« Chère Marie » — Promenade épistolaire à Livry

2026 — Quadricentenaire de la naissance de Madame de Sévigné (1626–1696)

En 2017, à l’occasion du concours épistolaire auquel se rattache également le texte publié sous le titre « Très chère Marie », Sophie SOLMON avait composé cette lettre adressée à Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné.

À la mémoire de Sophie SOLMON.

Chère Marie,

« La beauté de Livry est au-dessus de tout ce que vous avez vu. »

Un matin, je trouve sur ma table de chevet ce billet. Je me demande alors avec un peu d’émoi qui était entré. Aucun doute quant au style et à l’écriture,c’était vous Marie.

Vous qui souhaitiez vivre deux cents ans, êtes toujours parmi nous. Venez Marie vous promener dans Livry. C’est l’hiver, les rouge-gorges et les mésanges s’affairent.

Les salons du château de la forêt abritent des expositions de sculptures, de peintures et de photos. Venez admirer et vous laisser envoûter par ces œuvres et rencontrer leurs auteurs. A l’extérieur, un bouddha de style thaïlandais, assisté de chênes centenaires et de sequoias de Californie, veille sur le lieu, donnant au visiteur la sensation que le passé et le présent ne font qu’un.

La ville est sans cesse animée par de multiples associations, spectacles, pièces de théâtre et concerts, de tous styles et de toutes époques ; sans oublier le « café philo » où chacun vient s’exprimer librement.

Toujours en quête de nouveautés et de partage, Livry est déjà jumelée quatre fois.

Si vous souhaitez déjeuner ou dîner, vous avez le choix des mets et saveurs du monde entier dans les restaurants indiens, africains et de l’Orient.

Venez, Marie, sur le marché de Chanzy vous laisser séduire et tenter par ses nombreux étals divers et colorés.

Il vous suffit ensuite de vous perdre dans vos rêveries en déambulant le long du canal de l’Ourcq, si calme et scintillant. Cet hiver, le givre sur ses arbres se mêle aux lumières des fêtes de fin d’année.

Le temps n’a pu hélas conserver l’abbaye où vous avez vécu mais son souvenir est présent dans le parcours historique et rappelé aujourd’hui par le lac portant votre nom ainsi qu’une station ferroviaire.

Livry a les plus beaux et grands parcs ornithologiques de la région. Les canards, poules d’eau, geais et autres oiseaux offrent des spectacles de vie fascinants. Les chouettes et hiboux, quant à eux, aiment jouer avec les esprits de la nuit.

Livry, consacrée chaque année « Ville fleurie », reste votre ville Marie.

Viendrez-vous au printemps ? Je l’espère et vous attends.

Publié dans le cadre du quadricentenaire de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626–2026).

SOLMON, Sophie (2017). « Chère Marie » [texte, concours épistolaire]. Reproduction : Livry Participatif.

Texte publié à la mémoire de Sophie SOLMON. © Livry Participatif, 2026.

« Très chère Marie » — Une lettre de Livry à la Marquise de Sévigné

2026  — Quadricentenaire de la naissance de Madame de Sévigné (1626–1696)

En 2017, à l’occasion d’un concours épistolaire, un adhérent livryen a imaginé une lettre singulière : non pas une lettre à Livry, mais une lettre de Livry. Livry Participatif publie ce texte.

Très chère Marie,

« La beauté de Livry est au-dessus de tout ce que vous avez vu. » Par ces mots, et à bien d’autres occasions, vous vantiez, il y a quelque 345 ans, la beauté de ce Livry où vous aimiez vous ressourcer. En vieille dame un peu coquette, la gêne et la timidité m’ont fait prendre ce retard pour répondre à ce beau compliment.

Le temps a certes bien changé les lieux chers à votre cœur : la forêt de Bondy et l’abbaye elle-même n’existent plus que dans nos souvenirs et par quelques traces que l’amoureux des belles choses saura retrouver. Je crois toutefois avoir su garder bien des attraits qui ne sauraient vous laisser indifférente.

J’ai conservé un de mes biens les plus précieux : 80 hectares de parcs et jardins servant d’écrin à une flore et une faune des plus diversifiées. Vous reconnaîtrez aisément rouge-gorges, moineaux, mésanges, poules d’eau, geais, pies et quelques centaines d’oiseaux communs de la région, mais aurez également la surprise, en fréquentant ces jardins, de découvrir des oiseaux plus exotiques, des perruches d’un vert de jade qui se plaisent particulièrement près des séquoias géants du parc Lefèvre.

Ces arbres impressionnants, originaires de la lointaine Californie, côtoient de majestueux chênes, cèdres et platanes centenaires et forment, alliés à des plants de taille plus modeste, un havre de verdure et de calme dont profitent les promeneurs et les chasseurs d’images.

Le canal de l’Ourcq et des plans d’eau, dont un lac portant votre nom, dernier vestige du parc de l’Abbaye que vous aimiez tant, offrent un cadre propice à la flânerie.

Cette richesse naturelle, dont vous sûtes si bien vanter les mérites, chère Marie, s’exprime également dans des espaces plus modestes : un parterre fleuri devant l’hôtel de ville ou le jardin privatif d’un quartier pavillonnaire suffisent parfois à trancher agréablement avec l’urbanisme tentaculaire de la banlieue parisienne. Votre ville s’attache, malgré les difficiles contraintes d’un urbanisme contemporain, à respecter cette image que vous avez grandement contribué à créer et à mettre, et à conserver la distinction de ville fleurie « quatre fleurs ».

Un cèdre du Liban trois fois centenaire orne la route nationale 3 ; comme lui, je reste un îlot de verdure, mêlant patrimoine et exotisme, nature et modernité, dont vous aimerez encore les couleurs et l’art de vivre.

La culture reste une valeur appréciée ; le château offre à chacun des rencontres avec l’art, l’image et la forme, expose un monde de contraste et les artistes y trouvent un espace d’expression et de rencontres.

« Rencontre » : ce mot résonne d’ailleurs autour des cafés-philo où les idées se mêlent et se démêlent, de la médiathèque, des nombreux restaurants offrant un vaste choix allant des plats du terroir aux mets des contrées les plus lointaines, et des nombreuses associations qui permettent aux Livryens de partager leurs passions.

Amoureux de la nature, de l’architecture, de la bonne chère, des arts, de l’histoire ou des belles lettres partageront votre jugement et apprécieront, je l’espère, ma compagnie.

Vous qui exprimez le vœu de vivre 200 ans, nous fêterons ensemble dans moins de 10 ans votre 400e anniversaire, car malgré les heurts de l’histoire, je reste éternellement votre.

Votre amie sincère,
Livry

Publié dans le cadre du quadricentenaire de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626–2026).

MIJOUIN, Gilles (2017). « Très chère Marie » [texte, concours épistolaire]. Reproduction : Livry Participatif.

© Gilles Mijouin, 2017. © Livry Participatif, 2026. Reproduction avec l’accord de l’auteur. Tous droits réservés.