Conseil municipal du 30 mars 2026

LUNDI 30 MARS À 19 h 00 À L’ESPACE JULES VERNE

  1. Nomination d’un(e) secrétaire de séance
  2. Approbation du procès-verbal du Conseil municipal du 20 février 2026

Délibérations et rapports

  • 2026-03-01 : Communication du Maire – Article L. 2122-22 du CGCT — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-02 : Délégation du Conseil Municipal au Maire – Article L. 2122-22 du CGCT — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-03 : Fixation des indemnités des élus et répartition de l’enveloppe globale — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-04 : Indemnités du Maire – Fixation du montant alloué après majoration — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-05 : Désignation des élus à la commission d’appel d’offres — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-06 : Désignation des élus à la commission de délégation de service public — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-07 : Fixation du nombre d’élus à la commission consultative des services publics locaux — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-08 : Désignation des élus à la commission consultative des services publics locaux — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-09 : Approbation de la liste des commissaires à la commission communale des impôts directs — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-10 : Composition de la commission de contrôle des listes électorales — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-11 : Création de la commission communale pour l’accessibilité et désignation des élus — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-12 : Désignation des membres du Conseil municipal chargés d’élaborer le règlement intérieur du Conseil municipal — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-13 : Fixation du nombre de représentants de la Ville de Livry-Gargan au Centre Communal d’Action Sociale de Livry-Gargan — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-14 : Désignation et élection des représentants de la Ville de Livry-Gargan au Centre Communal d’Action Sociale de Livry-Gargan — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-15 : Election des représentants à l’Agence France Locale — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-16 : Désignation du délégué titulaire et du délégué suppléant au Syndicat Intercommunal de la Périphérie de Paris pour les Energies et les Réseaux — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-17 : Désignation du délégué titulaire et suppléant au service public du gaz, de l’électricité et des énergies locales en Île-de-France — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-18 : Election des conseillers territoriaux au sein du Conseil de Territoire de l’Etablissement Public Territorial – Grand Paris Grand Est — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-19 : Désignation des représentants titulaire et suppléant de la Commune de Livry-Gargan à la Commission Locale d’Evaluation des Charges Territoriales (CLECT) de l’Etablissement Public Territorial – Grand Paris Grand Est — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-20 : Désignation des représentants au comité stratégique de la société du Grand Paris — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-21 : Désignation du délégué titulaire et suppléant au comité syndical du Syndicat Intercommunal funéraire de la région parisienne (SIFUREP) — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-22 : Désignation des représentants de la Ville de Livry-Gargan à l’Institut Médicoéducatif de Livry-Gargan — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-23 : Désignation des représentants de la Ville au Conseil d’Administration de l’Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) « Emile Gérard » — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-24 : Désignation du représentant de la Ville au Collège des Elus de l’Assemblée Générale de la mission locale pour l’emploi de la DHUYS — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-25 : Désignation des représentants de la Commune de Livry-Gargan au sein des conseils d’écoles des établissements du 1er degré et du second degré — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-26 : Désignation des représentants de la Commune de Livry-Gargan au sein des Conseils d’Administration des collèges et Lycées de Livry-Gargan — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-27 : Désignation des représentants au Collège des élus du Comité National d’Action Sociale pour le personnel des Collectivités Territoriales et de leurs établissements publics — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-28 : Création de la commission permanente administration générale et service à la population — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-29 : Désignation des membres de la commission permanente administration générale — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-30 : Désignation des membres de la commission permanente service à la population — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-31 : Création de la commission consultative ad hoc du règlement général de la voirie communale des voies privées ouvertes à la circulation publique — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-32 : Exercice du droit individuel à la formation des élus — Rapporteur : M. le Maire
  • 2026-03-33 : Indemnité pour frais de représentation du Maire — Rapporteur : M. MARKARIAN
  • 2026-03-34 : Remboursement des frais de déplacement engagés par les élus de la Commune de Livry-Gargan au titre d’un mandat spécial — Rapporteur : M. MARKARIAN
  • 2026-03-35 : Remboursement des frais des élus engagés au nom de la Commune de Livry-Gargan au titre de leur mandat électif — Rapporteur : M. MARKARIAN
  • 2026-03-36 : Désignation du délégué titulaire et du délégué suppléant à l’Agence Métropolitaine des mobilités partagées — Rapporteur : M. le Maire
  • Questions diverses

Couverture du dossier de Livry Participatif sur la protection du système écologique fonctionnel Sévigné-Salengro à Livry-Gargan, avec vue aérienne du secteur.

Protection du système écologique Sévigné–Salengro : lancement d’une pétition

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Lancement d’une pétition adressée au Préfet de la Seine-Saint-Denis

Système écologique Sévigné–Salengro
● En cours — Pétition active
Pour la protection du système écologique Sévigné–Salengro

Demande de protection effective du lac de Sévigné, de sa couronne arborée, des alignements structurants et de la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro — corridor écologique centenaire abritant des espèces protégées (martin-pêcheur, héron…).

✍ Signer la pétition sur Change.org

Livry-Gargan, 23 mars 2026 — A l’initiative de Livry Participatif, une pétition demande demande au préfet d’étudier la mise en œuvre d’une protection environnementale effective du système écologique Sévigné–Salengro à Livry-Gargan, ensemble cohérent comprenant notamment le lac de Sévigné, une couronne arborée, un alignement d’arbres structurants assurant une continuité écologique, ainsi que la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro.

Un ensemble écologique fonctionnel au cœur d’un tissu urbain dense

Cet ensemble forme une continuité fonctionnelle stabilisée depuis plusieurs siècles, assurant des fonctions essentielles de refuge, alimentation, reproduction et déplacement pour la faune et la flore en milieu urbanisé. L’association rappelle également que ce système constitue un cadre de vie identifié par les habitants, à travers la présence d’arbres majeurs (chênes et sujets d’alignement) et d’une faune observable au quotidien.

Des enjeux naturalistes et des risques identifiés

La pétition souligne des enjeux naturalistes, notamment pour l’avifaune et les chiroptères, avec la présence d’espèces relevant de régimes de protection au titre du code de l’environnement, dont une relevant de la directive européenne « Oiseaux » (Martin-pêcheur), éléments que l’association indique avoir étayés par des observations.

Livry Participatif attire par ailleurs l’attention sur un risque immédiat et concret : la pression de promotion immobilière et la perspective d’opérations impliquant artificialisation et fragmentation d’un système écologique ancien. Sont notamment évoqués : abattages, rupture des alignements, remaniement des sols et nuisances induites. La pétition rappelle que la destruction d’un système pluriséculaire ne peut être compensé à court ou moyen terme.

Une demande principale : un Arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB)

Au cœur de la démarche, l’association demande l’engagement prioritaire d’une procédure d’Arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) visant les habitats et continuités constitutifs du système Sévigné–Salengro (lac, couronne, alignements et chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro), afin d’encadrer strictement toute intervention susceptible de dégrader les milieux et d’empêcher des atteintes irréversibles.

À défaut d’APPB, la pétition sollicite des mesures préfectorales alternatives offrant un niveau de protection équivalent, explicitement opposables et assorties d’un calendrier, incluant notamment : prescriptions d’évitement et de réduction, interdiction des abattages et altérations d’habitats, protection des alignements et de la chênaie, gel conservatoire pendant l’instruction, suivi écologique et information du public.

Par ailleurs, le système menacé constitue actuellement un ilot de fraicheur crucial pour Livry-Gargan, sa suppression faisant courir un risque sanitaire notamment pour les populations les plus fragiles. En outre, le terrain menacé se situe sur une zone de risque hydrologique.

Une pétition ouverte aux signatures

La pétition a vocation à être transmise à Monsieur le Préfet de la Seine-Saint-Denis. Livry Participatif invite les habitantes et habitants de Livry-Gargan, ainsi que toute personne concernée par la protection des continuités écologiques urbaines, à se renseigner et à participer à la démarche.

Contact presse — Livry Participatif

contact@livryparticipatif.fr
livryparticipatif.fr

Lien de la pétition : https://www.change.org/Sévigné-Salengro

Buste de Marianne photographié à l’intérieur de l’Académie du Climat à Paris

Conseil municipal d’installation du 21 mars 2026

SAMEDI 21 MARS À 10 h 00 À L’ESPACE JULES VERNE

  1. Appel nominal
  2. Nomination d’un(e) secrétaire de séance
  3. Désignation des scrutateurs

Délibérations et rapports

2026-03-01 : Election du Maire

2026-03-02 : Détermination du nombre des adjoints au Maire

2026-03-03 : Election des adjoints au Maire

Lecture de la charte de l’élu local

Conseil municipal du 20 février 2026

VENDREDI 20 FÉVRIER À 19 h 00 À L’ESPACE JULES VERNE

  1. Nomination d’un(e) secrétaire de séance
  2. Approbation du procès-verbal du Conseil municipal du 11 décembre 2025

Délibérations et rapports

  1. 2026-02-01 : Communication du Maire — Article L. 2122-22 du CGCT — Rapporteur : M. le Maire
  2. 2026-02-02 : Rapport sur la situation en matière d’égalité entre les hommes et les femmes — 2025 — Rapporteur : Mme FOURNIER
  3. 2026-02-03 : Rapport annuel sur la situation en matière de Développement durable — Année 2025 — Rapporteur : M. CARRATALA
  4. 2026-02-04 : Budget principal Ville — Débat d’orientation budgétaire 2026 — Rapport d’Orientation budgétaire — Rapporteur : M. MANTEL
  5. 2026-02-05 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris pour le versement d’une subvention pour la dématérialisation des inscriptions aux activités du service jeunesse dans le cadre du fonds « innover dans la ville » — Rapporteur : M. CRALIS
  6. 2026-02-06 : Approbation de la convention à conclure avec la Région Île-de-France pour la rénovation et la sécurisation (réfection complète de la toiture) du centre municipal de santé Simone Veil — Rapporteur : M. CRALIS
  7. 2026-02-07 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris pour le versement d’une subvention pour l’aménagement de voies cyclables dans le cadre du dispositif « Fonds d’Investissement Métropolitain » — Rapporteur : Mme HERRMANN
  8. 2026-02-08 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris pour le versement d’une subvention pour la dimension énergétique du projet de réhabilitation du dojo Gutemberg dans le cadre du dispositif « Fonds d’Investissement Métropolitain » — Rapporteur : M. CRALIS
  9. 2026-02-09 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris dans le cadre du fonds « Innover dans la Ville » au titre du « Programme Métropolitain de Développement des tiers lieux » pour le projet de réalisation de travaux d’aménagement en vue de la création d’un tiers lieu au sein du Centre Culturel Yves Montand — Rapporteur : M. CRALIS
  10. 2026-02-10 : Approbation de la création d’une maison de quartier Gargan — Rapporteur : Mme GUIMARAES
  11. 2026-02-11 : Approbation de la convention d’objectifs et de financement avec la Caisse d’Allocations Familiales de la Seine-Saint-Denis — Subvention pour le contrat local d’accompagnement à la solidarité (CLAS) et bonus associés — Rapporteur : Mme MAKHLLOUF
  12. 2026-02-12 : Désignation des lauréats de la première session coups de pouce jeunesse 2026 — Rapporteur : Mme MAKHLLOUF
  13. 2026-02-13 : Abrogation et modification de la Charte du Budget Participatif de Livry-Gargan — Rapporteur : M. AIDOUDI
  14. 2026-02-14 : Nouvelles modalités relatives à la participation financière de la collectivité à la protection sociale complémentaire des agents dans le cadre d’une procédure de labellisation — Rapporteur : M. MARKARIAN
  15. 2026-02-15 : Création d’un emploi permanent et autorisation de recrutement sur le fondement de l’article L. 332-8 2° du Code Général de la Fonction Publique — Rapporteur : M. MARKARIAN
  16. 2026-02-16 : Dérogation au plafonnement des heures supplémentaires des agents dans le cadre des élections municipales — Rapporteur : M. MARKARIAN
  17. 2026-02-17 : Modification du maintien de l’IFSE des agents placés en congé de longue maladie (CLM), en congé de grave maladie (CGM) ou en congé de longue durée (CLD) — Rapporteur : M. MARKARIAN
  18. 2026-02-18 : Modification du tableau des effectifs — Rapporteur : M. MARKARIAN

  • Questions diverses

« Très chère Marie » — Une lettre de Livry à la Marquise de Sévigné

2026  — Quadricentenaire de la naissance de Madame de Sévigné (1626–1696)

En 2017, à l’occasion d’un concours épistolaire, un adhérent livryen a imaginé une lettre singulière : non pas une lettre à Livry, mais une lettre de Livry. Livry Participatif publie ce texte.

Très chère Marie,

« La beauté de Livry est au-dessus de tout ce que vous avez vu. » Par ces mots, et à bien d’autres occasions, vous vantiez, il y a quelque 345 ans, la beauté de ce Livry où vous aimiez vous ressourcer. En vieille dame un peu coquette, la gêne et la timidité m’ont fait prendre ce retard pour répondre à ce beau compliment.

Le temps a certes bien changé les lieux chers à votre cœur : la forêt de Bondy et l’abbaye elle-même n’existent plus que dans nos souvenirs et par quelques traces que l’amoureux des belles choses saura retrouver. Je crois toutefois avoir su garder bien des attraits qui ne sauraient vous laisser indifférente.

J’ai conservé un de mes biens les plus précieux : 80 hectares de parcs et jardins servant d’écrin à une flore et une faune des plus diversifiées. Vous reconnaîtrez aisément rouge-gorges, moineaux, mésanges, poules d’eau, geais, pies et quelques centaines d’oiseaux communs de la région, mais aurez également la surprise, en fréquentant ces jardins, de découvrir des oiseaux plus exotiques, des perruches d’un vert de jade qui se plaisent particulièrement près des séquoias géants du parc Lefèvre.

Ces arbres impressionnants, originaires de la lointaine Californie, côtoient de majestueux chênes, cèdres et platanes centenaires et forment, alliés à des plants de taille plus modeste, un havre de verdure et de calme dont profitent les promeneurs et les chasseurs d’images.

Le canal de l’Ourcq et des plans d’eau, dont un lac portant votre nom, dernier vestige du parc de l’Abbaye que vous aimiez tant, offrent un cadre propice à la flânerie.

Cette richesse naturelle, dont vous sûtes si bien vanter les mérites, chère Marie, s’exprime également dans des espaces plus modestes : un parterre fleuri devant l’hôtel de ville ou le jardin privatif d’un quartier pavillonnaire suffisent parfois à trancher agréablement avec l’urbanisme tentaculaire de la banlieue parisienne. Votre ville s’attache, malgré les difficiles contraintes d’un urbanisme contemporain, à respecter cette image que vous avez grandement contribué à créer et à mettre, et à conserver la distinction de ville fleurie « quatre fleurs ».

Un cèdre du Liban trois fois centenaire orne la route nationale 3 ; comme lui, je reste un îlot de verdure, mêlant patrimoine et exotisme, nature et modernité, dont vous aimerez encore les couleurs et l’art de vivre.

La culture reste une valeur appréciée ; le château offre à chacun des rencontres avec l’art, l’image et la forme, expose un monde de contraste et les artistes y trouvent un espace d’expression et de rencontres.

« Rencontre » : ce mot résonne d’ailleurs autour des cafés-philo où les idées se mêlent et se démêlent, de la médiathèque, des nombreux restaurants offrant un vaste choix allant des plats du terroir aux mets des contrées les plus lointaines, et des nombreuses associations qui permettent aux Livryens de partager leurs passions.

Amoureux de la nature, de l’architecture, de la bonne chère, des arts, de l’histoire ou des belles lettres partageront votre jugement et apprécieront, je l’espère, ma compagnie.

Vous qui exprimez le vœu de vivre 200 ans, nous fêterons ensemble dans moins de 10 ans votre 400e anniversaire, car malgré les heurts de l’histoire, je reste éternellement votre.

Votre amie sincère,
Livry

Publié dans le cadre du quadricentenaire de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626–2026).

MIJOUIN, Gilles (2017). « Très chère Marie » [texte, concours épistolaire]. Reproduction : Livry Participatif.

© Gilles Mijouin, 2017. © Livry Participatif, 2026. Reproduction avec l’accord de l’auteur. Tous droits réservés.

Montage : page de titre des « Lettres de Madame de Sévigné », fac-similé de la lettre évoquant Livry (« La beauté de Livry… ») et portrait de Madame de Sévigné.

« La beauté de Livry est au-dessus de tout ce que vous avez vu… »

2026 — Quadricentenaire de la naissance de Madame de Sévigné (1626–1696)

Portrait de Madame de Sévigné (pastel attribué à Robert Nanteuil, 1665–1675). Image CC0 (Paris Musées / Musée Carnavalet).

En 2026, nous commémorons le quadricentenaire de la naissance de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626–1696).

À cette occasion, Livry Participatif propose la reproduction intégrale de la lettre la plus souvent citée localement — mais presque toujours tronquée — celle où elle écrit notamment : « La beauté de Livry est au-dessus de tout ce que vous avez vu… ».

Pourquoi cette lettre compte à Livry

À Livry‑Gargan, la figure de Madame de Sévigné est associée à l’abbaye Notre‑Dame de Livry et à son environnement paysager. Dans cette lettre du 30 mai 1672, Sévigné ne décrit pas seulement un lieu : elle donne une image sensible d’un Livry verdoyant (arbres, parfums de chèvrefeuille) et le compare à la Provence de sa fille (forêts d’orangers).

Reproduction intégrale — Lettre 281 (À Paris, lundi 30 mai 1672)

281 — De Madame de Sévigné à Madame de Grignan

À Paris, lundi 30 mai.

Je ne reçus point hier de vos lettres, ma pauvre enfant. Votre voyage de Monaco vous avoit mise hors de toute mesure : je me doutois que ce petit malheur m’arriveroit. Je vous envoie les nouvelles de M. de Pompone. Voilà déjà la mode d’être blessé qui commence ; j’ai le cœur fort triste dans la crainte de cette campagne. Mon fils m’écrit fort souvent ; il se porte bien jusqu’à présent.

Ma tante est toujours dans un état déplorable ; et cependant, ma chère bonne, nous avons le courage d’envisager un jour pour partir, en jouant une espérance que de bonne foi nous n’avons point. Je suis toujours à trouver certaines choses fort mal arrangées parmi les événements de notre vie : ce sont de grosses pierres dans le chemin, trop lourdes pour les déranger ; je crois que nous passerons par-dessus ; ce n’est pas sans peine : la comparaison est juste.

Je ne mènerai point ma petite-enfant ; elle se porte très-bien à Livry ; elle y passera tout l’été. La beauté de Livry est au-dessus de tout ce que vous avez vu : les arbres sont plus beaux et plus verts, tout est plein de ces aimables chèvrefeuilles : cette odeur ne m’a point encore dégoûtée ; mais vous méprisez bien nos petits buissons, auprès de vos forêts d’orangers. Voici une histoire très-tragique de Livry.

Vous vous souvenez bien de ce prétendu très-dévot, qui n’osoit tourner la tête ; je disois qu’il sembloit qu’il y portât un verre d’eau. La dévotion l’a rendu fou : une belle nuit il s’est donné cinq ou six coups de couteau ; et tout nu, et tout en sang, il se mit à genoux au milieu de la chambre.

On entre, on le trouve en cet état : « Eh mon Dieu ! mon frère, que faites-vous ? et qui vous a accommodé ainsi ? — Mon père, dit-il froidement, c’est que je fais pénitence. » Il tombe évanoui, on le couche, on le panse, on le trouve très-blessé ; on le guérit après trois mois de soins, et puis ils l’ont renvoyé à Lyon à ses parents.

Si vous ne trouvez pas cette tête-là assez renversée, vous n’avez qu’à le dire, et je vous donnerai celle de Mme Paul, qui est devenue éperdue, et s’est amourachée d’un grand benêt de vingt-cinq ou vingt-six ans, qu’elle avoit pris pour faire le jardin. Vraiment il a fait un beau ménage. Cette femme l’épouse. Ce garçon est brutal, il est fou ; il la battra bientôt ; il l’a déjà menacée.

N’importe, elle en veut passer par là ; je n’ai jamais vu tant de passion : ce sont tous les plus beaux violents sentiments qu’on puisse imaginer ; mais ils sont croqués comme les grosses peintures ; toutes les couleurs y sont, il n’y aura qu’à les étaler. Je me suis extrêmement divertie sur ces caprices de l’amour ; je me suis effrayée moi-même voyant de tels attentats.

Quelle insolence ! s’attaquer à Mme Paul, c’est-à-dire à l’austère, l’antique et grossière vertu ! Où trouvera-t-on quelque sûreté ? Voilà de belles nouvelles, ma pauvre bonne, au lieu de vos aimables relations.

Mme de la Fayette est toujours languissante ; M. de la Rochefoucauld toujours écloppé ; nous faisons quelquefois des conversations d’une tristesse qu’il semble qu’il n’y ait plus qu’à nous enterrer. Le jardin de Mme de la Fayette est la plus jolie chose du monde : tout est fleuri, tout est parfumé ; nous y passons bien des soirées, car la pauvre femme n’ose pas aller en carrosse.

Nous vous souhaiterions bien quelquefois derrière une palissade pour entendre certains discours de certaines terres inconnues que nous croyons avoir découvertes. Enfin, ma fille, en attendant ce jour heureux de mon départ, je passe du faubourg au coin du feu de ma tante, et du coin du feu de ma tante à ce pauvre faubourg.

Je vous prie, ma chère, n’oubliez pas tout à fait M. d’Harouys, dont le cœur est un chef-d’œuvre de perfection, et qui vous adore. Adieu, ma très-aimable enfant ; j’ai bien envie de savoir de vos nouvelles, et de votre fils. Il fait bien chaud chez vous autres ; je crains cette saison pour lui, et pour vous beaucoup plus, car je n’ai pas encore pensé qu’on pût aimer quelque chose plus que vous.

J’embrasse mon cher Grignan. Vous aime-t-il toujours bien ? Je le prie de m’aimer aussi.

Lettre 281 (1672), édition Monmerqué (1862). Reproduction en domaine public (édition du XIXe siècle).

Portrait en noir et blanc de Nicole Lellouche, de face, souriante, portant une veste sombre et un collier, sur fond uni.

Nicole Lellouche

Née le 28 juin 1948, passionnée d’art, d’histoire et de patrimoine, Nicole Lellouche est une fleuriste de métier, artiste peintre, et responsable municipale, reconnue pour son action en faveur de la vie culturelle et de la valorisation patrimoniale à Livry-Gargan. Son parcours se caractérise par un ancrage professionnel durable dans l’artisanat de proximité, une pratique artistique personnelle attestée par des expositions, puis l’exercice de responsabilités publiques orientées vers la programmation culturelle, la médiation artistique, les jumelages et la sauvegarde d’éléments patrimoniaux locaux.

Horticultrice de formation, Nicole Lellouche débute sa carrière au sein de l’Entreprise Accard, à partir de 1968, où elle assure notamment des fonctions de Directrice d’exploitation, de vente de végétaux et de production. Elle exerce ensuite le métier de fleuriste indépendante pendant vingt-cinq années, de 1979 à 2004, installée au 23 rue Jacques-Duclos à Aulnay-sous-Bois. Cette activité de commerce de proximité constitue la première séquence structurante de sa trajectoire, associant autonomie professionnelle, présence quotidienne dans la ville et relation avec la population.

Portrait de Nicole Lellouche

Pratique artistique : peinture et expositions

Parallèlement à son activité professionnelle, Nicole Lellouche est artiste peintre. Cette pratique, présentée comme constante et personnelle, se manifeste publiquement par plusieurs expositions. En octobre 2007, elle expose ses œuvres à Aulnay-sous-Bois, à l’Espace Gainville. En 2017, une exposition de ses œuvres est organisée au Château Seigneurial de Villemomble, où elle présente « ses souvenirs et sa vision poétique d’objets du quotidien », formule qui souligne une approche sensible du réel, centrée sur les scènes ordinaires et la transfiguration artistique du quotidien. Cette exposition personnelle est décrite comme révélatrice d’une âme d’artiste, avec un intérêt prononcé pour la mise en valeur de la beauté, dimension tenue pour indissociable de son investissement plus large dans la promotion de la culture. Le 24 juin 2017, la Société académique d’éducation et d’encouragement « Arts-Sciences-Lettres » lui décerne une médaille d’argent, au titre du « développement culturel ».

Sélection de tableaux de Nicole Lellouche (paysages et natures mortes). – Coll. privée

Adjointe au maire chargée de la culture.

Nicole Lellouche accepte des responsabilités municipales en mars 2014 et est nommée Adjointe au Maire de Livry-Gargan en charge des Affaires culturelles. Elle exerce ce mandat de 2014 à 2020. À ce poste, elle supervise l’ensemble des équipements et services culturels de la ville, incluant les médiathèques, le Centre culturel Yves-Montand (à la fois salle de spectacle et cinéma municipal), le conservatoire de musique et de danse, ainsi que le Château de la Forêt, lieu d’expositions d’art, parmi d’autres composantes du dispositif culturel municipal. Son action dynamise la vie culturelle livryenne avec un succès certain. Au Château de la Forêt, qui accueille à la fois des artistes de renom et des talents locaux, la fréquentation des expositions annuelles augmente de manière significative, évolution attribuée à un travail visant à rendre la culture attractive et accessible, mais en maintenant un niveau d’exigence très élevé.

Programmation, saisons culturelles et expositions marquantes.

Nicole Lellouche porte alors une attention particulière portée à la construction des saisons culturelles. Elle était très fière des programmations élaborées, parce qu’elles reflétaient une exigence assumée et un respect profond des artistes. Certaines expositions occupèrent, dans ses souvenirs, une place centrale, notamment l’exposition de l’artiste Yuichi Ono au Château de la Forêt, dont elle admirait l’élégance, la délicatesse et la profondeur, ainsi que l’accueil d’artistes tels que Michel Jouenne, auquel elle tenait particulièrement, consciente de l’importance et de la portée de son œuvre. Ces expositions sont présentées, non comme de simples événements, mais comme des rencontres justes entre un lieu, une œuvre et un public, impliquant un accompagnement personnel.

2017 : Journées du patrimoine, ouverture de saison et rayonnement culturel.

Dans le cadre de sa volonté de diversification de l’offre culturelle, un jalon est mentionné en 2017, lors des Journées du patrimoine. À cette occasion, Nicole Lellouche inaugure l’ouverture de la saison 2017-2018 en organisant un vernissage exceptionnel des toiles de Michel Jouenne, invité d’honneur au Château de la Forêt. Elle affirme alors que « Livry-Gargan va continuer de rayonner », formule liée à sa volonté d’offrir aux habitants « le programme [culturel] le plus large possible, dans lequel toutes les tranches d’âges pourront trouver satisfaction ». Son mandat s’achève après les élections municipales de 2020.

Nicole Lellouche est attachée à la reconnaissance patrimoniale de Livry-Gargan, en particulier du château de style XIIIe siècle et du parc Lefèvre, qu’elle considère comme un véritable écrin pour les évènement culturelles. En 2017, elle coordonne et participe activement à la création d’un parcours historique relatif à Livry aux XVIIe et XVIIIe siècles, démarche relevant d’une médiation patrimoniale destinée au public, reposant notamment sur des plaques historiques et sur l’appui de documents d’époque (gravures, photographies et textes relatifs à l’abbaye, notamment). Elle aimait depuis lors rappeler avoir mené des recherches dans le cadre de ce projet et avoir identifié un lien entre l’abbé de Coulanges, alors abbé commendataire de l’abbaye de Livry, et le père d’André Le Nôtre, lien qui aurait conduit à solliciter André Le Nôtre pour la réalisation de jardins.

Dans la même logique de sauvegarde, lorsqu’elle apprend l’arrêt de l’activité du restaurant La Main Blanche, situé à l’angle de l’avenue Paul-Bert et de l’avenue Vauban, elle intervient comme négociatrice auprès du propriétaire afin de récupérer une peinture — un triptyque de grand format — fixée au mur de l’établissement, représentant l’ancienne gare de l’Abbaye, dans l’objectif d’éviter la perte de cette représentation du patrimoine local. Elle participe elle-même, afin de s’assurer de la mise en œuvre effective, à la restauration et au nettoyage de ce triptyque de grand format, aujourd’hui conservé au Château de la Forêt.

Diplôme de médaille d’argent « Arts-Sciences-Lettres » attribué à Nicole Lellouche au titre du « Développement culturel » (Paris, 24 juin 2017).

Inaugurations et événements culturels : « Il était une fois Carzou ».

En 2018, elle considère comme un honneur d’inaugurer « Il était une fois Carzou », référence à l’artiste Carzou, présenté comme ayant réalisé le décor de la chapelle du couvent de la Présentation située à Manosque. Cet épisode s’inscrit dans la continuité d’une action qui associe programmation artistique, médiation et valorisation de références culturelles au-delà du strict cadre local.

Écrits, discours et médiation.

Nicole Lellouche se distingue par ses prises de parole lorsqu’il s’agit d’art et de culture. Elle rédige des billets d’humeur culturelle et prononce des allocutions lors de vernissages. En 2016, à propos de l’artiste sculpteur non-voyant Doris Valerio, elle écrit : « S’il est un artiste dont le parcours est hors du commun, Monsieur Valerio est de ceux-là. […] Si Monsieur Valerio est un sculpteur de la nuit, il possède ce don magique de faire jaillir la lumière, celle que chaque artiste possède au fond de l’âme. ». Pour le peintre Victor Sasportas, elle rédige un texte intitulé « Dialogue silencieux avec une œuvre d’art », daté de février 2016, dans lequel elle formule une conception de l’art comme expérience durable et transformation intérieure : « Lorsque la trace du pinceau écrit à ce point les couleurs de la vie, alors l’œuvre demeure à tout jamais conservée en nous. Quand un artiste transmute à ce point le spectateur, alors l’artiste a rempli sa mission. ». Elle célèbre également le peintre floral Yuichi Ono en des termes repris dans sa biographie : « Pivoines délicates et soyeuses, roses chatoyantes ou majestueuses amaryllis, l’élégance et le raffinement sont la signature de cet artiste. […] Ses œuvres ont un goût d’intemporel. Sa vision restitue le merveilleux, l’harmonie et la grâce […] – Nicole Lellouche ».

Après 2020, Nicole Lellouche ne figure plus parmi les élus municipaux actifs. Son rapport à l’engagement public demeure intact, considérant ce qu’elle a apporté, défendu et rendu possible une action dans le domaine culturel. Elle utilise également sa page Facebook dans une logique de vitrine culturelle, en repartageant et en republiant régulièrement des contenus iconographiques variés. On y trouve notamment des œuvres monumentales, des photographies de détails architecturaux (cathédrales, abbayes), des éléments de mobilier de l’Égypte ancienne, des œuvres et sculptures relevant de l’Art nouveau, des pièces de joaillerie, des paysages, des compositions florales, ainsi que de nombreuses autres références artistiques et patrimoniales dans une démarche de diffusion avec un goût esthétique assumé. Le sérieux de son engagement culturel se teinte parfois d’humour, sous la forme de chroniques satiriques.

Par ses passions croisées, elle était parfaitement à même d’établir des liens entre l’histoire des lieux et les milieux naturels, qu’elle appréhendait comme deux dimensions complémentaires d’un même cadre de vie. Dans le prolongement de son engagement, elle s’investit dès la création de Livry Participatif en mettant son expertise au service de l’association. Elle figure parmi les premières bénévoles et parmi les premières personnes à apporter une aide effective après la création de la structure ; elle devient adhérente en 2023 et participe à plusieurs dossiers, apportant un accompagnement précieux, dans une logique d’appui et de soutien.

Nicole Lellouche s’éteint le 25 décembre 2025.

Merci à Elle.

Triptyque représentant l’ancienne gare de l’Abbaye de Livry (scène ferroviaire)

Conseil municipal du 11 décembre 2025

JEUDI 11 DÉCEMBRE À 19 h 00 À L’ESPACE JULES VERNE

  1. Nomination d’un(e) secrétaire de séance
  2. Approbation du procès-verbal du Conseil municipal du 16 octobre 2025

Délibérations et rapports

  1. 2025-12-01 : Communication du Maire – Article L. 2122-22 du CGCT — Rapporteur : M. le Maire
  2. 2025-12-02 : Rémunération des agents affectés au recensement rénové de la population — Rapporteur : Mme MONIER
  3. 2025-12-03 : Approbation de l’adhésion de la commune de Neuilly-Plaisance aux syndicats du SIFUREP (Syndicat Intercommunal funéraire de la région parisienne) au titre de la compétence « Service extérieure des pompes funèbres » — Rapporteur : Mme MONIER
  4. 2025-12-04 : Autorisation d’ouverture de crédits d’investissement BP 2026 — Rapporteur : M. MANTEL
  5. 2025-12-05 : Ajustement d’autorisation de programme et crédits de paiement (AP/CP) — Rapporteur : M. MANTEL
  6. 2025-12-06 : Attribution d’un acompte de subvention 2026 au CCAS — Rapporteur : M. MANTEL
  7. 2025-12-07 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris pour le versement d’une subvention pour le réaménagement du square Bayard en îlot de fraîcheur — Rapporteur : M. CRALIS
  8. 2025-12-08 : Approbation de la convention à conclure avec l’Agence Régionale de Santé pour le versement d’une subvention pour la rénovation et la sécurisation (rénovation complète de la toiture) du centre municipal de santé Simone Veil — Rapporteur : M. CRALIS
  9. 2025-12-09 : Convention à conclure avec la Région Ile-de-France pour le versement d’une subvention pour l’acquisition, le paramétrage et la mise en service d’une plateforme « Cocoparks » de gestion intelligente du trafic et du stationnement — Rapporteur : M. CRALIS
  10. 2025-12-10 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris pour le versement d’une subvention pour l’acquisition, le paramétrage et la mise en service d’une plateforme « Cocoparks » de gestion intelligente du trafic et du stationnement au titre du dispositif « Innover Dans La Ville » — Rapporteur : M. CRALIS
  11. 2025-12-11 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris pour le versement d’une subvention pour l’acquisition, l’installation et la mise en service d’un logiciel courrier dans le cadre du Fonds « Innover Dans La Ville » — Rapporteur : M. CRALIS
  12. 2025-12-12 : Approbation de la convention triennale de partenariat relative au recrutement et au financement d’un poste d’intervenant social au sein du commissariat de Police de Livry-Gargan — Rapporteur : Mme FOURNIER
  13. 2025-12-13 : Convention relative à la participation financière de l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France au financement des actions et des expérimentations de santé en faveur de la performance, la qualité, la coordination, la permanence, la prévention, la promotion ainsi que la sécurité sanitaire – Pass de Ville 2025 — Rapporteur : Mme CARCREFF
  14. 2025-12-14 : Convention relative à la participation financière de l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France au financement des actions et des expérimentations de santé en faveur de la performance, la qualité, la coordination, la permanence, la prévention, la promotion ainsi que la sécurité sanitaire – Contrat Local de Santé – Coordination 2025-2028 — Rapporteur : Mme CARCREFF
  15. 2025-12-15 : Convention de coopération avec mise à disposition de personnel médical entre le GROUPE HOSPITALIER DU TERRITOIRE GRAND PARIS NORD-EST, SITE CENTRE HOSPITALIER INTERCOMMUNAL ROBERT BALLANGER et le CENTRE MUNICIPAL DE SANTE SIMONE VEIL DE LIVRY-GARGAN — Rapporteur : Mme CARCREFF
  16. 2025-12-16 : Convention annuelle d’objectifs et de moyens entre la Ville de Livry-Gargan et la mission locale pour l’emploi de la DHUYS — Rapporteur : Mme BORDES
  17. 2025-12-17 : Attribution d’une subvention exceptionnelle à la fondation 30 MILLIONS D’AMIS pour la prise en charge d’un chien victime d’un acte de cruauté — Rapporteur : Mme BERTHE
  18. 2025-12-18 : Désignation des lauréats de la troisième session Coup de Pouce Jeunesse 2025 — Rapporteur : Mme MAKHLOUF
  19. 2025-12-19 : Renouvellement de la convention de partenariat entre l’association Française de pédagogie Suzuki et le conservatoire de la Ville de Livry-Gargan — Rapporteur : Mme MOULINAT-KERGOAT
  20. 2025-12-20 : Approbation de la convention pour l’organisation d’activités impliquant des intervenants extérieurs dans le domaine des activités artistiques — Rapporteur : Mme MOULINAT-KERGOAT
  21. 2025-12-21 : Approbation de l’avenant 2025 de la convention triennale de coopération culturelle et patrimoniale 2023-25 avec le département de la Seine-Saint-Denis — Rapporteur : Mme MOULINAT-KERGOAT
  22. 2025-12-22 : Approbation des conventions d’objectifs et de financement « Fonds de modernisation des établissements d’accueil du jeune enfant » de la Caisse d’Allocations Familiales pour six établissements — Rapporteur : Mme LE COZ
  23. 2025-12-23 : Approbation de l’avenant n°2 à la convention de garantie d’emprunt et de réservation de logements accordée à Immobilière 3F dans le cadre de la construction de 39 logements au 4, 6, 8 boulevard Gutenberg — Rapporteur : M. BEREZIN
  24. 2025-12-24 : Approbation de l’avenant n°1 à la convention pluriannuelle d’objectifs à conclure avec les associations percevant une subvention supérieure ou égale à 23 000 euros — Rapporteur : M. BARATTA
  25. 2025-12-25 : Avance des 4/12ème des subventions accordées aux associations dans l’attente du vote du budget primitif 2026 — Rapporteur : M. BARATTA
  26. 2025-12-26 : Rapport d’activité annuel 2024 de la société SAS MANDON titulaire de la délégation de service public pour la gestion des marchés d’approvisionnement de la Commune – Période du 1er janvier au 30 juin 2024 — Rapporteur : Mme MAUROBET
  27. 2025-12-27 : Rapport d’activité annuel 2024 de la société LOISEAU MARCHES titulaire de la délégation de service public pour la gestion des marchés d’approvisionnement de la Commune – Période du 1er juillet au 31 décembre 2024 — Rapporteur : Mme MAUROBET
  28. 2025-12-28 : Avis sur les dérogations exceptionnelles à l’interdiction du travail le dimanche accordées par M. le Maire au titre de l’année 2026 — Rapporteur : M. KOUCEM
  29. 2025-12-29 : Autorisation du conseil municipal à proroger les délais de l’Agenda d’Accessibilité Programmée (AD’AP) pour les travaux non encore réalisés — Rapporteur : Mme DJABALI
  30. 2025-12-30 : Abroge et remplace la délibération n°2024-12-42 relative à l’indemnité spéciale de fonction et d’engagement (ISFE) concernant les agents de la filière de la police municipale — Rapporteur : M. MARKARIAN
  31. 2025-12-31 : Modification du tableau des effectifs – Délibération cadre — Rapporteur : M. MARKARIAN
  32. 2025-12-32 : Rapport annuel d’activité du Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l’électricité et les réseaux de communication (SIPPEREC) – Année 2023 — Rapporteur : M. CARRATALA
  33. 2025-12-33 : Rapport annuel d’activité du Syndicat des eaux d’Ile de France (SEDIF) sur le prix et la qualité du service public de l’eau potable – Année 2023 — Rapporteur : M. MILOTI
  34. 2025-12-34 : Rapport annuel d’activité du Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Ile de France (SIGEIF) sur le prix et la qualité du service public du gaz, de l’électricité et des énergies locales – Année 2023 — Rapporteur : M. LAFARGUE
  35. 2025-12-35 : Rapport annuel sur le prix et la qualité du service public de déplacement urbain « La navette » délégué par Ile-de-France Mobilités – Année 2024 — Rapporteur : Mme HERRMANN

  • Questions diverses

Envoi complémentaire (5 décembre 2025) : Ajout de la délibération n°2025-12-36 « Budget principal Ville – Décision modificative n°3 », rapporteur : M. MANTEL.

Combien d’arbres jeunes pour remplacer l’abattage d’un cèdre bicentenaire ?

Livry Participatif · Fiches environnement · n° 15 · Combien d’arbres jeunes pour remplacer l’abattage d’un cèdre du Liban bicentenaire ?

Combien d’arbres jeunes pour remplacer l’abattage d’un cèdre du Liban bicentenaire ?

Compensation écologique : qu’indiquent les ordres de grandeur (carbone, ombre, biomasse, évapotranspiration) ?

Contexte

Lors de l’abattage d’arbres urbains, il est fréquent d’entendre parler de « compensation écologique », présentant le remplacement de l’arbre adulte par deux jeunes arbres comme un reverdissement de la ville. Au-delà de l’effet d’annonce, quelle est la réalité scientifique ?

Idée reçue

Idée reçue : « Planter un jeune arbre équilibre la perte d’un grand arbre » FAUX

Exemple : cèdre du Liban > 200 ans

Un cèdre du Liban de plus de 200 ans est un arbre mature de très grand développement, avec une forte biomasse, un système racinaire étendu, et une capacité écologique particulièrement élevée.

  • Absorption du CO₂ : 40 à 100 kg/an selon la surface foliaire, contre 10 à 25 kg/an pour un jeune arbre.
  • Ombre portée importante (environ 150 à 350 m² en moyenne).
  • Habitat pour de nombreuses espèces (insectes, oiseaux, microfaune).
  • Évapotranspiration et rafraîchissement urbain majeurs.
Critère Cèdre · 200 ans Jeune cèdre · 3–5 ans
Biomasse aérienne 12 000 – 40 000 kg 20 – 60 kg
Surface foliaire 800 – 1 400 m² 4 – 12 m²
Évapotranspiration 100 – 250 L/j 3 – 10 L/j
Stockage carbone 1 200 – 2 000 kg 10 – 20 kg
Ombre portée 150 – 350 m² 1 – 3 m²
Faune associée Très riche Faible

Combien de jeunes arbres faudrait-il planter ?

Estimation (ordre de grandeur)

Pour compenser globalement les fonctions écologiques d’un tilleul cinquantenaire :

  • 100 à 250 jeunes tilleuls seraient nécessaires, en plantation simultanée.
  • Le chiffre exact dépend de la survie, de la qualité du sol, de l’entretien, et des interactions écologiques du site.

Il faut au moins une à deux générations (50–120 ans) pour approcher les fonctions écologiques d’un cèdre bicentenaire abattu.

  • En milieu urbain, le taux de survie des jeunes arbres est de 50 à 70 %, selon l’arrosage, la qualité du sol et la protection.
  • Un arbre bicentenaire, outre sa grande valeur patrimoniale, est un puits de carbone bien plus efficace qu’une plantation jeune.
  • La perte est immédiate et durable : les jeunes arbres ne compensent pas à court terme.

En bref

Pour rattraper la suppression d’un cèdre du Liban bicentenaire (tel que l’arbre emblématique de la RN3), 100 à 250 jeunes cèdres seraient nécessaires selon les critères retenus (séquestration carbone, surface foliaire, ombre, évapotranspiration), à condition d’assurer leur entretien sur deux générations. Pour cette raison, la conservation des arbres matures doit être privilégiée. La plantation n’est pas une solution équivalente, mais un effort complémentaire.

Références

Nowak, D. J. et al. (2002), USDA Forest Service — Données agrégées de biomasse par âge, diamètre, espèce.

Réchauffement climatique — « Compenser un arbre abattu, même par trois jeunes, c’est un pari risqué » (Tribune de Genève).

Référence recommandée : Livry Participatif, « Combien d’arbres jeunes pour remplacer l’abattage d’un cèdre du Liban bicentenaire ? », Fiche environnement n° 15, 2025.

Rédaction : Commission Biodiversité.

Grand Angle : Pavillon Dionnet, patrimoine et perspectives

Édifice bicentenaire emblématique de Livry-Gargan, le pavillon Dionnet (1810) relève de l’architecture bourgeoise locale (meulière, pierre de taille, modénatures soignées, grille en fer forgé). Situé 61–63, avenue du Consul-Général-Nordling, en vis-à-vis du Château de la Forêt, à proximité de la RD 933 (ex-RN 3), il s’insère dans un ensemble urbain cohérent et occupe une position structurante dans le paysage livryen.

Au-delà de sa valeur architecturale, le pavillon Dionnet est associé à un épisode fondateur de la culture visuelle contemporaine : il fut le berceau de Métal hurlant en 1975, magazine de science-fiction fondé par Jean-Pierre Dionnet (dont la famille possédait alors la demeure), Moebius, Philippe Druillet et Bernard Farkas. Cette revue d’avant-garde, lancée entre ces murs, a exercé une influence majeure sur la bande dessinée ; des rapprochements sont fréquemment évoqués avec des œuvres cinématographiques de premier plan. Ce pavillon incarne ainsi une double identité patrimoniale : patrimoine bâti local et histoire culturelle dont l’écho dépasse Livry-Gargan.

Cet héritage est aujourd’hui menacé. Depuis 2012, plusieurs séquences administratives et urbanistiques reposent la question de son avenir : acquisition communale ; repérage patrimonial au PLU (2015, « bâti isolé n° 45 ») ; révision intercommunale (PLUi, 2024) ; études relatives à l’implantation d’un institut médico-éducatif (IME) sur le secteur. Dans ce contexte, un avis des Domaines fondé sur l’hypothèse d’une évaluation « après démolition » a conduit à considérer la disparition du pavillon parmi les scénarios possibles. Cette perspective a suscité une controverse locale, relayée par la presse générale, régionale et spécialisée.

Face à ces interrogations, entre mémoire collective et choix de la municipalité, le présent Grand Angle a pour objet d’établir les faits disponibles, de restituer la chronologie des pièces publiques et d’éclairer les enjeux conjoints d’urbanisme, de patrimoine et d’intérêt général.

Photographie d’époque (vers 1910) du pavillon, alors désigné « Livry – Rue de Paris – Propriété Sauvin », montrant la façade et le portail d’origine. Le Pavillon Dionnet présente le visage typique des villas bourgeoises de province sous la IIIe République. Son implantation en vis-à-vis du Château de la Forêt crée un dialogue architectural de part et d’autre de la route nationale, marquant fortement les lieux.

I. Histoire et valeur culturelle du Pavillon Dionnet (1810 → 1985)

Construction et premiers propriétaires (1810–1900)

Le pavillon s’inscrit dans la dynamique d’urbanisation du XIXe siècle le long de l’axe Paris–Meaux (ex-RN 3, actuelle RD 933). À cette époque, la petite bourgade rurale de Livry devient une villégiature prisée par la bourgeoisie parisienne, attirée par le cadre champêtre (forêt de Bondy à proximité) et par les nouvelles infrastructures de transport vers la capitale. Il constitue un rare témoignage de l’architecture bourgeoise locale, alliant moellons de meulière, pierre de taille, modénatures enduites et ferronneries.

L’essor du bourg, favorisé par l’amélioration des voies et par l’attraction exercée aux portes de Paris, voit se développer une trame d’habitations soignées, ponctuées de jardins clos. C’est dans ce contexte qu’une famille aisée fait ériger, en 1810, le pavillon dont la volumétrie ramassée, l’ordonnancement symétrique des baies et la clôture sur rue dessinent une façade urbaine singulière. Malgré les transformations ultérieures, l’alignement sur rue et le portail monumental conservent une forte lisibilité paysagère. Autrefois surnommée « propriété Sauvin » (du nom d’anciens occupants) et localisée sur la Route d’Allemagne (ex RN3), la demeure formait avec son jardin un ensemble représentatif du patrimoine francilien, dont elle constitue aujourd’hui l’un des derniers vestiges livryens le long de cet axe historique.

À droite du portail, se dresse le pavillon annexe correspondant à l’ancienne loge de gardien. Il est accessible par une petite porte piétonne percée dans le muret, qui dessert directement la maison du gardien. La façade pignon sur rue est rythmée par trois grandes baies en plein cintre munies de volets persiennés. La toiture à faible présente un large débord porté par des consoles en bois. Historiquement, une limite séparative distinguait nettement cette loge du corps de bâtiment principal.

Naissance de Métal Hurlant (1975–1985)

En décembre 1974, un épisode fondateur confère au pavillon Dionnet une importance dépassant le cadre local. C’est dans cette maison — appartenant alors à la famille du scénariste Jean-Pierre Dionnet — que se conçoivent et se préparent les éléments du magazine Métal hurlant (lancement en 1975), aux côtés notamment de Moebius (Jean Giraud), Philippe Druillet et Bernard Farkas. Afin d’en assurer la publication, ils créent leur propre maison d’édition, Les Humanoïdes Associés. Revue de bande dessinée de science-fiction et de fantasy, Métal hurlant bouleverse les codes esthétiques du 9e art par des thèmes audacieux et un graphisme novateur.

Son influence internationale est considérable : l’édition américaine Heavy Metal connaît de forts tirages (plus de 230 000 exemplaires par numéro au début des années 1980) et se décline dans plusieurs pays ; l’univers donne lieu à un film d’animation culte en 1981, un second film en 1999 et une série télévisée en 2012.

De grands créateurs du cinéma et de l’illustration revendiquent ou laissent percevoir des affinités esthétiques avec ces univers — on cite souvent l’influence de Moebius et Métal hurlant sur Star Wars de George Lucas ou sur l’esthétique de Blade Runner (Ridley Scott), Le Cinquième Élément (Luc Besson) et Mad Max (George Miller). Ces rapprochements relèvent de l’histoire des styles et des circulations d’images. L’aura culturelle du pavillon Dionnet s’est ainsi étendue bien au-delà de Livry-Gargan : cette bâtisse est devenu un lieu d’évocation de la pop culture mondiale. Cet ancrage immatériel renforce l’intérêt patrimonial du site et justifie une vigilance particulière quant à la transmission des lieux.

II. Nouveaux projets pour le pavillon Dionnet (2012–2015)

Dans le prolongement de ce constat patrimonial, la période 2012–2015 voit émerger des propositions d’aménagement.

Projet de 2015 : valorisation du Pavillon Dionnet dans le cadre d’un centre-ville structuré, végétalisé et culturel

Dans le cadre de la révision générale du Plan local d’urbanisme (PLU) de Livry-Gargan, engagée en 2014 et approuvée le 17 décembre 2015, la municipalité formalise une vision d’ensemble de son développement urbain. Elle indique s’appuyer sur une concertation avec les habitants ainsi que sur une volonté affichée de rééquilibrage des fonctions urbaines à l’échelle de la commune.

Parmi les trois secteurs d’orientation (Chanzy ; Poudrerie-Hochailles ; centre-ville), le secteur centre-ville constitue l’un des leviers majeurs de cette stratégie. Le diagnostic souligne l’absence d’une centralité pleinement structurante pour une ville d’environ 42 000 habitants, conduisant à proposer la constitution d’un cœur de ville multipolaire, mêlant :

  • un pôle administratif autour des services municipaux ;
  • un pôle culturel regroupant équipements existants et à venir ;
  • un pôle santé, avec une attention portée aux services aux personnes âgées.

Ce projet est porté dans l’Orientation d’aménagement et de programmation (OAP) centre-ville, annexée au PLU 2015. Elle exprime une volonté de mise en scène et de réhabilitation des espaces structurants, selon une logique de couture urbaine et de respiration paysagère. Au sein de cette vision, la parcelle du Pavillon Dionnet (avenue du Consul-Général-Nordling) occupe un rôle charnière.

Une parcelle emblématique dans un espace en recomposition

Dans les plans et schémas de l’OAP, la maison Dionnet apparaît conservée au sein de la projection volumétrique. Elle s’insère dans un îlot ouvert et aéré, bordé d’arbres, au croisement de circulations piétonnes projetées entre la mairie, le parc Lefèvre, l’école Benoît-Malon et l’avenue du Consul-Général-Nordling (RD 933, ex-RN 3). Le pavillon n’est pas envisagé comme un obstacle, mais comme un repère architectural participant à la centralité nouvelle.

Le plan d’aménagement envisage notamment :

  • une mise en valeur paysagère des abords du pavillon, assurant une transition douce entre bâti et végétal ;
  • la structuration d’une trame verte reliant les principaux parcs et équipements ;
  • la création de cheminements piétons et liaisons douces, réorganisant les accès en cohérence avec l’ex-RN 3 et les équipements existants ;
  • la possibilité d’un usage culturel ou administratif sur ce site, en lien avec la proximité de la future médiathèque et des autres équipements publics.

OAP centre-ville (2015) — intégration du Pavillon Dionnet comme repère dans une maille paysagère et piétonne.

Un pôle culturel en gestation

La carte de concertation produite en amont de l’OAP comporte des annotations manuscrites mentionnant explicitement : « 3) Développer un pôle culturel pour renforcer l’identité culturelle », avec un fléchage orienté vers la parcelle du pavillon. Cette formulation issue des réunions publiques atteste que l’idée d’une réhabilitation à des fins culturelles a été évoquée et intégrée au stade programmatique.

Le Pavillon Dionnet aurait ainsi pu accueillir un équipement public de proximité, articulé à la trame verte du centre-ville. Cette orientation s’accorde avec les objectifs du Projet d’aménagement et de développement durables (PADD), notamment celui visant à préserver les éléments identitaires du tissu urbain, tout en accompagnant les transitions vers un urbanisme durable et partagé.

En synthèse, le PLU 2015 exprimait la volonté de conserver et valoriser le Pavillon Dionnet comme levier de centralité urbaine, point d’articulation paysagère et signal patrimonial. Le projet municipal d’origine intégrait explicitement ce site dans un équilibre entre mémoire, fonctionnalités et cadre de vie, en cohérence avec les autres composantes du secteur centre-ville.

Le démantèlement ultérieur de cette stratégie (déclassement patrimonial, abandon du projet culturel, non-entretien par la mairie du pavillon malgré ses obligations patrimoniales) constitue une rupture manifeste avec la vision initiale, tant sur le fond que sur les engagements exprimés.

Vue d’artiste, projet OAP centre-ville (2015) intégration du Pavillon Dionnet (Livry Participatif, 2025)
PLU (2015), extrait — OAP centre-ville et intentions programmatiques. (Ville de Livry-Gargan)
OAP centre-ville et intentions programmatiques. (Ville de Livry-Gargan)

III. Le déclassement et le projet IME (2019–2025)

2012 : L’acquisition par préemption

En avril 2012, la Ville de Livry-Gargan exerce son droit de préemption. L’achat intervient à l’issue d’une adjudication judiciaire, pour un montant de 664 401 €. La décision s’inscrit alors dans une perspective d’aménagement public : la création d’un équipement communal à destination de l’enfance, en lien avec le groupe scolaire Benoît-Malon situé à proximité immédiate.

Les documents préparatoires mentionnent la nécessité de répondre à une croissance des besoins induite par l’augmentation de la population. Le projet supposait à terme l’intégration du bien acquis à l’unité foncière scolaire voisine, condition de sa faisabilité opérationnelle.

À ce jour, l’intégration cadastrale n’est pas réalisée : le bâtiment reste porté sur une unité parcellaire autonome, distincte du groupe scolaire Benoît-Malon et ne bénéficie d’aucune affectation éducative.

L’ensemble comprenait alors deux parcelles : la principale (≈ 1 672 m²) avec la maison de maître (1810) et une petite emprise bâtie (≈ 29 m²) occupée par une agence immobilière en façade sur l’avenue. Dans le PLU 2015, la demeure de 1810 est identifiée au titre des « éléments bâtis à préserver » (bâti isolé n° 45) — mesure de repérage patrimonial distincte d’un classement ou d’une inscription au titre des monuments historiques, mais encadrant les interventions par des prescriptions d’urbanisme.

Ce décalage entre l’intention initiale et l’absence de réalisation opérationnelle constitue un élément de contexte important pour évaluer l’évolution des choix d’affectation du site depuis 2012.

Pavillon Dionnet, façade principale sur la RN3 — état en 2008 Vue d’ensemble du pavillon avant la révision générale du PLU et les premières réflexions sur la requalification du centre-ville.

2015–2025 : Un bâtiment communal délaissé et abandonné

Au cours de la décennie suivant l’acquisition, aucun projet n’est mené à terme sur le site. Le bâtiment demeure inoccupé et à l’abandon. Son état se dégrade progressivement, faute d’entretien régulier et de surveillance effective. Entre 2023 et 2024, des interventions ponctuelles sont constatées : murage de fenêtres, dépose de rebords métalliques de baies et de la marquise d’entrée, modifiant l’aspect de la façade.

Ces altérations concernent un bâtiment alors repéré comme élément patrimonial remarquable par la commune. L’absence de mesures de préservation soulevant dès lors la question du respect, par la collectivité, de son obligation d’entretien des biens protégés, telle que prévue par le Code du patrimoine et, par extension, aux obligations générales de conservation du Code de l’urbanisme. Cette situation alimente l’idée, chez plusieurs observateurs, d’un défaut de valorisation et de maintenance facilitant l’argument de la vétusté.

Pavillon Dionnet — état en 2011 et 2024.

Décembre 2023 : Projet de l’IME

En 2023, l’Institut médico-éducatif (IME) de Livry-Gargan, actuellement implanté rue Philippe-Lebon, manifeste son intérêt pour le site du 61-63, avenue du Consul-Général-Nordling, en vue d’une relocalisation dans des locaux neufs. Le projet impliquerait la démolition de la maison de 1810 pour permettre la construction d’un bâtiment neuf.

Dans ce contexte, la Ville sollicite en 2023 le pôle d’évaluation domaniale de l’État pour obtenir une estimation de la valeur vénale de la parcelle, en précisant que l’évaluation doit être réalisée « après démolition des bâtis existants ». Le service des Domaines, sans visite sur site, rend un avis estimatif à 545 000 € HT, révisé à 490 000 € après application d’une marge d’appréciation. L’estimation repose exclusivement sur la valeur du foncier constructible, à l’exclusion du bâti existant et de son repérage patrimonial au PLU 2015. La cession projetée exclut l’emprise de l’agence immobilière, que la Ville prévoit de soustraire à la cession.

Cette méthode, en ne retenant que la composante foncière du bien, écarte toute valorisation liée à l’édifice et conduit à une estimation inférieure à ce qu’aurait pu représenter la valeur globale du bien si son potentiel patrimonial avait été pris en compte mais aussi la parcelle en elle-même au vu de son potentiel à construire en zone UA.

2024 : déclassement et interrogations sur la procédure

La procédure de révision du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) de l’établissement public territorial Grand Paris – Grand Est, destinée à remplacer le PLU communal de 2015, arrive à son terme en 2024. Lors de l’enquête publique organisée à l’été 2024, plusieurs contributions d’associations et de citoyens critiquent le déclassement envisagé de certains édifices patrimoniaux de Livry-Gargan, dont le pavillon Dionnet.

Dans son rapport, la commission d’enquête formule une réserve explicite : elle demande que chaque déclassement patrimonial soit justifié de manière circonstanciée. Toutefois, lors de l’approbation définitive du PLUi par le conseil territorial, le 17 décembre 2024, le pavillon Dionnet n’est plus repris dans la liste des éléments à protéger. Aucun document d’accompagnement ne fournit d’explication sur ce point.

Plusieurs édifices jusqu’alors repérés au titre du patrimoine bâti à préserver perdent ainsi leur protection réglementaire, notamment le Castel Guy-Mollet, les anciennes écoles Jacob ou encore la gare de l’Abbaye. Cette évolution suscite des interrogations sur la pérennité de ces constructions, le rapport du commissaire enquêteur soulignant les risques associés à ces déclassements.

Dans le cas spécifique du pavillon Dionnet, l’absence de protection dans le nouveau PLUi signifie qu’aucun obstacle réglementaire ne s’oppose désormais à sa démolition, permettant l’avancement du projet envisagé par l’IME.

2024 : Rumeurs et inquiétudes sur le devenir du bâtiment

Conseil municipal du 20 juin 2024

Le 20 juin 2024, lors de la séance publique du conseil municipal de Livry-Gargan, la conseillère municipale minoritaire Mme Hode interpelle le maire sur les intentions de la municipalité à propos du pavillon Dionnet. Il répond (verbatim) :

« Rien n’est défini à ce stade. Il n’y a pas d’étude de projet, ni d’implantation validée. Ce sera à l’IME de proposer quelque chose. »

Or, à cette date, la Ville et l’IME disposent déjà :

  • une étude de faisabilité technique datée du 12 juin 2024, commandée par l’IME (annexée au projet de cession) ;
  • un avis des Domaines du 26 avril 2023, plus d’un an auparavant, fondé expressément sur la démolition du pavillon et la construction neuve d’un établissement médico-social.

Ces pièces sont mentionnées dans la délibération n° 2024-12-38 (acte de cession). La chronologie montre qu’au moment de la déclaration en conseil municipal, des éléments techniques et juridiques substantiels étaient déjà constitués.

Pétition et presse écrite – fin 2024

L’annonce du déclassement suscite, dès la fin de l’année 2024, des réactions d’acteurs locaux. Le 6 décembre 2024, l’association Livry Participatif publie une pétition en ligne intitulée « Sauvons le pavillon Dionnet, berceau de Métal hurlant », appelant au maintien du repérage patrimonial et proposant une alternative de restauration et de reconversion à des fins culturelles. Elle suggère notamment d’étudier la transformation du Pavillon en centre culturel ou musée consacré à l’histoire locale et à la bande dessinée de science-fiction, ce qui permettrait d’associer préservation du bâti et valorisation d’un héritage culturel reconnu.

Délibération de cession du 12 décembre 2024

Avant l’approbation définitive du nouveau PLUi, la municipalité engage les démarches préparatoires à la cession. Le 12 décembre 2024, le conseil municipal adopte la délibération n° 2024-12-38, approuvant la vente d’une partie de la parcelle communale située au 61–63, avenue du Consul-Général-Nordling (correspondant à l’emprise du pavillon Dionnet, à l’exception de la portion occupée par l’agence immobilière) au profit de l’association gestionnaire de l’IME.

Le prix de vente est arrêté à 490 000 €, conformément à l’avis du pôle d’évaluation domaniale. La délibération justifie l’opération par la construction d’un nouvel établissement répondant aux normes d’accueil du public en situation de handicap. Le projet implique la démolition de l’édifice existant, identifié jusqu’alors comme « bâti remarquable » au titre de la protection patrimoniale communale, et mentionne la « construction d’un nouveau bâtiment » en lieu et place du pavillon.

2025 : Nouvelle délibération de cession

À la suite des décisions prises en 2024, l’année 2025 précise l’orientation municipale et en fixe de nouvelles modalités. Deux séries d’éléments marquent cette séquence : une délibération municipale actualisée et un avis domanial réévaluant la valeur du bien, sur la base d’hypothèses inchangées quant au devenir du pavillon.

Le 3 juillet 2025, le conseil municipal adopte une délibération (« abroge et remplace » celle du 12 décembre 2024) qui confirme la cession d’une partie de l’emprise (parcelle E 1814) au profit du porteur du projet d’Institut médico-éducatif (IME). Le prix est maintenu à 490 000 €, et la décision introduit une servitude d’accès gratuite au bénéfice du projet. Cette servitude constitue une contrainte nouvelle : ses caractéristiques opérationnelles (tracé, largeur, bénéficiaires, durée, destination, modalités d’entretien) ne sont pas détaillées dans les pièces disponibles. La démolition préalable du pavillon de 1810 demeure au projet.

Le pôle d’évaluation domaniale fixe la valeur vénale à 486 000 € HT, avec marge ± 10 %, sans visite sur site. La méthode retient une hypothèse de cession « après démolition des bâtis existants » et mobilise des références de comparaison situées majoritairement secteur Poudrerie (hors centre-ville). Entre l’avis de 2023 et celui de 2025, on observe une variation d’assiette d’environ 200 m². L’avis est valide 18 mois et appelle une réactualisation en cas de modification du programme ou des règles d’urbanisme. Il précise en outre que l’évaluation dépend des informations transmises : toute inexactitude ou lacune peut affecter sensiblement le résultat.

Lors de la séance du 3 juillet 2025, le maire n’a pas pris part personnellement à la délibération, compte tenu de ses fonctions à la tête du conseil d’administration de l’IME. Deux autres élues de la commune siègent également au CA de l’IME (adjointe à la santé ; conseillère déléguée au handicap, rapporteure 2024 du projet). Cette précaution en séance n’efface toutefois pas la participation active en amont (négociation du prix et des conditions, cadrage des échanges avec les services domaniaux, pilotage du retrait/reprise), de nature à peser sur l’issue de la décision. Dans un tel contexte, la désignation formelle d’un représentant ad hoc de la commune pour négocier et signer au nom de la collectivité constituait une bonne pratique à mobiliser ; aucune délibération spécifique en ce sens n’est mentionnée pour la séance du 3 juillet 2025.

IV. Enjeux croisés

Enjeux patrimoniaux

Le devenir du Pavillon Dionnet illustre un cas typique de tension entre deux objectifs de l’action publique : d’une part, la préservation du patrimoine historique et culturel local ; d’autre part, la réponse aux besoins contemporains en matière d’équipements médico-sociaux.

Sur le plan patrimonial, le bâtiment présente plusieurs dimensions reconnues d’intérêt historique, culturel et urbain :

  • Un témoin de l’histoire locale : Construit en 1810, le Pavillon Dionnet constitue l’une des dernières demeures bourgeoises de Livry-Gargan du XIXe siècle encore visibles sur l’avenue du Consul-Général-Nordling (ex-RN 3). À l’instar de la gare de Gargan, démolie en 2015, sa disparition viendrait appauvrir le paysage urbain et réduire la diversité architecturale de la commune. Ce cas s’inscrit par ailleurs dans un contexte plus large de recul de la protection patrimoniale, illustré par le déclassement, dans le PLUi adopté fin 2024, de plusieurs bâtiments notables de la ville.
  • Un site à forte portée culturelle : Le lieu revêt une valeur symbolique singulière en tant que berceau du magazine Métal hurlant, créé en 1975 par Jean-Pierre Dionnet, Moebius et Philippe Druillet. Ce périodique a marqué l’histoire de la bande dessinée et de la science-fiction, influençant durablement la culture et l’art contemporains, avec des échos internationaux sur plusieurs décennies. Plusieurs observateurs estiment que sa préservation aurait une portée mémorielle dépassant le cadre strictement local.
  • Un élément du cadre de vie des habitants : Le pavillon, bien que non utilisé depuis plusieurs années, demeure un repère visuel et affectif pour de nombreux riverains. Sa silhouette, sa situation en regard du château Lefèvre, son portail en fer forgé et son implantation sur l’avenue contribuent à l’identité locale. Sa destruction constituerait un risque d’uniformisation urbaine au profit de constructions neuves standardisées, accentuant un sentiment de perte de mémoire collective.

Enjeux démocratiques et d’informations

La nouvelle du vote du 12 décembre 2024 déclenche plusieurs réactions : outre la pétition, les médias locaux et spécialisés s’emparent du sujet. Des articles titrent, par exemple, « Livry-Gargan vote le déclassement et la vente du pavillon Dionnet, berceau de « Métal hurlant » » ou « Sans pavillon Dionnet, pas de Star Wars : à Livry-Gargan, le berceau de « Métal hurlant » bientôt démoli ».

En réaction aux interrogation citoyennes et associatives en faveur du maintien du Pavillon Dionnet, la majorité municipale réaffirme sa position en invoquant l’intérêt général. Le maire de Livry-Gargan, Pierre-Yves Martin, se déclare « surpris » par l’émotion suscitée autour de ce dossier, rappelant avoir initié en 2015 le repérage patrimonial de la maison. Il estime que les circonstances actuelles imposent de prioriser les besoins sociaux et médico-éducatifs.

Le maire fait également valoir que le futur bâtiment pourrait être connecté au groupe scolaire voisin Benoît-Malon, favorisant des synergies pédagogiques, dans la continuité d’une classe inclusive existante et de services partagés. Il indique que le projet a été élaboré en concertation avec l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France, susceptible de participer à son financement, pour une mise en œuvre envisagée à l’horizon 2027.

Sur le volet patrimonial, la municipalité qualifie les critiques de « faux débat ». Le maire précise que le portail en fer forgé serait conservé et maintenu dans un périmètre de protection, pour conserver une trace visible de l’histoire du site. Il affirme que la Ville n’entend pas « brader son histoire », mais qu’en l’espèce la priorité doit être donnée aux enjeux sociaux et médico-éducatifs. L’argument repose sur le constat d’importants investissements nécessaires à la restauration, tandis que la construction d’un nouvel IME répondrait à des besoins identifiés et bénéficierait de financements extérieurs (notamment de l’ARS et d’autres partenaires).

Cet argument interroge. En effet, si l’intérêt de répondre au problème de la vétusté de l’actuel IME est évident, problème connu de longue date par le Maire de Livry-Gargan, lequel est indiqué comme présidant le conseil d’administration de l’établissement, et d’autres élus majoritaires participant à la gestion de ce dernier, peut-on réellement évoquer l’intérêt général ? Selon quels critères ?

En s’appuyant sur une définition sémantique, l’intérêt général peut être compris comme « ce qui est bénéfique à l’ensemble des membres d’une communauté, en l’occurrence des Livryens ». Le nombre d’enfant accueilli par l’établissement est-il représentatif de l’ensemble des Livryens ? Quels sont les proportions d’enfants Livryens accueillis par le centre ? L’établissement est-il public ou privé ? Force est de constater un manque de transparence quant à son mode de fonctionnement, les niveaux de responsabilité des décideurs et les degrés d’implications réels des élus dans leur administration. L’intérêt général évoqué par le Maire n’entre-t-il pas en concurrence avec l’intérêt général de conservation du patrimoine, de protection du cadre de vie, de mise en lumière de la ville ou de réalisation du projet proposé, au nom du même intérêt général, par le même élu en 2015 ?

En s’en tenant aux faits, la municipalité met en avant la vétusté du pavillon — dont l’entretien relevait de sa responsabilité — pour justifier sa démolition au profit du projet IME. S’agissant de la vétusté de l’actuel IME, une plus grande transparence de l’établissement sur sa gestion serait utile pour comprendre les raisons de cette situation et examiner d’éventuelles alternatives (p. ex. anciennes cliniques Sully ou Vauban), fournissant d’ailleurs aux enfants un cadre plus apaisé que la proximité de l’ex-RN3, reconnue comme accidentogène et en tension dans les documents fournis à l’appui du Plan Local de Mobilité 2025 du Grand Paris Grand Est.

Là encore, il y a lieu de s’interroger sur les raisons profondes de l’absence d’entretien d’éléments historiques de la ville. S’agissant de la grille, il est constaté que celle-ci n’est pas entretenu et maintenu partiellement ouverte depuis plusieurs années, ce qui pèse sur sa structure et entraîne peu à peu des dégradations généralisées.

Enfin, si la Ville n’entend pas « brader son histoire », comment expliquer la revente à un prix inférieur (490 000 €) d’un patrimoine acquis douze ans plus tôt pour 664 401 € ?

V. Bilan financier : Regard de l’acquissions initiale du pavillon par la ville

Le Pavillon Dionnet et sa parcelle attenante, situés au 61–63 avenue du Consul-Général-Nordling à Livry-Gargan, correspondant aux parcelles cadastrées E 1812 et E 1814, ont été acquis par la commune le 3 juillet 2012 à la suite d’une adjudication judiciaire consécutive à une procédure de saisie immobilière. La mise à prix initiale s’élevait à 664 400 €, et la Ville a exercé son droit de préemption à l’issue de l’enchère publique, finalisant l’acquisition pour un montant exact de 664 401 € (cf. décision du maire n° 2012/112 du 25 juillet 2012).

La délibération n° 2024-12-38, adoptée en séance du Conseil municipal le 12 décembre 2024, acte la cession d’une partie de cette emprise — la parcelle E 1814, représentant 847 m² sur un total de 1 701 m² — au profit de l’Institut médico-éducatif (IME), pour un prix de vente fixé à 490 000 €.

Plusieurs éléments soulevés par cette opération interrogent à la fois la cohérence patrimoniale de la décision et les principes de bonne gestion des finances publiques :

  • Différentiel prix d’achat / prix de cession : le prix de vente représente environ 26 % de moins que le prix d’achat global de 2012, alors même que le marché foncier en zone urbaine dense a connu une tendance haussière au cours des douze dernières années. Il convient de noter que le bâtiment est toujours debout à ce jour.
  • Hypothèses de valorisation conditionnelles : l’estimation domaniale repose sur l’hypothèse d’une démolition préalable du bâtiment, hypothèse intégrée dans la demande d’évaluation. Or, le pavillon figurait encore dans le PLU 2015 comme « bâti isolé à préserver », jusqu’à son déclassement dans le PLUi de décembre 2024. La prise en compte de cette variable dans la valeur foncière est susceptible d’influer sur le montant estimé.
  • Absence de valorisation du bâti existant : aucun document disponible ne fait état d’une évaluation patrimoniale ou d’un chiffrage de réhabilitation du pavillon (daté de 1810), ni de son intégration dans une stratégie de requalification urbaine.
  • Absence de clause d’affectation du produit de cession : la délibération ne précise pas si les fonds issus de la vente seront affectés à un projet défini (réserve foncière, valorisation patrimoniale, équipement public), ni si des mécanismes de suivi de l’usage du terrain cédé (bail emphytéotique, conditions suspensives, clause de retour à la collectivité, etc.) seront mis en œuvre.
  • Évolution des intentions initiales : lors de l’achat de 2012, la commune avait exprimé l’objectif de créer un équipement public à destination de l’enfance, en lien avec l’école Benoît-Malon. Ce projet ne semble pas avoir été réévalué formellement en séance, et aucune délibération spécifique de renoncement à l’usage initial n’a été identifiée à ce jour.

La cession partielle du Pavillon Dionnet, dans les conditions actées par la délibération municipale du 12 décembre 2024, soulève dès lors une double interrogation :

  1. Gestion publique : la vente à un prix inférieur à l’acquisition initiale, sans valorisation de l’actif bâti et sans affectation précise du produit de cession, interroge la valorisation optimale des biens communaux et la justification de l’usage des ressources publiques.
  2. Stratégie urbaine : le renoncement au projet initial d’équipement public à vocation éducative ou sociale — au profit d’une cession à un opérateur tiers pour un projet exogène à la programmation municipale de 2012 — pose la question de la continuité des politiques locales d’aménagement et de la cohérence entre intentions initiales, arbitrages budgétaires et planification urbaine.

VI. Scénarios alternatifs

Dans le cadre du projet de relocalisation de l’Institut médico-éducatif (IME) sur le site du pavillon Dionnet, plusieurs propositions visent à concilier l’enjeu patrimonial et les besoins médico-sociaux. À ce jour, la position de la municipalité consiste à démolir entièrement la maison existante pour libérer l’emprise foncière nécessaire à la construction d’un nouvel établissement (à l’exception de la grille historique qui serait conservée en façade, selon déclarations en conseil municipal). En réponse, des pistes alternatives ont été évoquées pour limiter ou éviter la perte du patrimoine bâti.

Option 1 — Restauration et réaffectation culturelle du Pavillon (scénario « musée »)

Proposition défendue notamment par l’association Livry Participatif : changement d’implantation du projet IME, la Ville renonçant à utiliser la parcelle du pavillon pour permettre la conservation intégrale de la maison. Réhabilitation patrimoniale possible avec le soutien de partenaires (Fondation du patrimoine, mécénat d’entreprise, financements participatifs, etc.) et reconversion en équipement culturel.

Usages évoqués :

  • musée de la bande dessinée et de Métal hurlant ;
  • centre d’interprétation de l’histoire locale ;
  • maison des arts graphiques ou de la pop culture.

La proximité du Château de la Forêt renforcerait la cohérence d’un pôle culturel structurant à l’échelle du centre-ville. La municipalité souligne la rareté du foncier, sans publier d’état des lieux ; aucune étude, aucun devis ni chiffrage de réhabilitation n’ont été fournis.

Option 2 — Intégration partielle du pavillon dans le projet IME (scénario « façade conservée »)

Une deuxième piste consisterait à concevoir un projet architectural hybride, associant préservation partielle du bâtiment ancien et construction neuve. Le principe serait de conserver le pavillon Dionnet tout en édifiant l’IME dans une extension contemporaine à l’arrière.

Ce type de démarche, qualifiée d’« architecture intégrée », a été mis en œuvre dans d’autres contextes, avec des résultats permettant un compromis visuel et fonctionnel. À Livry-Gargan, il serait envisageable de conserver le corps principal du bâtiment de 1810 en l’état extérieur, et d’implanter le nouvel IME autour de celui-ci, relié par des structures légères (verrières, passerelles, matériaux compatibles). Cela maintiendrait l’aspect patrimonial depuis la rue, tout en assurant des locaux aux normes pour les activités médico-éducatives.

À ce jour, cette solution n’a pas été étudiée publiquement par la municipalité. Elle nécessiterait des études de faisabilité technique et financière, ainsi qu’une adaptation du programme initial.

Option 3 — Relocalisation de l’IME sur un autre site (scénario « plan B »)

Une troisième option consisterait à identifier un autre site pour accueillir le nouvel IME. Bien que la Ville considère le terrain du 61–63, avenue du Consul-Général-Nordling comme le plus opportun, certaines voix s’interrogent sur la possibilité de reprogrammer l’opération ailleurs. D’autres hypothèses évoquent des partenariats intercommunaux, sous réserve d’un accord de répartition des places entre territoires.

L’ARS étant partie prenante du projet de l’IME et de la requalification de la clinique Vauban en établissement de soins psycho-sociaux, La ville ayant bénéficié d’aides pour les projets médico-sociaux (LHSS, ACT, LAM), une relocalisation sur Vauban ou Sully pourrait être étudiée, sites potentiellement plus adaptés que la zone de l’ex-RN 3.

Ce scénario implique, à l’instar du premier, de renoncer à toute intervention sur le site du pavillon Dionnet, permettant sa sauvegarde.

Limites d’une valorisation mémorielle a minima

En cas de démolition du pavillon Dionnet, certaines propositions visent à préserver la mémoire du lieu par des dispositifs symboliques (plaque descriptive, etc.). Si de telles initiatives peuvent accompagner un projet de transformation urbaine, elles ne constituent pas des mesures patrimoniales à part entière : elles ne remplacent ni la matérialité du bâtiment, ni sa valeur d’usage passée, ni sa fonction de repère dans le paysage urbain de Livry-Gargan. Une valorisation mémorielle dissociée du bâti relève d’une logique de compensation plus que de conservation et apparaît insuffisante au regard des critères de sauvegarde, du respect du cadre de vie local et de la transmission de l’histoire communale. En l’absence de maintien physique du site ou d’intégration substantielle de ses éléments dans le nouveau projet, le risque est celui d’une mémoire désincarnée, réduite à des artefacts commémoratifs sans véritable ancrage dans le tissu urbain.

VII. Gouvernance locale et débat public

Au-delà de son objet patrimonial et urbanistique, le dossier du Pavillon Dionnet interroge la gouvernance territoriale et la participation citoyenne aux décisions. Il met en évidence des fragilités dans l’élaboration, la diffusion et la justification des choix publics, notamment lorsqu’ils portent sur des éléments à valeur historique ou symbolique.

1. Un déficit d’information et de transparence

L’examen de la délibération municipale du 12 décembre 2024 — autorisant la cession de la parcelle incluant le pavillon — révèle un déficit notable de transparence dans la présentation du dossier aux élus. Selon plusieurs témoignages, l’importance patrimoniale du bâtiment n’aurait pas été clairement portée à leur connaissance au moment du vote. La note de synthèse transmise en amont ne mentionnait pas le repérage patrimonial communal du pavillon, et certaines déclarations publiques, dont celles du maire lors de la délibération du conseil municipal, ont entretenu une confusion en affirmant qu’il « n’était pas classé ».

Plus largement, une décision engageant la transformation ou la disparition d’un élément du patrimoine local devrait être précédée d’une information complète, vérifiée et plurielle. À défaut, la capacité de délibération éclairée des élus et la légitimité du processus s’en trouvent affaiblies.

2. Haut risque déontologique : double qualité institutionnelle du maire

La délibération n° 2024-12-38 fait apparaître un élément significatif : le maire de Livry-Gargan exerce également la fonction de président du conseil d’administration de l’Institut médico-éducatif (IME), structure bénéficiaire de la cession envisagée. Autrement dit, le même responsable public intervient :

  • comme représentant de la collectivité cédante, dans la procédure d’aliénation du domaine privé communal ;
  • et comme représentant de la structure acquéreuse, l’IME, porteur du projet d’aménagement sur le site concerné.

Cette situation, bien que légalement possible dans certaines configurations, interroge en matière d’impartialité, de transparence et de prévention des conflits d’intérêts. Dans le cas d’espèce :

  • aucune délégation de la procédure initiale ni de la signature des actes à un adjoint/agent indépendant n’a été actée ;
  • le maire a piloté les étapes préparatoires (échanges avec les services fiscaux, rédaction des actes, négociation avec l’IME) ;
  • ni les annexes ni la délibération ne mentionnent explicitement cette double qualité, information pourtant substantielle pour apprécier la régularité de la procédure et la nature des intérêts en présence.

Cette configuration ne préjuge pas de la légalité des actes pris, mais pose une question de lisibilité démocratique de la décision.

Des critiques institutionnelles sur le processus de déclassement

Ces carences ont également été relevées par la commission d’enquête chargée du PLUi dans le cadre de l’enquête publique 2024. Dans son rapport, la commission critique le manque de justification apportée par l’EPT Grand Paris – Grand Est sur les déclassements patrimoniaux opérés à Livry-Gargan, rappelant qu’il ne suffit pas d’expliquer pourquoi on classe un bâtiment : il faut tout autant motiver la décision de ne plus le protéger. La décision de déclassement devrait donc faire l’objet d’une explication détaillée, étayée et publique.

Dans le cas du Pavillon Dionnet, l’absence de réponses substantielles de l’EPT et de la municipalité alimente une défiance chez certains citoyens et observateurs quant à la sincérité et à la robustesse des choix opérés.

4. Un déficit de concertation locale en amont des décisions

Si une enquête publique s’est tenue en 2024 pour la révision du PLUi, aucune réunion publique spécifique n’a été organisée par la municipalité sur le devenir du Pavillon Dionnet. Le contraste est notable au regard de précédents (p. ex. gare de l’Abbaye dans les années 2000) où un processus d’information plus soutenu avait été mis en œuvre.

L’absence de débat public dédié sur un sujet mêlant patrimoine, culture et urbanisme pourrait être perçue comme un manque d’ouverture. Le recours à une procédure intercommunale pour entériner le déclassement d’un bien strictement communal pourrait donner le sentiment d’un éloignement décisionnel et diluer les responsabilités politiques.

Ce déficit d’information et de prise en compte a conduit une partie des habitants à se mobiliser (pétition, médias). Le cas illustre plus largement la nécessité de consolider les outils de démocratie participative : concertation en amont des projets structurants, et amélioration de la communication institutionnelle autour des décisions en préparation.

Gouvernance culturelle et protection

Le cas du Pavillon Dionnet pose une question plus large : qui décide du sort d’un lieu lié à l’histoire de la culture populaire ? La commune, propriétaire du bien, au nom de ses besoins locaux, ou l’État (ministère de la Culture) au titre d’un patrimoine de portée nationale/internationale ? Dans d’autres circonstances, l’État a classé d’office des édifices menacés malgré l’avis de collectivités. Ici, malgré la notoriété de Métal hurlant, aucune procédure de classement n’a été officiellement engagée durant la période considérée.

Plus généralement, la reconnaissance du patrimoine du XIXe siècle, y compris des lieux de création associés à des mouvements artistiques/culturels contemporains, demeure limitée dans les dispositifs traditionnels. L’histoire du Pavillon Dionnet pourrait constituer un cas d’école pour faire évoluer les critères de protection, en intégrant davantage les marqueurs de mémoire collective récente.

Une proposition : vers l’élaboration d’un PLU patrimonial

Dans ce contexte, l’élaboration d’un PLU patrimonial apparaît comme une piste structurante à l’échelle communale. Elle permettrait d’identifier, documenter et encadrer la préservation du patrimoine bâti et immatériel, tout en anticipant les évolutions urbaines. La démarche s’inscrirait dans :

  • les recommandations de la commission d’enquête du PLUi 2024, appelant à des justifications circonstanciées pour chaque déclassement ;
  • les préconisations de l’Institut Paris Région (ex-IAU) en faveur d’atlas du patrimoine et de diagnostics culturels territorialisés comme outils d’aide à la décision.

À Livry-Gargan, un tel PLU patrimonial permettrait :

  • d’objectiver les critères de classement et de déclassement ;
  • d’associer davantage les habitants à l’identification des éléments patrimoniaux de proximité (bâtis, végétaux, espaces publics, lieux symboliques) ;
  • de faciliter la cohabitation entre projets d’aménagement et préservation du cadre de vie.

L’exemple du Pavillon Dionnet montre qu’en l’absence d’un tel outil, des tensions peuvent naître entre intérêts légitimes et souligne la nécessité de repenser la gouvernance culturelle locale dans une perspective transversale, articulant enjeux sociaux, urbanistiques et patrimoniaux.

Conclusion

Le dossier du Pavillon Dionnet dépasse largement la seule question du devenir d’un bâtiment ancien. Il renvoie à des arbitrages fondamentaux sur les valeurs qu’une collectivité entend préserver et transmettre : d’un côté, un lieu à forte portée mémorielle, combinant une architecture du XIXe siècle et une dimension culturelle emblématique du XXe (berceau de Métal hurlant) ; de l’autre, un projet d’équipement répondant à un besoin médico-social identifié, visant à améliorer les conditions d’accueil d’enfants en situation de handicap.

Des tensions comparables existent dans de nombreuses communes françaises. La particularité de Livry-Gargan réside ici dans la conjonction de deux facteurs : un patrimoine local longtemps sous-estimé et un projet social jugé vertueux, dont la mise en œuvre soulève une controverse en raison de la notoriété internationale attachée au lieu.

L’analyse des différentes phases du dossier fait apparaître plusieurs constats : la décision initiale de démolir le pavillon a été prise sans procédure de concertation spécifique, suscitant des réactions d’associations, d’habitants et de passionnés. Cette mobilisation a contribué à renforcer la transparence du processus décisionnel en obligeant la municipalité à apporter davantage de justifications. Néanmoins, le projet n’a pas évolué dans ses grandes lignes, traduisant une priorité donnée à un équipement neuf au détriment de la conservation patrimoniale.

Ce contexte conduit à une interrogation de fond : le choix opéré est-il le plus équilibré possible au regard de l’intérêt général, entendu dans toutes ses dimensions (sociales, culturelles, historiques et urbanistiques) ? Le débat reste ouvert tant que la décision finale n’a pas encore produit ses effets juridiques.

À ce stade, plusieurs pistes restent techniquement envisageables. Outre la création d’un véritable lieu de mémoire dédié à Métal hurlant — afin de préserver l’héritage symbolique du site en cas de démolition —, les scénarios examinés dans le corps du dossier demeurent ouverts : (1) restauration et réaffectation culturelle du pavillon sur place ; (2) intégration partielle du bâti ancien au sein d’un projet IME (architecture intégrée) ; (3) relocalisation de l’IME sur un autre site plus adapté. Cette réflexion s’inscrit dans une problématique plus large : la reconnaissance et la protection du patrimoine culturel du XIXe siècle, encore insuffisamment représenté dans les politiques de sauvegarde malgré son impact sur l’imaginaire collectif.

Le cas du Pavillon Dionnet interroge également la gouvernance du patrimoine à l’échelle locale. Il révèle les limites actuelles des outils disponibles pour articuler projet d’aménagement et valorisation des lieux de mémoire culturelle. Une recommandation forte se dégage : la mise en œuvre d’un Plan local d’urbanisme patrimonial, offrant un cadre stratégique explicite pour l’identification, la justification et la protection du patrimoine bâti et immatériel. Cette proposition s’inscrit dans la continuité des réserves formulées par la commission d’enquête du PLUi (2024), qui a souligné le manque d’argumentation sur les déclassements opérés à Livry-Gargan, et rejoint les recommandations méthodologiques de l’Institut Paris Région en faveur de diagnostics partagés, d’atlas patrimoniaux et de démarches participatives structurées.

Parallèlement, les paramètres financiers et domaniaux présentés dans le bilan (différentiel entre le prix d’acquisition et le prix de cession, hypothèses d’évaluation « après démolition », absence d’affectation précise du produit de cession) s’agrègent aux enjeux de stratégie urbaine et de continuité des politiques publiques. Ils invitent à apprécier le projet non seulement au prisme des besoins médico-sociaux, mais aussi sous l’angle de la valorisation optimale des biens communaux et de la cohérence d’ensemble de l’action municipale.

Le Pavillon Dionnet, longtemps délaissé, a ainsi été replacé au cœur du débat public. Sa situation interroge la capacité des institutions locales à faire dialoguer mémoire et modernité, et à associer les citoyens à des choix qui engagent leur territoire. Au-delà de son devenir concret, elle rappelle que la démocratie locale ne se résume pas à l’application de procédures : elle suppose un véritable effort de mise en débat des enjeux, de partage des connaissances et de construction collective de l’intérêt général.