Couverture du dossier de Livry Participatif sur la protection du système écologique fonctionnel Sévigné-Salengro à Livry-Gargan, avec vue aérienne du secteur.

Sévigné–Salengro : Livry Participatif sollicite le préfet pour l’instruction d’un arrêté de protection de biotope

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Sévigné–Salengro : Livry Participatif sollicite le préfet pour l’instruction d’un arrêté de protection de biotope et des mesures conservatoires rapides

À la suite de l’affichage public du permis de construire concernant la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro, Livry Participatif a saisi le préfet de la Seine-Saint-Denis afin de rappeler sa demande d’instruction prioritaire d’un arrêté préfectoral de protection de biotope et la mise en œuvre de mesures conservatoires rapides, conformément aux objectifs du Code de l’environnement en matière de protection des espèces, de leurs habitats et des continuités écologiques.

Cette démarche concerne le système écologique fonctionnel dit « Sévigné–Salengro », composé du lac de Sévigné, de sa couronne arborée, du corridor arboré du boulevard Roger-Salengro et de la chênaie mature située au 75 boulevard Roger-Salengro.

Livry Participatif avait déjà saisi les services de l’État le 26 novembre 2025 en transmettant un dossier de proposition d’arrêté de protection de biotope. L’association alertait alors sur le fait que l’enjeu environnemental ne pouvait être réduit à la seule parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro, mais devait être apprécié à l’échelle d’un ensemble écologique cohérent, ancien et fonctionnel.

La situation a désormais changé de nature. Le permis de construire relatif au 75 boulevard Roger-Salengro a été signé le 2 avril 2026 et son affichage public a été constaté au mois de mai. Cette évolution fait craindre l’engagement prochain d’opérations préparatoires, d’abattages, de terrassements, de démolitions ou de travaux susceptibles d’altérer de manière irréversible les sols, les arbres matures, les habitats d’espèces protégées et les continuités écologiques du secteur.

Livry Participatif rappelle qu’un permis de construire, même délivré à la suite de décisions juridictionnelles en matière d’urbanisme, ne dispense pas le maître d’ouvrage du respect autonome des règles issues du Code de l’environnement. Les obligations relatives aux espèces protégées, à leurs sites de reproduction, à leurs aires de repos, aux habitats fonctionnels et aux continuités écologiques demeurent pleinement applicables.

L’association demande donc aux services de l’État :

— d’engager prioritairement l’instruction d’un arrêté préfectoral de protection de biotope sur le système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » ;

— de prendre ou recommander des mesures conservatoires permettant d’éviter tout abattage, terrassement, décapage de sols ou destruction d’habitats avant instruction environnementale complète ;

— de mobiliser les services compétents, notamment en matière de police de l’environnement et de protection des espèces ;

— de rappeler au maître d’ouvrage que la délivrance du permis de construire ne neutralise pas les obligations environnementales applicables ;

— d’examiner, à défaut d’APPB, toute mesure préfectorale alternative offrant un niveau de protection équivalent, effectif et opposable.

Cette alerte s’inscrit dans un contexte de mobilisation locale importante. Depuis la fin de l’année 2025, Livry Participatif porte une demande de protection du système Sévigné–Salengro et une pétition citoyenne. Le 16 avril 2026, le Conseil municipal de Livry-Gargan a également adopté à l’unanimité un vœu demandant à l’État d’engager sans délai une procédure d’APPB, ainsi qu’un gel conservatoire dans l’attente d’une protection juridique effective.

Pour Livry Participatif, cette unanimité municipale, associée à la mobilisation citoyenne et au dossier environnemental transmis à l’État, démontre que le sujet dépasse le cadre d’un simple débat d’urbanisme. Il s’agit d’un enjeu de santé publique, de biodiversité urbaine, de protection des arbres matures, de lutte contre les îlots de chaleur, de préservation des sols vivants et de respect du Code de l’environnement.

La chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro ne constitue pas un élément isolé. Elle est l’un des maillons terminaux d’un système écologique associant plan d’eau, couronne arborée, corridor végétal et habitats favorables à l’avifaune, aux chiroptères, aux insectes liés aux vieux bois et à la petite faune terrestre. Sa destruction ou sa banalisation compromettrait durablement la fonctionnalité écologique de l’ensemble.

Livry Participatif demande donc que l’État intervienne en amont, avant toute atteinte irréversible. L’association estime que les mesures d’évitement et de protection doivent primer sur de simples logiques de compensation, qui ne sauraient restituer à court ou moyen terme les fonctions écologiques, climatiques et paysagères d’arbres adultes et d’un système écologique déjà constitué.

Contact presse — Livry Participatif

contact@livryparticipatif.fr
livryparticipatif.fr

Lien de la pétition : https://www.change.org/Sévigné-Salengro

Système écologique Sévigné–Salengro
● En cours — Pétition active
Pour la protection du système écologique Sévigné–Salengro

Demande de protection effective du lac de Sévigné, de sa couronne arborée, des alignements structurants et de la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro — corridor écologique centenaire abritant des espèces protégées (martin-pêcheur, héron…).

✍ Signer la pétition sur Change.org

Couverture du dossier de Livry Participatif sur la protection du système écologique fonctionnel Sévigné-Salengro à Livry-Gargan, avec vue aérienne du secteur.

Sévigné–Salengro : Courrier de proposition d’un Arrêté préfectoral de protection de biotope (2026)

Livry-Gargan, le 26 mai 2026

Livry Participatif
105 Allée Lucien Michard
93190 Livry-Gargan
contact@livryparticipatif.fr

Monsieur Julien CHARLES
Préfet de la Seine-Saint-Denis
1 Esplanade Jean Moulin
93007 BOBIGNY Cedex
prefecture@seine-saint-denis.gouv.fr

Références : LP-20260526-ENV-RB-GM-KSV-D
LRAR : 87001415129189B

Objet : Relance du courrier du 26 novembre 2025 — Alerte environnementale urgente relative au système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » à la suite de la signature du permis de construire du 2 avril 2026 concernant le 75 boulevard Roger-Salengro — Demande de mesures conservatoires, d’instruction prioritaire d’un arrêté préfectoral de protection de biotope et d’identification des services compétents en cas de réalisation des désordres signalés.

Références

  • Courrier de Livry Participatif du 26 novembre 2025, référence LP-20251126-ENV-RB-GM-KSV-D, relatif à la demande de mise en place de protections environnementales urgentes et d’un arrêté de protection de biotope sur le système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » ;
  • Dossier de proposition d’un arrêté de protection de biotope relatif au système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » transmis en annexe du courrier précité ;
  • Conseil d’État, 1er octobre 2025, n° 498169, Commune de Livry-Gargan / Société H et A ;
  • CAA Paris, 26 septembre 2024, n° 24PA02736, Commune de Livry-Gargan ;
  • TA Montreuil, 29 avril 2024, n° 2216659, SAS Heta c/ Commune de Livry-Gargan ;
  • Affichage public du permis de construire PC 093 046 22 C0039 signé le 2 avril 2026 concernant la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro à Livry-Gargan, porté à la connaissance de Livry Participatif par affichage public sur site le 21 mai 2026.

Pièces jointes

  • Courrier de Livry Participatif du 26 novembre 2025 et dossier de proposition d’un arrêté de protection de biotope relatif au système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » ;
  • Vœu pour la protection de la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro adopté à l’unanimité par le Conseil municipal de Livry-Gargan le 16 avril 2026, télétransmis et reçu en préfecture le 30 avril 2026 ;
  • Pétition en ligne de Livry Participatif relative à la protection du système écologique « Sévigné–Salengro », ayant recueilli 391 signatures à la date du présent courrier ;
  • Pétitions manuscrites relatives à la protection de la parcelle et du système écologique concerné ayant recueilli 124 signatures par Livry Participatif et 241 signatures par Madame Corinne V*******.

Monsieur le Préfet,

Par courrier en date du 26 novembre 2025, notre association Livry Participatif a officiellement saisi vos services d’une demande de mise en place de protections environnementales urgentes et d’un arrêté préfectoral de protection de biotope relatif au système écologique fonctionnel dit « Sévigné–Salengro », comprenant le lac de Sévigné, sa couronne arborée, le corridor arboré du boulevard Roger-Salengro et la chênaie mature située au 75 boulevard Roger-Salengro.

Ce courrier était accompagné d’un dossier circonstancié démontrant que l’enjeu environnemental ne pouvait être réduit à la seule parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro, mais devait être apprécié à l’échelle d’un ensemble écologique cohérent, ancien et fonctionnel, dont chaque composante contribue au maintien d’habitats, de continuités écologiques, de fonctions climatiques locales et de services écosystémiques essentiels en milieu urbain dense.

Nous revenons vers vous aujourd’hui, d’une part, afin de rappeler l’intégralité de cette alerte initiale et, d’autre part, afin de porter à votre connaissance un élément nouveau d’une importance majeure : la signature, le 2 avril 2026, du permis de construire relatif à la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro, dont notre association a eu connaissance par affichage public sur site au cours de la semaine du 18 mai 2026.

Cette évolution donne à notre précédente alerte un caractère d’urgence renforcée. Elle fait craindre un engagement prochain des opérations préparatoires, des abattages, des terrassements, des démolitions ou des travaux susceptibles d’altérer gravement et irréversiblement le système écologique dont la protection a été sollicitée.

Nous souhaitons, par le présent courrier, attirer solennellement votre attention sur le fait que les risques signalés dans notre dossier du 26 novembre 2025 ne sont plus seulement théoriques ou prospectifs. Ils deviennent désormais immédiats.

1. Rappel du courrier transmis le 26 novembre 2025

Dans notre courrier du 26 novembre 2025, nous rappelions d’abord le contexte juridique du dossier.

Par jugement du 29 avril 2024, le tribunal administratif de Montreuil a annulé la décision par laquelle le maire de Livry-Gargan avait opposé un sursis à statuer à la demande de permis de construire de la société H et A, et a enjoint à la commune de délivrer le permis sollicité.

Par décision du 1er octobre 2025, le Conseil d’État a rejeté le pourvoi formé par la commune de Livry-Gargan, confirmant ainsi, sur le plan de l’urbanisme, l’obligation faite à la commune de délivrer le permis de construire.

Nous avions expressément indiqué que notre démarche ne remettait nullement en cause l’autorité de la chose jugée, ni la compétence du juge administratif sur les questions d’urbanisme. Nous soulignions en revanche que ces décisions ne pouvaient être interprétées comme dispensant le maître d’ouvrage du respect des règles issues du Code de l’environnement, notamment en matière d’espèces protégées, d’habitats, de continuités écologiques, de destruction de milieux naturels et, plus largement, de prévention des atteintes graves à l’environnement.

Notre courrier du 26 novembre 2025 insistait ainsi sur une distinction essentielle : l’autorisation d’urbanisme, même délivrée en exécution d’une décision juridictionnelle, ne saurait effacer les obligations environnementales applicables au projet.

2. Rappel des enjeux écologiques identifiés dans le dossier transmis

Notre dossier mettait en évidence l’existence d’un système écologique fonctionnel structuré autour de quatre composantes principales :

  • le lac de Sévigné, jouant un rôle de site de nourrissage, de halte et de repère paysager pour plusieurs espèces, notamment avifaunistiques ;
  • la couronne arborée entourant le lac, qui assure des fonctions de refuge, de repos, de nidification potentielle et de régulation microclimatique ;
  • le corridor arboré du boulevard Roger-Salengro, d’environ 265 mètres, permettant une continuité écologique entre le noyau lacustre et les boisements situés au sud ;
  • la chênaie mature du 75 boulevard Roger-Salengro, d’environ 1 440 m², qui constitue le pôle boisé terminal du système et l’un des éléments les plus sensibles de l’ensemble.

Nous indiquions que ce système ne devait pas être lu comme une juxtaposition de parcelles isolées, mais comme un ensemble fonctionnel dans lequel le lac, les arbres, les sols encore perméables, les vieux sujets arborés, les continuités végétales et les circulations faunistiques forment un même biotope urbain.

Nous attirions particulièrement l’attention de vos services sur le rôle de la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro. Celle-ci présente plusieurs caractéristiques cumulatives : présence de chênes matures, voire anciens ; potentiel de cavités, de bois mort, de micro-habitats et de vieux bois ; intérêt pour l’avifaune, les chiroptères, les insectes saproxyliques et la petite faune terrestre, dont la présence de hérissons vus entrant et sortant du terrain ; rôle dans la stabilisation des sols ; fonction de refuge et de relais écologique ; contribution à l’îlot de fraîcheur local.

Nous soulignions également que la destruction de cette chênaie ne produirait pas seulement une perte ponctuelle d’arbres, mais entraînerait une rupture de la fonctionnalité écologique de l’ensemble du système « Sévigné–Salengro ».

3. Rappel des risques climatiques, sanitaires et hydrologiques signalés

Notre courrier du 26 novembre 2025 mettait également en évidence le rôle de ce système dans la lutte contre les îlots de chaleur urbains.

Le lac de Sévigné, les espaces de pleine terre, les grands arbres, la couronne végétale, le corridor arboré et la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro forment ensemble un îlot de fraîcheur dans un secteur soumis à une pression d’urbanisation importante.

Nous indiquions que la destruction de la chênaie terminale, combinée à l’imperméabilisation accrue de la parcelle, ne pouvait qu’aggraver localement les phénomènes de surchauffe urbaine, avec des conséquences directes pour les populations riveraines, notamment les personnes les plus vulnérables lors des épisodes de fortes chaleurs.

Notre dossier appelait aussi l’attention sur les interrogations relatives aux sols, à la gestion des eaux, aux circulations souterraines et à la cohérence hydrologique du secteur. À ce titre, nous avions demandé que soient examinés, avant tout engagement de travaux, les risques liés à la nature des sous-sols, aux eaux souterraines, à la stabilité des terrains et aux éventuelles interactions entre l’artificialisation de la parcelle et le fonctionnement hydrologique du système.

Ces éléments sont aujourd’hui d’autant plus préoccupants que la signature du permis de construire fait entrer le dossier dans une phase opérationnelle.

4. Rappel des demandes formulées le 26 novembre 2025

Dans notre courrier initial, nous demandions respectueusement à vos services :

  1. l’ouverture d’une instruction en vue de la création d’un arrêté préfectoral de protection de biotope ciblé sur le système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » ;
  2. de rappeler formellement au maître d’ouvrage que la délivrance du permis de construire ne le dispense en aucun cas du respect des dispositions du Code de l’environnement, notamment celles relatives aux espèces protégées, à leurs habitats, à leurs sites de reproduction et à leurs aires de repos ;
  3. d’examiner les éléments scientifiques déjà rassemblés par Livry Participatif afin de déterminer s’ils pouvaient fonder des mesures de protection immédiates ;
  4. de subordonner tout abattage d’arbres, tout terrassement, toute démolition et toute intervention susceptible d’altérer les milieux à la réalisation d’inventaires naturalistes ciblés et actualisés ;
  5. de solliciter, le cas échéant, l’intervention de l’Office français de la biodiversité afin de contrôler sur place le respect des règles relatives aux espèces protégées ;
  6. d’examiner la possibilité de reconfigurer le projet de manière à préserver la chênaie, la continuité écologique et la fonction d’îlot de fraîcheur du système.

Ces demandes demeurent pleinement d’actualité. Elles revêtent même désormais une urgence particulière.

5. Élément nouveau : signature du permis de construire le 2 avril 2026 et affichage public constaté durant la semaine du 18 mai 2026

Notre association a constaté, au cours de la semaine du 18 mai 2026, l’affichage public du permis de construire relatif à la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro.

Il ressort de cet affichage que le permis a été signé le 2 avril 2026.

Cette information constitue un changement substantiel dans l’appréciation du risque. Elle signifie que le projet est susceptible d’entrer rapidement dans une phase d’exécution matérielle.

Or, à notre connaissance, les éléments environnementaux que nous avions portés à votre attention le 26 novembre 2025 n’ont pas encore donné lieu à une mesure conservatoire, à une information publique spécifique, à une procédure d’APPB ou à une clarification formelle des garanties applicables avant travaux.

Dans ces conditions, le risque d’atteinte irréversible au système écologique « Sévigné–Salengro » devient immédiat.

Nous sollicitons donc une intervention prioritaire de vos services afin que tout démarrage de travaux, tout abattage d’arbres, tout décapage de sols, tout terrassement ou toute intervention susceptible d’altérer les habitats, les sols, les continuités écologiques ou les fonctions climatiques du site soit précédé d’une instruction environnementale complète.

6. Mobilisation citoyenne et pétitions publiques

Nous souhaitons également porter à votre connaissance que la situation du système écologique « Sévigné–Salengro » a suscité une mobilisation citoyenne significative.

La pétition publique portée en ligne par Livry Participatif en faveur de la protection de ce système écologique a recueilli, à la date du présent courrier, 391 signatures, dont celle de Monsieur le Maire de Livry-Gargan, de nombreux adjoints et conseillers municipaux, toutes tendances confondues.

En outre, plusieurs autres pétitions citoyennes ont simultanément vu le jour sur le même sujet ou sur des sujets directement liés à la protection de la parcelle, de la chênaie, du cadre de vie et de l’environnement local. À ce jour, ces pétitions ont recueilli respectivement :

  • Pétition manuscrite de Livry Participatif : 124 signatures ;
  • Pétitions manuscrites par Madame Corinne V******* nous ayant été transmise : 241 signatures.

Cette mobilisation ne saurait être interprétée comme une simple opposition ponctuelle à un projet immobilier. Elle traduit une inquiétude collective et documentée concernant la destruction possible d’un élément majeur du patrimoine naturel local, les risques de rupture écologique, l’aggravation des îlots de chaleur, la perte d’un espace de pleine terre, la disparition d’arbres matures non compensables à court ou moyen terme, ainsi que les conséquences potentielles, notamment sanitaires, pour les populations riveraines.

Elle confirme que le dossier dépasse le seul cadre d’un litige d’urbanisme. Il relève désormais d’un enjeu environnemental, sanitaire, démocratique et territorial.

7. Vote unanime du Conseil municipal le 16 avril 2026

Nous souhaitons également rappeler que, le 16 avril 2026, le Conseil municipal de Livry-Gargan a adopté à l’unanimité un vœu demandant à l’État d’engager sans délai une procédure d’arrêté préfectoral de protection de biotope afin d’assurer une protection juridique forte et opposable du système écologique « Sévigné–Salengro ».

Ce vœu, adopté à l’unanimité des groupes majoritaire et minoritaires, s’appuie notamment sur l’existence du système écologique cohérent formé autour du lac de Sévigné, des alignements arborés et de la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro.

Il rappelle également la présence d’espèces protégées ou d’intérêt patrimonial, les risques d’abattage, d’artificialisation des sols et de rupture des continuités écologiques, ainsi que le caractère irréversible des atteintes qui pourraient être portées à un système écologique ancien, non compensable par de simples replantations.

Ce vœu demande expressément :

  • que l’État engage sans délai une procédure d’APPB ;
  • que, dans l’attente de cette protection, toute intervention susceptible d’altérer ces milieux fasse l’objet d’un gel conservatoire ;
  • que ce gel inclue l’interdiction des abattages et des travaux ayant un impact sur les sols, les habitats et la continuité écologique ;
  • qu’à défaut d’APPB, des mesures préfectorales alternatives offrant un niveau de protection équivalent soient mises en œuvre ;
  • que les collectivités locales et les habitants soient pleinement informés des procédures, études et décisions relatives à l’avenir du site.

Nous relevons que ce vœu a été télétransmis en préfecture et reçu par vos services le 30 avril 2026.

Il existe donc désormais une convergence particulièrement nette entre l’alerte associative formulée par Livry Participatif dès le 26 novembre 2025, la mobilisation citoyenne exprimée par plusieurs pétitions et la position officielle du Conseil municipal de Livry-Gargan.

Cette convergence appelle, selon nous, une réponse préfectorale rapide, explicite et proportionnée.

8. Demande de mesures conservatoires immédiates

Au regard de ce qui précède, nous vous demandons respectueusement de bien vouloir examiner, en urgence, la possibilité de prendre ou de faire prendre toute mesure conservatoire utile afin d’éviter que les travaux autorisés par le permis signé le 2 avril 2026 ne produisent des effets irréversibles avant l’instruction environnementale complète du dossier.

Ces mesures pourraient notamment porter sur :

  • la suspension de tout abattage d’arbres dans l’attente d’un contrôle environnemental ;
  • l’interdiction provisoire de toute intervention susceptible d’altérer les sols, les habitats, les vieux arbres, les continuités écologiques ou les zones de refuge de la faune ;
  • la réalisation d’un contrôle sur site par les services compétents, notamment l’OFB ;
  • la vérification de l’existence ou non d’espèces protégées, de sites de reproduction, d’aires de repos, de gîtes arboricoles, de cavités, de vieux bois, de micro-habitats ou d’habitats d’intérêt ;
  • l’examen des risques liés à l’imperméabilisation, à la modification des écoulements, à la nature des sous-sols et aux conséquences potentielles pour les parcelles riveraines ;
  • l’identification des garanties environnementales exigibles avant toute exécution matérielle du permis.

Il nous semble indispensable que ces vérifications interviennent avant tout commencement de travaux, et non après la destruction des éléments écologiques en cause.

9. Demande d’instruction prioritaire de l’APPB

Nous renouvelons expressément notre demande d’ouverture d’une instruction en vue de la création d’un arrêté préfectoral de protection de biotope portant sur le système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro ».

Cette demande ne vise pas seulement la parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro prise isolément. Elle vise l’ensemble du système composé du lac de Sévigné, de sa couronne arborée, du corridor arboré du boulevard Roger-Salengro et de la chênaie terminale du 75 boulevard Roger-Salengro.

L’objet de cette protection serait de préserver les conditions nécessaires à l’alimentation, au repos, au déplacement, à la reproduction ou au refuge des espèces protégées ou patrimoniales utilisant ce système comme habitat fonctionnel.

À défaut d’APPB, nous sollicitons que vos services examinent les mesures alternatives susceptibles d’assurer un niveau de protection équivalent, opposable et effectif, conformément au vœu adopté par le Conseil municipal.

10. Demande d’identification des services compétents et de la chaîne de responsabilité administrative

Compte tenu du caractère désormais opérationnel du dossier, nous souhaitons également vous demander une clarification formelle.

Dans l’hypothèse où le permis de construire signé le 2 avril 2026 serait mis à exécution et où se réaliseraient les désordres environnementaux, écologiques, hydrologiques, climatiques, sanitaires ou liés aux sous-sols signalés dans notre dossier du 26 novembre 2025, nous vous demandons de bien vouloir nous indiquer quels services, autorités administratives ou administrations seraient compétents à chaque stade de la prévention, du contrôle, de l’alerte, de l’instruction et, le cas échéant, de la constatation des manquements.

Cette demande ne vise pas à préjuger juridiquement d’une responsabilité déterminée. Elle vise à assurer la traçabilité administrative du dossier et à permettre aux citoyens, aux associations, aux collectivités et aux riverains d’identifier clairement les interlocuteurs compétents avant qu’un dommage irréversible ne survienne.

Nous souhaiterions notamment savoir quels services seraient compétents pour apprécier ou contrôler :

  • le respect des dispositions du Code de l’environnement relatives aux espèces protégées et à leurs habitats ;
  • l’existence éventuelle d’une obligation d’inventaire naturaliste complémentaire avant travaux ;
  • la nécessité d’une dérogation espèces protégées, le cas échéant ;
  • l’opportunité d’une procédure d’APPB ou d’une mesure préfectorale alternative ;
  • la protection des continuités écologiques et des habitats fonctionnels ;
  • les conséquences du projet sur l’îlot de fraîcheur local et sur l’adaptation du secteur aux épisodes de fortes chaleurs ;
  • les risques liés aux eaux souterraines, aux sols, aux sous-sols, aux terrassements, à l’imperméabilisation et aux éventuelles instabilités ou interactions hydrologiques ;
  • les risques pour les populations humaines avoisinantes, notamment en matière de chaleur urbaine, de ruissellement, de mouvements de terrain ou de désordres affectant les parcelles voisines ;
  • les modalités d’intervention de l’OFB ou de tout service de police de l’environnement en cas de début de travaux sans garanties suffisantes.

Nous vous demandons également de bien vouloir nous préciser, dans cette même logique, si vos services considèrent que la seule existence du permis de construire signé le 2 avril 2026 suffit à autoriser matériellement des interventions portant sur des éléments susceptibles de constituer des habitats d’espèces protégées, ou si des vérifications environnementales préalables demeurent nécessaires avant tout abattage, terrassement ou intervention affectant les milieux.

Sur la seule parcelle du 75 boulevard Roger-Salengro, des présences de hérissons, vus entrant ou sortant du terrain, et de chiroptères ont été rapportées par des riverains, ce qui est confirmé par les bases naturalistes existantes.

Cette clarification nous paraît indispensable afin d’éviter toute confusion entre la régularité urbanistique du permis et le respect autonome des obligations environnementales.

11. Risque d’irréversibilité et absence de compensation équivalente

Nous souhaitons enfin insister sur le caractère irréversible des atteintes susceptibles d’être portées au site.

La destruction de chênes matures, l’altération de vieux bois, la disparition de cavités, la suppression de sols de pleine terre, la rupture d’un corridor écologique, l’imperméabilisation d’une parcelle en continuité avec un ensemble lacustre et arboré ne peuvent être compensées par de simples plantations nouvelles.

Même lorsque des replantations sont prévues, celles-ci ne restituent ni l’âge des arbres détruits, ni leurs fonctions écologiques, ni leur rôle microclimatique, ni leurs micro-habitats, ni la qualité des sols, ni la continuité fonctionnelle existante.

Le risque est donc celui d’une perte nette de biodiversité, de fonctionnalité écologique et de résilience climatique pour le quartier.

Il s’agit précisément du type de situation dans laquelle une intervention préventive des pouvoirs publics apparaît nécessaire.

12. Conclusions

Au regard de l’ensemble des éléments rappelés ci-dessus, notre association vous propose respectueusement :

  1. de bien vouloir accuser réception de la présente alerte complémentaire ;
  2. de nous indiquer les suites données au courrier de Livry Participatif du 26 novembre 2025 et au dossier de proposition d’APPB qui l’accompagnait ;
  3. de prendre ou recommander toute mesure conservatoire utile permettant d’empêcher les abattages, terrassements, destructions d’habitats ou altérations des sols conformément aux objectifs définis par le Code de l’environnement sur des espaces abritant des espèces protégées ;
  4. d’examiner en urgence les conséquences environnementales de la signature du permis de construire du 2 avril 2026 concernant le 75 boulevard Roger-Salengro ;
  5. de saisir ou mobiliser les services compétents afin qu’un contrôle environnemental préalable puisse intervenir avant tout démarrage de travaux ;
  6. de faire examiner prioritairement l’opportunité d’une procédure d’APPB sur le système écologique fonctionnel « Sévigné–Salengro » eu égard à l’urgence nouvellement constatée ;
  7. de faire préciser au maître d’ouvrage que le permis de construire ne le dispense en aucun cas du respect des règles relatives aux espèces protégées, aux habitats, aux continuités écologiques, aux sols et aux éventuelles autorisations environnementales nécessaires ;
  8. de nous indiquer quels services ou autorités seraient compétents en cas de réalisation des désordres environnementaux, hydrologiques, sanitaires ou liés aux sous-sols signalés dans notre dossier ;
  9. de nous préciser si vos services envisagent une réunion de travail associant, le cas échéant, la préfecture, la DRIEAT, l’OFB, la commune, les associations compétentes et les représentants des riverains.

Notre association est consciente des contraintes liées à la production de logements et des suites juridictionnelles intervenues dans ce dossier.

Notre démarche ne vise pas à contester, par le présent courrier, les décisions rendues en matière d’urbanisme. Elle vise à rappeler qu’un permis de construire, même délivré en exécution d’une décision juridictionnelle, ne saurait neutraliser les obligations issues du Code de l’environnement ni priver les services de l’État de leur capacité d’intervention en matière de protection des espèces, des habitats, des biotopes, des continuités écologiques et de prévention des risques environnementaux.

Depuis notre courrier du 26 novembre 2025, la situation a profondément évolué : le permis a été signé, son affichage public est désormais intervenu, plusieurs pétitions citoyennes ont été lancées, la pétition de Livry Participatif a recueilli respectivement 328 et 108 signatures et le Conseil municipal de Livry-Gargan a adopté à l’unanimité un vœu demandant à l’État d’engager sans délai une procédure d’APPB.

Il existe donc aujourd’hui une proposition associative, une mobilisation citoyenne et une expression institutionnelle locale concordantes.

Nous vous demandons en conséquence de bien vouloir considérer le présent courrier comme une alerte environnementale urgente et comme une demande formelle de mise en œuvre des pouvoirs de prévention, d’instruction et de police de l’environnement relevant de l’État.

Nous restons naturellement à la disposition de vos services pour transmettre tout élément complémentaire utile : photographies, observations de terrain, éléments cartographiques, données relatives aux îlots de chaleur, relevés naturalistes, extraits de documents d’urbanisme, éléments relatifs aux pétitions et documents déjà rassemblés dans le cadre du dossier « Sévigné–Salengro ».

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre haute considération.

Pour l’association Livry Participatif,

Le Président de Livry Participatif

Le Vice-Président, référent juridique

La Référente Biodiversité

Copies

  • Monsieur le Maire de Livry-Gargan
  • Monsieur le Président du Conseil départemental
  • Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports — DRIEAT Île-de-France
  • Office français de la biodiversité — OFB
  • Président de l’Établissement Public Territorial Grand Paris Grand Est
  • Environnement 93 — FNE 93
  • Les Amis du Parc forestier de la Poudrerie
  • LPO France
  • ANCA
  • APFP
  • ASPAS
  • Association A.R.B.R.E.S.

Livry Participatif
contact@livryparticipatif.fr — livryparticipatif.fr
Association déclarée par application de la Loi du 1er juillet 1901 et du décret du 16 août 1901.
RNA W932012473 – SIREN 922 085 584 – NAF / APE 94.99Z

Système écologique Sévigné–Salengro
● En cours — Pétition active
Pour la protection du système écologique Sévigné–Salengro

Demande de protection effective du lac de Sévigné, de sa couronne arborée, des alignements structurants et de la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro — corridor écologique centenaire abritant des espèces protégées (martin-pêcheur, héron…).

✍ Signer la pétition sur Change.org
Couverture du dossier de Livry Participatif sur la protection du système écologique fonctionnel Sévigné-Salengro à Livry-Gargan, avec vue aérienne du secteur.

Protection du système écologique Sévigné–Salengro : lancement d’une pétition

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Lancement d’une pétition adressée au Préfet de la Seine-Saint-Denis

Système écologique Sévigné–Salengro
● En cours — Pétition active
Pour la protection du système écologique Sévigné–Salengro

Demande de protection effective du lac de Sévigné, de sa couronne arborée, des alignements structurants et de la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro — corridor écologique centenaire abritant des espèces protégées (martin-pêcheur, héron…).

✍ Signer la pétition sur Change.org

Livry-Gargan, 23 mars 2026 — A l’initiative de Livry Participatif, une pétition demande demande au préfet d’étudier la mise en œuvre d’une protection environnementale effective du système écologique Sévigné–Salengro à Livry-Gargan, ensemble cohérent comprenant notamment le lac de Sévigné, une couronne arborée, un alignement d’arbres structurants assurant une continuité écologique, ainsi que la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro.

Un ensemble écologique fonctionnel au cœur d’un tissu urbain dense

Cet ensemble forme une continuité fonctionnelle stabilisée depuis plusieurs siècles, assurant des fonctions essentielles de refuge, alimentation, reproduction et déplacement pour la faune et la flore en milieu urbanisé. L’association rappelle également que ce système constitue un cadre de vie identifié par les habitants, à travers la présence d’arbres majeurs (chênes et sujets d’alignement) et d’une faune observable au quotidien.

Des enjeux naturalistes et des risques identifiés

La pétition souligne des enjeux naturalistes, notamment pour l’avifaune et les chiroptères, avec la présence d’espèces relevant de régimes de protection au titre du code de l’environnement, dont une relevant de la directive européenne « Oiseaux » (Martin-pêcheur), éléments que l’association indique avoir étayés par des observations.

Livry Participatif attire par ailleurs l’attention sur un risque immédiat et concret : la pression de promotion immobilière et la perspective d’opérations impliquant artificialisation et fragmentation d’un système écologique ancien. Sont notamment évoqués : abattages, rupture des alignements, remaniement des sols et nuisances induites. La pétition rappelle que la destruction d’un système pluriséculaire ne peut être compensé à court ou moyen terme.

Une demande principale : un Arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB)

Au cœur de la démarche, l’association demande l’engagement prioritaire d’une procédure d’Arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) visant les habitats et continuités constitutifs du système Sévigné–Salengro (lac, couronne, alignements et chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro), afin d’encadrer strictement toute intervention susceptible de dégrader les milieux et d’empêcher des atteintes irréversibles.

À défaut d’APPB, la pétition sollicite des mesures préfectorales alternatives offrant un niveau de protection équivalent, explicitement opposables et assorties d’un calendrier, incluant notamment : prescriptions d’évitement et de réduction, interdiction des abattages et altérations d’habitats, protection des alignements et de la chênaie, gel conservatoire pendant l’instruction, suivi écologique et information du public.

Par ailleurs, le système menacé constitue actuellement un ilot de fraicheur crucial pour Livry-Gargan, sa suppression faisant courir un risque sanitaire notamment pour les populations les plus fragiles. En outre, le terrain menacé se situe sur une zone de risque hydrologique.

Une pétition ouverte aux signatures

La pétition a vocation à être transmise à Monsieur le Préfet de la Seine-Saint-Denis. Livry Participatif invite les habitantes et habitants de Livry-Gargan, ainsi que toute personne concernée par la protection des continuités écologiques urbaines, à se renseigner et à participer à la démarche.

Contact presse — Livry Participatif

contact@livryparticipatif.fr
livryparticipatif.fr

Lien de la pétition : https://www.change.org/Sévigné-Salengro

Vue aérienne isométrique d’îlots urbains où chaque cœur d’îlot est totalement entouré d’immeubles sur quatre côtés, sans accès depuis la rue.

Cœurs d’Îlots : sommes-nous tous concernés ?

= Connectivité écologique / Urbanisme =
Septembre 2025

FICHE ENVIRONNEMENT n° 16

Leur classement dans le Plan Local d’Urbanisme (PLUi) peut concerner de nombreux habitants : propriétaires privés, copropriétés, riverains… Les cœurs d’îlots influent sur la qualité de vie, le paysage urbain, la valeur foncière et les stratégies de transition écologique.

Définition :

Un îlot urbain est un ensemble de parcelles délimité par des rues. Le cœur d’îlot en désigne la partie centrale, souvent non bâtie : jardin, cour, espace vert, terrain de pleine terre.

Dans les PLU(i), un « cœur d’îlot » correspond à un espace non construit et non imperméabilisés, protégés pour leur potentiel rôle environnemental et urbain.

Pourquoi cela vous concerne

  • Cadre de vie : plus de végétation = plus de fraîcheur en été, meilleure qualité de l’air, infiltration des eaux pluviales.
  • Patrimoine et paysage : certains quartiers voient leur caractère sauvegardé grâce au classement en cœur d’îlot.
  • Égalité entre habitants : tous les quartiers n’ont pas la même capacité à accueillir ces espaces, ce qui pose des questions de justice territoriale.
  • Propriétaires privés : une parcelle classée cœur d’îlot devient en partie inconstructible → impact direct sur la valeur foncière et les projets d’aménagement.
  • Collectivité : le classement peut transférer une responsabilité écologique vers les particuliers, si la puissance publique ne montre pas l’exemple sur ses propres terrains.

Atouts

  • Climat & confort urbain : apport d’îlots de fraîcheur en été, réduction des îlots de chaleur.
  • Eau & sols : infiltration des eaux de pluie, réduction du risque d’inondation, recharge des nappes.
  • Air & santé : amélioration locale de la qualité de l’air, diminution des polluants.
  • Biodiversité : refuge pour la faune et la flore, à condition d’être reliés par des corridors écologiques.
  • Santé Publique & Lien social : Situés sur une parcelle publique ou collective, lieux de respiration, de rencontre et d’interaction sociale, amélioration de la santé mentale.
  • Patrimoine & paysage : préservation d’espaces verts dans des quartiers historiques, protection contre la spéculation immobilière.

Limites et controverses

  • Isolement écologique : sans connexions à d’autres espaces verts, leur rôle pour la biodiversité reste marginal.
  • Inégalités territoriales : certains quartiers très minéralisés n’ont pas de cœurs d’îlots exploitables.
  • Conflits d’usage : contraintes fortes pour les propriétaires privés (perte de constructibilité, entretien).
  • Manque de transparence : critères de classement jugés opaques, manque de concertation citoyenne.
  • Transfert de responsabilités : charge écologique et financière reposant sur les propriétaires privés plutôt que sur la puissance publique.
  • Valeur immobilière : paradoxe entre valorisation des logements environnants et perte de valeur pour le terrain classé.

🏙 Cas du PLUi du Grand Paris – Grand Est : Pour l’espace repéré en cœur d’îlot, les cinq critères cumulés sont :

  • ✓ espace végétalisé ;
  • ✓ situé à plus de 5 m des bâtiments durs ;
  • ✓ couvrant au moins 3 parcelles ;
  • ✓ atteignant un seuil minimal de 100 m² (toutes parcelles confondues) ;
  • ✓ ne dépassant pas 50 % d’une seule parcelle.

Problèmes soulevés : incohérences de sélection, manque d’information des propriétaires, perte de valeur des terrains concernés.

Conclusion et conditions d’acceptabilité

Les cœurs d’îlots sont un outil utile de lutte contre les îlots de chaleur urbains et de préservation de la biodiversité. Toutefois, leur efficacité et leur acceptabilité démocratique reposent sur plusieurs conditions :

  • une intégration cohérente à la trame verte urbaine (corridors écologiques, haies, alignements d’arbres),
  • une concertation transparente et équitable avec les citoyens,
  • un soutien clair aux propriétaires privés (incitations financières, subventions, crédits d’impôt),
  • une exemplarité de la puissance publique dans l’application des règles sur ses propres terrains,
  • et une application équilibrée entre espaces publics et privés.

Pour savoir si vous êtes concerné par ces mesures, prenez le temps de vérifier le classement de votre parcelle dans le PLUi.

Réf. : Analyse de la végétalisation des cœurs d’îlots – Le cas des parcelles de grands propriétaires institutionnels », Apur, juillet 2021

Et après l’appel à idées 2008 « Habiter les cœurs d’îlot » | Agora, biennale de Bordeaux Métropole

Végétalisation en cœur d’îlot dans une copropriété parisienne – Agence Parisienne du Climat 20 juillet 2022

Jeffrey Blain, « Le modèle des super-îlots à Barcelone : un exemple de régénération d’une ville », Géoconfluences , février 2024.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Atelier_parisien_d%27urbanisme

Hérisson européen marchant dans l’herbe à la tombée de la nuit, éclairé par une lumière bleutée avec des fleurs jaunes en arrière-plan.

Le Hérisson, un allié menacé

FICHES « BIODIVERSITÉ »

Le Hérisson commun (Erinaceus europaeus), également appelé hérisson européen, est un petit mammifère couvert de piquants (5 000 à 7 500) qu’il hérisse en se mettant en boule lorsqu’il se sent en danger.
Il possède un corps recouvert de poils raides et bruns, quatre pattes, une petite queue conique (2 à 3 cm), un museau pointu, 36 dents, des oreilles courtes (2 à 3 cm). Il mesure entre 22 et 32 cm de longueur, 12 à 15 cm de hauteur, et pèse entre 450 g et 2,5 kg selon la saison.
Son espérance de vie à l’état sauvage est d’environ 3 ans.

🏡 Habitat et mode de vie

Le hérisson vit dans les clairières, haies, friches et jardins. Il affectionne les endroits avec des cachettes et des sources de nourriture.

En automne, il prépare un nid confectionné avec des feuilles mortes et des herbes sèches pour hiberner d’octobre à avril, lorsque les températures descendent en dessous de 5 à 7 °C.

  • La présence en journée d’un hérisson non abrité est anormale et peut justifier une prise en charge.
  • Activité : nocturne, de la tombée de la nuit jusqu’à l’aube, d’avril à septembre.
  • Les mâles peuvent parcourir jusqu’à 3 km en une nuit.

🍽️ Régime alimentaire

Insectivore et omnivore. Consomme escargots, limaces, lombrics, araignées, insectes, fruits, œufs cassés, petits animaux (serpents, lézards, rongeurs, batraciens).

Contribution au jardin : Prédation de limaces, escargots, insectes ravageurs … aide à maintenir la santé des cultures.

✅ Nourriture possible en complément :

  • Eau fraîche
  • Croquettes ou pâtée pour chats / chiens
  • Légumes cuits
  • Fruits (banane, melon)
  • Noix et amandes (en petite quantité)

❌ Ne pas donner :

  • Lait (toxique)
  • Pain

🐾 Reproduction : Avril à août

Gestation : 35 jours
Portées : 4 à 7 petits, deux fois par an.
Les petits naissent aveugles, avec 100 épines blanches. Yeux et oreilles s’ouvrent à 14 jours, alimentation solide à 3 semaines, indépendants à 6 semaines.

⚠️ Protection et Menaces

Statut : À l’occasion de la COP-16 du 28 octobre 2024, une alerte a été lancée concernant le hérisson européen, lequel est sur le point d’être en voie d’extinction. Espèce protégée, il y a interdiction de le tuer, blesser, transporter, vendre ou garder comme animal de compagnie.
La violation de ces interdictions constitue un délit puni de 3 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.

Menaces humaines : Parmi les causes de mortalité d’origine humaine, les principales sont les pesticides (dont produits anti-limaces et escargots), la fragmentation des habitats, le trafic routier, les outils de jardinage, les noyades liées aux bassins et piscines, les feux de jardins.

Le hérisson est un allié précieux pour les jardiniers et l’environnement. Il joue un rôle essentiel dans l’écosystème. Sa protection est cruciale pour préserver la biodiversité. Vous pouvez agir contre sa disparition.

🌿 Comment l’aider ?

  • Lui offrir des abris dans votre jardin : tas de bois, feuilles, caisses aménagées
  • Bannir les pesticides et éviter les feux de jardin
  • Mettre à sa disposition de l’eau propre, dans un récipient bas et peu profond et, éventuellement, une nourriture adaptée en automne et après la période d’hivernation (mars-avril)
  • Lorsque plusieurs voisins souhaitent les protéger, relier les jardins avec des passages est idéal
  • Installer un abri à l’écart du passage pour l’hibernation et la reproduction


Illustration graphique représentant un quartier résidentiel densément urbanisé, avec un aménagement paysager central et des directions vers les communes voisines : Coubron, Aulnay, Sevran et Vaujours.

Livry-Gargan est-elle vraiment si verte ?

Idée Reçue : Livry-Gargan est la ville la plus verte de Seine-Saint-Denis

FAUX

Livry-Gargan est souvent présentée comme la commune la plus verte de Seine-Saint-Denis. Cette idée repose sur la présence de parcs emblématiques comme le Parc Lefèvre et d’arbres remarquables tels que le cèdre du Liban. Pourtant, cette réputation flatteuse masque une réalité bien différente. Une analyse objective des données d’occupation des sols révèle que Livry-Gargan est loin d’être à la hauteur de ce mythe.

Une couverture verte bien en deçà des attentes Des disparités frappantes au niveau local

Les espaces verts à Livry-Gargan ne représentent que 13 % de la superficie totale de la commune, soit 95,4 hectares, répartis comme suit :

Espaces verts urbains : 35,6 hectares (4,85 %).
Forêts : 59,8 hectares (8,14 %).

Des disparités frappantes au niveau local

L’étude ci-dessous référencée 1 révèle des disparités importantes entre les communes de Seine-Saint-Denis. Tandis que Montfermeil plafonne à seulement 7,76 % d’espaces verts, des communes comme Vaujours ou Villepinte atteignent respectivement 33,87 % et 23,51 %. La moyenne des communes limitrophes hors Raincy, estimée à 28,78 %, souligne le retard de Livry-Gargan en termes de superficie d’espaces naturels accessibles.

En comparaison, la commune voisine de Coubron atteint une couverture verte de 64,86 %, faisant figure d’exemple en matière de gestion et de préservation des espaces naturels. Cette différence met en évidence l’écart entre la perception et la réalité à Livry-Gargan.

Une fragmentation écologique limitante
Malgré la présence de parcs et de forêts, les espaces verts à Livry-Gargan souffrent d’une forte fragmentation. Isolés les uns des autres, ces espaces peinent à jouer un rôle significatif dans la circulation des espèces animales et végétales. Par ailleurs, le tissu urbain discontinu, qui couvre 81,47 % de la superficie, constitue un frein majeur à l’extension des espaces verts et à la création de corridors écologiques indispensables pour renforcer la continuité environnementale.

Livry-Gargan n’est pas, contrairement à sa réputation, la commune la plus verte de Seine-Saint-Denis avec seulement 13 % d’espaces verts.

Malgré une perception locale flatteuse, Livry-Gargan ne peut prétendre au titre de commune la plus verte de Seine-Saint-Denis. Avec seulement 13 % d’espaces verts, elle se classe loin derrière des communes comme Coubron ou Vaujours et d’autres communes. Ce biais de perception est contre-productif, car il entretient une illusion de confort qui freine la prise de conscience des enjeux réels et retarde les actions nécessaires à une véritable amélioration environnementale. Cependant, en engageant une planification ambitieuse, Livry-Gargan pourrait significativement améliorer son patrimoine vert, son impact environnemental et la qualité de vie de ses habitants…



  1. Le programme CORINE (Coordination of Information on the Environment) Land Cover, mis en place par l’Agence européenne pour l’environnement, propose une base de données géoréférencées répertoriant l’occupation des sols à l’échelle de l’Europe. Basé sur l’analyse d’images satellites, il attribue à chaque parcelle de territoire une catégorie définissant son usage (forêt, zone urbaine, zone agricole, espaces verts, etc.). ↩︎

Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux environnementaux

Livry Participatif — Enquête publique conjointe · Parc de la Poudrerie · 2025 Dossier d’Observations — Extension de classement au titre des sites et inscription des cités-jardins

Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux environnementaux

Observations de Livry Participatif dans le cadre de l’enquête publique conjointe — projet d’extension de classement au titre des sites et d’inscription des cités-jardins (Vaujours – Sevran – Livry-Gargan – Villepinte, 27 janvier au 25 février 2025)

Contexte général

Le projet d’extension de classement au titre des sites et d’inscription pour le Parc de la Poudrerie et les cités-jardins qui y sont associées répond à plusieurs enjeux majeurs. Parmi eux, la protection d’espaces naturels et écologiques constitue un réservoir de biodiversité essentiel en Seine-Saint-Denis, dans un contexte de densification urbaine.

Le parc actuel, formé de boisements, d’anciennes friches industrielles reconverties et de zones humides, constitue un réservoir de biodiversité essentiel en Seine-Saint-Denis, dans un contexte de densification urbaine. En tant que parc forestier ouvert au public, il est devenu un lieu de détente, de loisirs et de promenade pour de nombreux habitants. L’extension du classement vise à pérenniser cette fonction sociale et ce paysage singulier, « poumon vert » à l’échelle du territoire.

C’est dans cet esprit que les services de l’État (DRIEAT Île-de-France) ont engagé une procédure de classement et d’inscription supplémentaire, visant à inclure les éléments historiques non encore protégés (pavillon Dautriche, caserne, parcelles de la Marine, etc.), ainsi que les cités-jardins conçues pour accueillir les ouvriers et employés de la Poudrerie.

Ce contexte rend d’autant plus nécessaire une vigilance collective : plusieurs projets d’aménagement en cours ou à l’étude dans les environs immédiats du parc soulèvent des questions relatives à la continuité écologique du corridor reliant la Poudrerie à la forêt de Bondy. Parmi eux, le projet de construction de 1 350 logements sur le secteur Poudrerie-Hochaille et un projet de serres de grande hauteur le long de la RN3 sont analysés dans cet article au regard de leurs impacts potentiels sur la biodiversité locale. Ces observations ont été déposées par Livry Participatif dans le cadre de l’enquête publique 2025.

Le classement au titre des sites

Le parc de la Poudrerie est inscrit au site Natura 2000 « Bois et parcs de Seine-Saint-Denis » et abrite plusieurs espèces protégées (pic noir, martin-pêcheur, pic mar). Les zones humides (mares, fossés) et le couvert forestier dense offrent des corridors écologiques qui s’étendent jusqu’à la Forêt de Bondy. L’extension de classement contribue à conforter ces continuités et à éviter une fragmentation supplémentaire des milieux.

Les documents d’urbanisme locaux (PLU ou PLUi) prévoient parfois des zones constructibles en lisière immédiate du parc, rendant d’autant plus nécessaire et urgente une protection accrue de ce dernier. Le classement au titre des sites rend obligatoire une autorisation préalable pour toute modification paysagère significative, freinant ainsi les projets d’urbanisation inconsidérés. La reconnexion écologique entre le parc de la Poudrerie et ses abords est mieux garantie en évitant un mitage, facteur d’isolement écologique.

La mise en place de protections fortes peut encourager un tourisme de proximité respectueux de l’environnement, appuyé sur le patrimoine industriel et naturel. Les acteurs associatifs présents (Les Amis du Parc, Environnement 93, etc.) s’investissent déjà dans des visites guidées, inventaires naturalistes et animations scolaires. La valorisation pédagogique des mares, des alignements d’arbres et des bâtiments historiques peut renforcer l’appropriation citoyenne du lieu.

Parmi les objectifs affirmés du projet de classement et d’inscription, la dimension environnementale est centrale :

  • Faciliter la prise en compte de la biodiversité (site Natura 2000, ZNIEFF, etc.) en protégeant les corridors écologiques.
  • Maintenir et encadrer les usages du site pour éviter les menaces liées à la pression urbaine (densification des franges du parc, modification de la composition paysagère, disparition de bâtiments remarquables).
  • Offrir un cadre lisible aux acteurs locaux (collectivités, opérateurs, associations) pour guider la gestion et les éventuels travaux.

La structure en éventail du premier périmètre industriel, pensée par l’ingénieur Gustave Maurouard, confère au parc un aspect singulier, avec des allées bordées de merlons boisés et des espaces en clairières (anciens lieux de stockage). Les alignements d’arbres, les voies pavées, les fossés et mares contribuent à un caractère pittoresque qui se distingue clairement du tissu urbain alentour. Les cités-jardins prolongent cette dimension pittoresque en offrant des perspectives végétales, de petites places centrales et des espaces de proximité arborés.

Réserves et points d’attention

Si la protection est largement soutenue, des réserves ont été exprimées lors de la réunion publique du 15 février 2025 et dans les observations déposées :

  • La pression d’usage : la fréquentation élevée du parc (notamment en période estivale) appelle un encadrement précis de la circulation des promeneurs, cyclistes, cavaliers.
  • La coordination avec le PLUi : plusieurs participants ont relevé une possible contradiction entre les zonages urbains prévus et la protection du parc (densification autour des gares).
  • L’état de dégradation avancée de certains bâtiments (Pavillon Dautriche, hangar au soufre…) : des inquiétudes subsistent quant à l’urgence de travaux de mise en sécurité et de restauration.

Risques écologiques pesant sur le parc

La fragmentation écologique : un risque documenté et immédiat

Le parc de la Poudrerie abrite plusieurs zones humides — mares, fossés, berges — classées parmi les milieux naturels les plus dégradés et les plus menacés de France.

Zoom sur les zones humides

Ces zones font partie des milieux naturels les plus dégradés et les plus menacés en France ; et ce, notamment à cause du développement urbain (Maman & Vienne, 2010). Elles ont plusieurs fonctions écologiques et rendent plusieurs services écosystémiques aux humains : contrôle des crues, épuration de l’eau, maintien de la biodiversité, stockage de carbone etc. (Fustec & Lefeuvre, 2000).

Une récente synthèse des connaissances sur les zones humides en France souligne leurs bénéfices. Le dernier suivi Wetlands International met en lumière une forte dépendance entre les zones humides et 30 % des espèces rares et menacées. Elles permettent, à la société, d’économiser annuellement 2 000 €/ha sur le traitement de l’eau potable par son action sur la purification de l’eau. De plus, elles stockent plus du double de carbone que toutes les forêts de la planète alors qu’elles ne couvrent aujourd’hui que 3 % de la surface de la Terre (Les zones humides en France — Synthèse des connaissances en 2024).

L’un des objectifs du projet d’extension de classement est de maintenir la cohérence et la continuité écologique du Parc de la Poudrerie, qui constitue un corridor vert essentiel dans un environnement urbain densément bâti. Or, les projets de densification autour des gares et des nouvelles zones d’aménagement tendent à créer des îlots de construction qui fragmentent ce corridor.

Conséquence écologique : La fragmentation réduit la capacité de dispersion des espèces, compromet la connectivité des habitats et accentue l’effet d’îlot de chaleur, ce qui affecte négativement la biodiversité locale avec une rupture du continuum vert.

Carte des espaces naturels et parcs départementaux en Île-de-France, focus Seine-Saint-Denis et Est parisien
Carte des espaces naturels et parcs départementaux en Île-de-France : Focus sur la Seine-Saint-Denis et ses environs (Est parisien) — © Département de la Seine-Saint-Denis

Le parc forestier de la Poudrerie est un maillon essentiel du corridor écologique reliant la forêt de Bondy aux espaces naturels de l’Est parisien. Son rôle est fondamental pour :

  • la continuité des espaces boisés,
  • la circulation de l’avifaune,
  • le maintien d’un habitat pour les espèces protégées.

La densification programmée (entre le Châtinet et le Bois du Renard) accroît la fragmentation. Selon la cartographie établie par Livry Participatif, les zones UA et UB définies dans le PLUi, ainsi que les zones industrielles, forment un effet damier évident, avec des blocs de constructions fragmentées dispersées de manière irrégulière dans la zone concernée. Cette densification programmée accroît ainsi la fragmentation par :

  • Mitage et dispersion des constructions dans des zones initialement pavillonnaires.
  • Réduction des capacités de déplacement pour la faune.
  • Exposition accrue aux nuisances lumineuses et sonores.
Carte de la fragmentation urbaine de Livry-Gargan montrant les zones UA et UB en orange
Carte de la fragmentation urbaine de Livry-Gargan : les zones UA et UB (en orange) forment un effet damier caractéristique autour du parc — © Livry Participatif

L’enquête publique sur le classement en mentionne l’importance, mais n’anticipe pas l’impact des projets immobiliers en cours sur cette connectivité. L’OAP « Poudrerie-Hochailles », mentionnée dans le Rapport de présentation du dossier d’enquête publique (p. 62), porte un projet immobilier en frange de parc. L’enquête reconnaît une « forte pression urbaine [qui] se cristallise sur les franges du parc forestier de la Poudrerie », sans proposer d’actions correctives.

Projets dangereux passés et futurs

Le projet de construction de 1 350 logements : une menace directe sur le corridor

L’OAP « Poudrerie-Hochaille » est un cadre stratégique défini par la ville de Livry-Gargan pour guider le développement urbain du secteur Poudrerie-Hochaille. Au total, 19 hectares sont directement concernés par ce projet d’aménagement, avec une zone d’étude élargie à 57 hectares pour intégrer les équipements et infrastructures de transport nécessaires. Parallèlement, l’Opération d’Intérêt Métropolitain (OIM) Poudrerie-Hochaille a été mise en place pour renforcer les actions de l’OAP. Cette opération, reconnue par la Métropole du Grand Paris, vise à coordonner les efforts de réaménagement du secteur. En 2020, une convention a été signée entre la Métropole du Grand Paris et l’Établissement Public Foncier d’Île-de-France (EPFIF) pour faciliter les acquisitions foncières nécessaires à la réalisation de ce projet.

Ce projet comprend la construction de 1 350 logements, des commerces, une ferme urbaine, et un groupe scolaire, situé entre la Cité-Jardin et la Route Nationale 3. Il met en évidence la fragmentation d’un corridor écologique reliant le Parc Forestier de la Poudrerie à la Forêt de Bondy, soulevant des impacts potentiels significatifs sur la biodiversité locale et la connectivité écologique.

Impact environnemental et urbanistique d’un projet de construction de 1 350 logements sur la connectivité écologique entre le Parc de la Poudrerie et la Forêt de Bondy

Carte illustrant l'impact du projet de 1 350 logements sur le corridor écologique entre le Parc de la Poudrerie et la Forêt de Bondy
Cette carte illustre le projet d’aménagement urbain comprenant la construction de 1 350 logements, situé entre la Cité-Jardin et la Route Nationale 3. L’image met en évidence la fragmentation d’un corridor écologique reliant le Parc Forestier de la Poudrerie à la Forêt de Bondy, soulignant les impacts potentiels sur la biodiversité locale et la connectivité écologique. La zone concernée est représentée en pointillés, tandis que les flux écologiques perturbés sont marqués par des flèches vertes. / Livry Participatif

Cette pression foncière est donc identifiée dans l’enquête publique, mais aucune mesure concrète n’est proposée pour y remédier. Puisque la pression foncière est avérée, il serait opportun que le projet d’extension/classement :

  • Intègre une évaluation précise des impacts des projets d’urbanisation environnants.
  • Propose des mesures garantissant l’intégrité du périmètre protégé.
  • Définisse des dispositions fermes pour assurer la protection du parc et de ses franges.
  • Rappelle l’urgence d’assurer cette protection.

Les serres de la RN3 : une aberration écologique et sanitaire dans un corridor déjà fragilisé

L’OAP « Poudrerie-Hochaille » prévoit, entre autres, la création d’un projet immobilier comportant des serres de grande hauteur (5 niveaux + attique) pour des jardins d’hiver ou des fermes urbaines le long de la RN3. Si l’idée d’une agriculture urbaine ou de serres potagères peut, sur le papier, s’avérer intéressante, son implantation dans ce corridor étroit — entre le parc de la Poudrerie et la forêt de Bondy — soulève des problèmes à la fois écologiques, sanitaires et de confort de vie.

Plan masse de la projection urbaine Poudrerie-Hochailles à Livry-Gargan avec les serres le long de la RN3
Projection Urban et Sens — Assistance à Maîtrise d’Ouvrage — Ville de Livry-Gargan / Bouygues Immobilier : plan masse du projet avec les serres prévues en bordure de RN3
Schéma volumétrique du projet urbain de Livry-Gargan le long de la RN3
Projection Urban et Sens — Schéma volumétrique du projet : densification entre la cité-jardin et la RN3 — Ville de Livry-Gargan / Bouygues Immobilier
Perspective architecturale du projet urbain avec serres et logements à Livry-Gargan
Projection Urban et Sens — Perspective architecturale : les serres (5 niveaux + attique) intégrées aux logements en bordure de RN3 — Ville de Livry-Gargan / Bouygues Immobilier

Les serres de grande hauteur (vitrées) renforcent la fragmentation, désorientent la faune (pollution lumineuse, collisions) et aggravent la stagnation des polluants.

Position stratégique du corridor : Le secteur de la RN3 entre la Poudrerie et la forêt de Bondy constitue un passage essentiel pour la faune, notamment l’avifaune protégée dans le cadre de Natura 2000. Toute construction imposante (serres de grande hauteur, structures vitrées) accentue la fragmentation déjà provoquée par la route, rendant encore plus difficile le déplacement des espèces.

Barrière physique et lumineuse : Les surfaces vitrées peuvent créer de la réverbération et de la pollution lumineuse, désorientant les oiseaux et perturbant leur cycle biologique. Elles peuvent aussi provoquer des collisions, a fortiori avec la présence de plantations internes aux baies vitrées, aggravant la mortalité aviaire dans une zone déjà contrainte.

Exposition accrue aux polluants : L’idée de couper les vents en provenance de la route au moyen de serres peut entraîner la stagnation ou la concentration de polluants (particules fines, oxydes d’azote, etc.). Les espèces animales, comme les oiseaux et les petits mammifères, peuvent s’y trouver sur-exposés, avec des effets à moyen et long terme sur leur santé et leur capacité de reproduction.

Concentration de polluants pour tous : Au-delà de la faune, les automobilistes, cyclistes et piétons empruntant la RN3, ainsi que les habitants alentour, risquent également d’être victimes d’une accumulation de polluants dans un espace confiné. Au lieu de diluer la pollution automobile, les serres risquent de créer un « piège à particules » à proximité immédiate de la chaussée.

Coupe urbaine du projet le long du boulevard Schuman à Livry-Gargan montrant la hauteur des serres
Coupe urbaine du projet : les serres (5 niveaux + attique) en bordure de RN3, entre la cité-jardin et le boulevard Schuman — Projection Urban et Sens / Bouygues Immobilier

Microclimat défavorable :

  • Réverbération de la chaleur : Les matériaux vitrés en enfilade, combinés à l’asphalte de la RN3, peuvent accentuer les îlots de chaleur urbains, surtout en période estivale. Les surchauffes deviennent problématiques pour la qualité de vie des riverains.
  • Non-dissipation des polluants : En retenant chaleur et gaz, les serres aggravent l’effet de confinement. Les vents, qui jouent normalement un rôle d’évacuation, ne peuvent plus circuler correctement.

Impact sur le cadre de vie : Vivre ou circuler entre la chaleur accrue des serres et le macadam surchauffé de la RN3 présente une expérience inconfortable pour les résidents et les usagers (piétons, automobilistes). La détérioration de la qualité de l’air, combinée à l’augmentation de la température, constitue un cocktail néfaste pour la santé publique (irritation respiratoire, stress thermique), particulièrement pour les populations les plus fragiles.

Incompatibilité avec la notion de corridor écologique : En théorie, les constructions destinées à la production agricole urbaine pourraient être implantées dans des zones moins sensibles. Leur positionnement à cet endroit clé coupe la continuité végétale nécessaire entre la Poudrerie et la forêt de Bondy.

Contradiction avec la réduction des îlots de chaleur : Partout en zone urbaine, les politiques publiques encouragent la végétalisation et la perméabilisation des sols pour réduire les pics de chaleur et favoriser le bien-être des populations. Ici, le recouvrement en serres et l’artificialisation qui l’accompagne vont à contresens de ces politiques.

Un besoin urgent de repenser l’aménagement : Au regard de l’ensemble de ces éléments, le projet de créer des serres le long de la RN3, entre le parc de la Poudrerie et la forêt de Bondy, apparaît comme une aberration autant écologique que sanitaire. Trois catégories d’effets négatifs se cumulent :

  1. Menaces sur la biodiversité : fragmentation renforcée, collisions d’oiseaux, pollution locale amplifiée.
  2. Impacts négatifs sur la santé humaine : concentration de polluants, élévation des températures, qualité de vie en berne pour les riverains et les usagers de la route.
  3. Inadéquation avec la politique urbaine durable : la densification à cet endroit précis, sans mesures de compensation ou de trame verte, s’oppose aux objectifs de préservation des corridors écologiques et de diminution des îlots de chaleur.

Il convient de noter que ce phénomène de morcellement des habitats naturels et ses effets sanitaires a notamment pu être observé dans le Nord-Est des États-Unis avec le morcellement des forêts et la prévalence de la maladie de Lyme (Tirard et al., 2016).

Ce projet illustre la nécessité et l’urgence d’étendre le classement du parc et de ses abords.

Le projet d’aménagement Tourville : l’artificialisation aux portes du parc

Parmi les opérations récemment engagées dans la limite immédiate du Parc de la Poudrerie, le projet d’aménagement de l’école Tourville à Livry-Gargan illustre les tensions entre densification, préservation des sols perméables et gestion écologique du corridor de l’Est parisien.

Ambitieux dans ses objectifs, le projet d’aménagement de la future école du quartier de la Poudrerie déclare chercher à moderniser les infrastructures éducatives et s’inscrire dans une démarche de développement durable. Cependant, sa mise en œuvre soulève des questions quant à la pratique et au respect des écosystèmes locaux.

Bien que l’initiative affiche une ambition environnementale (toitures végétalisées, plantations nouvelles), l’artificialisation demeure significative : certains arbres, notamment deux cèdres sains et de grand développement, ont été abattus au motif d’une incompatibilité avec la future configuration du site, avec choix de démolition totale de l’ancienne école plutôt qu’une réhabilitation, ayant pour conséquence la création d’un nouveau bâtiment occupant davantage de sol, au détriment d’espaces perméables.

Si le projet respecte formellement les prescriptions du PLU (avec une zone libre de 1 140 m², légèrement au-dessus de l’exigence réglementaire), il ne s’inscrit pas dans une stratégie globale de préservation du corridor. L’abattage d’arbres matures confirme l’écart entre les intentions affichées et la protection effective du couvert végétal.

Les cèdres supprimés, pourtant classés en « bon état phytosanitaire » selon une expertise de l’ONF de 2017 (non diffusée de manière transparente), rappellent la fragilité des arbres urbains face aux projets d’aménagement. Le cas Tourville illustre à quel point la justification sécuritaire peut conduire à l’élimination de sujets pourtant viables.

Ce projet illustre en miniature une problématique clé : comment concilier l’urbanisation (construction d’équipements scolaires nécessaires) et la préservation d’un corridor écologique déjà sous pression ? En l’absence d’une coordination renforcée et d’outils fermes (zone tampon réellement appliquée, servitudes de classement clairement annexées au PLUi), ce type d’opération risque de se multiplier, fragmentant davantage l’interface entre le Parc de la Poudrerie et les quartiers urbanisés.

Conséquences et synthèse

Impacts sur la qualité de vie des habitants : Une densification urbaine mal encadrée autour du Parc de la Poudrerie peut entraîner une perte d’espaces verts, un accroissement du trafic automobile, et une dégradation de l’environnement sonore et atmosphérique. Ces impacts sont en contradiction avec l’objectif de créer un espace de détente, de loisirs et de bien-être, propre à compenser la densité urbaine environnante.

Implications pour la transition écologique : Le déséquilibre entre la préservation d’un patrimoine écologique et historique et la pression immobilière nuit à la réalisation des objectifs de transition écologique : réduction de l’artificialisation des sols, maintien de corridors écologiques, promotion de la mobilité douce.

Il convient de noter la présence de fortes fragmentations urbaines aux abords directs du parc qui pourraient, par sa protection accrue, donner un point de départ à la création de véritables trames. Le parc représente un véritable poumon vert, faisant partie intégrante de la trame de continuités écologiques de l’Est parisien. Son rôle en matière de biodiversité et microclimatique est fondamental, et les corridors entre les différents sites doivent être favorisés.

Recommandations

Les recommandations suivantes ont été formulées par Livry Participatif dans le cadre de ses observations déposées lors de l’enquête publique.

Mesures prioritaires à réintroduire ou mettre en œuvre

  1. Réinstaurer officiellement une zone tampon de 100 m autour du parc forestier de la Poudrerie pour préserver la continuité écologique et limiter la pression foncière immédiate.
  2. Procéder à une étude de compatibilité entre les projets immobiliers (cité-jardin de Livry-Gargan) et l’inscription au titre des sites, afin de préserver l’identité historique et paysagère.
  3. Prendre en compte l’impact de la densification sur les franges du parc dans l’enquête publique et élaborer des mesures de protection concrètes (reboisements, limites de gabarit, etc.).
  4. Reconnaître explicitement la menace pesant sur le corridor écologique reliant la Poudrerie à la forêt de Bondy, en intégrant cet enjeu dans les documents d’urbanisme.
  5. Mettre en place des mesures d’atténuation et de compensation visant à préserver l’équilibre écologique du site (plantations compensatoires, rétablissement de trames vertes, etc.).

Clarifier les règles d’intervention écologique

  1. Définir, dans le cahier d’orientations de gestion, des mesures de gestion forestière différenciées (maintien des vieux bois, préservation des mares, etc.).
  2. Créer un groupe de suivi écologique associant des associations naturalistes pour évaluer l’état des habitats et proposer des actions correctrices (plantation d’essences locales, lutte contre les invasives, etc.).

Gérer la fréquentation de manière durable

  1. Sensibiliser le public (panneaux, brochures, signalétique) aux fragilités du site, aux réglementations en vigueur et au patrimoine industriel.

Renforcer le rôle écologique interdépartemental du parc

  1. Renforcer le rôle de la Poudrerie en tant que réseau écologique interdépartemental : éviter toute banalisation ou dispersion non maîtrisée de ses abords, mettre en avant son héritage industriel et historique, et favoriser la connexion avec la Forêt de Bondy et le canal de l’Ourcq (limiter l’imperméabilisation, préserver les continuités vertes et bleues). Inscrire le parc et sa zone tampon dans la démarche de réduction de l’urbanisation, conformément à la loi Climat et Résilience Zéro Artificialisation Nette (ZAN).
  2. Promouvoir les corridors écologiques : afin de préserver la continuité entre le Parc de la Poudrerie et la Forêt de Bondy, renforcer le maillage de corridors écologiques par la création de voies vertes et de zones tampons.

Repositionner les projets incompatibles

  1. Repositionner les fermes urbaines et les jardins d’hiver de préférence dans des espaces bénéficiant déjà d’une perméabilité des sols et d’un ensoleillement optimisé.
  2. Préserver l’interface RN3 – corridor forestier en y aménageant des écrans végétalisés naturels, des haies et des talus boisés pour filtrer le bruit et la pollution, sans bloquer la circulation de l’air.
  3. Renforcer les mesures de protection pour maintenir un microclimat viable, une bonne qualité de l’air et la fonctionnalité écologique du corridor reliant la Poudrerie et la forêt de Bondy.
  4. Étudier l’impact du projet immobilier Poudrerie-Hochaille sur le corridor écologique et instaurer une zone tampon protégeant efficacement la connectivité entre la forêt de Bondy et la Poudrerie.

Références scientifiques

Fustec, É. & Lefeuvre, J.-C. (2000). Fonctions et valeurs des zones humides. Dunod.

Maman, L. & Vienne, L. (2010). Les zones humides, un patrimoine remarquable. Géosciences, 12, 68–77.

Les zones humides en France — Synthèse des connaissances en 2024. Données et études statistiques pour le changement climatique, l’énergie, l’environnement, le logement et les transports. Ministère de la Transition écologique. statistiques.developpement-durable.gouv.fr

Tirard, C., Abbadie, L., Laloi, D. & Koubbi, P. (2016). Ecologie. Fiches de cours, questions de révision et bonus web. Dunod.

Référence recommandée : Livry Participatif, « Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux environnementaux », Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux environnementaux, Livry-Gargan, 2025.

Livry Participatif – 93190 Livry-Gargan

Contact : [email protected]livryparticipatif.fr

Identifiant : LPIU-2025-001-OBS-V1

ISSN ressource en ligne 2999-1080

© Livry Participatif, 2025.

Commission Biodiversité – Urbanisme – Patrimoine

Livry Participatif, Brugeat, R. (coord.), Mijouin, G. (rév.) & Santos Vieira, K. (rév. sci.). 2025. Observations sur l’enquête publique du parc forestier de la Poudrerie et des cités-jardins associées. Rapport d’observation. Livry Participatif, 2025.

Association déclarée par application de la Loi du 1er juillet 1901 et du décret du 16 août 1901.

Numéro RNA : W932012473 – Préfecture de la Seine-Saint-Denis

Numéro SIREN : 922085584

Photomontage du parc Georges-Clemenceau à Livry-Gargan en 2024 : à gauche, un arbre majestueux dans un espace verdoyant ; à droite, un terrain dévasté avec des fouilles et des déblais, en arrière-plan des immeubles.

Éclairages sur l’abandon du projet immobilier sur le parc Georges-Clemenceau

Le 5 décembre 2024, le maire de Livry-Gargan annonçait l’abandon du projet municipal prévoyant la construction d’un ensemble immobilier de 74 logements locatifs sociaux et intermédiaires accompagné d’un centre médical sur le site du parc Georges-Clemenceau.

Si nous ne pouvons que saluer cette décision d’annulation d’un projet controversé dont tous les éléments factuels soulignaient l’incohérence, il est désormais nécessaire, a minima, de restituer à cet espace vert les arbres qui lui ont été enlevé, bien qu’il demeure regrettable que les spécimens anciens aient été irrémédiablement détruits.

Si l’annonce visant à restituer au parc Clemenceau sa fonction initiale aurait pu être encourageante, la perspective évoquée d’y installer des structures sportives, telles qu’un city stade, suscite toujours des préoccupations légitimes, compromettant potentiellement sa vocation initiale d’îlot de fraîcheur et de corridor écologique dans un quartier exposé en termes d’îlots de chaleur urbain comme l’indique les cartes de l’Institut Paris Région.

Dans le cadre de sa mission d’observatoire et d’information des Livryens, Livry Participatif souhaite apporter un éclairage complet sur la situation en janvier 2025 du parc Clemenceau et sur l’historique de ce dossier.

1. Contexte initial : Une volonté de céder la parcelle (juin 2023)

La décision : Par une délibération adoptée en juin 2023, le Conseil municipal de Livry-Gargan a entériné la cession et le déclassement de la parcelle E 1819, secteur Clemenceau-Lebon-Vaujours, principale constitutive du parc Georges-Clemenceau.

L’Intérêt général évoqué : L’objectif annoncé par la ville consistait à ériger un pôle de santé assorti de logements sociaux, supposés bénéficier en priorité aux professionnels de santé, l’offre de soins médicaux de proximité étant jugée prioritaire pour les habitants. Cependant, la délibération ne mentionnait aucune clause suspensive liée à l’obtention d’une autorisation par l’Agence Régionale de Santé (ARS). Dès lors, il était légitime de s’interroger sur la destruction préalable d’un espace vert pour un projet conditionné à une décision administrative incertaine.

Une communication défaillante et orientée : Il convient de noter que les documents municipaux et la délibération ne font aucune mention explicite du parc Clemenceau, se limitant à l’usage du terme « parcelle ». Cette terminologie aboutissait à masquer la destruction d’un espace vert pourtant reconnu, dans des études commanditées par la ville elle-même, pour son rôle de corridor écologique reliant le parc de la Poudrerie à la forêt de Bondy, rôle dont le préfet faisait déjà mention dès 2015.

Cette reconnaissance en tant que « parc », officiellement admise par la mairie jusqu’en 2021, sera ensuite niée dans la communication municipale, y compris dans une vidéo filmée en contrechamp de l’espace vert, masquant ainsi les arbres du parc, refusant même de considérer ladite « parcelle » comme une zone simplement arborée.

Ce refus de reconnaissance du Parc Georges Clemenceau persiste encore en 2025, même après l’annonce de l’abandon du projet initial lorsque la municipalité évoque la « création » d’un « parc » présenté comme un « espace de nature et de loisir », évitant les termes de réhabilitation ou de réaménagement, pourtant plus appropriés pour un site à la vocation historique et écologique déjà bien établie.

A noter également que la promotion du futur « centre médical », présenté comme indispensable, s’accompagnait d’indications lacunaires : ce centre, en secteur 2 (avec dépassements d’honoraires) était prévu à proximité du Centre Municipal de Santé, sur une zone mal desservie par les transports en communs.

2. Les recommandations de la Commission d’enquête et le PLUi (été-automne 2024)

Enquête publique et recommandation n°25 (août 2024) : Dans le cadre de l’enquête publique pour la révision du PLUi (Plan Local d’Urbanisme intercommunal), la Commission d’enquête désigné par le Tribunal administratif publiait son rapport de recommandations. Dans sa recommandation n°25, la Commission, interpellé par plusieurs associations et citoyens, invitait à « reconsidérer la protection du Parc Georges Clemenceau », mettant en avant la qualité de l’argumentation en faveur de sa préservation lors de l’enquête publique et l’incohérence de vouloir préserver des cœurs d’îlot privés tout en supprimant un grand parc public. Livry Participatif faisait également mention, lors de l’enquête publique de la destruction prématurée d’une partie de sa végétation, incluant des tilleuls anciens, en période de nidification.

Validation par Grand Paris Grand Est (décembre 2024) : Le 17 décembre 2024, l’EPT Grand Paris Grand Est donnait droit à cette recommandation en classant le parc Georges-Clemenceau comme zone naturelle de loisirs dans le nouveau PLUi.

3. L’annonce du maire de Livry-Gargan

Renoncement au projet : Début décembre 2024, le maire annonçait l’abandon du projet en évoquant des « retards » dans les autorisations de l’ARS, rendant le pôle de santé inapplicable dans des délais raisonnables. Autrement dit, le pôle de santé ne serait plus réalisable dans des délais convenables, rendant caduc l’ensemble du projet. Cette justification soulève des incohérences :

  • La délibération du Conseil Municipal de juin 2023 avait enclenché la vente sans qu’il soit jamais évoqué de condition suspensive liée à l’ARS.
  • L’abattage des arbres a eu lieu avant même que la validation du projet soit confirmée par l’ARS.
  • L’absence de mention de la recommandation n°25 dans ses motifs d’annulation, la municipalité allant jusqu’à annoncer avoir elle-même demandé la sanctuarisation du parc.
  • La chronologie des évènements montre que la Commission d’enquête et le vote final du PLUi par Grand Paris – Grand Est précèdent et coïncident étroitement avec cette annonce.

Perspectives pour le parc Georges-Clemenceau

Annonce de « création d’un parc » : L’annonce municipale de la « création d’un parc » sur la parcelle Clemenceau constitue un choix de communication discutable, tant ce parc, anciennement dénommé parc du château, est un espace historique dont l’existence du château est attestée depuis le XIIe siècle, et dont le caractère naturel est encore plus ancien, faisait partie intégrante de l’ancienne forêt de Bondy.

Cette formulation soulève des interrogations sur l’avenir du site : s’agira-t-il d’un retour à son état antérieur ou d’une transformation ?

Ces différents éléments dénotent d’une absence de sincérité dans les communications relative à ce sujet, posant un problème notable majeur en termes de démocratie et de participation citoyenne, les citoyens ne pouvant apprécier les tenants et aboutissants, et la valeur d’une décision qu’en présence d’une information claire, sincère et exhaustive.

Enfin, la détermination, voire l’entêtement, avec laquelle ce projet immobilier a été défendu par la municipalité jusqu’à la fin de l’année 2024, l’absence de prise en compte, et parfois la négation, des éléments factuels s’y opposant, la communication tronquée autour du projet immobilier et les incohérences des éléments dévoilés occasionnellement, tranchent avec le motif d’absence d’autorisation de l’ARS. Une prise de conscience de l’importance du parc pour l’équilibre du quartier aurait été plus compréhensible et acceptable.

Cœurs d’Îlots : êtes-vous concernés, pourquoi et comment ?

Note : Le présent article est issu d’une intervention initialement prévue lors de la réunion d’initiative citoyenne du 7 décembre 2024, dans le Parc Forestier de la Poudrerie. Co-organisée par les associations Environnement 93, l’Association des Amis du Parc Forestier de la Poudrerie et Livry Participatif, cette rencontre, axée sur le futur Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) du Grand Paris – Grand Est, n’a pu se tenir sur décision préfectoral en raison de conditions météorologiques difficiles.

Introduction

Les cœurs d’îlots jouent un rôle crucial dans les stratégies d’aménagement urbain et de préservation des espaces verts en milieu dense. Cependant, ces espaces doivent s’inscrire dans une réflexion plus globale sur la connectivité écologique pour remplir leur potentiel en matière de biodiversité, gestion des ressources et bien-être des habitants.

A l’occasion de l’enquête publique relative au Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (PLUi), certains propriétaires de parcelles ont découvert que leur terrain serait désormais classé comme « Cœur d’Îlot », sans en avoir été expressément avisé par leur mairie ou par l’Etablissement Public Territorial Grand Paris – Grand Est et sans connaître les tenants et aboutissants de ces nouvelles mesures, qui rend pourtant les terrains concernés inconstructibles. Cet article propose d’expliquer et de clarifier ce que sont les cœurs d’ilots, d’analyser leur rôle, de présenter les enjeux associés, et de fournir des pistes pour une meilleure intégration de cet outil d’urbanisme dans les stratégies de développement durable urbain.

Comprendre les Cœurs d’Îlots : Définition et Enjeux

1. Définition et Fonctionnement

Un îlot urbain, aussi appelé pâté de maisons ou block en anglais, est un ensemble de parcelles, bâties ou non, constituant une unité élémentaire de l’espace urbain, séparé des autres par des rues. Le cœur d’îlot est la partie centrale d’un îlot urbain, il peut être constitué d’une cour ou d’un espace vert, mais il peut être également construit. Maintenir des cœurs d’îlot non bâtis, plantés d’arbres, avec une surface non imperméabilisée permet aux habitants des villes de disposer d’îlot de fraicheur et de favoriser la biodiversité. C’est par exemple une des préconisations du nouveau Plan local d’urbanisme de Paris adopté en novembre 2024. L’idée consiste à préserver ou aménager des espaces, publics ou privés, de pleine terre à l’intérieur des îlots ou blocs urbains. Ils peuvent inclure des jardins, des zones de végétation ou des parcs. Dans le PLUi du Grand Paris Grand Est, le classement de terrains en « cœurs d’Ilots » désigne des terrains non bâtis et non imperméabilisés.

2. Avantages des Cœurs d’Îlots

L’intégration dans le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de cœurs d’ilots peut permettre de dégager de nombreux effets bénéfiques de diverses natures :

  • Amélioration de la qualité de l’air : En absorbant les polluants atmosphériques et en réduisant la concentration de particules fines, les cœurs d’îlots contribuent à la purification de l’air en milieu urbain. Cet effet, dépendant notamment de la nature de la végétation qui recouvre le cœur d’ilot, est toutefois limité à l’échelle locale et peut être optimisé en le reliant a d’autre zones de continuité écologique.
  • Régulation du climat urbain : En constituant des îlots de fraîcheur au cœur des blocs immobiliers.
  • Amélioration de la gestion des eaux pluviales : Zones de pleine terre, les cœurs d’îlots permettent une meilleure infiltration des eaux pluviales dans les sols, réduisant ainsi les risques d’inondation en milieu urbain et contribuant à la recharge des nappes phréatiques. Contrairement aux zones minéralisées (béton, enrobé, asphalte etc.), ils absorbent les eaux de pluies au lieu de les renvoyer dans le réseau d’eaux usées. Les cœurs d’îlots peuvent donc jouer un rôle important dans la gestion durable des eaux. Certains projets urbains intègrent d’ailleurs aujourd’hui des techniques de gestion durable des eaux pluviales dans les cœurs d’îlots, telles que des bassins de rétention végétalisés, des noues ou encore des zones de rétention temporaires pour réduire les effets des fortes précipitations. Pour préserver leur fonction environnementale, les cœurs d’îlots doivent rester inconstructible et perméables.
  • Protection de la biodiversité : En offrant des refuges à la faune et la flore. Les cœurs d’îlots permettent de maintenir des poches de végétation au sein des zones urbanisées, contribuant à la biodiversité urbaine. Toutefois ce rôle ne peut exister que si des continuités écologiques, telles que corridors écologiques, réserves de biodiversités ou trames écologiques sont mises en place.
  • Rôle social : En plus de leurs bénéfices écologiques, les cœurs d’îlots, lorsqu’ils sont situés sur une parcelle publique ou collective, peuvent servir de lieux de rencontre et d’interaction sociale, favorisant la cohésion entre habitants. Leur tranquillité et végétalisation peuvent également améliorer la santé mentale des résidents en offrant des espaces de détente en milieu urbain.
  • Valeur patrimoniale : Tout comme le déclassement d’un bâtiment ou d’une parcelle crée un risque quant aux éventuelles spéculations. Certaines parcelles, notamment dans des quartiers historiques, peuvent avoir une valeur patrimoniale importante, leur classement en cœur d’ilot contribuant alors à la préservation du paysage urbain. Leur classement dans les PLU permet de protéger ces espaces verts contre la spéculation immobilière.

3. Limites et Inconvénients

  • Disparités : Leur création peut accentuer les inégalités, certains quartiers bénéficiant de plus d’aménagements que d’autres. Les quartiers fortement minéralisés peuvent manquer d’espaces de pleine terre pouvant tenir lieu de cœurs d’îlots.
  • Inconstructibilité : Ces parcelles doivent rester non bâties et perméables pour remplir leur rôle environnemental. Bien que cette mesure contribue à préserver ces espaces, elle transfère entièrement la responsabilité écologique de la ville aux propriétaires concernés, sans leur offrir aucune contrepartie.
  • Conflits d’usage : Les restrictions d’aménagement dues au classement de parcelles privées en cœurs d’îlots, les coûts d’entretien et les contraintes de gestion des parcelles pesant sur les seuls propriétaires posent un véritable problème d’acceptabilité de la mesure.
  • Manque de transparence : L’absence de concertation ou de critères clairs pour le choix des parcelles classées en cœurs d’îlots peut entraîner une rupture d’égalité entre les citoyens.
  • Report sur le privé d’une problématique publique : La création de cœurs d’îlots dans des jardins privatifs peut être perçue comme une manière pour la métropole et la municipalité de transférer certaines responsabilités environnementales vers les propriétaires privés. Par ailleurs, en confiant la gestion de ces espaces aux propriétaires, la municipalité peut être perçue comme se déchargeant d’une partie de ses responsabilités en matière de préservation des espaces verts.
  • Si l’autorité publique n’est pas elle-même exemplaire en terme environnemental, cela entraîne un problème d’acceptabilité des classements en cœurs d’îlots.
  • Impact sur la valeur immobilière : La présence de cœurs d’îlots dans un quartier améliore la qualité de vie des résidents et offre une meilleure vue et un environnement plus paisible. Ces éléments contribuent à augmenter la valeur immobilière des logements avoisinants. En revanche, le terrain abritant le cœur d’îlot devenant partiellement inconstructible, celui perd de la valeur.
  • On se retrouve alors dans la situation paradoxale d’une mesure environnementale offrant un bonus aux propriétaires de terrains non éco-responsables et sanctionnant le patrimoine des propriétaires ayant protégé l’environnement sur leur terrain.

4. Efficience et conditions d’acceptabilité

  • Limites d’une absence de connexion : Concevoir des cœurs d’îlots sans lien avec d’autres espaces verts peut donner l’apparence de mesures écologiques, mais leur contribution réelle à la résilience écologique de la ville reste limitée. Ces espaces risquent de devenir isolés, contribuant peu à la biodiversité globale et perdant leur efficacité contre la fragmentation urbaine.
  • Impact de la fragmentation des habitats : Les infrastructures urbaines (routes, bâtiments) fragmentent les habitats, empêchant la faune de se déplacer et entraînant un appauvrissement génétique et écologique. Sans corridors écologiques, les cœurs d’îlots ne peuvent soutenir une biodiversité durable.
  • Théorie des continuités en « pas japonais » : Si l’absence de corridors est parfois justifiée par cette théorie, elle reste limitée dans un milieu urbain fortement fragmenté, où seules certaines espèces peuvent se déplacer d’une zone à l’autre. Par ailleurs, des cœurs d’îlots sans continuité écologique favorisent les espèces invasives, qui profitent de ces espaces isolés pour proliférer au détriment des espèces locales.

En l’absence de continuités, les cœurs d’îlots peuvent néanmoins jouer un rôle dans la lutte contre les îlots de chaleur, mais cet effet ne peut être que limité sans une continuité écologique permettant d’étendre ces microclimats rafraîchis.

  • Incorporer des micro-corridors (haies, alignements d’arbres, etc.) dans l’espace public.
  • Faire appel au volontariat pour rallier les propriétaires désireux de sanctuariser leur terrain.
  • Mise en place d’incitations municipales (aides financières, subventions pour la végétalisation, crédits d’impôts…) peut compenser les restrictions imposées aux propriétaires privés.
  • Concertation préalable à la sélection des terrains concernés par le classement en cœur d’ilot.
  • Transparence et égalité de traitement : Une totale transparence sur les critères de sélection des parcelles et une garantie d’égalité de traitement est indispensable à l’acceptabilité de la mesure et à la validité juridique des classements.

II. Exemple de Livry-Gargan

Le Grand Paris Grand Est, en collaboration avec les mairies du territoire dont la mairie de Livry-Gargan, a établi des critères de sélection des parcelles classées en cœurs d’îlots dans le cadre du PLUi :

« Une analyse cartographique (à partir de cartes de 2015) a aussi été menée pour compléter le maillage sur l’ensemble du territoire.

Plusieurs critères cumulatifs ont été mobilisés. L’espace repéré en cœur d’ilot doit :

Être végétalisé (repérage des espaces végétalisés de l’APUR 2015 complétés par photo-interprétation)
Situé à plus de 5 mètres des bâtiments durs existants de la parcelle
Atteindre un seuil minimal de 100m² (en deçà, la fonctionnalité écologique est relativement marginale).
Couvrir au moins trois parcelles pour garantir l’égalité des propriétaires
Ne pas couvrir plus de 50% d’une parcelle (sauf pour les espaces enclavés).

Ces travaux ont été complétés par photo-interprétation et par vérification des services du territoire et services communaux. Les principaux ajustements réalisés ont visé à corriger des périmètres au regard de projets de construction en cours ou bien à supprimer certaines emprises dont la forme et l’épaisseur notamment, ne permettaient pas une fonctionnalité écologique suffisante (emprise très linéaire par exemple), mais aussi à augmenter certains périmètres pour leur redonner de l’épaisseur (justifiés par le caractère arboré notable).

Ces corrections ont également concerné les données reprises des PLU communaux.
Compte-tenu de l’avis de la ville de Livry-Gargan, il est prévu, d’ici à l’approbation du PLUi, de mener un travail d’ajustement du repérage des cœurs d’îlots à l’échelle de Livry-Gargan. »

Cependant, malgré les critères énoncés, les classements en cœurs d’ilots entrainent de nombreux questionnement :

Manque d’information aux propriétaires :

Malgré l’impact direct sur la valeur de leur bien, les parcelles devenant partiellement inconstructibles, les propriétaires concernés n’ont reçu aucune information spécifique sur le classement de leur terrain en « cœur d’îlot ». Rappelons que, les plans du PLUi étaient disponibles dans le cadre de l’enquête publique. Cependant, le préfet de la Seine-Saint-Denis soulignait dans son avis du 21 mars 2024 « la difficulté d’accès et de lisibilité [du] document » et ajoutait que « le choix même de sa conception, qui multiplie les cartographies et introduit certaines notions d’abord complexes […], maintient le document dans une difficulté d’approche préjudiciable ». Dans ce contexte, il n’est pas raisonnable de penser qu’un citoyen non habitué à de tels document puisse identifier facilement les informations concernant le classement de sa parcelle.

La commission d’enquête relève sur ce point que « Concernant les cœurs d’îlots, L’EPT rappelle que la définition des cœurs d’îlots répond à des critères précis, exposés dans le dossier. Cependant, du fait de la complexité du dossier, une grande part du public n’en avait pas pris connaissance ». La commission d’enquête relève également que « Les remarques formulées par les propriétaires au cours de l’enquête portent moins sur le principe des cœurs d’îlot que sur la faisabilité ou l’équité de leur mise en œuvre ».

Le manque de transparence et d’information auprès des propriétaires concernés perdure après l’enquête publique. En effet, dans la mesure où il y a un ajustement prévu sur les cœurs d’Îlots de Livry, pourquoi les citoyens, directement impactés sur leurs biens propres, ne sont-ils pas associés ?

Utilisation de données obsolètes :

  • L’utilisation de données cartographiques anciennes, comme mentionné dans les éléments techniques justifiant les choix, soulève également des interrogations. Ces données, reposant notamment sur des cartes datant de 2015, ne prennent pas en compte les constructions réalisées au cours de la dernière décennie. Cette obsolescence limite la pertinence des classements et peut engendrer des incohérences dans le choix des parcelles désignées comme « cœurs d’îlots », surtout dans des zones urbaines en évolution rapide.

Incohérences dans le classement des parcelles :

  • L’examen des cartes du PLUi révèle que certaines parcelles répondant pourtant aux critères définis pour être classées en « cœurs d’îlots » sont exclues sans raisons apparentes (cas du 75 boulevard Roger-Salengro). Ces omissions soulèvent des questions sur la transparence et la cohérence des choix opérés, pouvant donner lieu à une rupture d’égalité entre les citoyens face à la réglementation.

  • De plus, l’analyse du réseau des cœurs d’îlots met en évidence des lacunes ou des discontinuités dans la continuité écologique prévue, certaines parcelles étant écartées sans justification claire. Ces insuffisances réduisent l’efficacité globale de l’outil en compromettant le maillage écologique ur-bain, et interrogent sur les critères réellement appliqués pour définir les parcelles retenues.

  • Ces observations renforcent le besoin d’un processus décisionnel plus transparent et d’une concerta-tion élargie pour garantir l’équité et la validité des classements en cœurs d’îlots.

Pour consulter le plan des cœurs d’îlots présenté lors de l’enquête publique de 2024 en haute définition, vous pouvez suivre ce lien : Plan des cœurs d’îlots – Enquête publique 2024 ou cliquer directement sur l’image du plan ci-dessous. Ce document permet d’examiner précisément les parcelles concernées et de mieux comprendre les délimitations retenues dans le cadre du PLUi.

Carte des alignements d'arbres, des espaces boisés classés et des secteurs d'attention écologique à Livry-Gargan.

III. Eléments de la commission d’enquête :

1. Rapport :

Concernant les cœurs d’îlots, L’EPT rappelle que la définition des cœurs d’îlots répond à des critères précis, exposés dans le dossier. Cependant, du fait de la complexité du dossier, une grande part du public n’en avait pas pris connaissance. Par ailleurs, la commission constate peu, voire pas de contestation dans les communes où ce dispositif est déjà inscrit dans les PLU, dans le cadre de l’anticipation environnementale, c’est un outil de préservation de la trame verte urbaine, et de lutte contre les ICU.

Sur le plan du principe, la constitution des cœurs d’îlots est acceptée et plusieurs contributions s’en félicitent. Toutefois, des propriétaires s’y opposent compte tenu de leur impact sur leurs biens.

Concernant les prescriptions environnementales, la commission précise que ses questions sur les cœurs d’îlot ne portaient pas sur l’adéquation des critères présentés dans la partie du dossier relative à la justification des choix retenus mais sur les conditions de leur application pratique. De la même façon, les remarques formulées par les propriétaires au cours de l’enquête portent moins sur le principe des cœurs d’îlot que sur la faisabilité ou l’équité de leur mise en œuvre. Aussi, à l’instar du travail d’ajustement de repérage des cœurs d’îlot que l’EPT a prévu de faire, d’ici à l’approbation du PLUI, sur la commune de Livry-Gargan, la commission d’enquête estimerait souhaitable de généraliser cette vérification au niveau du Territoire. A défaut, il conviendrait, à tout le moins, que le maître d’ouvrage prenne contact avec tous les contributeurs ayant soulevé une difficulté pratique. Enfin, pour ce qui concerne la pleine terre, la commission d’enquête note qu’un taux va être introduit pour les « Equipements d’Intérêt Collectif et Services Publics » d’ici l’approbation du PLUi. Ce taux sera fixé entre 10 et 15 % pour toutes les constructions nouvelles de la catégorie des EICSP. La commission d’enquête suppose que cet ajout n’est pas incompatible avec les accords donnés aux PPA pour des exemptions ou des réductions de protection.

En résumé, la commission d’enquête relève que le maître d’ouvrage s’est attaché à répondre aux observations faites et à apporter des modifications au projet (réduction de la zone Nl, zonages, emplacements réservés). Il s’est aussi engagé à confirmer des données ou à mener des études en concertation. La commission est sensible à l’ensemble de ces réponses. Cela étant, elle estime que des contrôles opérationnels doivent être effectués par le maître d’ouvrage (disposition des cœurs d’îlot, mitoyenneté des zones pavillonnaires) pour s’assurer en pratique de l’effectivité et de l’équité des dispositions énoncées. Elle proposera à cet effet des recommandations.

2. Conclusions :

« Concernant les cœurs d’îlots, qui ont été relativement questionnés pendant l’enquête. Même si leur définition et les critères retenus figurent dans le dossier, ils ont été contestés sauf dans les communes où ils figurent déjà dans le PLU. La commission reconnaît qu’il s’agit bien d’un outil permettant la préservation de la trame verte urbaine, et participant à la lutte contre les ICU. L’EPT prévoyant un travail d’ajustement sur la commune de Livry-Gargan, et en conséquence dans un souci d’équité et d’effectivité, la commission considère que ce travail ne devrait pas se limiter à cette seule commune. Ce point est traité ci-après (2.11. Règlement)

De plus, la commission souhaite attirer l’attention sur les points suivants : La commission reste dubitative face à la mise en œuvre de ce cadrage sur le Parc Georges Clemenceau, d’autant qu’il a généré une forte opposition de la part des habitants de Livry-Gargan, estimant paradoxal, voire injustifié d’imposer des règles sur l’espace privé (cœurs d’îlot) et de ne pas les appliquer sur l’espace public en délivrant un permis de construire post approbation du PLUi qui aurait pu faire l’objet d’un sursis à statuer. »

Recommandation n°9
Que soit généralisé à l’ensemble du territoire le travail d’ajustement prévu sur les cœurs d’îlots de la commune de Livry-Gargan, dans un souci d’équité et d’effectivité.


Conclusion

Les cœurs d’îlots représentent un outil essentiel pour la préservation de la trame verte urbaine et la lutte contre les îlots de chaleur urbains (ICU). Leur potentiel en matière de régulation climatique, de gestion des eaux pluviales, de protection de la biodiversité et d’amélioration du cadre de vie des habitants est indéniable. Cependant, leur mise en œuvre soulève des interrogations légitimes sur l’équité, la transparence et la faisabilité.

Le classement des parcelles privées en cœurs d’îlots, souvent réalisé sans information préalable des propriétaires, suscite de vives contestations. La dépréciation foncière des terrains classés, la perception d’une charge de responsabilité transférée du public vers le privé, et l’absence de concertation préalable alimentent un sentiment d’injustice chez les citoyens concernés. De plus, la complexité du dispositif et le manque de lisibilité des critères de classement posent la question de l’égalité devant la réglementation.
Face à ces constats, il est crucial de renforcer la concertation avec les propriétaires et de garantir la transparence des critères de sélection. La mise en place de mécanismes d’information préalable, l’octroi d’aides ou d’incitations financières, ainsi qu’une application exemplaire des principes environnementaux sur les espaces publics apparaissent nécessaires pour renforcer l’acceptabilité sociale de la mesure. La commission d’enquête a, par ailleurs, souligné l’importance d’étendre à l’ensemble du territoire le travail d’ajustement prévu sur les cœurs d’îlots à Livry-Gargan, afin de garantir une équité de traitement entre les communes.

Enfin, il est essentiel de rappeler que les cœurs d’îlots ne peuvent atteindre pleinement leur potentiel qu’à travers une stratégie de connectivité écologique plus large. La création de corridors écologiques reliant ces cœurs d’îlots à d’autres espaces verts est indispensable pour prévenir la fragmentation des habitats et optimiser les bénéfices en termes de biodiversité, de climat urbain et de résilience des écosystèmes. Cette approche intégrée et collaborative constitue une condition indispensable à la réussite de cet outil d’urbanisme durable.

Une telle classification des cœurs d’îlots perd en cohérence et en efficacité si elle n’est pas accompagnée d’un soutien concret, d’une sensibilisation, et d’un accompagnement par les services d’urbanisme à destination des propriétaires concernés. Ces jardins individuels, qui constituent un patrimoine vert précieux pour la ville, nécessitent des actions coordonnées pour être valorisés, protégés, et intégrés de manière cohérente dans une stratégie globale de préservation écologique. La mise en place d’un service dédié serait donc indispensable. Ce service pourrait offrir des conseils techniques et environnementaux, intervenir en conseil en cas d’atteintes physiques ou écologiques sur ces parcelles privées, et fournir un appui aux propriétaires pour les aider à sanctuariser ces espaces, tout en préservant leur rôle clé dans le maillage écologique urbain.


Références

  • Apur. (2021, juillet). Analyse de la végétalisation des cœurs d’îlots – Le cas des parcelles de grands propriétaires institutionnels (D. Alba & P. Pelloux, Dir.; Y.-F. Vauléon, Réalisation; P. Pelloux, Direction). Apur.
  • Agora. (2008). Et après l’appel à idées 2008 « Habiter les cœurs d’îlot ». Biennale de Bordeaux Métropole.
  • Lorient mag. (2024, janvier-février). De nouveaux outils de protection. Lorient mag, (374).
  • Agence Parisienne du Climat. (2022, 20 juillet). Végétalisation en cœur d’îlot dans une copropriété parisienne. Agence Parisienne du Climat.
  • Blain, J. (2024, février). Le modèle des super-îlots à Barcelone : un exemple de régénération d’une ville. Géoconfluences.

Illustration des continuités écologiques montrant les corridors paysager, linéaire et discontinu avec différents réservoirs de biodiversité.

Trames écologiques : Importance et bénéfices pour la Biodiversité

Connectivité écologique : Une Nécessité Urbaine

Les continuités écologiques désignent l’ensemble des dispositifs et aménagements permettant de relier les habitats naturels entre eux. Elles facilitent les déplacements, la dispersion et la migration des espèces animales et végétales, assurant ainsi leur survie et leur reproduction. Les continuités écologiques incluent :

  1. Corridors écologiques : Voies terrestres ou aquatiques permettant aux espèces de se déplacer entre différents habitats.
  2. Réservoirs de biodiversité : Zones où la biodiversité est particulièrement riche, servant de points de départ ou d’arrivée pour les espèces en déplacement.
  3. Trames écologiques : Réseaux structurés comprenant des corridors verts (zones terrestres comme les forêts et prairies) et des corridors bleus (zones aquatiques comme les cours d’eau et zones humides).

La Stratégie Nationale Biodiversité 2030 (SNB) vise à renforcer les trames écologiques pour respecter les objectifs mondiaux de biodiversité.

Cruciales pour la préservation de la biodiversité et le bon fonctionnement des écosystèmes, les continuités écologiques assurent le maintien des habitats naturels, facilitent les déplacements des espèces et renforcent la résilience des territoires face aux changements climatiques. Elles participent également à l’amélioration du cadre de vie et à la salubrité en permettant la circulation en ville des prédateurs naturels (fouines, renards, chauve-souris…), assurant la régulation des rongeurs et insectes dont la prolifération est indésirable en ville. De plus, elles limitent les pollutions lumineuse et sonore et participent à la stabilité micro-climatique en luttant contre les îlots de chaleur.

Les Trames Écologiques

Trames vertes et bleues : (Forêts, haies, prairies / cours d’eau, zones humides, plans d’eau)

Elles ont pour rôles de :

  • Réduire la fragmentation et la vulnérabilité des habitats naturels.
  • Relier les espaces importants pour la biodiversité via des corridors écologiques.
  • Préserver les zones humides et les continuités écologiques nécessaires.
  • Prendre en compte la biologie des espèces sauvages.
  • Faciliter les échanges génétiques nécessaires à la survie des espèces.
  • Améliorer la qualité et la diversité des paysages.

Trames brunes : Assurent les continuités souterraines (sols, habitats souterrains) par le maintien de zones de pleine terre.

  • Protection des espèces souterraines.
  • Maintien des fonctions écologiques des sols.

Trames noires : Visent à réduire la pollution lumineuse et l’impact de l’éclairage artificiel sur la biodiversité locale et la santé des riverains.

  • Préserver les comportements naturels des espèces nocturnes.

Trames blanches : Visent à la réduction de la pollution sonore pour protéger les comportements naturels des espèces et la santé des riverains.

Mindmap sur les Trames écologiques

Conséquences de l’absence de prise en compte des continuités écologiques dans la réflexion urbanistique :

  1. Fragmentation des habitats naturels.
  2. Diminution de la biodiversité locale.
  3. Difficulté pour les espèces de se déplacer et de se reproduire.
  4. Réduction de la résilience écologique face au changement climatique.

En savoir plus

Carte des alignements d'arbres, des espaces boisés classés et des secteurs d'attention écologique à Livry-Gargan.
Plan des Prescriptions graphiques environnementales (PLUi GPGE)

Références :