Lors de l’abatage d’arbres urbains, il est souvent fréquent d’entendre parler de « compensation écologique », présentant le remplacement de l’arbre adulte par deux jeunes arbres comme un reverdissement de la ville. Au-delà de l’effet d’annonce, Quid de la réalité scientifique ?
Idée reçue :« On peut équilibrer la perte d’un arbre adulte par la plantation d’un jeune arbre »
FAUX
Contexte et justification
Un tilleul de 50 ans est un arbre mature de grand développement, avec une forte biomasse, un système racinaire étendu, et une capacité écologique élevée :
Absorption du CO₂ : 20 à 50 kilos par an selon la surface foliaire ;
Ombre portée importante (plus de 100 m²) ;
Habitat pour de nombreuses espèces (insectes, oiseaux, microfaune) ;
Évapotranspiration et rafraîchissement urbain majeurs.
Évaluation écologique
Critère
Tilleul 50 ans
Jeune tilleul 3–5 ans
Biomasse aérienne
2 500 – 4 000 kg
10 – 25 kg
Surface foliaire
300 – 800 m²
2 – 5 m²
Évapotranspiration
200 – 250 L/j
5 – 15 L/j
Stockage carbone
1 200 – 2 000 kg
10 – 20 kg
Ombre portée
80 – 150 m²
1 – 3 m²
Faune associée
Très riche
Faible
Estimation du nombre de jeunes arbres requis
Pour compenser globalement les fonctions écologiques d’un tilleul cinquantenaire :
Il faut 30 à 40 ans de croissance pour approcher les fonctions écologiques du tilleul abattu.
20 à 50 jeunes tilleuls sont nécessaires, en plantation simultanée.
Le chiffre exact dépend de la survie, de la qualité du sol, de l’entretien, et des interactions écologiques du site.
Précisions supplémentaires
En milieu urbain, le taux de survie des jeunes arbres est de 50 à 70 %, selon l’arrosage, la qualité du sol et la protection.
Un arbre cinquantenaire est un puits de carbone bien plus efficace qu’une plantation jeune.
La perte est donc immédiate et durable, car les jeunes arbres ne compensent pas à court terme.
En bref
Pour compenser la suppression d’un tilleul cinquantenaire abattu, comme cela a notamment été le cas sur le parc Georges-Clemenceau, 20 à 50 jeunes tilleuls sont nécessaires en fonction des critères retenus (séquestration carbone, surface foliaire, ombre, évapotranspiration.), à condition d’assurer leur entretien sur plusieurs décennies.
Pour cette raison, la conservation des arbres matures doit être privilégiée. La plantation n’est pas une solution équivalente, mais un effort complémentaire.
Du 12 mai au 30 juin 2025, le Département de la Seine‑Saint‑Denis ouvre une nouvelle phase de concertation sur le Tzen 3, la future ligne de bus à haut niveau de service entre Paris (Porte de Pantin) et Livry‑Gargan. Réunions publiques, registre numérique et participation par courrier : faites entendre votre voix sur ce projet structurant pour la RD 933.
Les informations ci‑dessous sont issues des documents officiels du Département de la Seine‑Saint‑Denis et ses partenaires. Livry Participatif les relaie à titre purement informatif.
Concertation publique – Ligne de BHNS Tzen 3 (Paris 19ᵉ ↔ Livry‑Gargan)
Parcours : 10 km entre Porte de Pantin (Paris 19ᵉ) et Gargan (Livry‑Gargan / Les Pavillons‑sous‑Bois) via Pantin, Bobigny, Romainville, Noisy‑le‑Sec et Bondy.
Stations : ≈ 20 arrêts, connexions avec le métro 5, les tramways T1, T3b et T4 et, à terme, la ligne 15 Est du Grand Paris Express.
Temps de trajet cible : 30 minutes entre Paris et Les Pavillons‑sous‑Bois.
Site propre central sur la RD 933, priorité aux feux, bus articulés fonctionnant au biométhane.
Mise en service visée : horizon 2030 après études, autorisations et travaux.
Le projet en chiffres (source : Département 93, avril 2025)
Indicateur
Valeur
Capacité d’un bus
137 places (dont 32 assises)
Fréquence heure de pointe
Toutes les 5 min
Amplitude de service
5 h 00 → 0 h 30
Réduction CO₂ visée
− 40 % sur le corridor RD 933
Nouvelles plantations
≈ 500 arbres/arbustes
2. Coût et financement (estimation maître d’ouvrage)
L’infrastructure est estimée à 187,7 M€ HT (hors matériel roulant), financée à 49 % Région Île‑de‑France, 30 % Département 93 et 21 % État. Le matériel roulant (≈ 16 M€) est pris en charge par Île‑de‑France Mobilités.
3. Qui porte le projet ?
Maîtrise d’ouvrage : Département de la Seine‑Saint‑Denis. Partenaires opérationnels : Région Île‑de‑France, Île‑de‑France Mobilités, État, RATP.
4. Pourquoi une nouvelle concertation ?
Conçu en 2016, le tracé a été révisé pour mieux intégrer les enjeux climatiques, la qualité de vie des riverains et les mobilités actives. L’édition 2025 vise à :
présenter le projet actualisé ;
recueillir les observations du public ;
arbitrer trois variantes locales avant l’enquête publique.
5. Variantes soumises à votre avis
Secteur
Scénario A
Scénario B
Raymond-Queneau (Pantin)
Terre-plein central planté entre les voies (plus d’espaces verts)
Plantations en bordure, trottoirs élargis et plus ombragés
École hôtelière / Arts de la Rue (Bobigny – Noisy-le-Sec)
1 station mutualisée pour optimiser le temps de trajet
2 stations distinctes pour une desserte locale plus fine
PANTIN — Lundi 2 juin 2025 • 18 h 00 Bibliothèque Elsa‑Triolet, 102 avenue Jean‑Lolive
BONDY — Jeudi 5 juin 2025 • 18 h 30 Salle des fêtes, esplanade Claude‑Fuzier
BOBIGNY — Mardi 10 juin 2025 • 18 h 30 École Simone‑Veil, salle Sarah‑Bernhardt, 161 rue de Paris
LES PAVILLONS‑SOUS‑BOIS — Jeudi 12 juin 2025 • 19 h 00 Espace des Arts, 144 avenue Jean‑Jaurès Réunion la plus proche de Livry‑Gargan : faites entendre votre voix !
De nombreux documents publics relatifs au projet Tzen 3 — notamment issus des concertations de 2010 et de l’enquête publique de 2016 — ont aujourd’hui disparu des sites institutionnels ou ne sont plus accessibles au public.
Afin d’assurer une traçabilité minimale du débat public, Livry Participatif republie dans sa section « Archives » l’ensemble des documents retrouvés, librement communicables et vérifiables. Cette collection, bien que partielle et lacunaire, vise à préserver la mémoire du projet.
Le Hérisson commun (Erinaceus europaeus), également appelé hérisson européen, est un petit mammifère couvert de piquants (5 000 à 7 500) qu’il hérisse en se mettant en boule lorsqu’il se sent en danger. Il possède un corps recouvert de poils raides et bruns, quatre pattes, une petite queue conique (2 à 3 cm), un museau pointu, 36 dents, des oreilles courtes (2 à 3 cm). Il mesure entre 22 et 32 cm de longueur, 12 à 15 cm de hauteur, et pèse entre 450 g et 2,5 kg selon la saison. Son espérance de vie à l’état sauvage est d’environ 3 ans.
🏡 Habitat et mode de vie
Le hérisson vit dans les clairières, haies, friches et jardins. Il affectionne les endroits avec des cachettes et des sources de nourriture.
En automne, il prépare un nid confectionné avec des feuilles mortes et des herbes sèches pour hiberner d’octobre à avril, lorsque les températures descendent en dessous de 5 à 7 °C.
La présence en journée d’un hérisson non abrité est anormale et peut justifier une prise en charge.
Activité : nocturne, de la tombée de la nuit jusqu’à l’aube, d’avril à septembre.
Les mâles peuvent parcourir jusqu’à 3 km en une nuit.
Contribution au jardin : Prédation de limaces, escargots, insectes ravageurs … aide à maintenir la santé des cultures.
✅ Nourriture possible en complément :
Eau fraîche
Croquettes ou pâtée pour chats / chiens
Légumes cuits
Fruits (banane, melon)
Noix et amandes (en petite quantité)
❌ Ne pas donner :
Lait (toxique)
Pain
🐾 Reproduction : Avril à août
Gestation : 35 jours Portées : 4 à 7 petits, deux fois par an. Les petits naissent aveugles, avec 100 épines blanches. Yeux et oreilles s’ouvrent à 14 jours, alimentation solide à 3 semaines, indépendants à 6 semaines.
⚠️ Protection et Menaces
Statut : À l’occasion de la COP-16 du 28 octobre 2024, une alerte a été lancée concernant le hérisson européen, lequel est sur le point d’être en voie d’extinction. Espèce protégée, il y a interdiction de le tuer, blesser, transporter, vendre ou garder comme animal de compagnie. La violation de ces interdictions constitue un délit puni de 3 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.
Menaces humaines : Parmi les causes de mortalité d’origine humaine, les principales sont les pesticides (dont produits anti-limaces et escargots), la fragmentation des habitats, le trafic routier, les outils de jardinage, les noyades liées aux bassins et piscines, les feux de jardins.
Le hérisson est un allié précieux pour les jardiniers et l’environnement. Il joue un rôle essentiel dans l’écosystème. Sa protection est cruciale pour préserver la biodiversité. Vous pouvez agir contre sa disparition.
🌿 Comment l’aider ?
Lui offrir des abris dans votre jardin : tas de bois, feuilles, caisses aménagées
Bannir les pesticides et éviter les feux de jardin
Mettre à sa disposition de l’eau propre, dans un récipient bas et peu profond et, éventuellement, une nourriture adaptée en automne et après la période d’hivernation (mars-avril)
Lorsque plusieurs voisins souhaitent les protéger, relier les jardins avec des passages est idéal
Installer un abri à l’écart du passage pour l’hibernation et la reproduction
Nous, riverains de l’avenue Anatole-France, exprimons ici notre profonde désapprobation et notre colère face à la situation actuelle qui affecte notre avenue depuis la lettre circulaire de la mairie de fin octobre 2023 :
« Vous aurez constaté – je l’espère avec satisfaction – l’implantation récente d’une zone de ralentissement au droit des numéros 14/16. »
Il est à noter que ce ralentisseur, censé régler le problème de la vitesse excessive sur toute l’avenue, a été installé au milieu de celle-ci, suite à la demande d’un ou deux riverains pour des raisons personnelles, mais sans aucune concertation avec les riverains directement concernés.
Les modifications successives des sens de circulation et de la signalisation ont eu pour effet d’entraîner un surcroît de circulation, en raison de la convergence des véhicules venant des avenues Liégeard, Collaveri, Moutiers et de la rue Amédée-Dunois. De plus, notre avenue est devenue un itinéraire « bis » pour les automobilistes en transit, qui utilisent des applications de type Waze ou Google Maps pour traverser la ville plus rapidement.
Cet afflux excessif de circulation dans une « avenue » aussi étroite et courte est incompatible avec le fait que celle-ci soit déclarée par la mairie comme une voie cyclable importante. En effet, cette voie regroupe d’une part une voie commune aux véhicules et aux cyclistes, et d’autre part une piste cyclable en sens inverse.
Nous constatons donc au quotidien les problèmes suivants :
1. Problèmes de sécurité
La cohabitation entre les véhicules et les deux-roues devient chaotique et dangereuse.
Pour « se protéger » des véhicules, la plupart des cyclistes utilisent la piste cyclable en sens inverse ; de même, les motos empruntent celle-ci pour doubler à grande vitesse, au risque d’entrer en collision avec un deux-roues en face.
Lors des croisements entre les différents types de véhicules, vu le manque de place, la probabilité d’accident est fortement augmentée. (Pour mémoire, l’article R.414-4 du Code de la route exige qu’en ville, il y ait un espace minimum de 1 mètre pour les dépassements.)
Les riverains qui souhaitent entrer ou sortir de leur garage sont contraints d’effectuer des manœuvres dangereuses pour s’insérer dans le flux ou pour rentrer chez eux, en raison du manque de visibilité et de la vitesse excessive des véhicules circulant.
2. Problème des véhicules de plus de 3,5 t
Le problème de sécurité est aggravé par la présence de poids lourds sur cette voie.
Suite à un échange de courriers avec la mairie, Monsieur le Maire avait répondu positivement, par courrier du 4 juillet 2024, à la demande d’interdiction des poids lourds de plus de 3,5 t.
Un panneau d’interdiction pour les plus de 3,5 t, ainsi qu’un panneau de limitation à 30 km/h, avaient été posés à l’entrée de la rue.
En décembre 2024, ces panneaux ont été supprimés sans autre explication, alors qu’ils constituaient un début de solution.
3. Problème du ralentisseur au milieu de l’avenue
Ce ralentisseur, qualifié par Monsieur le Maire de « dispositif complémentaire » censé réduire la vitesse excessive des véhicules, ne remplit pas son rôle :
Les véhicules prennent le début de l’avenue à pleine vitesse, freinent au dernier moment, puis réaccélèrent juste après.
La vitesse n’est réduite que quelques mètres en amont du ralentisseur, soit sur environ 5 mètres, pour une avenue qui en compte 200.
En revanche, ce dispositif :
Entraîne de graves nuisances sonores et vibratoires, rendant la vie quotidienne des riverains insupportable (même avec des doubles vitrages phoniques).
Génère une pollution atmosphérique liée aux émissions de CO, CO₂ et de particules fines.
Les chocs et vibrations, amplifiés par la présence d’immeubles hauts, se répercutent dans les halls d’entrée et constituent une source de stress préjudiciable à la santé des habitants.
👉 En conséquence, le positionnement de ce ralentisseur au milieu de l’avenue ne répond aucunement à l’objectif initial de réduction de la vitesse sur l’ensemble de la voie. 👉 En plus des problèmes cités, ce ralentisseur entraîne également une perte de valeur immobilière des biens, préjudiciable aux riverains.
4. Problème concernant la zone 30 km/h
La zone 30 est indispensable sur l’avenue pour permettre la cohabitation sécurisée des différents modes de transport, mais elle ne peut être respectée en l’état lacunaire de la signalétique :
Seul le panneau de fin de zone 30 est présent en bout d’avenue.
Un unique panneau de zone 30, peu visible, est installé à la fin de l’avenue Collaveri.
En revanche, les véhicules en provenance des voies Liégeard, Moutiers, Pachaud-Lainé et Amédée-Dunois n’ont aucune indication de la zone 30 et s’engagent à pleine vitesse.
👉 Il est urgent de revoir la signalétique.
5. Conclusion
La pose de ce ralentisseur ne règle ni le problème de la vitesse, ni celui de la sécurité des différents usagers de l’avenue.
Il est urgent d’agir.
C’est pourquoi nous demandons une entrevue avec Monsieur le Maire, afin de lui exposer la situation, de lui présenter notre pétition, ainsi que nos propositions pour retrouver une circulation apaisée dans notre avenue, permettant aux riverains de ne plus subir les nuisances actuelles et de retrouver un cadre de vie normal.
Les riverains de l’avenue Anatole-France
Propositions des riverains de l’avenue Anatole-France :
1. Modification du plan de circulation
Modification du plan de circulation pour dissuader les véhicules en transit, utilisant les applications type Waze, Maps, d’emprunter notre avenue (étude d’impact et mise en place de feux rouges, stops, sens interdits en amont…).
2. Suppression du ralentisseur installé au 14/16 de l’avenue
La suppression du ralentisseur installé à la hauteur du 14/16 de l’avenue qui ne règle pas le problème de la vitesse et crée des nuisances sonores et vibratoires pour un grand nombre de riverains.
Nous nous appuyons pour cette demande sur le rapport de Livry Participatif réalisé pour l’Allée Dupleix et publié le 15/09/2023 et qui crée un précédent : « Les ralentisseurs, bien que conçus pour réduire la vitesse des véhicules, engendreraient des nuisances sonores et ondulatoires à chaque passage, perturbant ainsi la tranquillité des riverains ; des effets sur les véhicules : les ralentisseurs peuvent causer des dommages aux véhicules, en particulier à ceux à faible garde au sol, et causer une usure prématurée ; des coûts d’installation et d’entretien : la mise en place et l’entretien régulier des ralentisseurs peuvent engendrer des coûts supplémentaires pour la collectivité ».
3. Implantation d’un dispositif de réduction de vitesse en entrée d’avenue
L’implantation à l’entrée de « l’avenue » d’un dispositif permettant dès le départ de réduire la vitesse :
a. Rond-point franchissable (pavés autobloquants par ex.)
b. Chicane
c. Plateau de faible hauteur pour passage piétons
4. La mise en zone 30 de l’ensemble de l’avenue
La mise en zone 30 de l’ensemble de l’avenue par :
a. Indication « Zone 30 » sur les voies concernées (en particulier sur Pachaud Lainé au niveau du croisement avec Collaveri, Amédée Dunois)
b. Un panneau « zone 30 » lumineux avec marquage au sol « Zone 30 » au début de l’avenue
c. Un radar pédagogique indiquant la vitesse des véhicules
d. Un panneau « contrôles fréquents »
e. Contrôle effectif des véhicules par la police ou un radar
5. Interdiction de l’avenue aux véhicules de plus de 3,5 tonnes
a. Panneau d’interdiction 3,5t au début de l’avenue
b. Contrôle effectif des véhicules par la police ou un radar
Organisée par la DRIEAT Île-de-France (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports)
Période de concertation : du 1ᵉʳ avril au 1ᵉʳ juin 2025
🧭 Qu’est-ce que le Schéma régional des carrières (SRC) ?
Le Schéma régional des carrières (SRC) est un document de planification instauré par la loi ALUR du 24 mars 2014. Il vise à répondre aux besoins en matériaux et substances de carrières du territoire tout en assurant une gestion économe et rationnelle des ressources minérales.
Le SRC appréhende l’activité économique dans sa globalité, de l’extraction à l’utilisation, en passant par la logistique nécessaire à une exploitation raisonnée à l’échelle régionale.
🗣️ Modalités de participation à la concertation
La concertation préalable se déroule du 1ᵉʳ avril au 1ᵉʳ juin 2025. Elle permet au public de formuler des observations et des propositions sur le projet de SRC.
Concertation préalable du Schéma régional des carrières d’Île-de-France (SRC)
La région Île-de-France présente des particularités qui influencent l’élaboration du SRC :
Forte urbanisation : avec une densité de population élevée, la demande en matériaux de construction est significative.
Objectifs de construction : la région vise la construction de 70 000 logements par an, ce qui nécessite une planification rigoureuse de l’approvisionnement en matériaux.
Enjeux environnementaux : la stratégie nationale bas carbone et la réglementation environnementale RE2020 imposent des contraintes supplémentaires en matière de durabilité et de réduction des émissions.
Évolutions techniques : le secteur du BTP évolue avec des projets tels que Recybéton, qui influencent les besoins en matériaux et les méthodes de construction.
📍 Un périmètre régional, des enjeux locaux
L’Île-de-France, région la plus peuplée de France, concentre :
une forte demande en matériaux liée aux objectifs de construction (70 000 logements par an),
des contraintes environnementales majeures (objectifs ZAN, trames vertes, bruit, qualité de l’air),
et une raréfaction des ressources exploitables à proximité des zones urbaines.
🏘️ Impacts pour les habitants
Bien que le SRC soit un document à l’échelle régionale, ses implications se font sentir au niveau local :
Urbanisme : les orientations du SRC peuvent influencer les projets de construction et d’aménagement.
Environnement : la gestion des carrières et l’approvisionnement en matériaux ont des impacts sur l’environnement local, notamment en termes de transport et de pollution.
Participation citoyenne : la concertation offre aux habitants l’opportunité de s’exprimer sur des décisions qui affectent leur cadre de vie.
🧾 Ressources complémentaires
📄 Documents disponibles
Les documents constitutifs du SRC sont accessibles sur le site de la DRIEAT Île-de-France :
Idée Reçue : Livry-Gargan est la ville la plus verte de Seine-Saint-Denis
FAUX
Livry-Gargan est souvent présentée comme la commune la plus verte de Seine-Saint-Denis. Cette idée repose sur la présence de parcs emblématiques comme le Parc Lefèvre et d’arbres remarquables tels que le cèdre du Liban. Pourtant, cette réputation flatteuse masque une réalité bien différente. Une analyse objective des données d’occupation des sols révèle que Livry-Gargan est loin d’être à la hauteur de ce mythe.
Une couverture verte bien en deçà des attentes Des disparités frappantes au niveau local
Les espaces verts à Livry-Gargan ne représentent que 13 % de la superficie totale de la commune, soit 95,4 hectares, répartis comme suit :
L’étude ci-dessous référencée 1 révèle des disparités importantes entre les communes de Seine-Saint-Denis. Tandis que Montfermeil plafonne à seulement 7,76 % d’espaces verts, des communes comme Vaujours ou Villepinte atteignent respectivement 33,87 % et 23,51 %. La moyenne des communes limitrophes hors Raincy, estimée à 28,78 %, souligne le retard de Livry-Gargan en termes de superficie d’espaces naturels accessibles.
En comparaison, la commune voisine de Coubron atteint une couverture verte de 64,86 %, faisant figure d’exemple en matière de gestion et de préservation des espaces naturels. Cette différence met en évidence l’écart entre la perception et la réalité à Livry-Gargan.
Une fragmentation écologique limitante Malgré la présence de parcs et de forêts, les espaces verts à Livry-Gargan souffrent d’une forte fragmentation. Isolés les uns des autres, ces espaces peinent à jouer un rôle significatif dans la circulation des espèces animales et végétales. Par ailleurs, le tissu urbain discontinu, qui couvre 81,47 % de la superficie, constitue un frein majeur à l’extension des espaces verts et à la création de corridors écologiques indispensables pour renforcer la continuité environnementale.
Malgré une perception locale flatteuse, Livry-Gargan ne peut prétendre au titre de commune la plus verte de Seine-Saint-Denis. Avec seulement 13 % d’espaces verts, elle se classe loin derrière des communes comme Coubron ou Vaujours et d’autres communes. Ce biais de perception est contre-productif, car il entretient une illusion de confort qui freine la prise de conscience des enjeux réels et retarde les actions nécessaires à une véritable amélioration environnementale. Cependant, en engageant une planification ambitieuse, Livry-Gargan pourrait significativement améliorer son patrimoine vert, son impact environnemental et la qualité de vie de ses habitants…
Le programme CORINE (Coordination of Information on the Environment) Land Cover, mis en place par l’Agence européenne pour l’environnement, propose une base de données géoréférencées répertoriant l’occupation des sols à l’échelle de l’Europe. Basé sur l’analyse d’images satellites, il attribue à chaque parcelle de territoire une catégorie définissant son usage (forêt, zone urbaine, zone agricole, espaces verts, etc.). ↩︎
Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux patrimoniaux
Observations de Livry Participatif dans le cadre de l’enquête publique conjointe — projet d’extension de classement au titre des sites et d’inscription des cités-jardins (Vaujours – Sevran – Livry-Gargan – Villepinte, 27 janvier au 25 février 2025)
Contexte général : pourquoi protéger le patrimoine de la Poudrerie ?
Le projet d’extension de classement au titre des sites et d’inscription pour le Parc de la Poudrerie et les cités-jardins qui y sont associées répond à plusieurs enjeux majeurs :
La préservation d’un patrimoine historique et industriel : la Poudrerie, fondée au XIXe siècle, témoigne d’une histoire forte de l’industrie de la poudre en France. Ses bâtiments, encore visibles et parfois menacés, présentent un intérêt patrimonial certain.
La valorisation paysagère et récréative du site : en tant que parc forestier ouvert au public, il est devenu un lieu de détente, de loisirs et de promenade pour de nombreux habitants. L’extension du classement vise à pérenniser cette fonction sociale et ce paysage singulier à l’échelle du territoire.
C’est dans cet esprit que les services de l’État (DRIEAT Île-de-France) ont engagé une procédure de classement et d’inscription supplémentaire, visant à inclure les éléments historiques non encore protégés (pavillon Dautriche, caserne, parcelles de la Marine, etc.), ainsi que les cités-jardins conçues pour accueillir les ouvriers et employés de la Poudrerie.
Le cadre légal de la protection patrimoniale
Les deux niveaux de protection
Le classement au titre des sites est régi par les articles L.341-1 et suivants du Code de l’environnement, qui visent à protéger et conserver des espaces naturels ou bâtis ayant un intérêt paysager, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque. Toute modification de l’état des lieux est soumise à une autorisation spéciale délivrée par l’autorité compétente.
L’inscription au titre des sites constitue un deuxième niveau de protection (articles L.341-1 et R.341-9 du Code de l’environnement), imposant aux propriétaires ou porteurs de projets de signaler tout travaux susceptibles de modifier l’aspect du site, avec un avis de l’Architecte des Bâtiments de France.
Périmètre et ambition du projet
Extension du classement : il s’agit d’inclure les espaces qui n’ont pas été intégrés lors du classement initial de 1994, notamment l’entrée historique du parc (Pavillon Dautriche, parcelles non classées du ministère des Armées, etc.) et la parcelle de la Marine au nord.
Création de sites inscrits : elle concerne des ensembles de cités-jardins et de logements historiques (avenue de la Poudrerie à Livry-Gargan, boulevard Jacques Amyot à Villepinte, rue Paul Vieille à Vaujours, etc.) qui sont directement associés à l’histoire industrielle de la Poudrerie.
Objectifs de la protection
Réaffirmer la cohérence historique de l’ancienne poudrerie et de ses abords, en reconstituant un ensemble unitaire respectant le plan d’origine.
Maintenir et encadrer les usages du site pour éviter les menaces liées à la pression urbaine (densification des franges du parc, modification de la composition paysagère, disparition de bâtiments remarquables).
Faciliter la prise en compte de la biodiversité (site Natura 2000, ZNIEFF, etc.) en protégeant les corridors écologiques.
Offrir un cadre lisible aux acteurs locaux (collectivités, opérateurs, associations) pour guider la gestion et les éventuels travaux.
Reconnaissance du caractère patrimonial et paysager
Qualités historiques et architecturales
Les bâtiments de l’ancienne poudrerie (Pavillon Dautriche, Quadrilatère Gamma, etc.) représentent un héritage industriel unique du XIXe siècle, illustrant le savoir-faire des manufactures d’État. Les cités-jardins, souvent conçues selon les principes du mouvement hygiéniste du début du XXe siècle, ont une valeur architecturale et urbaine (formes variées, présence de petits jardins individuels, façades en briques, etc.). La démarche de compléter le classement initial pour intégrer ces secteurs bâtis renforce la cohérence historique et la compréhension globale du site.
Intérêt paysager et pittoresque
La structure en éventail du premier périmètre industriel, pensée par l’ingénieur Gustave Maurouard, confère au parc un aspect singulier, avec des allées bordées de merlons boisés et des espaces en clairières (anciens lieux de stockage). Les alignements d’arbres, les voies pavées, les fossés et mares contribuent à un caractère pittoresque qui se distingue clairement du tissu urbain alentour. Les cités-jardins prolongent cette dimension pittoresque en offrant des perspectives végétales, de petites places centrales et des espaces de proximité arborés.
Patrimoine social et mémoriel
L’ancienne poudrerie a façonné l’histoire locale pendant plus d’un siècle (de 1873 à 1973), impliquant jusqu’à plus de 3 000 ouvriers et cadres. Les logements ouvriers et cités-jardins témoignent de l’organisation sociale propre à la poudrerie, avec des réfectoires, coopératives et équipements sportifs (stade Burlot, etc.). La protection par inscription permet de maintenir et valoriser ce témoignage de vie collective, encore perceptible dans les usages et rites culturels (fête de la Sainte-Barbe, etc.).
Principaux motifs d’adhésion au projet de protection
Consolidation de la cohérence patrimoniale : Il est souligné la pertinence d’inclure l’entrée historique du parc et les cités-jardins pour restaurer l’unité d’origine de la poudrerie.
Cadre plus protecteur : L’avis majoritairement positif s’explique par la volonté de préserver le site contre des projets immobiliers ou d’infrastructures lourdes qui pourraient le dénaturer.
Opportunité de gestion concertée : Le projet de classement renforce le dialogue entre l’État, les collectivités et les associations, notamment pour la mise en œuvre d’un cahier d’orientations de gestion.
Réserves et points d’interrogation
Malgré l’adhésion large au principe de protection, des réserves importantes ont été exprimées lors de la réunion publique du 15 février 2025 et dans les observations déposées par les adhérents de Livry Participatif :
État de dégradation avancée de certains bâtiments (Pavillon Dautriche, hangar au soufre…) : des inquiétudes subsistent quant à l’urgence de travaux de mise en sécurité et de restauration.
Manque de moyens financiers : la réussite du classement dépendra de la mobilisation de subventions (État, Région, Département) et du portage politique local.
Coordination avec le PLUi : plusieurs participants ont relevé une possible contradiction entre les zonages urbains prévus et la protection du parc (densification autour des gares).
Pression d’usage : la fréquentation élevée du parc (notamment en période estivale) appelle un encadrement précis de la circulation des promeneurs, cyclistes, cavaliers.
Des éléments patrimoniaux exclus du PLUi : la réserve n°2 de la commission d’enquête
Les bâtiments non intégrés à l’inventaire patrimonial
L’EPT Grand Paris Grand Est n’a pas accepté d’intégrer plusieurs éléments patrimoniaux de l’ancienne Poudrerie nationale dans son inventaire patrimonial au titre du patrimoine protégé. Cette exclusion contredit les recommandations du projet d’extension au titre des sites, qui visent une prise en compte globale du patrimoine industriel et social de la poudrerie. Parmi ces éléments refusés figurent :
L’ancien laboratoire,
L’ancienne infirmerie-prison de la caserne,
Les anciens postes de garde,
La coopérative de la Cité-Jardin.
Lors de l’enquête publique sur le PLUi, des observations citoyennes ont mis en évidence la richesse du patrimoine bâti et naturel de Livry-Gargan, composé d’anciens bâtiments, de parcs, de jardins et d’espaces forestiers associés aux sites historiques. Ce patrimoine contribue non seulement à la qualité de vie des habitants, mais aussi à l’identité culturelle et paysagère de la ville.
Malgré ces enjeux, plusieurs éléments jusque-là considérés comme patrimoniaux ont été déclassés dans le nouveau PLUi, sans qu’une information préalable ne soit apportée au public. Cette situation se retrouve également autour du parc de la Poudrerie et de ses bâtiments historiques, où la cohérence écopaysagère entre les forêts, les anciennes casernes, les laboratoires et les cités-jardins pourrait être compromise si des déclassements interviennent sans concertation préalable.
Des déclassements sans justification suffisante : le rapport de la commission d’enquête
Dans son rapport, la commission d’enquête souligne cette problématique en formulant plusieurs réserves, notamment la réserve n°2, qui exige la mise en cohérence des critères d’identification du patrimoine (au titre de l’article L.151-19 du Code de l’urbanisme) et leur intégration dans le règlement du PLUi.
« Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter […] les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d’ordre culturel, historique ou architectural […]. »
Article L.151-19 du Code de l’urbanisme
Le commissaire enquêteur relève que le déclassement de plusieurs bâtiments a été justifié par les élus locaux au motif de besoins ponctuels de mise aux normes, de rénovation ou d’amélioration. Ils affirment que ces déclassements n’impliquent pas nécessairement des destructions, mais permettent d’assouplir les contraintes pour mieux entretenir ces bâtiments.
« Concernant le déclassement des bâtis de Livry-Gargan, la commission constate la réponse très peu détaillée de l’EPT ; aucune justification précise n’est donnée pour chacun des bâtiments. Ces justifications auraient été de nature à éclairer au mieux le public sur le devenir de ces bâtiments et d’apprécier la trajectoire de conservation du patrimoine bâti sur la ville. […]
La commission estime que les réponses de l’EPT sur les questions relatives au patrimoine et aux changements de zonage, n’apportent pas d’éclairage complémentaire suffisant pour pallier l’absence de justification claire et précise des règles énoncées dans le projet. […]
RESERVE N°2 de la commission d’enquête : Mettre en cohérence les critères d’identification des éléments relevant de l’article L151-19 du Code de l’urbanisme, et les intégrer dans le règlement du PLUi, avant l’approbation. […]
À Livry-Gargan, c’est à l’initiative d’associations que le public a contesté ces inscriptions/retraits au titre du Code de l’urbanisme, par pétitions très argumentées, déposées sur le registre numérique et en mairie. […]
Toutefois, la commission relève l’insuffisance de justifications, notamment à Livry-Gargan, apportées aux demandes de déclassement, qui devrait conduire à un retrait de ces demandes au sein de ce projet. […]
L’inventaire du bâti remarquable devra être établi sur la base de critères objectifs, concrets, historiquement ou architecturalement justifiés, avec des partenaires dont les compétences sont unanimement reconnues tels que le Conseil Départemental, le CAUE de Seine-Saint-Denis, et les Architectes des Bâtiments de France. »
Rapport de la commission d’enquête PLUi GPGE
Portrait des bâtiments menacés
L’ancienne infirmerie et prison de la caserne
L’ancienne infirmerie et prison de la caserne — Édifié en 1897, caractéristique de l’architecture de la poudrerie (moellons, pierre de meulière, alternance briques/pierres calcaires) — Source : patrimoine.seinesaintdenis.fr
Édifié en 1897, ce pavillon abrite à l’origine l’infirmerie de la caserne, ses bureaux ainsi qu’une cellule d’emprisonnement. Son style, comme les matériaux utilisés (moellons, pierre de meulière, alternance de briques et pierres calcaires), sont caractéristiques de la poudrerie. Transformé en logements pour ingénieurs en 1949, il a été reconverti en logement social dans les années 1990.
L’ancien poste de garde et écurie
Les anciens postes de garde : deux pavillons marquant l’entrée de la caserne d’infanterie construite vers 1875, architecture représentative du début de la IIIe République — Source : patrimoine.seinesaintdenis.fr
Deux pavillons à usage de logements et d’écurie marquaient l’entrée de la caserne d’infanterie construite vers 1875. D’abord utilisé comme écurie, le bâtiment est progressivement aménagé en logement, fonction qu’il conserve encore actuellement. Son architecture est représentative des édifices élevés au début de la IIIe République sur la poudrerie.
L’ancien laboratoire
L’ancien laboratoire d’épreuves physique et chimique de la poudre noire, édifié en 1872 — Soubassement en meulière, maçonnerie de pierre enduite, appareillages de briques formant décors — Source : patrimoine.seinesaintdenis.fr
Laboratoire d’épreuves physique et chimique de la poudre noire édifié en 1872, le bâtiment abrite depuis les années 1990 un centre de loisirs de la ville de Livry-Gargan. Malgré son homogénéité apparente, la façade principale présente deux campagnes de construction distinctes. À droite se trouve le bâtiment d’origine composé d’un avant-corps jouxté de deux ailes comprenant chacune deux travées. À gauche, l’extension en « L » du début du XXe siècle reprend strictement la même composition et les mêmes mises en œuvre : soubassement en meulière, maçonnerie de pierre enduite, appareillages de briques et de pierres formant décors.
La réhabilitation en cours de la cité-jardin : une modernisation en décalage avec l’inscription
Une initiative louable, une mise en œuvre problématique
La réhabilitation en cours de la cité-jardin de la Poudrerie, initiée en 2022 par Seine-Saint-Denis Habitat, marque une étape importante dans la rénovation du patrimoine bâti de Livry-Gargan. Il est difficile d’être défavorable à une telle initiative, visant à améliorer les performances énergétiques des logements et à adapter l’habitat aux besoins actuels. Cependant, plusieurs questions majeures se posent quant à la cohérence entre ces travaux de modernisation et le projet d’inscription de la cité-jardin en tant que site patrimonial.
En effet, l’inscription intervient alors que la cité-jardin a été profondément remaniée, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. De nombreux éléments d’origine ont été remplacés ou modifiés, affectant ainsi l’identité architecturale et historique du site :
Huisseries et clôtures : remplacées par des matériaux modernes qui ne respectent pas toujours le caractère patrimonial initial.
Crépis et couleurs : application de nouvelles teintes et textures qui rompent avec l’unité esthétique d’origine.
Façades et menuiseries : modernisation altérant l’esthétique d’origine du bâti.
De plus, aucun acteur spécialisé dans la préservation du patrimoine, tel que la Fondation du Patrimoine, n’a été intégré au projet. L’absence de cette expertise a conduit à des choix qui peuvent apparaître en décalage avec une démarche de valorisation historique.
La démolition de l’ancienne coopérative : un effacement irréversible
L’élément le plus préoccupant de cette réhabilitation demeure la démolition de l’ancienne coopérative de la cité-jardin, prévue dans le permis de construire n° 093 046 21 C0074 délivré le 13 janvier 2022 par Seine-Saint-Denis Habitat. Ce bâtiment constitue un témoignage essentiel du fonctionnement initial de la cité-jardin, illustrant son approche sociale et coopérative caractéristique de son époque. Son effacement est en totale inadéquation avec l’objectif d’inscription de la cité-jardin en tant que site patrimonial, qui vise précisément à préserver et valoriser ce type d’héritage historique.
De surcroît, l’ancienne coopérative a été murée, témoignant d’une mise à l’écart du bâti avant sa destruction, sans considération pour sa valeur patrimoniale. Sa disparition compromettrait la cohérence du projet d’inscription en privant la cité-jardin d’un élément structurant de son histoire et de son identité.
Pour mémoire, le permis de construire n° 093 046 21 C0074 stipule :
Bénéficiaire : Seine-Saint-Denis Habitat
Nature des travaux : Réhabilitation thermique et résidentialisation de la cité-jardin comprenant 21 logements individuels et la démolition d’un bâtiment comprenant un local commercial et un logement
Adresse du projet : 19 à 69 avenue de la Poudrerie – 93190 Livry-Gargan
Surface du terrain : 7 295 m² ; Surface créée : 50 m² ; Surface supprimée : 384 m²
La coopérative : mémoire d’une organisation sociale
L’ancienne coopérative-épicerie de la cité-jardin représente bien plus qu’un bâtiment : elle est le témoin d’un modèle d’organisation sociale propre aux cités ouvrières du début du XXe siècle.
Les propositions de Livry Participatif : vers un périmètre de protection unifié
Le problème de la segmentation du périmètre actuel
Le règlement graphique du PLUi présente le site de l’ancienne poudrerie, son quartier et la cité-jardin comme segmentés en trois zones distinctes dites « Séquence bâtie remarquable au titre du L.151-19 du Code de l’Urbanisme ». Cependant, il semble impératif de reconnaître que l’ensemble des bâtiments de l’ancienne poudrerie, ainsi que les habitations situées de part et d’autre de l’avenue de la Poudrerie, constituent un patrimoine unifié hérité de l’ancien site industriel de l’État dédié à la fabrication de la poudre. Il est donc nécessaire d’inclure tous les bâtiments existants dans cette zone au sein d’un seul périmètre étendu et cohérent.
État actuel de la séquence bâtie remarquable au PLUi
Le site de l’ancienne poudrerie, son quartier et la cité-jardin sont présentés comme segmentés en trois zones distinctes dites « Séquence bâtie remarquable au titre du L.151-19 du Code de l’Urbanisme ». Il semble impératif de reconnaître que l’ensemble des bâtiments de l’ancienne poudrerie, ainsi que les habitations situées de part et d’autre de l’avenue de la Poudrerie, constituent un patrimoine unifié. Il est donc nécessaire d’inclure tous les bâtiments existants dans cette zone au sein d’un seul périmètre étendu et cohérent.
Règlement graphique PLUi GPGE — Plan du patrimoine – Livry-Gargan : périmètre actuel de la séquence bâtie remarquable (contour bleu) — trois zones distinctes, alors que le patrimoine forme un ensemble unitaire↓ Voir la légende PLUi GPGERèglement graphique PLUi GPGE — Plan du patrimoine – Livry-Gargan : Proposition d’extension du périmètre par Livry Participatif (encadré bleu marine) pour un périmètre étendu et cohérent↓ Voir la légende PLUi GPGE
Extension du périmètre : intégration de l’ancienne infirmerie
Synthèse des enjeux patrimoniaux : deux visions en tension
Les analyses révèlent deux visions divergentes :
D’un côté, la vision patrimoniale et environnementale, qui demande une protection exhaustive et une intégration complète de l’ensemble des éléments historiques du site. Cette vision s’inscrit dans une démarche de développement durable souhaitable pour le territoire et le département.
De l’autre, la vision limitée adoptée par l’EPT et reflétée dans les PLUi récents, qui, en raison d’un décalage temporel et de choix protectionnistes restreints, exclut des composantes essentielles.
Ce décalage génère un risque d’incohérence réglementaire. En l’absence d’une harmonisation, le projet d’extension du classement pourrait se trouver en contradiction avec la planification urbaine actuelle. Par ailleurs, l’exclusion de certains éléments patrimoniaux peut perturber la cohérence patrimoniale et environnementale de l’ensemble, dans un contexte où la pression urbaine s’accentue.
Recommandations
Enjeux démocratiques
Renforcer la transparence des phases préalables à l’enquête publique : communiquer et rendre accessibles au public les rapports d’inspection générale, les comptes rendus des consultations institutionnelles (avis des communes concernées, du Département, des services de l’État tels que la Préfecture et l’UDAP) et analyses ayant contribué à l’élaboration du projet soumis à enquête.
Renforcer le volet bâti et patrimonial
Réaliser un inventaire exhaustif des bâtiments et ouvrages remarquables (cités-jardins, anciens laboratoires, caserne, etc.) afin de prioriser leur restauration ou réhabilitation.
Encourager la formation de partenariats (Fondation du Patrimoine, mécénat) pour cofinancer les travaux et valoriser l’héritage industriel et militaire.
Élaborer un guide de prescriptions architecturales, sous l’égide de la DRIEAT et en concertation avec l’Architecte des Bâtiments, la Fondation du patrimoine, le CAUE et le Département, définissant matériaux, teintes, menuiseries, pour assurer une cohérence esthétique et historique.
Inscrire les bâtiments remarquables dans les documents d’urbanisme
Inscrire la protection des bâtiments et séquences remarquables au PLUi : conformément aux observations exprimées lors des enquêtes publiques, sauvegarder l’ensemble industriel et militaire (ancien laboratoire, infirmerie-prison, postes de garde, coopérative…) pour maintenir la cohérence historique du site.
Élargir le périmètre de protection de la séquence bâtie de l’ancienne poudrerie et les habitations de la cité-jardin dans un seul périmètre étendu et cohérent pour inclure l’ensemble des structures existantes afin de préserver et valoriser ce patrimoine unique.
Reclasser les terrains du Ministère de la Défense et ceux du parc de la zone « Nl » vers la zone « N » pour refléter le statut de protection environnementale élevé (Natura 2000).
Assurer la cohérence des travaux de réhabilitation
Exiger l’intégration d’experts patrimoniaux (Fondation du Patrimoine, CAUE, ABF) dans tout projet de réhabilitation touchant les bâtiments de la cité-jardin ou de la poudrerie, afin d’éviter les choix de matériaux et de mise en œuvre incompatibles avec la valeur patrimoniale du site.
Reconsidérer la démolition de l’ancienne coopérative de la cité-jardin, prévue dans le permis de construire n° 093 046 21 C0074, dont la disparition priverait le site d’un témoignage essentiel de son organisation sociale historique.
Assurer une concertation et une gouvernance renforcées
Créer un comité de pilotage (État, Département, communes, EPT, associations) pour veiller à l’application du classement et résoudre les conflits d’usage.
Organiser une concertation régulière avec les habitants (réunions publiques, stands, visites guidées), afin de consolider l’adhésion et répondre aux interrogations.
Gérer la fréquentation de manière durable
Sensibiliser le public (panneaux, brochures, signalétique) aux fragilités du site, aux réglementations en vigueur et au patrimoine industriel.
Légendes des documents graphiques du PLUi Grand Paris Grand Est
4.2.1.A — Plan de zonage
Zone naturelle
N – Naturelle
Nl – Loisirs
Na – Agriculture urbaine
Zone urbaine
UA – Centralités urbaines
UB – Intermédiaire
UC – Pavillonnaire
UG – Grands collectifs
UF – Activités économiques
UV – Urbaine verte
UE – Grands équipements
UP – Zone de projet
4.2.1.B — Périmètres et linéaires
Limite de zones et de secteurs
Emplacement réservé (L.151-41 1°)
Emplacement réservé (hachures)
Linéaire commercial (L.151-16)
Périmètre 500 m autour des gares
OAP sectorielle
Bâtiment — changement de destination
PAPAG (L. 151-41 5°)
4.2.2 — Prescriptions environnementales
Espace boisé classé
Espace vert paysager et écologique
Cœur d’îlot
Alignement d’arbres
+Arbre ou groupe remarquable
Zone humide (L. 211-1)
Milieux aquatiques et humides
Secteur d’attention écologique
4.2.11 — Plan du patrimoine
Patrimoine identifié (L.151-19)
Bâti remarquable protégé
Séquences patrimoniales
Séquence bâtie remarquable
Éléments d’information
★Monument Historique classé ou inscrit
Références documentaires et patrimoniales
Département de la Seine-Saint-Denis — Inventaire du patrimoine. Ancienne infirmerie et prison de la caserne de la Poudrerie (1897). patrimoine.seinesaintdenis.fr
Département de la Seine-Saint-Denis — Inventaire du patrimoine. Ancien poste de garde et écurie de la caserne de la Poudrerie (vers 1875). patrimoine.seinesaintdenis.fr
Département de la Seine-Saint-Denis — Inventaire du patrimoine. Ancien laboratoire d’épreuves physique et chimique de la poudre noire (1872). patrimoine.seinesaintdenis.fr
Grand Paris Grand Est. Rapport de la commission d’enquête PLUi GPGE — dont Réserve n°2 relative à l’article L.151-19 du Code de l’urbanisme. 2024.
→ Pour les références documentaires relatives à l’enquête publique et au PLUi Grand Paris Grand Est, voir également : Extension de classement du Parc de la Poudrerie — enjeux urbanistiques.
Référence recommandée : Livry Participatif, « Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux patrimoniaux », Extension de classement du Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux patrimoniaux, Livry-Gargan, 2025.
Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux environnementaux
Observations de Livry Participatif dans le cadre de l’enquête publique conjointe — projet d’extension de classement au titre des sites et d’inscription des cités-jardins (Vaujours – Sevran – Livry-Gargan – Villepinte, 27 janvier au 25 février 2025)
Contexte écologique du projet
Le parc actuel, formé de boisements, d’anciennes friches industrielles reconverties et de zones humides, constitue un réservoir de biodiversité essentiel en Seine-Saint-Denis, dans un contexte de densification urbaine. En tant que parc forestier ouvert au public, il est devenu un lieu de détente, de loisirs et de promenade pour de nombreux habitants. L’extension du classement vise à pérenniser cette fonction sociale et ce paysage singulier, « poumon vert » à l’échelle du territoire.
C’est dans cet esprit que les services de l’État (DRIEAT Île-de-France) ont engagé une procédure de classement et d’inscription supplémentaire, visant à inclure les éléments historiques non encore protégés (pavillon Dautriche, caserne, parcelles de la Marine, etc.), ainsi que les cités-jardins conçues pour accueillir les ouvriers et employés de la Poudrerie.
Bénéfices écologiques et environnementaux de l’extension de classement
Préservation d’un réservoir de biodiversité
Le parc de la Poudrerie est inscrit au site Natura 2000 « Bois et parcs de Seine-Saint-Denis » et abrite plusieurs espèces protégées (pic noir, martin-pêcheur, pic mar). Les zones humides (mares, fossés) et le couvert forestier dense offrent des corridors écologiques qui s’étendent jusqu’à la Forêt de Bondy. L’extension de classement contribue à conforter ces continuités et à éviter une fragmentation supplémentaire des milieux.
Protection contre la pression urbaine
Les documents d’urbanisme locaux (PLU ou PLUi) prévoient parfois des zones constructibles en lisière immédiate du parc, rendant d’autant plus nécessaire et urgente une protection accrue de ce dernier. Le classement au titre des sites rend obligatoire une autorisation préalable pour toute modification paysagère significative, freinant ainsi les projets d’urbanisation inconsidérés. La reconnexion écologique entre le parc de la Poudrerie et ses abords est mieux garantie en évitant un mitage, facteur d’isolement écologique.
Sensibilisation et éco-tourisme
La mise en place de protections fortes peut encourager un tourisme de proximité respectueux de l’environnement, appuyé sur le patrimoine industriel et naturel. Les acteurs associatifs présents (Les Amis du Parc, Environnement 93, etc.) s’investissent déjà dans des visites guidées, inventaires naturalistes et animations scolaires. La valorisation pédagogique des mares, des alignements d’arbres et des bâtiments historiques peut renforcer l’appropriation citoyenne du lieu.
Ce que l’extension de classement vise à protéger concrètement
Les objectifs écologiques de la protection
Parmi les objectifs affirmés du projet de classement et d’inscription, la dimension environnementale est centrale :
Faciliter la prise en compte de la biodiversité (site Natura 2000, ZNIEFF, etc.) en protégeant les corridors écologiques.
Maintenir et encadrer les usages du site pour éviter les menaces liées à la pression urbaine (densification des franges du parc, modification de la composition paysagère, disparition de bâtiments remarquables).
Offrir un cadre lisible aux acteurs locaux (collectivités, opérateurs, associations) pour guider la gestion et les éventuels travaux.
Intérêt paysager : la structure en éventail de Maurouard
La structure en éventail du premier périmètre industriel, pensée par l’ingénieur Gustave Maurouard, confère au parc un aspect singulier, avec des allées bordées de merlons boisés et des espaces en clairières (anciens lieux de stockage). Les alignements d’arbres, les voies pavées, les fossés et mares contribuent à un caractère pittoresque qui se distingue clairement du tissu urbain alentour. Les cités-jardins prolongent cette dimension pittoresque en offrant des perspectives végétales, de petites places centrales et des espaces de proximité arborés.
Réserves et points d’attention sur les enjeux environnementaux
Si la protection est largement soutenue, des réserves ont été exprimées lors de la réunion publique du 15 février 2025 et dans les observations déposées :
La pression d’usage : la fréquentation élevée du parc (notamment en période estivale) appelle un encadrement précis de la circulation des promeneurs, cyclistes, cavaliers.
La coordination avec le PLUi : plusieurs participants ont relevé une possible contradiction entre les zonages urbains prévus et la protection du parc (densification autour des gares).
L’état de dégradation avancée de certains bâtiments (Pavillon Dautriche, hangar au soufre…) : des inquiétudes subsistent quant à l’urgence de travaux de mise en sécurité et de restauration.
Les zones humides : des milieux sous haute pression
Zoom sur les zones humides
Ces zones font partie des milieux naturels les plus dégradés et les plus menacés en France ; et ce, notamment à cause du développement urbain (Maman & Vienne, 2010). Elles ont plusieurs fonctions écologiques et rendent plusieurs services écosystémiques aux humains : contrôle des crues, épuration de l’eau, maintien de la biodiversité, stockage de carbone etc. (Fustec & Lefeuvre, 2000).
Une récente synthèse des connaissances sur les zones humides en France souligne leurs bénéfices. Le dernier suivi Wetlands International met en lumière une forte dépendance entre les zones humides et 30 % des espèces rares et menacées. Elles permettent, à la société, d’économiser annuellement 2 000 €/ha sur le traitement de l’eau potable par son action sur la purification de l’eau. De plus, elles stockent plus du double de carbone que toutes les forêts de la planète alors qu’elles ne couvrent aujourd’hui que 3 % de la surface de la Terre (Les zones humides en France — Synthèse des connaissances en 2024).
La fragmentation écologique : un risque documenté et immédiat
Discontinuité entre le Parc de la Poudrerie et la Forêt de Bondy
L’un des objectifs du projet d’extension de classement est de maintenir la cohérence et la continuité écologique du Parc de la Poudrerie, qui constitue un corridor vert essentiel dans un environnement urbain densément bâti. Or, les projets de densification autour des gares et des nouvelles zones d’aménagement tendent à créer des îlots de construction qui fragmentent ce corridor.
Conséquence écologique : La fragmentation réduit la capacité de dispersion des espèces, compromet la connectivité des habitats et accentue l’effet d’îlot de chaleur, ce qui affecte négativement la biodiversité locale avec une rupture du continuum vert.
Le parc forestier de la Poudrerie est un maillon essentiel du corridor écologique reliant la forêt de Bondy aux espaces naturels de l’Est parisien. Son rôle est fondamental pour :
la continuité des espaces boisés,
la circulation de l’avifaune,
le maintien d’un habitat pour les espèces protégées.
La fragmentation urbaine de Livry-Gargan : état des lieux
La densification programmée (entre le Châtinet et le Bois du Renard) accroît la fragmentation. Selon la cartographie établie par Livry Participatif, les zones UA et UB définies dans le PLUi, ainsi que les zones industrielles, forment un effet damier évident, avec des blocs de constructions fragmentées dispersées de manière irrégulière dans la zone concernée. Cette densification programmée accroît ainsi la fragmentation par :
Mitage et dispersion des constructions dans des zones initialement pavillonnaires.
Réduction des capacités de déplacement pour la faune.
Exposition accrue aux nuisances lumineuses et sonores.
L’enquête publique reconnaît le risque sans proposer de correctifs
L’enquête publique sur le classement en mentionne l’importance, mais n’anticipe pas l’impact des projets immobiliers en cours sur cette connectivité. L’OAP « Poudrerie-Hochailles », mentionnée dans le Rapport de présentation du dossier d’enquête publique (p. 62), porte un projet immobilier en frange de parc. L’enquête reconnaît une « forte pression urbaine [qui] se cristallise sur les franges du parc forestier de la Poudrerie », sans proposer d’actions correctives.
Le projet de construction de 1 350 logements : une menace directe sur le corridor
Un projet immobilier identifié dans le dossier d’enquête publique
L’OAP « Poudrerie-Hochaille » est un cadre stratégique défini par la ville de Livry-Gargan pour guider le développement urbain du secteur Poudrerie-Hochaille. Au total, 19 hectares sont directement concernés par ce projet d’aménagement, avec une zone d’étude élargie à 57 hectares pour intégrer les équipements et infrastructures de transport nécessaires. Parallèlement, l’Opération d’Intérêt Métropolitain (OIM) Poudrerie-Hochaille a été mise en place pour renforcer les actions de l’OAP. Cette opération, reconnue par la Métropole du Grand Paris, vise à coordonner les efforts de réaménagement du secteur. En 2020, une convention a été signée entre la Métropole du Grand Paris et l’Établissement Public Foncier d’Île-de-France (EPFIF) pour faciliter les acquisitions foncières nécessaires à la réalisation de ce projet.
Ce projet comprend la construction de 1 350 logements, des commerces, une ferme urbaine, et un groupe scolaire, situé entre la Cité-Jardin et la Route Nationale 3. Il met en évidence la fragmentation d’un corridor écologique reliant le Parc Forestier de la Poudrerie à la Forêt de Bondy, soulevant des impacts potentiels significatifs sur la biodiversité locale et la connectivité écologique.
Impact environnemental et urbanistique d’un projet de construction de 1 350 logements sur la connectivité écologique entre le Parc de la Poudrerie et la Forêt de Bondy
Cette carte illustre le projet d’aménagement urbain comprenant la construction de 1 350 logements, situé entre la Cité-Jardin et la Route Nationale 3. L’image met en évidence la fragmentation d’un corridor écologique reliant le Parc Forestier de la Poudrerie à la Forêt de Bondy, soulignant les impacts potentiels sur la biodiversité locale et la connectivité écologique. La zone concernée est représentée en pointillés, tandis que les flux écologiques perturbés sont marqués par des flèches vertes. / Livry Participatif
Une pression foncière identifiée mais sans mesures correctives
Cette pression foncière est donc identifiée dans l’enquête publique, mais aucune mesure concrète n’est proposée pour y remédier. Puisque la pression foncière est avérée, il serait opportun que le projet d’extension/classement :
Intègre une évaluation précise des impacts des projets d’urbanisation environnants.
Propose des mesures garantissant l’intégrité du périmètre protégé.
Définisse des dispositions fermes pour assurer la protection du parc et de ses franges.
Rappelle l’urgence d’assurer cette protection.
Les serres de la RN3 : une aberration écologique et sanitaire dans un corridor déjà fragilisé
L’OAP « Poudrerie-Hochaille » prévoit, entre autres, la création d’un projet immobilier comportant des serres de grande hauteur (5 niveaux + attique) pour des jardins d’hiver ou des fermes urbaines le long de la RN3. Si l’idée d’une agriculture urbaine ou de serres potagères peut, sur le papier, s’avérer intéressante, son implantation dans ce corridor étroit — entre le parc de la Poudrerie et la forêt de Bondy — soulève des problèmes à la fois écologiques, sanitaires et de confort de vie.
Projection Urban et Sens — Assistance à Maîtrise d’Ouvrage — Ville de Livry-Gargan / Bouygues Immobilier : plan masse du projet avec les serres prévues en bordure de RN3Projection Urban et Sens — Schéma volumétrique du projet : densification entre la cité-jardin et la RN3 — Ville de Livry-Gargan / Bouygues ImmobilierProjection Urban et Sens — Perspective architecturale : les serres (5 niveaux + attique) intégrées aux logements en bordure de RN3 — Ville de Livry-Gargan / Bouygues Immobilier
Risques pour la biodiversité
Les serres de grande hauteur (vitrées) renforcent la fragmentation, désorientent la faune (pollution lumineuse, collisions) et aggravent la stagnation des polluants.
Position stratégique du corridor : Le secteur de la RN3 entre la Poudrerie et la forêt de Bondy constitue un passage essentiel pour la faune, notamment l’avifaune protégée dans le cadre de Natura 2000. Toute construction imposante (serres de grande hauteur, structures vitrées) accentue la fragmentation déjà provoquée par la route, rendant encore plus difficile le déplacement des espèces.
Barrière physique et lumineuse : Les surfaces vitrées peuvent créer de la réverbération et de la pollution lumineuse, désorientant les oiseaux et perturbant leur cycle biologique. Elles peuvent aussi provoquer des collisions, a fortiori avec la présence de plantations internes aux baies vitrées, aggravant la mortalité aviaire dans une zone déjà contrainte.
Exposition accrue aux polluants : L’idée de couper les vents en provenance de la route au moyen de serres peut entraîner la stagnation ou la concentration de polluants (particules fines, oxydes d’azote, etc.). Les espèces animales, comme les oiseaux et les petits mammifères, peuvent s’y trouver sur-exposés, avec des effets à moyen et long terme sur leur santé et leur capacité de reproduction.
Répercussions sanitaires pour les usagers et les riverains
Concentration de polluants pour tous : Au-delà de la faune, les automobilistes, cyclistes et piétons empruntant la RN3, ainsi que les habitants alentour, risquent également d’être victimes d’une accumulation de polluants dans un espace confiné. Au lieu de diluer la pollution automobile, les serres risquent de créer un « piège à particules » à proximité immédiate de la chaussée.
Microclimat défavorable :
Réverbération de la chaleur : Les matériaux vitrés en enfilade, combinés à l’asphalte de la RN3, peuvent accentuer les îlots de chaleur urbains, surtout en période estivale. Les surchauffes deviennent problématiques pour la qualité de vie des riverains.
Non-dissipation des polluants : En retenant chaleur et gaz, les serres aggravent l’effet de confinement. Les vents, qui jouent normalement un rôle d’évacuation, ne peuvent plus circuler correctement.
Impact sur le cadre de vie : Vivre ou circuler entre la chaleur accrue des serres et le macadam surchauffé de la RN3 présente une expérience inconfortable pour les résidents et les usagers (piétons, automobilistes). La détérioration de la qualité de l’air, combinée à l’augmentation de la température, constitue un cocktail néfaste pour la santé publique (irritation respiratoire, stress thermique), particulièrement pour les populations les plus fragiles.
Coupe urbaine du projet : les serres (5 niveaux + attique) en bordure de RN3, entre la cité-jardin et le boulevard Schuman — Projection Urban et Sens / Bouygues Immobilier
Un projet en décalage avec les objectifs de qualité environnementale
Incompatibilité avec la notion de corridor écologique : En théorie, les constructions destinées à la production agricole urbaine pourraient être implantées dans des zones moins sensibles. Leur positionnement à cet endroit clé coupe la continuité végétale nécessaire entre la Poudrerie et la forêt de Bondy.
Contradiction avec la réduction des îlots de chaleur : Partout en zone urbaine, les politiques publiques encouragent la végétalisation et la perméabilisation des sols pour réduire les pics de chaleur et favoriser le bien-être des populations. Ici, le recouvrement en serres et l’artificialisation qui l’accompagne vont à contresens de ces politiques.
Un besoin urgent de repenser l’aménagement : Au regard de l’ensemble de ces éléments, le projet de créer des serres le long de la RN3, entre le parc de la Poudrerie et la forêt de Bondy, apparaît comme une aberration autant écologique que sanitaire. Trois catégories d’effets négatifs se cumulent :
Menaces sur la biodiversité : fragmentation renforcée, collisions d’oiseaux, pollution locale amplifiée.
Impacts négatifs sur la santé humaine : concentration de polluants, élévation des températures, qualité de vie en berne pour les riverains et les usagers de la route.
Inadéquation avec la politique urbaine durable : la densification à cet endroit précis, sans mesures de compensation ou de trame verte, s’oppose aux objectifs de préservation des corridors écologiques et de diminution des îlots de chaleur.
Il convient de noter que ce phénomène de morcellement des habitats naturels et ses effets sanitaires a notamment pu être observé dans le Nord-Est des États-Unis avec le morcellement des forêts et la prévalence de la maladie de Lyme (Tirard et al., 2016).
Ce projet illustre la nécessité et l’urgence d’étendre le classement du parc et de ses abords.
Le projet d’aménagement Tourville : l’artificialisation aux portes du parc
Parmi les opérations récemment engagées dans la limite immédiate du Parc de la Poudrerie, le projet d’aménagement de l’école Tourville à Livry-Gargan illustre les tensions entre densification, préservation des sols perméables et gestion écologique du corridor de l’Est parisien.
Contexte et localisation du projet
Ambitieux dans ses objectifs, le projet d’aménagement de la future école du quartier de la Poudrerie déclare chercher à moderniser les infrastructures éducatives et s’inscrire dans une démarche de développement durable. Cependant, sa mise en œuvre soulève des questions quant à la pratique et au respect des écosystèmes locaux.
Bien que l’initiative affiche une ambition environnementale (toitures végétalisées, plantations nouvelles), l’artificialisation demeure significative : certains arbres, notamment deux cèdres sains et de grand développement, ont été abattus au motif d’une incompatibilité avec la future configuration du site, avec choix de démolition totale de l’ancienne école plutôt qu’une réhabilitation, ayant pour conséquence la création d’un nouveau bâtiment occupant davantage de sol, au détriment d’espaces perméables.
Si le projet respecte formellement les prescriptions du PLU (avec une zone libre de 1 140 m², légèrement au-dessus de l’exigence réglementaire), il ne s’inscrit pas dans une stratégie globale de préservation du corridor. L’abattage d’arbres matures confirme l’écart entre les intentions affichées et la protection effective du couvert végétal.
Les cèdres supprimés, pourtant classés en « bon état phytosanitaire » selon une expertise de l’ONF de 2017 (non diffusée de manière transparente), rappellent la fragilité des arbres urbains face aux projets d’aménagement. Le cas Tourville illustre à quel point la justification sécuritaire peut conduire à l’élimination de sujets pourtant viables.
Enseignements pour le corridor écologique
Le cas de l’école Tourville met en évidence que :
La pleine terre peut être rognée par de nouveaux aménagements même présentés comme « durables ».
Les justifications d’abattage (sécurité, esthétique, modernisation) doivent être examinées avec précaution, surtout lorsqu’elles concernent des arbres matures contribuant à la trame végétale du parc.
Au final, ce projet illustre en miniature une problématique clé : comment concilier l’urbanisation (construction d’équipements scolaires nécessaires) et la préservation d’un corridor écologique déjà sous pression ? En l’absence d’une coordination renforcée et d’outils fermes (zone tampon réellement appliquée, servitudes de classement clairement annexées au PLUi), ce type d’opération risque de se multiplier, fragmentant davantage l’interface entre le Parc de la Poudrerie et les quartiers urbanisés.
Conséquences sur la qualité de vie et le développement durable
Impacts sur la qualité de vie des habitants : Une densification urbaine mal encadrée autour du Parc de la Poudrerie peut entraîner une perte d’espaces verts, un accroissement du trafic automobile, et une dégradation de l’environnement sonore et atmosphérique. Ces impacts sont en contradiction avec l’objectif de créer un espace de détente, de loisirs et de bien-être, propre à compenser la densité urbaine environnante.
Implications pour la transition écologique : Le déséquilibre entre la préservation d’un patrimoine écologique et historique et la pression immobilière nuit à la réalisation des objectifs de transition écologique : réduction de l’artificialisation des sols, maintien de corridors écologiques, promotion de la mobilité douce.
Synthèse : le rôle primordial du Parc de la Poudrerie dans la trame écologique régionale
Il convient de noter la présence de fortes fragmentations urbaines aux abords directs du parc qui pourraient, par sa protection accrue, donner un point de départ à la création de véritables trames. Le parc représente un véritable poumon vert, faisant partie intégrante de la trame de continuités écologiques de l’Est parisien. Son rôle en matière de biodiversité et microclimatique est fondamental, et les corridors entre les différents sites doivent être favorisés.
Recommandations
Mesures prioritaires à réintroduire ou mettre en œuvre
Réinstaurer officiellement une zone tampon de 100 m autour du parc forestier de la Poudrerie pour préserver la continuité écologique et limiter la pression foncière immédiate.
Procéder à une étude de compatibilité entre les projets immobiliers (cité-jardin de Livry-Gargan) et l’inscription au titre des sites, afin de préserver l’identité historique et paysagère.
Prendre en compte l’impact de la densification sur les franges du parc dans l’enquête publique et élaborer des mesures de protection concrètes (reboisements, limites de gabarit, etc.).
Reconnaître explicitement la menace pesant sur le corridor écologique reliant la Poudrerie à la forêt de Bondy, en intégrant cet enjeu dans les documents d’urbanisme.
Mettre en place des mesures d’atténuation et de compensation visant à préserver l’équilibre écologique du site (plantations compensatoires, rétablissement de trames vertes, etc.).
Clarifier les règles d’intervention écologique
Définir, dans le cahier d’orientations de gestion, des mesures de gestion forestière différenciées (maintien des vieux bois, préservation des mares, etc.).
Créer un groupe de suivi écologique associant des associations naturalistes pour évaluer l’état des habitats et proposer des actions correctrices (plantation d’essences locales, lutte contre les invasives, etc.).
Gérer la fréquentation de manière durable
Sensibiliser le public (panneaux, brochures, signalétique) aux fragilités du site, aux réglementations en vigueur et au patrimoine industriel.
Renforcer le rôle écologique interdépartemental du parc
Renforcer le rôle de la Poudrerie en tant que réseau écologique interdépartemental : éviter toute banalisation ou dispersion non maîtrisée de ses abords, mettre en avant son héritage industriel et historique, et favoriser la connexion avec la Forêt de Bondy et le canal de l’Ourcq (limiter l’imperméabilisation, préserver les continuités vertes et bleues). Inscrire le parc et sa zone tampon dans la démarche de réduction de l’urbanisation, conformément à la loi Climat et Résilience Zéro Artificialisation Nette (ZAN).
Promouvoir les corridors écologiques : afin de préserver la continuité entre le Parc de la Poudrerie et la Forêt de Bondy, renforcer le maillage de corridors écologiques par la création de voies vertes et de zones tampons.
Repositionner les projets incompatibles
Repositionner les fermes urbaines et les jardins d’hiver de préférence dans des espaces bénéficiant déjà d’une perméabilité des sols et d’un ensoleillement optimisé.
Préserver l’interface RN3 – corridor forestier en y aménageant des écrans végétalisés naturels, des haies et des talus boisés pour filtrer le bruit et la pollution, sans bloquer la circulation de l’air.
Renforcer les mesures de protection pour maintenir un microclimat viable, une bonne qualité de l’air et la fonctionnalité écologique du corridor reliant la Poudrerie et la forêt de Bondy.
Étudier l’impact du projet immobilier Poudrerie-Hochaille sur le corridor écologique et instaurer une zone tampon protégeant efficacement la connectivité entre la forêt de Bondy et la Poudrerie.
Références scientifiques
Fustec, É. & Lefeuvre, J.-C. (2000). Fonctions et valeurs des zones humides. Dunod.
Maman, L. & Vienne, L. (2010). Les zones humides, un patrimoine remarquable. Géosciences, 12, 68–77.
Les zones humides en France — Synthèse des connaissances en 2024. Données et études statistiques pour le changement climatique, l’énergie, l’environnement, le logement et les transports. Ministère de la Transition écologique. statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Tirard, C., Abbadie, L., Laloi, D. & Koubbi, P. (2016). Ecologie. Fiches de cours, questions de révision et bonus web. Dunod.
Référence recommandée : Livry Participatif, « Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux environnementaux », Extension de classement du Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux environnementaux, Livry-Gargan, 2025.
Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux urbanistiques
Observations de Livry Participatif dans le cadre de l’enquête publique conjointe — projet d’extension de classement au titre des sites et d’inscription des cités-jardins (Vaujours – Sevran – Livry-Gargan – Villepinte, 27 janvier au 25 février 2025)
Contexte général : un projet de classement face à une pression urbaine croissante
Le projet d’extension de classement au titre des sites et d’inscription pour le Parc de la Poudrerie et les cités-jardins qui y sont associées répond à plusieurs enjeux majeurs. Parmi eux, la protection d’espaces naturels et écologiques constitue un réservoir de biodiversité essentiel en Seine-Saint-Denis, dans un contexte de densification urbaine. L’extension du classement vise à pérenniser la fonction sociale du parc et ce paysage singulier à l’échelle du territoire.
C’est dans cet esprit que les services de l’État (DRIEAT Île-de-France) ont engagé une procédure de classement et d’inscription supplémentaire. Mais cette procédure se heurte à une réalité urbanistique complexe et évolutive, que le présent article s’attache à documenter.
Le cadre institutionnel et réglementaire
Les deux niveaux de protection des sites
La loi du 2 mai 1930, codifiée dans le Code de l’environnement (art. L.341-1 et suivants), définit deux niveaux de protection des sites :
Le classement, réservé aux sites les plus remarquables du point de vue pittoresque, historique, scientifique ou légendaire. Toute modification de l’état des lieux est soumise à une autorisation spéciale délivrée par l’autorité compétente.
L’inscription, qui impose l’obligation de déclaration préalable avant tout projet de travaux modifiant l’aspect du site, avec un avis de l’Architecte des Bâtiments de France.
Parallèlement, le Code de l’urbanisme prévoit plusieurs documents locaux (PLU, PLUi, SCOT) avec lesquels la servitude d’utilité publique de classement doit être cohérente ou, à défaut, adaptée par les collectivités. Dans le cas présent, la procédure de classement/inscription recoupe différents projets d’aménagement (densification urbaine autour des gares, planification via un PLUi récent) qui peuvent générer des incohérences s’ils ne sont pas clairement articulés.
La procédure administrative : étapes et temporalités
Inspection générale : Le Ministère de la Transition écologique mandate une mission d’inspection pour examiner la pertinence de la protection envisagée.
Consultations institutionnelles : Les communes concernées, le Département, ainsi que les services de l’État (Préfecture, UDAP, etc.) émettent des avis.
Enquête publique : Elle est organisée par le préfet, sous l’égide d’un commissaire-enquêteur. C’est une étape clef pour la participation du public, mais qui demeure souvent trop brève et très formelle.
Avis des Commissions : Commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS), puis, si nécessaire, Commission supérieure des sites, perspectives et paysages (CSSPP).
Décision finale : Selon les cas, la protection est validée par arrêté ministériel (quand tous les propriétaires sont d’accord) ou décret en Conseil d’État (en cas de désaccord ou d’autres complexités).
Dans le cadre de l’extension du parc de la Poudrerie, les premières étapes (inspection, concertation avec les élus et propriétaires, délibérations communales) ont été réalisées. L’enquête publique en cours, objet du présent rapport, constitue donc le moment où la population peut formuler ses observations.
Le manque de concertation : un regret partagé
La législation relative aux sites classés, bien qu’elle permette une enquête publique (délai limité, modalités définies par le Code de l’environnement), n’impose pas l’organisation de réunions participatives ou d’ateliers de co-construction avec les habitants. Les consultations se font principalement auprès des propriétaires, des collectivités et des services de l’État.
Conséquence : Le caractère tardif de l’enquête publique peut nuire à l’appropriation citoyenne et à la co-construction de solutions adaptées aux réalités locales.
Constat : Plusieurs participants à la réunion publique du 15 février 2025, tout en soulignant l’importance et l’urgence de protéger le parc, ont jugé cette lacune regrettable, dans un contexte où l’acceptabilité sociale des mesures de protection est cruciale pour leur efficacité réelle.
Complémentarité : Les initiatives telles que la réunion citoyenne du 15 février 2025 apparaissent d’autant plus indispensables. Elles témoignent de la volonté de la société civile de s’impliquer dans les projets structurants pour son territoire.
L’anachronisme du dossier : des documents de référence dépassés
L’un des points les plus problématiques du document analysé est son anachronisme par rapport aux documents d’urbanisme en vigueur. Le dossier d’extension semble s’appuyer sur des références qui ne correspondent pas à la situation actuelle. Le décalage entre le calendrier des PLUi et la procédure de classement crée un vide juridique, exposant le projet d’extension à des contradictions avec les récents choix d’aménagement, en particulier lorsque les réserves contraignantes du commissaire enquêteur soulignent l’insuffisance de la protection patrimoniale.
L’enquête publique du PLUi de Grand Paris Grand Est rappelle que les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) des communes concernées étaient « à renforcer » et qu’ils pourraient évoluer pour accompagner le classement. Il est même mentionné que l’EPT Grand Paris Grand Est prévoyait une zone tampon de 100 mètres autour du parc pour assurer sa protection écologique et limiter les pressions urbaines. Or, malgré une zone tampon de 100 m censée protéger le parc, le PLUi de Grand Paris Grand Est adopté le 17 décembre 2024 ne reprend pas ces prescriptions, laissant perdurer les menaces (fragmentation écologique, pression foncière) que le dossier d’enquête avait pourtant soulignées.
Rapport de présentation du dossier d’enquête publique, p. 61 : les PLU des communes concernées identifiés comme devant être « renforcés »Rapport de présentation du dossier d’enquête publique, p. 62 : une « forte pression urbaine qui se cristallise sur les franges du parc forestier de la Poudrerie »
La multiplicité des PLUi : une complication supplémentaire
Par ailleurs, le parc de la Poudrerie relève en réalité de deux PLUi :
Le PLUi Grand Paris Grand Est, principalement traité dans cette analyse, voté le 17 décembre 2024.
Le PLUi Paris Terres d’Envol, dont l’enquête publique vient de se terminer et qui concernera notamment Sevran et Villepinte.
Cette multiplicité complique davantage la cohérence globale de la protection du parc.
Problème de références et de calendrier
Évolution des PLU communaux : Les communes de Livry-Gargan et Vaujours ne disposent plus de Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) communaux depuis l’approbation du PLUi Grand Paris Grand Est le 17 décembre 2024 (enquête publique du 27 mai au 3 juillet 2024). L’enquête publique du dossier d’extension, pourtant, continue de se référer aux anciens PLU communaux.
Disparité pour les autres communes : Les deux autres communes concernées par le projet (Sevran et Villepinte) relèvent du PLUi Paris Terres d’Envol, dont l’enquête publique vient de se terminer. La version définitive n’est pas encore validée, mais la marge de manœuvre pour intégrer l’extension de classement demeure incertaine.
Procédure de classement/inscription : L’inspection générale a eu lieu en 2021, le dossier a été établi en 2022–2023, et l’enquête publique pour l’extension s’est ouverte en 2025. Autrement dit, le PLUi Grand Paris Grand Est était déjà bouclé lorsque le projet d’extension n’avait pas encore abouti. Cette disjonction de calendriers implique l’intégration a posteriori des prescriptions patrimoniales et environnementales dans les zonages en vigueur.
Conséquence : Les analyses stratégiques du dossier d’extension se fondent en partie sur des documents caducs (les anciens PLU), suscitant des incohérences avec les objectifs fixés par les PLUi désormais en vigueur ou en phase de finalisation.
Réserves et insuffisances du PLUi
Malgré les retours d’associations (dont Livry Participatif) et des citoyens, le PLUi adopté n’a pas intégré la zone tampon de 100 m autour du parc, pourtant suggérée dans l’enquête publique. Le risque d’urbanisation autour du parc demeure intact, et le parc se retrouve vulnérable aux projets de densification aux franges.
Projet de classement versus orientations des PLUi
L’épaisseur tampon annoncée mais non traduite dans les règlements
Le dossier d’extension mentionne un périmètre de 100 m pour protéger le parc de la pression urbaine. Or, cette disposition n’apparaît pas dans le PLUi Grand Paris Grand Est validé en décembre 2024, et son intégration dans le PLUi Paris Terres d’Envol n’est pas confirmée.
Règlement graphique PLUi GPGE — Plan de zonage – Livry-Gargan — Identification d’une éventuelle zone tampon théorique (annoncée dans le dossier d’enquête, non retranscrite dans le règlement)↓ Voir la légende PLUi GPGERèglement graphique PLUi GPGE — Plan de zonage – Livry-Gargan : zonage général du secteur Poudrerie↓ Voir la légende PLUi GPGE
Lacunes dans les prescriptions du zonage
Absence de référence explicite aux servitudes de site classé : Bien qu’une servitude d’utilité publique (SUP) doive être annexée au PLUi, les documents transmis à l’enquête publique montrent qu’elle n’apparaît pas ou demeure implicite. Les zones N ou U ne comportent pas suffisamment de prescriptions pour l’intégration paysagère exigée par le classement.
Impact : Les services instructeurs municipaux risquent de délivrer des autorisations d’urbanisme en se fondant uniquement sur les règles de hauteur, de gabarit ou d’emprise au sol du PLUi, sans prendre en compte l’impact visuel ou historique sur le site classé.
Articulation incertaine avec les Orientations d’Aménagement et de Programmation (OAP) : Dans le PLUi, les OAP définissent des principes généraux (mixité fonctionnelle, parcours urbains, création d’équipements…), mais ne détaillent pas les spécificités liées au patrimoine industriel de la Poudrerie ni la protection du couvert boisé. L’OAP qui encadre le développement urbain aux abords du parc n’évoque pas la nécessité de conserver les perspectives sur les bâtiments emblématiques ou de respecter l’emprise forestière existante.
Problème de conformité de zonage en cœur de cité-jardin
Par ailleurs, le nouveau PLUi Grand Paris Grand Est a institué au cœur même de la cité-jardin un périmètre de « zone de projet » dénommé « UPLG1 – Pavillons des contremaîtres ». Un règlement spécifique (Annexe) y définit les constructions et affectations autorisées (notamment en matière d’habitat, de commerce, d’équipements publics), ainsi que les règles précises d’implantation et de hauteur, organisant ainsi un cadre plus permissif. Toutefois, cette zone de projet semble en inadéquation avec l’inscription de la cité-jardin au titre des sites, qui vise à préserver son identité architecturale, paysagère et historique. La coexistence de cette réglementation avec un périmètre de protection patrimoniale soulève un risque de contradiction dans les objectifs d’aménagement et de conservation.
Règlement graphique PLUi GPGE — Plan de zonage – Livry-Gargan — Problème de conformité encadré rouge : la zone UPLG1 « Pavillons des contremaîtres » en cœur de cité-jardin↓ Voir la légende PLUi GPGEZoom sur le secteur UPLG1 : la « zone de projet » instituée au cœur même de la cité-jardin, prévoyant un cadre réglementaire plus permissif incompatible avec l’inscription au titre des sites↓ Voir la légende PLUi GPGE
Le PLUi devra se mettre en conformité sur le zonage des parcelles de la cité-jardin, lesquelles doivent rester sur un zonage « Pavillonnaire » au lieu d’un zonage « Intermédiaire ».
L’emplacement réservé LG-C-9
La commune de Livry-Gargan a institué un emplacement réservé (référence : LG-C-9, situé 92 avenue Maurouard) sur la frange concernée, en vue de la construction d’un équipement de service public ou d’intérêt collectif, sans plus de précision quant à la nature exacte du projet.
Tableau 1 : Emplacements réservés (L. 151-41 du Code de l’urbanisme) — PLUi Grand Paris Grand Est, Livry-Gargan
Bénéficiaire
Numéro
Description
Surface (m²)
Commune
LG_C_1
27 à 31 boulevard République — Constructions et installations nécessaires aux services publics ou d’intérêt collectif
2 012
Commune
LG_C_2
1-6 avenue Albert Thomas / 3 av du Consul Général Nordling — Constructions et installations nécessaires aux services publics ou d’intérêt collectif
2 128
Commune
LG_C_3
7 rue du 8 mai 1945 — Constructions et installations nécessaires aux services publics ou d’intérêt collectif
2 848
Commune
LG_C_4
1 villa Armelle (parcelle F3018) — Aménagement paysager
2 422
Commune
LG_C_5
47 avenue Montgolfier (parcelle F2803-F2597-F2596) — Équipement public relatif à l’enfance
1 902
Commune
LG_C_6
24 allée Jeanne d’Arc (parcelle F1415) — Équipement public relatif à l’enfance
677
Commune
LG_C_7
36 allée Bayard (parcelle F1414-F1417-F1418) — Équipement public à destination scolaire
1 339
Commune
LG_C_8
36 rue Edouard Herriot (parcelles B2004-B2129) — Équipement scolaire ou périscolaire
708
Commune
LG_C_9
92 avenue Maurouard (parcelles C1054, C640, C641, C642) — Construction et aménagement nécessaires au service public ou d’intérêt collectif
2 147
Commune
LG_C_10
Avenue Turgot (parcelle A3636) — Élargissement de voirie
131
Commune
LG_C_11
18 allée de Stalingrad (parcelle F76) — Aménagement pour requalification paysagère du lac de Sévigné
509
Tableau des emplacements réservés (L. 151-41 du Code de l’urbanisme) du PLUi Grand Paris Grand Est à Livry-Gargan — dont LG-C-9 situé 92 avenue Maurouard. Source : PLUi Grand Paris Grand Est.
La pression pour la densification autour des gares
Densification résidentielle et commerciale
Le parc de la Poudrerie, ses franges (quartiers de Sevran-Livry, Vert-Galant, etc.) et des projets comme la ZAC Montceleux se situent dans le périmètre d’influence des nouvelles mobilités (RER B renforcé, futur Grand Paris Express). Le PLUi encourage une densification résidentielle et commerciale près des gares pour répondre à la demande de logements et pour rentabiliser les infrastructures de transport.
Problème : Cette politique de densification urbaine est difficilement compatible avec la nécessaire préservation des lisières forestières, notamment si des opérateurs souhaitent construire des immeubles ou équipements sur des parcelles jouxtant le parc.
Dans certaines zones proches de la gare, les projets immobiliers (commerces, logements, etc.) ne précisent pas d’études d’impact sur la lisière boisée. Le corridor écologique reliant la Poudrerie à la Forêt de Bondy est donc en péril.
Une densification déjà largement réalisée à Livry-Gargan
Dans le cadre du Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) Grand Paris Grand Est, la territorialisation de l’offre de logements (TOL) établit une répartition des objectifs de construction de logements entre les communes de l’EPT. Pour Livry-Gargan, cet objectif annuel était fixé à 229 logements par an. Cependant, entre 2018 et 2022, la ville a largement dépassé cette cible, avec 1 596 droits à construire accordés sur cette période.
D’après les projections du PLUi, Livry-Gargan est déjà classée parmi les communes les plus densifiées du territoire, avec une prévision de 3 962 logements sur dix ans. Cette dynamique montre que la commune a déjà largement contribué à l’effort d’urbanisation et ne nécessite pas d’extension supplémentaire, en particulier sur des zones sensibles comme les franges du parc de la Poudrerie. Ainsi, la pression foncière actuelle autour du parc n’a pas de justification impérative liée aux obligations de construction du TOL.
Tableau 2 : Comparaison entre les objectifs de construction et les prévisions par commune dans le cadre du PLUi Grand Paris Grand Est (2018-2028)
Ville
Objectif annuel de construction (TOL, en logements/an)
Prévision de construction sur 10 ans 2018-2028 (en logements)
Performance (Prévision / (TOL × 10) × 100 %)
Clichy-sous-Bois
109
554
51 %
Coubron
24
292
122 %
Gagny
183
1 665
91 %
Gournay-sur-Marne
10
55
55 %
Livry-Gargan
229
3 962
173 %
Montfermeil
147
2 354
160 %
Neuilly-Plaisance
105
1 020
97 %
Neuilly-sur-Marne
297
3 508
118 %
Noisy-le-Grand
570
6 645
117 %
Les Pavillons-sous-Bois
86
472
55 %
Le Raincy
58
718
124 %
Rosny-sous-Bois
309
1 383
45 %
Vaujours
39
299
77 %
Villemomble
134
1 195
89 %
Total
2 300
24 122
105 %
Ce tableau compare les objectifs annuels de construction de logements (TOL) définis par l’EPT Grand Paris Grand Est avec les prévisions réelles de construction sur 10 ans. La colonne « Performance » indique dans quelle mesure chaque commune dépasse ou respecte son objectif initial. Une valeur supérieure à 100 % signifie que la prévision excède le quota fixé. Source : PLUi Grand Paris Grand Est.
L’OAP Poudrerie-Hochaille / OIM Livry-Gargan : un projet immobilier en contradiction avec l’enquête publique
Présentation de l’opération
L’Orientation d’Aménagement et de Programmation (OAP) Poudrerie-Hochaille est un cadre stratégique défini par la ville de Livry-Gargan pour guider le développement urbain du secteur Poudrerie-Hochaille. Au total, 19 hectares sont directement concernés par ce projet d’aménagement, avec une zone d’étude élargie à 57 hectares pour intégrer les équipements et infrastructures de transport nécessaires.
Parallèlement, l’Opération d’Intérêt Métropolitain (OIM) Poudrerie-Hochaille a été mise en place pour renforcer les actions de l’OAP. Cette opération, reconnue par la Métropole du Grand Paris, vise à coordonner les efforts de réaménagement du secteur. En 2020, une convention a été signée entre la Métropole du Grand Paris et l’Établissement Public Foncier d’Île-de-France (EPFIF) pour faciliter les acquisitions foncières nécessaires à la réalisation de ce projet.
L’enquête publique préconise l’inscription de la cité-jardin de Livry-Gargan au titre des sites, en reconnaissance de sa valeur historique et paysagère. Or, cette même cité-jardin se retrouve intégrée dans un projet immobilier piloté par l’EPT Grand Paris Grand Est (via une Assistance à Maîtrise d’Ouvrage), créant une contradiction évidente :
D’un côté, l’inscription visant à préserver le site remarquable.
De l’autre, un projet d’aménagement prévoyant des transformations sur ce même périmètre.
Dans ce contexte, il serait nécessaire de clarifier la compatibilité dudit projet immobilier avec le classement, et de mettre en place des garanties strictes pour éviter que l’inscription ne soit vidée de sa substance.
Une pression foncière identifiée dans l’enquête publique, mais non prise en compte
L’OAP « Poudrerie-Hochailles », mentionnée dans le Rapport de présentation du dossier d’enquête publique (p. 62), porte justement ce projet immobilier. L’enquête reconnaît une « forte pression urbaine [qui] se cristallise sur les franges du parc forestier de la Poudrerie », sans proposer d’actions correctives.
« Les documents locaux émettent des principes d’aménagement via les Orientations d’Aménagement et de Programmation qui intéressent directement les franges du parc. »
Rapport de présentation du dossier d’enquête publique, p. 62
Cette pression foncière est donc identifiée, mais aucune mesure concrète n’est proposée pour y remédier.
Contexte des projets urbains concurrents
Projets de densification et de développement économique
Opérations de densification autour des gares : Les zones situées à proximité des gares de Sevran-Livry et Vert-Galant font l’objet de projets de renouvellement urbain visant à augmenter la densité résidentielle et commerciale. Ces initiatives, soutenues par des Orientations d’Aménagement et de Programmation (OAP) et des schémas directeurs régionaux, privilégient la création de nouveaux ensembles immobiliers et d’équipements publics.
Projets de ZAC et de requalification urbaine : Des Zones d’Aménagement Concerté (ZAC) et des projets de requalification d’espaces dégradés, notamment sur la périphérie du Parc de la Poudrerie, sont envisagés pour favoriser l’implantation de logements et de bureaux. Ces projets mettent en avant la proximité des infrastructures de transport et visent à répondre à une forte demande foncière induite par le développement du Grand Paris Express.
Analyse des incohérences en termes d’urbanisme
Incohérence entre objectifs patrimoniaux et pressions urbanistiques : Le projet de classement vise à protéger un patrimoine industriel et naturel unique. À l’inverse, certains projets urbains encouragent la densification et la construction de nouveaux équipements qui ne tiennent pas compte des contraintes patrimoniales. Cette divergence conduit à des décisions contradictoires qui, d’une part, protègent certains espaces par des servitudes d’utilité publique, et d’autre part, ouvrent des zones stratégiques à une urbanisation intensive.
Incohérence temporelle : Le calendrier d’adoption du PLUi et celui de l’enquête publique sur le classement ne sont pas synchronisés. Il est à noter que l’adoption du PLUi a également été faite avant la finalisation du SDRIF, qui devait pourtant logiquement précéder le PLUi pour respecter le principe de hiérarchie des normes.
Communication insuffisante : Les acteurs chargés de la mise en œuvre du projet de classement semblent ne pas avoir été associés aux discussions sur le PLUi, laissant émerger des divergences de vision et des conflits de compétence.
Enjeux d’articulation et de gouvernance
Multiplicité des acteurs et pilotage complexe
État et DRIEAT : La DRIEAT (Inspection des sites), l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) et le ministère chargé des sites assurent la préservation du patrimoine et des paysages. Ils délivrent ou avisent sur les autorisations spéciales de travaux en site classé.
EPT et communes :
Grand Paris Grand Est a voté le PLUi fin 2024, couvrant Livry-Gargan et Vaujours.
Paris Terres d’Envol finalise son PLUi, intéressant Sevran et Villepinte.
Chaque commune demeure compétente pour instruire les permis de construire, avec le risque d’une vision plus tournée vers la densification que la conservation du parc.
Gestionnaire du parc : Historiquement, le parc relève de l’État (Ministère de la Transition Écologique) et du Département de la Seine-Saint-Denis (pour la gestion courante). Le canal de l’Ourcq appartient à la Ville de Paris. Des propriétaires publics ou privés (bailleurs sociaux, associations, etc.) interviennent également, rendant la gouvernance complexe.
Risques pour la cohérence historique et écologique du site
Fragmentation paysagère : L’urbanisation non encadrée peut créer de nouveaux îlots bâtis et rompre la continuité avec la forêt de Bondy, réduisant, voire supprimant, le corridor écologique essentiel à la faune (oiseaux nichant dans les vieux arbres, amphibiens dans les mares, etc.).
Inertie dans l’action : Sans intégration claire de la servitude de classement dans le PLUi, des projets locaux risquent d’être contestés ou bloqués en aval, conduisant à des retards et surcoûts, et suscitant l’incompréhension des porteurs de projets. De tels projets pourraient également, en l’absence de signalement, mettre en danger le rôle environnemental du parc sur les coteaux d’Aulnoye.
Les propositions de Livry Participatif dans le cadre du PLUi GPGE
Afin de donner tout son sens à l’extension du classement et à l’inscription des cités-jardins, il est indispensable que les deux PLUi concernés intègrent pleinement ces mesures. Livry Participatif avait proposé diverses mesures dans le cadre de l’enquête publique du PLUi GPGE. Le PLUi GPGE ayant été voté le 17 décembre 2024 en conseil de territoire sans que ces éléments ne soient repris, ces propositions conservent toute leur pertinence.
Plan de zonage 4.2.1.A7
Les terrains du Ministère de la Défense et ceux du parc (périmètre L-G) ont été classés en zone « Nl » (vert clair). Or, il s’agit d’un espace classé Natura 2000. En conséquence, il est logique que ce secteur soit reclassé en zone « N » (vert foncé) pour refléter son statut de protection environnementale élevé.
Vers une planification responsable et patrimoniale
Les analyses révèlent deux visions divergentes :
D’un côté, la vision patrimoniale et environnementale, qui demande une protection exhaustive et une intégration complète de l’ensemble des éléments historiques du site, ainsi qu’une gestion renforcée pour maintenir la continuité écologique. Cette vision s’inscrit dans une démarche de développement durable souhaitable pour le territoire et le département.
De l’autre, la vision limitée adoptée par l’EPT et reflétée dans les PLUi récents, qui, en raison d’un décalage temporel et de choix protectionnistes restreints, exclut des composantes essentielles et ne prévoit pas les mesures de protection (comme l’épaisseur tampon) qui semblent nécessaires.
Ce décalage génère un risque d’incohérence réglementaire ainsi que d’interprétations divergentes pour les porteurs de projets. En l’absence d’une harmonisation, le projet d’extension du classement pourrait se trouver en contradiction avec la planification urbaine actuelle, ouvrant la voie à des aménagements susceptibles de fragiliser l’unité historique et écologique du site.
Recommandations
Ajuster le zonage et la servitude de classement
Mettre en conformité le zonage des parcelles de la cité-jardin de Livry-Gargan, lesquelles doivent rester sur un zonage « Pavillonnaire » au lieu d’un zonage « Intermédiaire ».
Évaluer l’opportunité de l’emplacement réservé LG-C-9 et de la zone de projet UPLG1 situés en frange de la zone tampon projetée, afin de garantir la préservation du corridor écologique reliant la Poudrerie à la Forêt de Bondy.
Intégrer la servitude de classement dans les règlements des PLUi (Grand Paris Grand Est et Paris Terres d’Envol), avec un zonage et des règlements graphiques tenant compte de la protection paysagère et historique (hauteurs maximales, distances aux arbres, vues protégées…).
Annexer la servitude de classement aux deux PLUi : expliciter précisément les contraintes patrimoniales et écologiques, afin que les services instructeurs et porteurs de projets soient informés en amont des obligations (autorisation spéciale, préservation des alignements d’arbres, etc.).
Créer ou adapter une OAP spécifique « Patrimoine et Parc de la Poudrerie », détaillant les principes qualitatifs (gabarits, protections arborées, etc.) et écologiques (maintien des talus, coupes d’arbres réglementées, etc.).
Créer une OAP commune aux deux PLUi spécifique à la Poudrerie et à ses abords, fixant des règles harmonisées garantissant la continuité écologique et patrimoniale.
Réexaminer le PLUi
Réexaminer le PLUi pour refléter les prescriptions de l’enquête publique : veiller à ce que les protections historiques et environnementales recommandées (périmètre de 100 m, conservation des éléments bâtis remarquables) soient davantage soulignées et appliquées dans le règlement écrit et les documents graphiques.
Renforcer le zonage protecteur autour du parc en privilégiant un zonage « N » cohérent avec son statut forestier et sa vocation Natura 2000, tout en limitant la densification.
Inscrire la protection des bâtiments et séquences remarquables au PLUi pour sauvegarder l’ensemble industriel et militaire (ancien laboratoire, infirmerie-prison, postes de garde, coopérative…).
Assurer une gouvernance interinstitutionnelle
Mettre en place un comité de pilotage (État, Département, communes, EPT, associations, DRIEAT, ABF) pour veiller à l’application du classement, arbitrer les conflits et aligner les objectifs patrimoniaux, écologiques et urbains.
Renforcer la sensibilisation et l’information : former élus, services instructeurs, promoteurs et riverains sur les règles liées au classement.
Élaborer un schéma directeur territorial intégré servant de référence commune pour orienter les décisions de planification.
Instaurer un mécanisme de contrôle préalable incluant une évaluation d’impact patrimonial et écologique pour tout projet de densification en zone limitrophe.
Enjeux démocratiques et concertation
Renforcer la transparence des phases préalables à l’enquête publique : communiquer et rendre accessibles au public les rapports d’inspection générale, les comptes rendus des consultations institutionnelles et analyses ayant contribué à l’élaboration du projet soumis à enquête.
Organiser une concertation régulière avec les habitants (réunions publiques, stands, visites guidées), afin de consolider l’adhésion et répondre aux interrogations.
Combiner préservation et aménagement : encourager une cohabitation harmonieuse entre protection patrimoniale, gestion environnementale et urbanisme raisonné, afin de faire de la Poudrerie un exemple d’aménagement durable.
Légendes des documents graphiques du PLUi Grand Paris Grand Est
4.2.1.A — Plan de zonage
Zone naturelle
N – Naturelle
Nl – Loisirs
Na – Agriculture urbaine
Zone urbaine
UA – Centralités urbaines
UB – Intermédiaire
UC – Pavillonnaire
UG – Grands collectifs
UF – Activités économiques
UV – Urbaine verte
UE – Grands équipements
UP – Zone de projet
4.2.1.B — Périmètres et linéaires
Limite de zones et de secteurs
Emplacement réservé (L.151-41 1°)
Emplacement réservé (hachures)
Linéaire commercial (L.151-16)
Périmètre 500 m autour des gares
OAP sectorielle
Bâtiment — changement de destination
PAPAG (L. 151-41 5°)
4.2.2 — Prescriptions environnementales
Espace boisé classé
Espace vert paysager et écologique
Cœur d’îlot
Alignement d’arbres
+Arbre ou groupe remarquable
Zone humide (L. 211-1)
Milieux aquatiques et humides
Secteur d’attention écologique
4.2.11 — Plan du patrimoine
Patrimoine identifié (L.151-19)
Bâti remarquable protégé
Séquences patrimoniales
Séquence bâtie remarquable
Éléments d’information
★Monument Historique classé ou inscrit
Références documentaires
Grand Paris Grand Est. Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) — approuvé le 17 décembre 2024. Documents graphiques, règlement écrit, annexes (dont Annexe 2 : Zones de projet — UPLG1 Pavillons des contremaîtres). grandparisgrandest.fr
DRIEAT Île-de-France. Rapport de présentation — Dossier d’enquête publique conjointe. Projet d’extension de classement au titre des sites du parc forestier de la Poudrerie et projet d’inscription des cités-jardins. 2025.
Livry Participatif. Dossier d’observation sur le PLUi Grand Paris Grand Est — Enquête publique 2024.livryparticipatif.fr
Urban & Sens. Projet urbain — Quartier de la Poudrerie, Livry-Gargan (OAP Poudrerie-Hochaille / OIM, Bouygues Immobilier). urbanetsens.com
Référence recommandée : Livry Participatif, « Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux urbanistiques », Extension de classement du Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux urbanistiques, Livry-Gargan, 2025.
Localisation : 61-63 avenue du Consul Général Nordling, Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis)
Année de construction : 1810
Style architectural : Maison bourgeoise de la première moitié du XIXᵉ siècle
Le Pavillon Dionnet, construit en 1810, est un édifice emblématique de l’histoire de Livry-Gargan, à la fois par son architecture typique de la maison bourgeoise du XIXᵉ siècle et par son rôle central dans l’histoire culturelle mondiale.
Situé sur l’avenue du Consul Général Nordling, il occupe une place stratégique dans le centre de la commune, face au Château de la Forêt.
Au-delà de sa valeur locale, ce bâtiment s’inscrit dans le patrimoine culturel international, ayant été le lieu de naissance du magazine Métal Hurlant, une œuvre révolutionnaire qui marquera de façon décisive le monde de la science-fiction, du graphisme et de la bande dessinée.
CONTEXTE HISTORIQUE
À l’aube du XIXᵉ siècle, Livry-Gargan, alors une bourgade rurale, devient progressivement une destination prisée par les élites parisiennes.
L’essor des résidences secondaires et des maisons de villégiature marque cette époque. Le Pavillon Dionnet illustre cette transition : une demeure bourgeoise érigée dans un cadre bucolique, à proximité de la forêt de Bondy. À cette époque, l’attractivité du territoire se développe grâce à l’amélioration des voies de communication, facilitant les déplacements vers la capitale.
UNE ARCHITECTURE TYPOLOGIQUE
Le pavillon est un exemple livryen remarquable de l’architecture bourgeoise du XIXᵉ siècle.
Matériaux emblématiques de l’Île-de-France : pierres de taille et meulières
Clôture en fer forgé : raffinement et attention aux détails
UNE INTÉGRATION URBAINE SIGNIFICATIVE
Sa position, face au Château de la Forêt et en cœur de ville, fait du Pavillon Dionnet un repère visuel et historique pour les habitants.
L’ensemble participe à la mémoire collective de Livry-Gargan, en racontant l’évolution urbaine de la ville.
Le Pavillon Dionnet s’inscrit dans une période charnière de l’histoire urbaine de Livry-Gargan, lorsque la commune, encore majoritairement rurale au début du XIXᵉ siècle, se transforme progressivement en une destination privilégiée pour la bourgeoisie parisienne.
La construction de demeures bourgeoises comme le Pavillon Dionnet reflète ce phénomène, des résidences confortables, destinées à offrir un cadre de vie paisible, loin de l’agitation de la capitale. L’évolution du quartier illustre bien le développement de la ville au fil des siècles, avec une transformation progressive des espaces alentours pour répondre aux exigences urbaines.
LE BERCEAU DE MÉTAL HURLANT
En 1975, le Pavillon Dionnet devient le théâtre d’un événement majeur pour la culture populaire internationale :
La naissance du magazine Métal Hurlant.
Fondé par :
Jean-Pierre Dionnet
Moebius
Philippe Druillet
Bernard Farkas
Nikita Mandryka
Ce magazine révolutionne la bande dessinée de science-fiction, en explorant des thèmes audacieux et en adoptant un style graphique innovant.
Influence et héritage de Métal Hurlant :
Métal Hurlant est à l’origine d’un mouvement artistique global, inspirant de nombreux créateurs.
Il influence des œuvres emblématiques comme Star Wars, Mad Max et Blade Runner, ou encore les univers cyberpunk, définissant un style visuel unique.
Il devient une franchise internationale avec le magazine Heavy Metal, adaptation américaine qui dépasse les 230 000 ventes par numéro au début des années 80.
En 1981, Métal Hurlant donne naissance à un film d’animation culte, aujourd’hui une référence du genre. Ce film a également permis de faire découvrir le hard rock français, en intégrant un morceau du groupe Trust dans sa bande-son. Ce morceau correspond à la version anglaise du titre Préfabriqué 1.
En 1999, le film Heavy Metal voit le jour, s’inspirant du magazine et poursuivant son héritage visuel et narratif.
En 2012, la série TV « Metal Hurlant Chronicles » rappelle le caractère toujours actuel de l’œuvre des fondateurs du magazine.
LE PAVILLON DIONNET AUJOURD’HUI
Le Pavillon Dionnet est désormais le dernier représentant de son époque à Livry-Gargan le long de l’ancienne Route d’Allemagne (aujourd’hui RN3).
Change.org – Sauvons le Pavillon Dionnet, berceau de Métal Hurlant et patrimoine de Livry-Gargan !