élus engagés au nom de la Commune de Livry-Gargan au titre de leur mandat électif — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-03-36 : Désignation du délégué titulaire et du délégué suppléant à l’Agence Métropolitaine des mobilités partagées — Rapporteur : M. le Maire
Lancement d’une pétition adressée au Préfet de la Seine-Saint-Denis
● En cours — Pétition active
Pour la protection du système écologique Sévigné–Salengro
Demande de protection effective du lac de Sévigné, de sa couronne arborée,
des alignements structurants et de la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro —
corridor écologique centenaire abritant des espèces protégées (martin-pêcheur,
héron…).
Livry-Gargan, 23 mars 2026 — A l’initiative de Livry Participatif, une pétition demande demande au préfet d’étudier la mise en œuvre d’une protection environnementale effective du système écologique Sévigné–Salengro à Livry-Gargan, ensemble cohérent comprenant notamment le lac de Sévigné, une couronne arborée, un alignement d’arbres structurants assurant une continuité écologique, ainsi que la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro.
Un ensemble écologique fonctionnel au cœur d’un tissu urbain dense
Cet ensemble forme une continuité fonctionnelle stabilisée depuis plusieurs siècles, assurant des fonctions essentielles de refuge, alimentation, reproduction et déplacement pour la faune et la flore en milieu urbanisé. L’association rappelle également que ce système constitue un cadre de vie identifié par les habitants, à travers la présence d’arbres majeurs (chênes et sujets d’alignement) et d’une faune observable au quotidien.
Des enjeux naturalistes et des risques identifiés
La pétition souligne des enjeux naturalistes, notamment pour l’avifaune et les chiroptères, avec la présence d’espèces relevant de régimes de protection au titre du code de l’environnement, dont une relevant de la directive européenne « Oiseaux » (Martin-pêcheur), éléments que l’association indique avoir étayés par des observations.
Livry Participatif attire par ailleurs l’attention sur un risque immédiat et concret : la pression de promotion immobilière et la perspective d’opérations impliquant artificialisation et fragmentation d’un système écologique ancien. Sont notamment évoqués : abattages, rupture des alignements, remaniement des sols et nuisances induites. La pétition rappelle que la destruction d’un système pluriséculaire ne peut être compensé à court ou moyen terme.
Une demande principale : un Arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB)
Au cœur de la démarche, l’association demande l’engagement prioritaire d’une procédure d’Arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) visant les habitats et continuités constitutifs du système Sévigné–Salengro (lac, couronne, alignements et chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro), afin d’encadrer strictement toute intervention susceptible de dégrader les milieux et d’empêcher des atteintes irréversibles.
À défaut d’APPB, la pétition sollicite des mesures préfectorales alternatives offrant un niveau de protection équivalent, explicitement opposables et assorties d’un calendrier, incluant notamment : prescriptions d’évitement et de réduction, interdiction des abattages et altérations d’habitats, protection des alignements et de la chênaie, gel conservatoire pendant l’instruction, suivi écologique et information du public.
Par ailleurs, le système menacé constitue actuellement un ilot de fraicheur crucial pour Livry-Gargan, sa suppression faisant courir un risque sanitaire notamment pour les populations les plus fragiles. En outre, le terrain menacé se situe sur une zone de risque hydrologique.
Une pétition ouverte aux signatures
La pétition a vocation à être transmise à Monsieur le Préfet de la Seine-Saint-Denis. Livry Participatif invite les habitantes et habitants de Livry-Gargan, ainsi que toute personne concernée par la protection des continuités écologiques urbaines, à se renseigner et à participer à la démarche.
Contact presse — Livry Participatif
contact@livryparticipatif.fr livryparticipatif.fr
Lien de la pétition : https://www.change.org/Sévigné-Salengro
Les Cahiers de Livry Participatif, 2025, p. 51–76.
En 1975, dans la banlieue parisienne de Livry-Gargan, un petit pavillon de l’avenue du Consul-Général-Nordling est devenu le berceau d’une véritable révolution de la bande dessinée. C’est dans ce pavillon – la demeure de Jean-Pierre Dionnet – que prit forme le magazine Métal Hurlant, sous l’impulsion de Dionnet et de ses comparses Philippe Druillet et Jean Giraud (alias Moebius), avec le soutien financier de Bernard Farkas. Ensemble, ce groupe fondateur allait bouleverser les codes de la bande dessinée et poser les bases d’un mouvement créatif à l’influence mondiale et multimédia.
Historique de la création du magazine Métal Hurlant
Le contexte et la genèse à Livry-Gargan
Au milieu des années 1970, la bande dessinée française connaît une effervescence créative sans précédent. Des auteurs en quête de liberté cherchent à s’affranchir des cadres traditionnels des magazines BD pour jeunesse (Pilote, Tintin, etc.). Jean-Pierre Dionnet, jeune scénariste passionné de science-fiction, ressent ce besoin d’émancipation : chez Pilote, où il écrit depuis 1968, il se heurte au refus de René Goscinny de publier davantage de récits de SF adultes. En 1974, il fait ses premières armes éditoriales aux côtés de Nikita Mandryka sur le magazine underground L’Écho des savanes. Fort de cette expérience, Dionnet rallie deux dessinateurs visionnaires qu’il admire (Philippe Druillet et Jean Giraud dit Moebius) ainsi que son ami entrepreneur Bernard Farkas.
C’est ainsi qu’en décembre 1974, le quatuor décide de fonder une nouvelle maison d’édition faite sur mesure pour leurs projets atypiques, Les Humanoïdes Associés, avec l’idée de publier une revue trimestrielle de bandes dessinées de science-fiction totalement libérée des contraintes habituelles. Le projet prend forme concrètement dans le pavillon familial de Jean-Pierre Dionnet à Livry-Gargan. La demeure familiale devient bientôt le quartier général improvisé des réunions éditoriales et prend des airs de maison d’artistes. Le titre choisi, Métal Hurlant (littéralement « métal hurlant », évocateur d’une énergie brute et futuriste), reflète l’esprit du magazine : un cri nouveau dans le monde de la BD, mêlant imaginaire SF, culture rock et liberté créative totale.
Le numéro 1
En janvier 1975, le numéro 1 de Métal Hurlant paraît enfin. En couverture, une créature fantastique hurlant à la lune sous un logo métallique annonce une nouvelle ère de la bande dessinée adulte. Le magazine, alors trimestriel, compte 68 pages grand format dont 16 en couleurs. La maquette porte la mention « Réservé aux adultes ». Dès ces premières pages, Dionnet, rédacteur en chef, donne le ton : Métal Hurlant sera un laboratoire d’expérimentations graphiques et scénaristiques. Les lecteurs y découvrent notamment les premières planches muettes d’« Arzach » de Moebius ou les délires baroques de Lone Sloane par Philippe Druillet, aux côtés de jeunes talents et d’auteurs internationaux encore inconnus du public français.
Un creuset créatif sans précédent
La réunion de ces esprits créatifs dans le pavillon de Livry-Gargan va rapidement produire une alchimie unique. Dionnet veille à la diversité des styles et à la qualité éditoriale : Métal Hurlant accueille aussi bien le trait classique d’un Paul Gillon ou d’une Chantal Montellier que l’extravagance psychédélique de Druillet ou de Moebius. Tous partagent l’ambition de repousser les limites du 9e art. Le magazine publie coup sur coup des histoires devenues cultes, de « Arzach » (1975) à « Le Garage hermétique » (Moebius, 1976–1979), en passant par les sagas oniriques de Druillet ou les premières collaborations avec le cinéaste Alejandro Jodorowsky (qui signera plus tard L’Incal avec Moebius et Les aventures d’Alef-Thau). Les pages de Métal Hurlant brisent les tabous : la science-fiction y côtoie l’heroic fantasy, l’érotisme, le fantastique et même le polar, le tout servi par des graphismes innovants allant de l’hyperréalisme au cartoon.
Le succès d’estime est immédiat et, très vite, Métal Hurlant gagne en rythme de parution. D’abord trimestriel, le magazine devient bimestriel dès le numéro 7 puis mensuel au numéro 9, face à la demande grandissante des lecteurs. En 1977, une version américaine intitulée Heavy Metal est lancée et remporte un vif succès aux États-Unis. Durant cette période faste, Les Humanoïdes Associés multiplient également les albums reliés, offrant une seconde vie aux meilleures histoires parues dans la revue. À la fin des années 1970, il est diffusé dans plus de 15 pays différents, un fait inédit pour une revue BD française.
Malgré une gestion parfois chaotique et un dépôt de bilan en 1980, Métal Hurlant continue d’être publié jusqu’en 1987, laissant derrière lui 133 numéros d’une richesse artistique exceptionnelle. L’aventure connaîtra des prolongements tardifs (tentatives de relance en 2002 puis en 2021), mais c’est bien sa naissance à Livry-Gargan et son âge d’or (1975–1985) qui ont scellé son statut mythique.
Panneau d’ouverture de la section L’épopée initiale (1975–1987) de l’exposition Métal Hurlant, RDVBD Amiens, 21 juin 2025. — Roman Brugeat / Livry Participatif, 2025.
Chronologie : les dates-clés de Métal Hurlant et de ses dérivés
Date
Événement
Déc. 1974
Fondation des Humanoïdes Associés par Dionnet, Druillet, Moebius, Farkas.
Janv. 1975
Parution du numéro 1 de Métal Hurlant (pavillon Dionnet, Livry-Gargan).
1977
Lancement du mensuel américain Heavy Metal, adaptation US de Métal Hurlant.
Fin 1970s
Métal Hurlant est publié dans 17 pays différents (diffusion internationale record).
1981
Sortie du film d’animation Heavy Metal (Métal Hurlant, la machine à rêver) au cinéma.
Juil. 1987
Cessation de parution de Métal Hurlant (dernier numéro de la première époque).
2002-2004
Première relance du magazine (version franco-américaine éphémère, 14 numéros).
2021
Seconde relance du titre en France (publication trimestrielle).
2024
Annonce d’une version anglaise relancée via financement participatif.
Les fondateurs clés et leur rôle dans Métal Hurlant
Figures clés de Métal Hurlant
Nom
Rôle
Contribution
Jean-Pierre Dionnet
Co-fondateur, Rédacteur en Chef
Visionnaire à l’origine du concept, a dirigé le magazine pendant ses dix premières années, a défini son ton et a contribué en tant qu’écrivain.
Philippe Druillet
Co-fondateur, Artiste
Artiste emblématique dont le style visuel unique et baroque a défini l’esthétique du magazine, créateur de séries comme Lone Sloane et Yragaël.
Moebius (Jean Giraud)
Co-fondateur, Artiste
Artiste influent dont le style varié et novateur a marqué le magazine, créateur de séries comme Arzach et a collaboré sur Approaching Centauri.
Bernard Farkas
Co-fondateur, Directeur Financier
A apporté le soutien financier initial nécessaire au lancement et à la pérennité du magazine et de la maison d’édition Les Humanoïdes Associés.
Jean-Pierre Dionnet : l’initiateur et chef d’orchestre
Jean-Pierre Dionnet en conférence à la médiathèque Falala de Reims, en octobre 2018. — Image issue de Wikimedia Commons.
Jean-Pierre Dionnet (né en 1947) est le catalyseur sans qui Métal Hurlant n’aurait pu voir le jour. Scénariste de formation, critique et fin connaisseur de la culture pop, il se passionne dès l’adolescence pour la bande dessinée et la science-fiction. Lecteur éclectique (du Spirou de Franquin aux comics américains de Jack Kirby) il côtoie très jeune le milieu des fanzines et des librairies BD. En 1968, il intègre Pilote où il écrit des scénarios pour des dessinateurs comme Jean Solé, Philippe Druillet ou Jean Giraud/Moebius. Toutefois, son appétit pour la science-fiction adulte se heurte aux limites de la presse BD traditionnelle, ce qui le pousse à envisager une structure indépendante.
Installé à Livry-Gargan où il a grandi, Dionnet utilise son pavillon familial comme base arrière du projet Métal Hurlant. Cofondateur du magazine en 1974, il en devient naturellement le rédacteur en chef. Son rôle est multiple : il coordonne les contributeurs, passe commande d’histoires innovantes, écrit lui-même des éditoriaux et certains scénarios. Il insuffle à la revue un ton résolument moderne. Sous son impulsion, Métal Hurlant révèle ou accueille une pléiade d’auteurs qui marqueront les années 1970–80 : il publie par exemple les Américains Richard Corben, dont la heroic fantasy sensuelle marquera durablement le style, ou Bernie Wrightson, mais aussi de jeunes Français comme François Schuiten ou Frank Margerin, sans oublier des artistes confirmés désireux de nouveaux terrains d’expression (Moebius, Druillet, etc.). De nombreux auteurs de bande dessinée appelés à jouer un rôle décisif dans la BD contemporaine seront ainsi découverts ou introduits en France par Métal Hurlant et Les Humanoïdes Associés.
Dionnet n’hésite pas non plus à expérimenter lui-même : il scénarise des séries publiées dans Métal Hurlant telles que « Exterminateur 17 » (dessin d’Enki Bilal) ou « Arn » (avec Jean-Claude Gal). Visionnaire, il double la revue d’une politique d’albums reliés pour pérenniser les œuvres marquantes. Jusqu’à son départ en 1984, épuisé par une décennie d’efforts, Jean-Pierre Dionnet aura été l’âme de Métal Hurlant. Par la suite, il poursuivra une carrière prolifique de journaliste (presse écrite et télévision) et de producteur, mais restera dans l’histoire comme le grand ordonnateur de la révolution Métal Hurlant.
Vues d’exposition consacrées à Exterminateur 17 (Enki Bilal & Jean-Pierre Dionnet, 1981) et La Débandade (Luc & François Schuiten, 1977), RDVBD Amiens, 21 juin 2025. — Roman Brugeat / Livry Participatif, 2025.
Philippe Druillet : l’artiste cosmique et baroque
Philippe Druillet à Montréal en 1973. — Photo Gilles Desjardins. Image issue de Wikimedia Commons.
Philippe Druillet (né le 28 juin 1944 à Toulouse) insuffle à Métal Hurlant une flamboyance graphique et une imagination démesurée. Avant l’aventure du magazine, il s’est déjà fait un nom par ses albums de science-fiction au style inédit, des œuvres psychédéliques où se mêlent architecture gothique, art nouveau et imagerie futuriste.
1966 : « Le Mystère des Abîmes » inaugure la saga « Lone Sloane ».
1972 : recueil « Les Six Voyages de Lone Sloane », considéré comme son chef-d’œuvre initial. Museum Escher in Het Paleis.
1973 : « Délirius » (avec Jacques Lob) — space-opera psychédélique où architecture gothique, art nouveau et imagerie futuriste se mêlent.
1974 : albums « Vuzz » (fantasy barbare) et « Yragaël » (d’après Michael Moorcock)
Son style riche et foisonnant lui vaut d’être surnommé par certains critiques « l’architecte de l’espace ». Ses planches révolutionnent l’esthétique de la BD SF et influencent toute une génération de dessinateurs ; il brise les codes de la BD en sortant littéralement des cases, un procédé que les comics américains et, plus tard, les mangaka japonais réutiliseront largement après les années 1980.
Activités parallèles et rayonnement
Cinéma : dès la pré-production de Sorcerer de William Friedkin (remake, 1977, du film d’Henri-Georges Clouzot « Le Salaire de la peur »), il conçoit des esquisses de camions dystopiques. Il conçoit aussi des affiches de films devenus des classiques du 7e art, telles que « La Guerre du feu » (1981) ou « Le Nom de la rose » (1986).
Arts plastiques : peinture, sculpture monumentale, installations numériques.
Opéra rock & design : décors, affiches, pochettes d’albums. Il sera notamment l’auteur, en 1984, de la pochette de Métamorphose, premier 33-tours du groupe de heavy metal français Sortilège. Cet album est une des œuvres majeures de la New Wave of French Heavy Metal.
Distinctions : Grand Prix de la ville d’Angoulême 1988 pour l’ensemble de son œuvre.
Importance pour Métal Hurlant
Philippe Druillet est le cœur graphique battant de la revue : ses doubles pages baroques, son goût pour les mythes cosmiques et son sens de la démesure donnent à Métal Hurlant sa dimension épique. Aux côtés de Moebius et Dionnet, il a fait passer la BD de science-fiction de l’expérimentation underground au statut d’art majeur.
Co-fondateur de la revue en 1975, Druillet y trouve un laboratoire sans censure
Album crépusculaire réalisé après le décès de son épouse.
Vuzz (versions révisées)
1976-77
Humour barbare et ultra-violent.
Nosferatu
Pré-pub. 1988, album 1989
Relecture post-apocalyptique du mythe vampirique.
Salammbô (3 tomes)
1980-1986
Adaptation du roman de Flaubert, entamée dans MH.
Ensemble d’ouvrages de Philippe Druillet : Nosferatu, Les Six Voyages de Lone Sloane et catalogue Espace futur. — Gilles Mijouin / Troyan Forge, 2025.Annonce de Philippe Druillet reproduite dans L’Écho des Savanes n° 15, avec une adresse de commande située allée des Pommiers à Livry-Gargan. — Reproduction documentaire.
Moebius (Jean Giraud) : le visionnaire aux deux visages
Jean Giraud est déjà reconnu avant 1975 sous le pseudonyme de Gir pour son travail sur la série western « Blueberry » (scénarisée par Charlier) — dit Moebius (1938–2012). Mais c’est en réveillant son autre identité artistique, Moebius, qu’il contribue à changer la face de la bande dessinée de science-fiction. Cofondateur du magazine en 1975, Moebius y développe un style totalement novateur, libéré des contraintes du réalisme et de la narration classique. Métal Hurlant sera le théâtre de ses expérimentations les plus marquantes, qui influenceront une génération entière de créateurs : son œuvre a rayonné bien au-delà du monde de la BD.
Dès le premier numéro de Métal Hurlant, Moebius frappe les esprits avec « Arzach » (1975), un conte onirique sans paroles où un guerrier silencieux chevauche un ptérodactyle dans des paysages fantastiques. Ce récit, exécuté directement en couleur, est un manifeste artistique : Moebius prouve qu’il est possible de raconter une histoire par la seule force du dessin, dans un style mêlant surréalisme et science-fiction médiévale. Suivront d’autres chefs-d’œuvre dans les pages du magazine, comme « Le Garage hermétique » (1976–1979), saga surréaliste en forme de cadavre exquis, ou « Le Major » et autres récits courts expérimentaux. Moebius y explore toutes les audaces graphiques, du minimalisme à la démesure psychédélique. Au sein de Métal Hurlant, il complète parfaitement le travail de Philippe Druillet : là où ce dernier casse les codes graphiques, Moebius brise les codes narratifs établis.
Parallèlement, Métal Hurlant permet à Moebius de s’associer à des scénaristes visionnaires. C’est ainsi qu’en 1980, il entame avec Alejandro Jodorowsky la série « L’Incal », publiée dans le magazine, qui deviendra l’une des bandes dessinées de science-fiction les plus emblématiques au monde. Sous la plume de Jodorowsky, Moebius dépeint un univers futuriste foisonnant qui le consacre comme un maître du genre. L’artiste crée aussi l’univers d’« Edena » et bien d’autres par la suite, mais c’est vraiment durant la décennie Métal Hurlant qu’il s’est affranchi de son image de dessinateur de western pour réinventer le 9e art. Comme le résume sa biographie officielle, « Cofondateur en 1975 de la revue Métal Hurlant (…), Jean Giraud y développe un style unique signé Moebius. Il y publie des œuvres révolutionnant l’aspect créatif de la bande dessinée tels que Arzach (1976) ou Le Garage hermétique (1979). »
Moebius n’a pas seulement brillé dans les pages de la revue : ses dessins ont très vite attiré l’attention des plus grands réalisateurs de cinéma. Pendant et après la période Métal Hurlant, il collabore à la conception visuelle de films cultes : Alien de Ridley Scott (1979, designs des combinaisons spatiales), « Les Maîtres du temps » de René Laloux (1982, story-board, adaptation en dessin animé du roman « L’Orphelin de Perdide » de Stefan Wul), Tron de Disney (1982, design des costumes), Abyss de James Cameron (1989, créatures sous-marines) ou encore « Le Cinquième Élément » de Luc Besson (1997, designs futuristes). Cette passerelle qu’il crée entre la BD et le cinéma est l’une des clés de l’impact mondial de l’esthétique Métal Hurlant. Jean Giraud/Moebius apparaît ainsi, aux yeux de nombreux observateurs, comme l’artiste pivot du passage de la BD européenne vers un imaginaire visuel global partagé avec le cinéma, l’animation et même le jeu vidéo.
Il n’est donc pas étonnant que des figures comme George Lucas aient salué son génie : « À travers son œuvre, Moebius domine toutes les disciplines artistiques […] Depuis que j’ai vu pour la première fois ses illustrations dans Métal Hurlant, j’ai toujours été impressionné par son sens aigu du graphisme […] Ce qui me frappe le plus, c’est sa beauté à l’état pur. » Ce vibrant hommage résume l’influence prodigieuse qu’a eue Moebius grâce à Métal Hurlant, bien au-delà des frontières de la France et bien au-delà des pages du magazine lui-même.
Ramifications culturelles et héritage mondial de Métal Hurlant
La création de Métal Hurlant à Livry-Gargan n’est pas seulement une aventure éditoriale réussie — c’est le point de départ d’une onde de choc culturelle mondiale. En l’espace de quelques années, le magazine et ses auteurs ont imprégné de nombreux domaines de la culture pop, de la bande dessinée internationale au cinéma hollywoodien, en passant par la littérature cyberpunk, l’illustration fantastique et le jeu vidéo. Nous analysons ci-dessous les principales influences et ramifications de cette révolution artistique.
Influence sur la bande dessinée française et européenne
Métal Hurlant a d’abord eu un impact considérable sur la bande dessinée francophone, qu’il a contribué à faire entrer dans l’âge adulte. Dès son lancement, la revue offre un espace de liberté inédit aux auteurs, popularisant des thèmes jusqu’alors peu présents dans la BD traditionnelle : science-fiction prospective, mondes post-apocalyptiques, satire sociale futuriste, érotisme, etc. Ce ton nouveau et sans tabous fait école : dans son sillage, de nombreux magazines et collections pour adultes voient le jour en Europe. Par exemple, en France, les années qui suivent voient la création de revues comme « À Suivre » (1978) ou « Circus », tandis que des auteurs issus ou révélés par Métal Hurlant publient des albums marquants chez d’autres éditeurs.
Sur le plan stylistique, Métal Hurlant a encouragé la diversification des approches graphiques dans la BD européenne. La cohabitation dans ses pages de styles très variés a incité toute une génération d’artistes à sortir des canons traditionnels de l’école franco-belge. Des dessinateurs tels qu’Enki Bilal, François Schuiten, Caza, Serge Clerc, Margerin, etc. — qui ont publié dans Métal Hurlant — ont ensuite essaimé et influencé la BD européenne des années 1980. En Espagne, en Italie, en Allemagne, des revues similaires émergent (« 1984 »/« Zona 84 », « Totem », « Schwermetall », etc.), souvent en traduisant du matériel de Métal Hurlant. En ce sens, la revue agit comme le fer de lance d’un renouveau de la BD adulte européenne et d’un véritable mouvement artistique ayant rayonné de manière internationale et plurimédiatique.
Sélection de couvertures de Métal Hurlant et Métal Aventure exposées au Rendez-vous de la BD d’Amiens, le 21 juin 2025. — Roman Brugeat / Livry Participatif, 2025.
Par ailleurs, la constitution d’un vaste catalogue d’albums par Les Humanoïdes Associés a permis de pérenniser cet héritage. Des œuvres naguère sérialisées dans le magazine deviennent des classiques en album : « Les Yeux du chat » (Jodorowsky/Moebius), « La Foire aux immortels » (Bilal), « Les Aventures d’Alef-Thau » (Jodorowsky/Arno), etc. Métal Hurlant aura ainsi durablement ancré la science-fiction et le fantastique comme des genres nobles du 9e art européen. La critique et les institutions s’en rendent compte dans les années 1980 : Philippe Druillet reçoit le Grand Prix d’Angoulême en 1988 pour l’ensemble de son œuvre, consacrant par là la légitimité de cette génération d’artistes. Aujourd’hui encore, leur influence se fait sentir : la vague des romans graphiques de genre et la reconnaissance mondiale de la BD européenne (par exemple via des auteurs comme Schuiten, Peeters, etc.) doivent beaucoup au terrain défriché par Métal Hurlant.
Impact sur le mouvement féministe et la place de la femme dans la Bande Dessinée
1) Une ligne éditoriale pionnière, rapidement confrontée à la censure
Dès 1976, Les Humanoïdes Associés lancent Ah! Nana, revue « sœur » de Métal Hurlant confiée à des équipes féminines et autrices. L’ambition est claire : faire émerger des récits, des signatures et des points de vue féminins dans un champ de la bande dessinée alors très masculin, un geste éditorial novateur à l’échelle du secteur.
À partir d’avril 1977, Ah! Nana adopte une formule par dossiers thématiques et aborde, avec une frontalité inhabituelle pour l’époque, des sujets sociaux et culturels sensibles. Les numéros successifs traitent notamment de mouvements politiques extrêmes (n°3), de normes culturelles et corporelles (n°4), des relations femmes-hommes (n°5), de la jeunesse féminine (n°6), de pratiques sexuelles minoritaires (n°7), des identités et orientations minoritaires (n°8), puis de violences intrafamiliales (n°9). Cette orientation — et la présence de contenus réservés aux adultes — expose la revue à l’application de la loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse.
Dans ce cadre, Ah! Nana est d’abord interdite aux mineurs à la suite du n°8, avant d’être requalifiée « publication pour adultes » après le n°9 (selon la terminologie administrative de l’époque : « pornographique »). S’ensuivent des restrictions de diffusion (reclassement en rayons adultes, interdiction d’affichage et d’annonces) qui fragilisent le modèle économique et conduisent à l’arrêt de la publication.
Section de l’exposition dédiée à Ah! Nana n° 9, présentée au Rendez-vous de la BD d’Amiens, le 21 juin 2025. — Roman Brugeat / Livry Participatif, 2025.
2) La « galaxie Métal » comme passerelle pour des autrices
Ah ! Nana sert, dans un premier temps, de rampe d’accès à l’écosystème Métal Hurlant : Chantal Montellier y publie « Andy Gang » avant de poursuivre dans Métal Hurlant après la censure d’« Ah ! Nana » et d’y développer ses dystopies « 1996 », « Shelter » et « Wonder City », ensuite rassemblées en recueil « Social fiction » aux Humanoïdes Associés. D’autres créatrices, comme Nicole Claveloux, graviteront aussi entre Ah ! Nana et Métal. Cette porosité installe, au cœur même de la maison, des écritures féminines et critiques.
Présentoir consacré à Chantal Montellier : Social Fiction, Opus Humano et la réédition d’Ah! Nana, RDVBD Amiens, 21 juin 2025. — Roman Brugeat / Livry Participatif, 2025.
3) Une critique du réel par l’anticipation
Dans l’œuvre de Chantal Montellier, la science-fiction de Métal Hurlant devient un outil politique : urbanisme oppressif, surveillance, police, médias — autant de motifs qui déplacent la SF de l’imaginaire techno vers la dénonciation des rapports de pouvoir et des violences sociales, dans une perspective clairement féministe. Cette inflexion constitue l’une des contributions majeures des créatrices à l’esthétique de Métal Hurlant.
4) Un dialogue transatlantique du féminisme en BD
La revue féministe Ah ! Nana publie aussi des créatrices américaines (par ex. Trina Robbins), consolidant un échange transatlantique avec les underground feminist comix (« Wimmen’s Comix », etc.). Cet aller-retour nourrit la visibilité et l’historiographie des créatrices de part et d’autre de l’Atlantique.
5) Tensions & réévaluations
À l’époque, Métal Hurlant, et plus particulièrement son héritier Heavy Metal, est critiqué pour un imaginaire souvent marqué par un regard purement masculin, malgré l’ouverture faite à des créatrices : une ambivalence constitutive du « système Métal ». Mais il faut rappeler que certains codes visuels masculins — notamment ceux de l’heroic fantasy (nudité, hyperviolence, virilisme) — ont eux-mêmes fait l’objet de controverses et de censures. Par ailleurs, de nombreux récits issus de la galaxie Métal détournent ces codes : parodies de l’hypermasculinité, héros bodybuildés tournés en dérision, ou figures pulp déflationnées (héros falots, anti-héros maladroits, satire des poses « sword & sorcery »). Depuis, rééditions, expositions et travaux universitaires reconsidèrent cet héritage : ils rendent plus lisibles les contributions féministes (Montellier, Claveloux, etc.) et relisent ce double mouvement — codification viriliste + subversion parodique — comme un moteur de modernité du titre plutôt qu’une contradiction simple.
Conférence « Métal Hurlant : 5 décennies de rébellion artistique » avec Jean-Pierre Dionnet (au centre), Laurent Durieux et Marie Parisot, RDVBD Amiens, Auditorium (Halle Freyssinet), 21 juin 2025. — Roman Brugeat / Livry Participatif, 2025.
Impact sur les comics américains (l’aventure Heavy Metal) :
Métal Hurlant a accueilli dans ses pages des auteurs américains innovants (par exemple Richard Corben y publie « Den », ou Bernie Wrightson certaines histoires), créant un échange transatlantique fécond.
L’impact de Métal Hurlant a rapidement traversé l’Atlantique. Dès 1977, l’éditeur Leonard Mogel adapte le concept aux États-Unis en lançant Heavy Metal, version anglophone de la revue reprenant, dans un premier temps, majoritairement du contenu de Métal Hurlant. Le succès est au rendez-vous : Heavy Metal atteint plus de 230 000 exemplaires vendus par numéro au début des années 1980. Pour beaucoup de lecteurs américains, c’est une révélation — ils découvrent, ébahis, les créations de Moebius, Druillet, Bilal ou Clerc, très différentes des comics de super-héros dominants aux États-Unis. Heavy Metal va ainsi marquer de son empreinte une génération entière d’artistes outre-Atlantique. Des auteurs de comics majeurs comme Jim Starlin, Frank Miller, Walt Simonson ou, plus tard, Mike Mignola ont souvent cité l’influence des dessinateurs de Métal Hurlant sur leur travail, que ce soit dans l’audace des designs, la construction de mondes futuristes ou la liberté de ton.
La percée de Heavy Metal a montré qu’un public adulte existait pour la bande dessinée et initie un mouvement général dans le monde de la BD transatlantique. Les éditeurs américains eux-mêmes s’adaptent à cette vague d’intérêt pour la BD adulte et de science-fiction. En 1980, Marvel Comics lance Epic Illustrated, un magazine clairement inspiré de Heavy Metal, pour proposer à son tour des récits SF/fantasy de haute tenue graphique (d’ailleurs, Moebius y collaborera). Son concurrent DC Comics décide, quant à lui, de publier des œuvres plus matures via son label Vertigo dans les années 1980–1990.
Enki Bilal lors d’une rencontre organisée par la Fnac à l’occasion de la sortie de Rendez-vous à Paris, en mai 2006. — Image issue de Wikimedia Commons.
Richard Corben
En 1975, lorsque Moebius, Druillet et Jean-Pierre Dionnet créent Métal Hurlant en France, Corben leur soumet quelques-unes de ses histoires. Il est publié dès le premier numéro sous le pseudonyme de Gore, pour les huit pages de son histoire « Cidopey ». Il fera partie des contributeurs récurrents des débuts. Il participera également à Heavy Metal, la franchise du magazine aux États-Unis. La même année, une sélection de ses récits underground en noir et blanc est publiée en relié sous le titre The Richard Corben Funnybook par Nickelodeon Press à Kansas City.
En 1976, il adapte une nouvelle de Robert E. Howard dans l’un des premiers romans graphiques, Bloodstar. Parmi les histoires qu’il réalise pour Heavy Metal, il poursuit la saga de sa création la plus célèbre, Den, entamée dans le court-métrage Neverwhere et dans une courte bande publiée dans l’underground Grim Wit n° 2. La saga Den est une série fantastique relatant les aventures d’un jeune nerd frêle qui voyage vers Neverwhere, un univers inspiré de l’Âge hyborien de Robert E. Howard, du Barsoom d’Edgar Rice Burroughs et des dimensions horrifiques de H. P. Lovecraft. Cette histoire est adaptée, dans une version très abrégée, pour le film d’animation Heavy Metal, où Den est doublé par John Candy dans une interprétation humoristique que Corben jugea excellente.
Le festival d’Angoulême lui décerne en 1976 le prix du dessinateur étranger et, en 2018, le Grand Prix du festival d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre.
Par son œuvre graphique, il contribue, à l’instar de Philippe Druillet et de Moebius, à marquer durablement l’esthétique du monde du rock et du heavy metal, notamment à travers les artworks d’albums. Son travail sur la pochette de Bat Out of Hell de Meat Loaf est un modèle du genre.
Apparitions de Richard Corben dans Métal Hurlant (France)
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Date de couverture
Titre du (des) récit(s) Corben
1
Janv. 1975
« CiDoPey » (8 p.)
2
Avr. 1975
« Going Home » (8 p.)
4
Oct. 1975
DEN part 1 (« Den » – 8 p.)
5
Nov. 1975
DEN part 2 (8 p.)
6
Mars 1976
DEN part 3 (8 p.)
7
Mai 1976
DEN part 4 (6 p.)
28
Fév. 1978
« The Last Voyage of Sindbad » part 1 (8 p.)
29 – 30
Mars / Avr. 1978
« The Last Voyage of Sindbad » parts 2-3
47
Fév. 1980
Bloodstar part 1
48 – 49
Mars / Avr. 1980
Bloodstar parts 2-3
59 – 63
Janv. – Mai 1981
Bloodstar parts 4-8
64
Juin 1981
Couverture inédite « Den sur l’îlot » (peinture)
70
Déc. 1981
« Den – Muvovum » (4 p.)
72 – 78
Fév. – Août 1982
Den II : Muvovum (épisodes suivants)
Page « Galerie » du site officiel Corben Studios montrant un ensemble d’œuvres de Richard Corben. — Capture d’écran ; source d’origine à mentionner selon l’usage éditorial.
Will Eisner :
En 1982, Les Humanoïdes Associés publient pour la première fois en France « Un bail avec Dieu », version française de A Contract with God, œuvre de la légende de la BD américaine Will Eisner, créateur du Spirit.
La marque Heavy Metal perdure aux États-Unis bien après l’arrêt de Métal Hurlant en France, témoignant de l’enracinement durable de cette influence.
En somme, l’onde de choc initiée à Livry-Gargan s’est propagée jusqu’aux comics américains, contribuant à élargir leurs horizons thématiques et artistiques. L’influence se mesure aussi dans la pop culture américaine en général : la génération de lecteurs de Heavy Metal des années 1980 inclut de futurs cinéastes ou créateurs de séries animées qui en garderont l’empreinte (on en retrouve des clins d’œil, par exemple, dans la série animée Æon Flux ou dans des comic books cyberpunk des années 1990). L’ADN de Métal Hurlant s’est donc injecté dans le sang des comics américains, diversifiant un paysage culturel qui, sans cela, serait resté plus uniformément super-héroïque.
Impact sur l’animation et le cinéma
L’univers de Métal Hurlant — par sa richesse visuelle et conceptuelle — a eu des répercussions directes et indirectes sur le cinéma, en particulier dans la science-fiction. Dès la fin des années 1970, Hollywood et le cinéma européen vont puiser dans ce vivier d’idées neuves. Plusieurs axes d’influence sont notables :
Les adaptations du magazine
Le film d’animation Heavy Metal (1981) est l’exemple le plus évident d’une transposition de l’esprit Métal Hurlant à l’écran. Ce long-métrage, composé de segments variés (dont Den de Corben ou Taarna, inspiré de l’univers d’« Arzach »)…
Heavy Metal (1981) :
En 1981, le phénomène impulsé par Métal Hurlant culmine avec la sortie du film d’animation Heavy Metal, coproduction canado-américaine qui adapte à l’écran plusieurs histoires parues dans Heavy Metal en ajoutant des éléments originaux de liaison, toujours dans l’esprit des fondateurs.
Ce film à sketches, composé de huit segments narratifs distincts, traduit en dessin animé pour adultes l’esprit débridé du magazine. L’éclectisme des thèmes et des univers abordés par chaque segment reflète l’ouverture et la liberté de ton de Métal Hurlant. Ces histoires sont reliées par un dénominateur commun, le Loc-Nar, orbe verte phosphorescente qui sert à la fois de fil conducteur, d’antagoniste et de narrateur. Le Loc-Nar, « orbe du mal » et narrateur-antagoniste, est l’invention qui permet à Heavy Metal d’embrasser l’esprit contre-culturel de Métal Hurlant en liant des histoires indépendantes par un même thème : la fascination — et le prix — du pouvoir.
Le film contribue à populariser encore davantage la marque Métal Hurlant / Heavy Metal. Il est notable qu’à travers cette adaptation, un large public a pu découvrir l’univers visuel de la revue, ainsi qu’un panel varié de l’univers musical hard rock et heavy metal. Pour la version européenne, le titre Prefabricated, adaptation anglaise du titre « Préfabriqué » des Français du groupe Trust, remplace, sur une scène de « So Beautiful & So Dangerous », le titre « Crazy » de Nazareth. Les deux titres sont crédités sur les albums des bandes-son du film, offrant au groupe de hard rock français une exposition internationale exceptionnelle pour un style musical peu exposé dans son propre pays.
La bande originale de Heavy Metal (1981), bien que n’étant pas liée au magazine original, s’avère particulièrement bien adaptée à l’univers graphique de Métal Hurlant et articule deux registres complémentaires : d’une part, une musique symphonique d’Elmer Bernstein, enregistrée avec le Royal Philharmonic Orchestra de Londres (motifs récurrents, usage de chœur et couleurs électroniques ponctuelles) ; d’autre part, une sélection rock et heavy metal qui ancre le film dans la contre-culture musicale du tournant des années 1980 (Blue Öyster Cult, Black Sabbath, Cheap Trick, Journey, Devo, Donald Fagen, Stevie Nicks, Don Felder, Grand Funk Railroad, Sammy Hagar, Nazareth, Trust). Les éditions commerciales de la BO reflètent cette dualité (album « Music from the Motion Picture » pour les titres rock, et parutions séparées pour la musique de Bernstein).
Si, pour une question de droits, les histoires françaises n’ont pas pu être reprises en animation, l’esprit impulsé lors de la création du magazine au pavillon de Livry reste présent : éclectisme, humour décalé et bouleversement des codes, univers dystopiques ou fantasy. Heavy Metal témoigne, en adaptant le magazine à l’écran, de son influence internationale sur les arts graphiques, bien sûr, mais également sur l’ensemble de la culture « pop ». Malgré l’absence d’accord entre Français et Américains sur le film, l’esthétique du magazine original reste présente. On remarquera ainsi, dans l’histoire de Taarna, des idées issues directement de la bande dessinée « Arzach », de Moebius, comme l’oiseau-monture de l’héroïne, et une réadaptation de Den de Richard Corben.
Heavy Metal est doté d’un budget de 9,3 millions de dollars. Son tournage a la particularité d’avoir mobilisé dix-sept équipes dispersées à Montréal, Ottawa, Londres ou encore New York.
Métal Hurlant bénéficie, à sa sortie, d’un effet de surprise, même s’il convient de relativiser son retentissement. À cette époque, le monde de l’animation aux États-Unis s’adresse essentiellement à la jeunesse. Disney a donc le quasi-monopole de la production de longs métrages dans ce domaine. En 1981, personne n’avait jamais signé de long métrage d’animation réservé aux adultes, à l’exception de Ralph Bakshi, avec son adaptation de Fritz le Chat en 1972 (d’après la BD de Robert Crumb), de René Laloux, avec La Planète sauvage en 1973 (adaptation du roman de Stefan Wul, Oms en série), et du Belge Picha avec Tarzoon, la honte de la jungle, dessin animé interdit aux moins de 18 ans en 1975.
Dans un secteur dominé par le « politiquement correct » familial des productions Disney, Métal Hurlant bouleverse les codes. Dans ce contexte, le film est reçu avec un certain intérêt, dans la mesure où son architecture narrative, son humour décalé, son côté provocateur, l’originalité de ses dessins et la qualité de sa bande musicale sont autant d’éléments qui renouvellent un genre peu prolifique jusque-là.
En cette période post-révolution sexuelle, l’érotisme très prononcé du film n’échappe pas non plus aux critiques et certains le jugent comme véhiculant une vision misogyne, sinon gratuitement vulgaire (sic). Tout comme pour le magazine qu’il adapte, Heavy Metal est alors victime d’une incompréhension de son second degré et de sa façon, parfois provocatrice, de « faire bouger les lignes ». Même si l’esprit du film, et des œuvres dessinées dont il peut s’inspirer, assument une forme d’expression dont l’imperfection graphique apparente est voulue, la diversité des animations et des dessins est soulignée — et parfois incomprise — par certains critiques.
Le public ne s’y trompe toutefois pas, et le film fait, à sa sortie, plus de 7 millions d’entrées, rapportant 20 millions de dollars en Amérique du Nord. Ce résultat le positionne à la 35e place pour l’année 1981, au même niveau qu’une production telle qu’Outland, qui occupe alors la 34e place.
L’une des forces du long métrage réside dans ce qu’il participe d’une diffusion plus large d’un mouvement de bande dessinée underground dédiée aux adultes. À l’instar du magazine qu’il adapte, Heavy Metal devient, au fil des années, une œuvre culte de la pop culture, du fait notamment de son esprit rock et irrévérencieux, et de son influence plus ou moins directe sur certaines productions marquantes qui vont suivre.
Il est ainsi fort probable que certaines scènes du film Le Cinquième Élément, de Luc Besson, aient été inspirées par la séquence « Harry Canyon ». On note, en effet, une similarité dans l’intrigue : un chauffeur de taxi recueille une jeune femme et l’aide à fuir à la fois ses poursuivants directs et les forces de police. La toute première scène du film (le Loc-Nar se dirigeant vers la Terre, en tant que météorite verte) fait aussi écho à l’intrigue du film. On peut aussi observer le sigle des Tarakiens et d’Arzach dans la fresque du temple, très probablement ajoutés par Moebius, lequel a travaillé sur le film.
Au-delà de son impact direct sur des œuvres qui lui sont postérieures, il est rétrospectivement incontestable que le film a inauguré une nouvelle ère de l’animé pour adultes, puisque vont rapidement lui succéder d’autres longs métrages comme Les Maîtres du temps, adaptation par René Laloux du roman de Stefan Wul L’Orphelin de Perdide, dessiné par Moebius, ou encore Tygra, la glace et le feu de Ralph Bakshi, qui sont totalement dans la même veine. On peut aussi citer Gandahar, adaptation par René Laloux du roman Les Hommes-machines contre Gandahar de Jean-Pierre Andrevon, dessiné par Philippe Caza, autre dessinateur ayant œuvré au sein de Métal Hurlant, ou l’animé japonais de science-fiction Memories, plus tardif, mais répondant au même type de ressorts narratifs et dégageant une atmosphère qui n’est pas étrangère à celle de Métal Hurlant.
En 1996, le dessinateur Kevin Eastman, créateur des Tortues Ninja, fan du film et propriétaire du magazine Heavy Metal depuis 1992, le réédite en vidéo.
Pour son 40e anniversaire, une remasterisation intégrale du long métrage a été entreprise à partir d’un nouveau scan des négatifs originaux. Cette restauration 4K, qui a fait l’objet d’une sortie DVD, a été approuvée par Ivan Reitman, peu de temps avant son décès en février 2022.
Le long métrage connaîtra de nombreux signes de consécration, dont un pastiche direct (cadrages, voiture qui « vole » dans l’espace, esthétique peinte) en 2008 dans la série South Park (3e épisode de la saison 12, « Major Boobage »). L’hommage est explicite dans la page officielle de l’épisode et détaillé dans un making-of par Wired.
En 1986, le clip de ZZ Top, « Rough Boy », mettant en scène l’Eliminator transformée en spaceplane — passage en station orbitale/« space car-wash », etc. — est clairement un écho visuel au gimmick « voiture dans l’espace » de Soft Landing.
En 2018, le lancement du « Starman » d’Elon Musk en Tesla Roadster dans l’espace n’a pas manqué de rappeler l’ouverture de Heavy Metal.
Heavy Metal 2000
Présenté comme une suite tardive du dessin animé de 1981, Heavy Metal 2000, diffusé aussi sous le titre Heavy Metal : F.A.K.K.² hors Amérique du Nord, est en fait une adaptation à l’écran du roman graphique The Melting Pot de Kevin Eastman, Simon Bisley et Eric Talbot. Contrairement à son prédécesseur, il ne s’agit donc pas d’une anthologie mais d’un récit unique.
Malgré une continuité de ton avec l’arc narratif de Taarna (heroic fantasy sombre, violence pulp, héroïne silencieuse / peu loquace qui tranche dans un monde corrompu), Heavy Metal 2000 en est davantage une réécriture spirituelle qu’une suite, Julie tenant la place archétypale de Taarna, avec des citations visuelles et thématiques assumées.
Réalisé par Michael Coldewey et Michel Lemire, produit par CinéGroupe à Montréal, le long métrage sort direct-to-video en juillet 2000 aux États-Unis (diffusions et supports échelonnés selon les territoires). Il met en vedette les voix de Julie Strain, qui sert de modèle au personnage principal « Julie », Michael Ironside (Tyler) et Billy Idol (Odin).
Côté réception, la critique est globalement défavorable et le public n’est pas au rendez-vous, même si une partie du public visé apprécie la continuité heroic fantasy et la vigueur pulp.
L’exploitation de Heavy Metal 2000 s’inscrit dans une stratégie transmedia : sortie vidéo et TV, album de BO multi-artistes, puis jeu vidéo Heavy Metal : F.A.K.K.² (Ritual Entertainment), qui prolonge l’univers en faisant jouer Julie après les événements du film. Cette logique d’« écosystème » reflète l’époque et l’ambition d’Eastman de repositionner la marque Heavy Metal auprès d’un public plus jeune sans renier l’ADN Métal Hurlant.
Metal Hurlant Chronicles (2012)
Frédérique Bel dans Metal Hurlant Chronicles. — Crédit image à conserver selon la source d’origine.
Lancée sur France 4 le 27 octobre 2012, Métal Hurlant Chronicles est une anthologie de science-fiction franco-belge en douze épisodes de 26 minutes (deux saisons, 2012 et 2014) créée et réalisée par Guillaume Lubrano. Chaque épisode est autonome (nouveau monde, nouvelle distribution) mais tous sont liés par le passage d’un astre, le « métal hurlant », dernier fragment d’une planète détruite, qui traverse l’espace-temps — clin d’œil évident au Loc-Nar du film Heavy Metal (1981) et dispositif unificateur fidèle à l’esprit de la revue. Chaque épisode adapte ou réinterprète une histoire parue dans la relance du magazine Métal Hurlant au début des années 2000 (numéros 139 à 146 surtout), transposée pour l’écran dans un format court proche du one-shot illustré.
Pensée pour l’international, la série est majoritairement tournée en anglais (doublage FR disponible), filmée en grande partie à Bucarest (chaîne de production rationalisée) et portée par une distribution « pan-genre » mêlant visages SF/fantasy et acteurs européens : Rutger Hauer, Scott Adkins, Michael Jai White, James Marsters, Joe Flanigan, Kelly Brook, Dominique Pinon, entre autres. La musique est signée Jesper Kyd (teintes électroniques / épiques). Côté production, on retrouve WE Productions (Lubrano), des partenaires belges (Nexus Factory), Dupuis Audiovisuel, et un lien organique à la marque via Les Humanoïdes Associés (implication au générique / partenariats). Diffusion initiale : France 4 (puis Nolife, MCM, Ciné FX), ventes à l’international (Sony pour l’Allemagne/Autriche/Suisse) et Syfy US en 2014. Édition vidéo intégrale chez Shout! Factory (2015).
Sur le plan esthétique, la série opte pour un éclectisme contrôlé : décors et costumes SF « rétro-pulp », imagerie sword-and-planet, dystopies technologiques, twist endings — grammaire visuelle et thématique qui prolonge la contre-culture graphique de la revue (Moebius, Corben, Jodorowsky, Druillet, etc.) tout en assumant les contraintes TV (découpage rapide, effets numériques ciblés). La série a permis de réactiver à l’international la marque Métal Hurlant sur le petit écran, réintroduit la logique d’anthologie adulte et réhabitue le public à un format court SF à la française.
Influence sur le design et la direction artistique :
C’est peut-être l’aspect le plus marquant. Les auteurs de Métal Hurlant ont activement collaboré à nombre de grands films de science-fiction, imprégnant ceux-ci de leur esthétique. On citera notamment :
Exemples de l’influence de Métal Hurlant sur le cinéma
Titre du film
Réalisateur
Année
Influence du film
Brève description de l’influence
Alien
Ridley Scott
1979
H.R. Giger (présenté dans Métal Hurlant)
L’esthétique visuelle du film, notamment le design de la créature et des environnements, a été fortement influencée par le travail de Giger découvert dans le magazine.
Blade Runner
Ridley Scott
1982
Moebius (The Long Tomorrow)
Le design futuriste de la ville et des véhicules a été inspiré par la bande dessinée de Moebius parue dans Métal Hurlant.
Star Wars
George Lucas
1977
Philippe Druillet, Moebius
L’esthétique des vaisseaux spatiaux, des armures et des mondes extraterrestres présentait des similitudes avec les œuvres de Druillet et Moebius.
Le Cinquième Élément
Luc Besson
1997
Moebius, Jean-Claude Mézières (collaborateurs de Métal Hurlant)
Besson a engagé Moebius et Mézières pour la conception de la production du film, s’inspirant de leur travail dans le magazine.
Heavy Metal
Gerald Potterton
1981
Divers artistes de Métal Hurlant
Le film d’animation est une adaptation de plusieurs histoires parues dans le magazine.
Mad Max
George Miller
1979
Univers dystopique
L’image d’une société en décomposition, d’une civilisation rongée par la pénurie et la violence. Le héros échappant à l’image manichéenne classique sont des thèmes récurrents dans Métal Hurlant. L’aspect des véhicules et des tenues rappellent les canons esthétiques du magazine.
Alien (1979) de Ridley Scott
La contribution de Moebius au design a influencé toute la représentation des combinaisons spatiales et de l’organique extraterrestre. Par ailleurs, les décors et l’ambiance relèvent manifestement de l’imaginaire visuel de science-fiction de Métal Hurlant.
Mad Max (1979)
Des films comme Mad Max (1979) ont puisé dans l’imagerie post-apocalyptique que Druillet et d’autres avaient développée en BD, y ajoutant au passage des éléments empruntés à l’univers bikers et aux spécificités offertes par l’Australie en termes de décors naturels.
Il apparaît dans plusieurs interviews de Jean-Pierre Dionnet que George Miller voulait intituler son film « Métal Hurlant » et était venu demander l’autorisation ; le fondateur de Métal Hurlant dit l’avoir refusée et s’en mordre encore les doigts. À sa décharge, George Miller réalisait alors son premier long métrage et Mel Gibson était un acteur inconnu ; Jean-Pierre Dionnet recevait alors beaucoup de sollicitations, dont certaines très fantaisistes, et rien ne pouvait laisser présumer de l’impact futur de Mad Max.
Blade Runner (1982)
Harrison Ford lors du Comic-Con International de San Diego 2017 pour Blade Runner 2049. — Crédit photo à conserver selon la source d’origine.
Adaptation à l’écran du roman de Philip K. Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, Blade Runner décrit un monde dystopique pour lequel le roman original laissait une grande latitude d’interprétation visuelle. Ridley Scott, grand amateur d’art graphique, s’est inspiré de l’esthétique Métal Hurlant pour son film.
La représentation tentaculaire et sombre de la cité futuriste doit beaucoup à la bande dessinée The Long Tomorrow (1976) de Moebius et Dan O’Bannon, publiée dans Métal Hurlant, qui préfigure l’imagerie cyberpunk.
Tron (1982) de Steven Lisberger
L’un des premiers films sur le cyberespace, Tron est le premier long métrage à présenter des séquences retravaillées ou conçues par ordinateur, et de l’imagerie informatique de manière intensive — non seulement comme un élément d’effets spéciaux, comme dans Mondwest (1973) ou Star Wars (1977), mais aussi pour concevoir un monde virtuel.
Disney a engagé Moebius comme principal designer des décors et des costumes, aux côtés de Syd Mead (véhicules) et Peter Lloyd (peintures / « airs » de lumière). Il façonne l’allure épurée, « circuitaire » et quasi liturgique des tenues et des espaces numériques.
Moebius est l’un des architectes visuels majeurs de Tron — costumes, décors et storyboards — dont l’esthétique résulte de sa collaboration directe avec Syd Mead et Peter Lloyd.
Le Cinquième Élément (1997) de Luc Besson
Pour son film, Luc Besson engage Moebius et Jean-Claude Mézières (autre grand de la BD, dessinateur de Valérian et Laureline, que Besson adaptera d’ailleurs des années plus tard) pour dessiner costumes et décors, rapprochant ainsi l’univers visuel du film de celui de la BD française de SF.
En outre, on retrouve dans le film de nombreuses références à Métal Hurlant, certainement apportées par Moebius (par exemple pour les symboles du temple) et, vraisemblablement, par l’inconscient de Luc Besson.
Au début des années 2000, un procès oppose Jean Giraud (Moebius), Les Humanoïdes Associés et Alejandro Jodorowsky à Luc Besson et Gaumont pour contrefaçon de L’Incal (emprunts au titre, décors, scènes, personnages, éléments graphiques et scénaristiques), ainsi que pour concurrence déloyale et parasitisme.
Le 28 mai 2004, le Tribunal de grande instance de Paris déboute Moebius, Jodorowsky et Les Humanoïdes. Le tribunal retient, selon le compte rendu, que les ressemblances alléguées ne portent que sur des « fragments infimes de l’œuvre » (donc pas de reprise substantielle protégée). Tout en reconnaissant l’absence de plagiat de la part du réalisateur, le tribunal admet l’existence de l’influence de Métal Hurlant et rejette la demande reconventionnelle des défendeurs pour procédure abusive.
Inspiration générale sur les cinéastes :
Au-delà des collaborations directes, Métal Hurlant a inspiré nombre de réalisateurs par son imaginaire. George Lucas a publiquement reconnu l’influence de Druillet, Moebius et de leurs confrères sur son travail. On sait, par exemple, que la saga Star Wars doit en partie son esthétique dépaysante à des illustrateurs de SF européens (Ralph McQuarrie s’inspirant indirectement de designs BD). Lucas, en admirateur, a même invité Moebius à collaborer sur son parc d’attractions Star Tours dans les années 1980.
De même, des réalisateurs comme James Cameron (pour Avatar, il s’est souvenu de l’écologie onirique de certaines BD de Druillet ou Moebius) ou Guillermo del Toro (fan revendiqué de la revue) ont puisé dans cet imaginaire.
L’influence se ressent aussi dans l’animation japonaise : le mangaka et cinéaste Hayao Miyazaki admirait Moebius (les deux se sont rencontrés et s’estimaient mutuellement), et son film Nausicaä de la vallée du vent (1984) évoque par moments les vastes déserts peuplés de créatures que Moebius dessinait. Plus tard, le style Métal Hurlant infusera même des œuvres comme Akira ou Ghost in the Shell via la mouvance cyberpunk qu’il a contribué à lancer.
En résumé, que ce soit de manière directe (adaptations, collaborations) ou indirecte (inspiration), le cinéma de science-fiction et d’animation doit énormément au magazine et au mouvement artistique lancé en 1975 au pavillon Dionnet, à Livry-Gargan.
La revue a fourni un réservoir d’iconographies, de mondes et d’idées visuelles qui sont recyclés, transformés et portés à l’écran depuis des décennies. Elle a aidé à faire passer le cinéma de SF d’un univers encore formaté (années 1960–1970) à un imaginaire plus adulte, plus riche et cosmopolite.
Influence sur l’imaginaire cyberpunk
Métal Hurlant a diffusé son influence dans de nombreux autres pans de la culture visuelle et littéraire, façonnant ce qu’on peut appeler l’imaginaire contemporain de la science-fiction et de la fantasy :
Préfiguration du cyberpunk :
Publié en 1976 dans Métal Hurlant, le récit « The Long Tomorrow » (scénarisé par Dan O’Bannon et dessiné par Moebius) est souvent cité comme l’une des toutes premières évocations d’une mégapole futuriste à la fois ultratechnologique et décadente — un véritable prototype de ce qui deviendra le genre cyberpunk. Ses ruelles sombres à néons, ses foules interlopes, son mélange de noir et de science-fiction ont influencé directement la conception visuelle de Blade Runner, comme mentionné plus haut, et plus largement l’esthétique des futures œuvres cyberpunk des années 1980.
Lorsque William Gibson écrit Neuromancer (1984), il reconnaît évoluer dans un sillage d’images que des artistes comme Moebius avaient déjà exploré graphiquement. En ce sens, Métal Hurlant a préparé le terrain visuel du cyberpunk avant même que le terme n’existe. La vision d’un futur high-tech et low-life — entre technologie étincelante et misère urbaine — était présente dans nombre de récits de la revue, qu’il s’agisse des « Chroniques métalliques » de Chantal Montellier ou des mégapoles décadentes de Druillet (Delirius, La Nuit) mettant en scène des sociétés dystopiques. Cet imaginaire a ensuite nourri aussi bien la littérature (romans cyberpunk) que le cinéma (Johnny Mnemonic, Matrix, etc.) et le jeu vidéo (Cyberpunk 2077 en est un héritier lointain). Métal Hurlant a ainsi contribué à définir le style visuel unique des univers cyberpunk.
Renouveau de la fantasy et du fantastique visuel :
Parallèlement, Métal Hurlant élargit les frontières de la fantasy. Avec Arzach (Moebius, 1974–1975), heroic fantasy muette et contemplative, Yragaël, Urm le fou ou Vuzz de Philippe Druillet, Métal Hurlant et Les Humanoïdes Associés proposent des mondes hybrides où le médiéval se mêle à la science-fiction et au surréalisme. Cette approche syncrétique a marqué durablement l’illustration et la BD de genre. On en perçoit des échos dans l’iconographie des jeux de rôle des années 1980–1990 (revues Dragon et Casus Belli, univers comme Shadowrun ou Rifts) et, plus tard, chez des auteurs européens tels qu’Olivier Ledroit.
Surtout, Métal Hurlant a montré très tôt qu’on pouvait traiter la fantasy de manière adulte et plurale — violente, érotique ou philosophique — ouvrant la voie, dans des registres voisins, à des séries comme Les Chroniques de la Lune Noire (1989– ) et, côté SF épique, La Caste des Méta-Barons (1992– ).
Influence sur les Jeux vidéo
L’influence de Métal Hurlant sur le jeu vidéo est plus diffuse mais bien réelle. La génération des game designers des années 1980–1990 a grandi avec Métal Hurlant et Heavy Metal. On en voit des traces dans l’esthétique de certains jeux de science-fiction ou de fantasy. Par exemple, le jeu français Another World (1991, Éric Chahi) — célèbre pour sa direction artistique épurée — s’inspire directement des univers de Moebius (Éric Chahi a souvent cité Moebius comme influence pour les décors et le character design de son jeu).
De même, le design de créatures et de décors dans des jeux comme Panzer Dragoon (1995) rappelle l’imagerie d’Arzach (un héros chevauchant une monture volante dans un désert étrange).
Les jeux vidéo de type point & click des années 1990 (chez Cryo Interactive, par ex.) ont collaboré avec des auteurs de Métal Hurlant : citons Dune (1992), dont l’édition française arborait une jaquette illustrée par Moebius, ou Pilgrim (1997), coécrit par Druillet.
L’éditeur Infogrames a même intégré des illustrations de Druillet en couverture de certains jeux (l’icône Exxos dans Captain Blood, 1988, faisait référence à l’univers visuel BD).
Plus généralement, l’esthétique des jeux vidéo de science-fiction modernes, qu’il s’agisse de la démesure architecturale d’un Halo ou des mégapoles futuristes de Final Fantasy, s’inscrit dans une tradition visuelle où Métal Hurlant a joué un rôle précurseur.
Comme signalé précédemment, le film d’animation Heavy Metal 2000 a bénéficié d’une continuité de son univers à travers un jeu vidéo, qui rencontra d’ailleurs plus de succès que le film.
On peut considérer que, chaque fois qu’un jeu dépeint un futur dystopique urbain, ou, au contraire, un monde de fantasy baroque, il y a un peu de l’héritage de Métal Hurlant en filigrane.
Conclusion
L’empreinte de Métal Hurlant irrigue aujourd’hui toute la pop-culture visuelle. Du neuvième art au roman, du cinéma au jeu vidéo, on suit une véritable généalogie d’idées et d’images qui ramène à ce laboratoire de créations né à Livry-Gargan en 1975.
Fait rare, cette révolution culturelle peut être reliée à un lieu précis : le pavillon de pierre meulière (1810) où le magazine fut conçu. Paisible demeure bourgeoise à l’origine, il est devenu un repère patrimonial — matériel par l’édifice, immatériel par l’esprit d’audace qu’il incarne.
La ville de Livry-Gargan a, un temps, honoré cet héritage : quinze éditions des Rencontres de la BD s’y sont tenues, la dernière le 26 mai 2013, consacrée à la création du magazine. L’événement a disparu depuis, mais la mémoire demeure.
L’histoire de Métal Hurlant et celle de Livry-Gargan se répondent : d’un foyer créatif local est né un mouvement mondial. À l’heure où l’on s’interroge sur la préservation du pavillon et sur la transmission de son patrimoine immatériel, on mesure le chemin parcouru : des réunions discrètes de la rue de Paris aux échos planétaires dans le cinéma, la BD et la littérature. Le pavillon de Livry-Gargan est une pépinière d’où ont surgi des mondes imaginaires qui continuent d’inspirer la culture d’aujourd’hui.
Ainsi, le pavillon n’est pas seulement une adresse : c’est une preuve. La preuve qu’un jour, à Livry-Gargan, l’idée de quatre jeunes a pu embraser le monde. Renoncer à ce lieu, ce serait renoncer à cette preuve.
Références
Périodiques : numéros et séries
Ah! Nana. (1976–1978). Ah! Nana, nos 1–9. Paris : Les Humanoïdes Associés.
Heavy Metal. (1977, avril). Heavy Metal, 1(1). New York, NY : National Lampoon.
Les Humanoïdes Associés & Vagator Productions. (2021, 29 septembre). Métal Hurlant (2e série), no 1. Paris : Les Humanoïdes Associés.
Les Humanoïdes Associés & Vagator Productions. (2022, 16 février). Métal Hurlant (2e série), no 2. Paris : Les Humanoïdes Associés.
Les Humanoïdes Associés. (2005, avril). Métal hurlant – 30 ans, vol. 1 (Couv. nos 1–48, 1975–1980). Paris : Les Humanoïdes Associés.
Les Humanoïdes Associés. (2005, mai). Métal hurlant – 30 ans, vol. 2 (Couv. nos 49–84, 1980–1984). Paris : Les Humanoïdes Associés.
Les Humanoïdes Associés. (2005, juin). Métal hurlant – 30 ans, vol. 3 (Couv. nos 85–133, 1984–1987). Paris : Les Humanoïdes Associés.
Les Humanoïdes Associés. (1975, janvier). Métal hurlant (1re série), no 1. Paris : Les Humanoïdes Associés.
Livres / monographies
Alliot, D., & Druillet, P. (2014). Delirium. Paris : Les Arènes.
Dionnet, J.-P., & Quillien, C. (2024). Mes Moires : Un pont sur les étoiles (éd. mise à jour). Vauvert : Au Diable Vauvert.
Poussin, G., & Marmonnier, C. (2005). Métal hurlant 1975–1987 : La machine à rêver. Paris : Denoël. (Rééd. augmentée, 2021).
Référence recommandée : Mijouin, G. (2025). Naissance de Métal Hurlant à Livry-Gargan : historique, fondateurs et héritage mondial. Les Cahiers de Livry Participatif, Livry-Gargan, 2025, p. 51–76.
VENDREDI 20 FÉVRIER À 19 h 00 À L’ESPACE JULES VERNE
Nomination d’un(e) secrétaire de séance
Approbation du procès-verbal du Conseil municipal du 11 décembre 2025
Délibérations et rapports
2026-02-01 : Communication du Maire — Article L. 2122-22 du CGCT — Rapporteur : M. le Maire
2026-02-02 : Rapport sur la situation en matière d’égalité entre les hommes et les femmes — 2025 — Rapporteur : Mme FOURNIER
2026-02-03 : Rapport annuel sur la situation en matière de Développement durable — Année 2025 — Rapporteur : M. CARRATALA
2026-02-04 : Budget principal Ville — Débat d’orientation budgétaire 2026 — Rapport d’Orientation budgétaire — Rapporteur : M. MANTEL
2026-02-05 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris pour le versement d’une subvention pour la dématérialisation des inscriptions aux activités du service jeunesse dans le cadre du fonds « innover dans la ville » — Rapporteur : M. CRALIS
2026-02-06 : Approbation de la convention à conclure avec la Région Île-de-France pour la rénovation et la sécurisation (réfection complète de la toiture) du centre municipal de santé Simone Veil — Rapporteur : M. CRALIS
2026-02-07 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris pour le versement d’une subvention pour l’aménagement de voies cyclables dans le cadre du dispositif « Fonds d’Investissement Métropolitain » — Rapporteur : Mme HERRMANN
2026-02-08 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris pour le versement d’une subvention pour la dimension énergétique du projet de réhabilitation du dojo Gutemberg dans le cadre du dispositif « Fonds d’Investissement Métropolitain » — Rapporteur : M. CRALIS
2026-02-09 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris dans le cadre du fonds « Innover dans la Ville » au titre du « Programme Métropolitain de Développement des tiers lieux » pour le projet de réalisation de travaux d’aménagement en vue de la création d’un tiers lieu au sein du Centre Culturel Yves Montand — Rapporteur : M. CRALIS
2026-02-10 : Approbation de la création d’une maison de quartier Gargan — Rapporteur : Mme GUIMARAES
2026-02-11 : Approbation de la convention d’objectifs et de financement avec la Caisse d’Allocations Familiales de la Seine-Saint-Denis — Subvention pour le contrat local d’accompagnement à la solidarité (CLAS) et bonus associés — Rapporteur : Mme MAKHLLOUF
2026-02-12 : Désignation des lauréats de la première session coups de pouce jeunesse 2026 — Rapporteur : Mme MAKHLLOUF
2026-02-13 : Abrogation et modification de la Charte du Budget Participatif de Livry-Gargan — Rapporteur : M. AIDOUDI
2026-02-14 : Nouvelles modalités relatives à la participation financière de la collectivité à la protection sociale complémentaire des agents dans le cadre d’une procédure de labellisation — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-02-15 : Création d’un emploi permanent et autorisation de recrutement sur le fondement de l’article L. 332-8 2° du Code Général de la Fonction Publique — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-02-16 : Dérogation au plafonnement des heures supplémentaires des agents dans le cadre des élections municipales — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-02-17 : Modification du maintien de l’IFSE des agents placés en congé de longue maladie (CLM), en congé de grave maladie (CGM) ou en congé de longue durée (CLD) — Rapporteur : M. MARKARIAN
2026-02-18 : Modification du tableau des effectifs — Rapporteur : M. MARKARIAN
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