Grand Angle : Pavillon Dionnet, patrimoine et perspectives

Édifice bicentenaire emblématique de Livry-Gargan, le pavillon Dionnet (1810) relève de l’architecture bourgeoise locale (meulière, pierre de taille, modénatures soignées, grille en fer forgé). Situé 61–63, avenue du Consul-Général-Nordling, en vis-à-vis du Château de la Forêt, à proximité de la RD 933 (ex-RN 3), il s’insère dans un ensemble urbain cohérent et occupe une position structurante dans le paysage livryen.

Au-delà de sa valeur architecturale, le pavillon Dionnet est associé à un épisode fondateur de la culture visuelle contemporaine : il fut le berceau de Métal hurlant en 1975, magazine de science-fiction fondé par Jean-Pierre Dionnet (dont la famille possédait alors la demeure), Moebius, Philippe Druillet et Bernard Farkas. Cette revue d’avant-garde, lancée entre ces murs, a exercé une influence majeure sur la bande dessinée ; des rapprochements sont fréquemment évoqués avec des œuvres cinématographiques de premier plan. Ce pavillon incarne ainsi une double identité patrimoniale : patrimoine bâti local et histoire culturelle dont l’écho dépasse Livry-Gargan.

Cet héritage est aujourd’hui menacé. Depuis 2012, plusieurs séquences administratives et urbanistiques reposent la question de son avenir : acquisition communale ; repérage patrimonial au PLU (2015, « bâti isolé n° 45 ») ; révision intercommunale (PLUi, 2024) ; études relatives à l’implantation d’un institut médico-éducatif (IME) sur le secteur. Dans ce contexte, un avis des Domaines fondé sur l’hypothèse d’une évaluation « après démolition » a conduit à considérer la disparition du pavillon parmi les scénarios possibles. Cette perspective a suscité une controverse locale, relayée par la presse générale, régionale et spécialisée.

Face à ces interrogations, entre mémoire collective et choix de la municipalité, le présent Grand Angle a pour objet d’établir les faits disponibles, de restituer la chronologie des pièces publiques et d’éclairer les enjeux conjoints d’urbanisme, de patrimoine et d’intérêt général.

Photographie d’époque (vers 1910) du pavillon, alors désigné « Livry – Rue de Paris – Propriété Sauvin », montrant la façade et le portail d’origine. Le Pavillon Dionnet présente le visage typique des villas bourgeoises de province sous la IIIe République. Son implantation en vis-à-vis du Château de la Forêt crée un dialogue architectural de part et d’autre de la route nationale, marquant fortement les lieux.

I. Histoire et valeur culturelle du Pavillon Dionnet (1810 → 1985)

Construction et premiers propriétaires (1810–1900)

Le pavillon s’inscrit dans la dynamique d’urbanisation du XIXe siècle le long de l’axe Paris–Meaux (ex-RN 3, actuelle RD 933). À cette époque, la petite bourgade rurale de Livry devient une villégiature prisée par la bourgeoisie parisienne, attirée par le cadre champêtre (forêt de Bondy à proximité) et par les nouvelles infrastructures de transport vers la capitale. Il constitue un rare témoignage de l’architecture bourgeoise locale, alliant moellons de meulière, pierre de taille, modénatures enduites et ferronneries.

L’essor du bourg, favorisé par l’amélioration des voies et par l’attraction exercée aux portes de Paris, voit se développer une trame d’habitations soignées, ponctuées de jardins clos. C’est dans ce contexte qu’une famille aisée fait ériger, en 1810, le pavillon dont la volumétrie ramassée, l’ordonnancement symétrique des baies et la clôture sur rue dessinent une façade urbaine singulière. Malgré les transformations ultérieures, l’alignement sur rue et le portail monumental conservent une forte lisibilité paysagère. Autrefois surnommée « propriété Sauvin » (du nom d’anciens occupants) et localisée sur la Route d’Allemagne (ex RN3), la demeure formait avec son jardin un ensemble représentatif du patrimoine francilien, dont elle constitue aujourd’hui l’un des derniers vestiges livryens le long de cet axe historique.

À droite du portail, se dresse le pavillon annexe correspondant à l’ancienne loge de gardien. Il est accessible par une petite porte piétonne percée dans le muret, qui dessert directement la maison du gardien. La façade pignon sur rue est rythmée par trois grandes baies en plein cintre munies de volets persiennés. La toiture à faible présente un large débord porté par des consoles en bois. Historiquement, une limite séparative distinguait nettement cette loge du corps de bâtiment principal.

Naissance de Métal Hurlant (1975–1985)

En décembre 1974, un épisode fondateur confère au pavillon Dionnet une importance dépassant le cadre local. C’est dans cette maison — appartenant alors à la famille du scénariste Jean-Pierre Dionnet — que se conçoivent et se préparent les éléments du magazine Métal hurlant (lancement en 1975), aux côtés notamment de Moebius (Jean Giraud), Philippe Druillet et Bernard Farkas. Afin d’en assurer la publication, ils créent leur propre maison d’édition, Les Humanoïdes Associés. Revue de bande dessinée de science-fiction et de fantasy, Métal hurlant bouleverse les codes esthétiques du 9e art par des thèmes audacieux et un graphisme novateur.

Son influence internationale est considérable : l’édition américaine Heavy Metal connaît de forts tirages (plus de 230 000 exemplaires par numéro au début des années 1980) et se décline dans plusieurs pays ; l’univers donne lieu à un film d’animation culte en 1981, un second film en 1999 et une série télévisée en 2012.

De grands créateurs du cinéma et de l’illustration revendiquent ou laissent percevoir des affinités esthétiques avec ces univers — on cite souvent l’influence de Moebius et Métal hurlant sur Star Wars de George Lucas ou sur l’esthétique de Blade Runner (Ridley Scott), Le Cinquième Élément (Luc Besson) et Mad Max (George Miller). Ces rapprochements relèvent de l’histoire des styles et des circulations d’images. L’aura culturelle du pavillon Dionnet s’est ainsi étendue bien au-delà de Livry-Gargan : cette bâtisse est devenu un lieu d’évocation de la pop culture mondiale. Cet ancrage immatériel renforce l’intérêt patrimonial du site et justifie une vigilance particulière quant à la transmission des lieux.

II. Nouveaux projets pour le pavillon Dionnet (2012–2015)

Dans le prolongement de ce constat patrimonial, la période 2012–2015 voit émerger des propositions d’aménagement.

Projet de 2015 : valorisation du Pavillon Dionnet dans le cadre d’un centre-ville structuré, végétalisé et culturel

Dans le cadre de la révision générale du Plan local d’urbanisme (PLU) de Livry-Gargan, engagée en 2014 et approuvée le 17 décembre 2015, la municipalité formalise une vision d’ensemble de son développement urbain. Elle indique s’appuyer sur une concertation avec les habitants ainsi que sur une volonté affichée de rééquilibrage des fonctions urbaines à l’échelle de la commune.

Parmi les trois secteurs d’orientation (Chanzy ; Poudrerie-Hochailles ; centre-ville), le secteur centre-ville constitue l’un des leviers majeurs de cette stratégie. Le diagnostic souligne l’absence d’une centralité pleinement structurante pour une ville d’environ 42 000 habitants, conduisant à proposer la constitution d’un cœur de ville multipolaire, mêlant :

  • un pôle administratif autour des services municipaux ;
  • un pôle culturel regroupant équipements existants et à venir ;
  • un pôle santé, avec une attention portée aux services aux personnes âgées.

Ce projet est porté dans l’Orientation d’aménagement et de programmation (OAP) centre-ville, annexée au PLU 2015. Elle exprime une volonté de mise en scène et de réhabilitation des espaces structurants, selon une logique de couture urbaine et de respiration paysagère. Au sein de cette vision, la parcelle du Pavillon Dionnet (avenue du Consul-Général-Nordling) occupe un rôle charnière.

Une parcelle emblématique dans un espace en recomposition

Dans les plans et schémas de l’OAP, la maison Dionnet apparaît conservée au sein de la projection volumétrique. Elle s’insère dans un îlot ouvert et aéré, bordé d’arbres, au croisement de circulations piétonnes projetées entre la mairie, le parc Lefèvre, l’école Benoît-Malon et l’avenue du Consul-Général-Nordling (RD 933, ex-RN 3). Le pavillon n’est pas envisagé comme un obstacle, mais comme un repère architectural participant à la centralité nouvelle.

Le plan d’aménagement envisage notamment :

  • une mise en valeur paysagère des abords du pavillon, assurant une transition douce entre bâti et végétal ;
  • la structuration d’une trame verte reliant les principaux parcs et équipements ;
  • la création de cheminements piétons et liaisons douces, réorganisant les accès en cohérence avec l’ex-RN 3 et les équipements existants ;
  • la possibilité d’un usage culturel ou administratif sur ce site, en lien avec la proximité de la future médiathèque et des autres équipements publics.

OAP centre-ville (2015) — intégration du Pavillon Dionnet comme repère dans une maille paysagère et piétonne.

Un pôle culturel en gestation

La carte de concertation produite en amont de l’OAP comporte des annotations manuscrites mentionnant explicitement : « 3) Développer un pôle culturel pour renforcer l’identité culturelle », avec un fléchage orienté vers la parcelle du pavillon. Cette formulation issue des réunions publiques atteste que l’idée d’une réhabilitation à des fins culturelles a été évoquée et intégrée au stade programmatique.

Le Pavillon Dionnet aurait ainsi pu accueillir un équipement public de proximité, articulé à la trame verte du centre-ville. Cette orientation s’accorde avec les objectifs du Projet d’aménagement et de développement durables (PADD), notamment celui visant à préserver les éléments identitaires du tissu urbain, tout en accompagnant les transitions vers un urbanisme durable et partagé.

En synthèse, le PLU 2015 exprimait la volonté de conserver et valoriser le Pavillon Dionnet comme levier de centralité urbaine, point d’articulation paysagère et signal patrimonial. Le projet municipal d’origine intégrait explicitement ce site dans un équilibre entre mémoire, fonctionnalités et cadre de vie, en cohérence avec les autres composantes du secteur centre-ville.

Le démantèlement ultérieur de cette stratégie (déclassement patrimonial, abandon du projet culturel, non-entretien par la mairie du pavillon malgré ses obligations patrimoniales) constitue une rupture manifeste avec la vision initiale, tant sur le fond que sur les engagements exprimés.

Vue d’artiste, projet OAP centre-ville (2015) intégration du Pavillon Dionnet (Livry Participatif, 2025)
PLU (2015), extrait — OAP centre-ville et intentions programmatiques. (Ville de Livry-Gargan)
OAP centre-ville et intentions programmatiques. (Ville de Livry-Gargan)

III. Le déclassement et le projet IME (2019–2025)

2012 : L’acquisition par préemption

En avril 2012, la Ville de Livry-Gargan exerce son droit de préemption. L’achat intervient à l’issue d’une adjudication judiciaire, pour un montant de 664 401 €. La décision s’inscrit alors dans une perspective d’aménagement public : la création d’un équipement communal à destination de l’enfance, en lien avec le groupe scolaire Benoît-Malon situé à proximité immédiate.

Les documents préparatoires mentionnent la nécessité de répondre à une croissance des besoins induite par l’augmentation de la population. Le projet supposait à terme l’intégration du bien acquis à l’unité foncière scolaire voisine, condition de sa faisabilité opérationnelle.

À ce jour, l’intégration cadastrale n’est pas réalisée : le bâtiment reste porté sur une unité parcellaire autonome, distincte du groupe scolaire Benoît-Malon et ne bénéficie d’aucune affectation éducative.

L’ensemble comprenait alors deux parcelles : la principale (≈ 1 672 m²) avec la maison de maître (1810) et une petite emprise bâtie (≈ 29 m²) occupée par une agence immobilière en façade sur l’avenue. Dans le PLU 2015, la demeure de 1810 est identifiée au titre des « éléments bâtis à préserver » (bâti isolé n° 45) — mesure de repérage patrimonial distincte d’un classement ou d’une inscription au titre des monuments historiques, mais encadrant les interventions par des prescriptions d’urbanisme.

Ce décalage entre l’intention initiale et l’absence de réalisation opérationnelle constitue un élément de contexte important pour évaluer l’évolution des choix d’affectation du site depuis 2012.

Pavillon Dionnet, façade principale sur la RN3 — état en 2008 Vue d’ensemble du pavillon avant la révision générale du PLU et les premières réflexions sur la requalification du centre-ville.

2015–2025 : Un bâtiment communal délaissé et abandonné

Au cours de la décennie suivant l’acquisition, aucun projet n’est mené à terme sur le site. Le bâtiment demeure inoccupé et à l’abandon. Son état se dégrade progressivement, faute d’entretien régulier et de surveillance effective. Entre 2023 et 2024, des interventions ponctuelles sont constatées : murage de fenêtres, dépose de rebords métalliques de baies et de la marquise d’entrée, modifiant l’aspect de la façade.

Ces altérations concernent un bâtiment alors repéré comme élément patrimonial remarquable par la commune. L’absence de mesures de préservation soulevant dès lors la question du respect, par la collectivité, de son obligation d’entretien des biens protégés, telle que prévue par le Code du patrimoine et, par extension, aux obligations générales de conservation du Code de l’urbanisme. Cette situation alimente l’idée, chez plusieurs observateurs, d’un défaut de valorisation et de maintenance facilitant l’argument de la vétusté.

Pavillon Dionnet — état en 2011 et 2024.

Décembre 2023 : Projet de l’IME

En 2023, l’Institut médico-éducatif (IME) de Livry-Gargan, actuellement implanté rue Philippe-Lebon, manifeste son intérêt pour le site du 61-63, avenue du Consul-Général-Nordling, en vue d’une relocalisation dans des locaux neufs. Le projet impliquerait la démolition de la maison de 1810 pour permettre la construction d’un bâtiment neuf.

Dans ce contexte, la Ville sollicite en 2023 le pôle d’évaluation domaniale de l’État pour obtenir une estimation de la valeur vénale de la parcelle, en précisant que l’évaluation doit être réalisée « après démolition des bâtis existants ». Le service des Domaines, sans visite sur site, rend un avis estimatif à 545 000 € HT, révisé à 490 000 € après application d’une marge d’appréciation. L’estimation repose exclusivement sur la valeur du foncier constructible, à l’exclusion du bâti existant et de son repérage patrimonial au PLU 2015. La cession projetée exclut l’emprise de l’agence immobilière, que la Ville prévoit de soustraire à la cession.

Cette méthode, en ne retenant que la composante foncière du bien, écarte toute valorisation liée à l’édifice et conduit à une estimation inférieure à ce qu’aurait pu représenter la valeur globale du bien si son potentiel patrimonial avait été pris en compte mais aussi la parcelle en elle-même au vu de son potentiel à construire en zone UA.

2024 : déclassement et interrogations sur la procédure

La procédure de révision du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) de l’établissement public territorial Grand Paris – Grand Est, destinée à remplacer le PLU communal de 2015, arrive à son terme en 2024. Lors de l’enquête publique organisée à l’été 2024, plusieurs contributions d’associations et de citoyens critiquent le déclassement envisagé de certains édifices patrimoniaux de Livry-Gargan, dont le pavillon Dionnet.

Dans son rapport, la commission d’enquête formule une réserve explicite : elle demande que chaque déclassement patrimonial soit justifié de manière circonstanciée. Toutefois, lors de l’approbation définitive du PLUi par le conseil territorial, le 17 décembre 2024, le pavillon Dionnet n’est plus repris dans la liste des éléments à protéger. Aucun document d’accompagnement ne fournit d’explication sur ce point.

Plusieurs édifices jusqu’alors repérés au titre du patrimoine bâti à préserver perdent ainsi leur protection réglementaire, notamment le Castel Guy-Mollet, les anciennes écoles Jacob ou encore la gare de l’Abbaye. Cette évolution suscite des interrogations sur la pérennité de ces constructions, le rapport du commissaire enquêteur soulignant les risques associés à ces déclassements.

Dans le cas spécifique du pavillon Dionnet, l’absence de protection dans le nouveau PLUi signifie qu’aucun obstacle réglementaire ne s’oppose désormais à sa démolition, permettant l’avancement du projet envisagé par l’IME.

2024 : Rumeurs et inquiétudes sur le devenir du bâtiment

Conseil municipal du 20 juin 2024

Le 20 juin 2024, lors de la séance publique du conseil municipal de Livry-Gargan, la conseillère municipale minoritaire Mme Hode interpelle le maire sur les intentions de la municipalité à propos du pavillon Dionnet. Il répond (verbatim) :

« Rien n’est défini à ce stade. Il n’y a pas d’étude de projet, ni d’implantation validée. Ce sera à l’IME de proposer quelque chose. »

Or, à cette date, la Ville et l’IME disposent déjà :

  • une étude de faisabilité technique datée du 12 juin 2024, commandée par l’IME (annexée au projet de cession) ;
  • un avis des Domaines du 26 avril 2023, plus d’un an auparavant, fondé expressément sur la démolition du pavillon et la construction neuve d’un établissement médico-social.

Ces pièces sont mentionnées dans la délibération n° 2024-12-38 (acte de cession). La chronologie montre qu’au moment de la déclaration en conseil municipal, des éléments techniques et juridiques substantiels étaient déjà constitués.

Pétition et presse écrite – fin 2024

L’annonce du déclassement suscite, dès la fin de l’année 2024, des réactions d’acteurs locaux. Le 6 décembre 2024, l’association Livry Participatif publie une pétition en ligne intitulée « Sauvons le pavillon Dionnet, berceau de Métal hurlant », appelant au maintien du repérage patrimonial et proposant une alternative de restauration et de reconversion à des fins culturelles. Elle suggère notamment d’étudier la transformation du Pavillon en centre culturel ou musée consacré à l’histoire locale et à la bande dessinée de science-fiction, ce qui permettrait d’associer préservation du bâti et valorisation d’un héritage culturel reconnu.

Délibération de cession du 12 décembre 2024

Avant l’approbation définitive du nouveau PLUi, la municipalité engage les démarches préparatoires à la cession. Le 12 décembre 2024, le conseil municipal adopte la délibération n° 2024-12-38, approuvant la vente d’une partie de la parcelle communale située au 61–63, avenue du Consul-Général-Nordling (correspondant à l’emprise du pavillon Dionnet, à l’exception de la portion occupée par l’agence immobilière) au profit de l’association gestionnaire de l’IME.

Le prix de vente est arrêté à 490 000 €, conformément à l’avis du pôle d’évaluation domaniale. La délibération justifie l’opération par la construction d’un nouvel établissement répondant aux normes d’accueil du public en situation de handicap. Le projet implique la démolition de l’édifice existant, identifié jusqu’alors comme « bâti remarquable » au titre de la protection patrimoniale communale, et mentionne la « construction d’un nouveau bâtiment » en lieu et place du pavillon.

2025 : Nouvelle délibération de cession

À la suite des décisions prises en 2024, l’année 2025 précise l’orientation municipale et en fixe de nouvelles modalités. Deux séries d’éléments marquent cette séquence : une délibération municipale actualisée et un avis domanial réévaluant la valeur du bien, sur la base d’hypothèses inchangées quant au devenir du pavillon.

Le 3 juillet 2025, le conseil municipal adopte une délibération (« abroge et remplace » celle du 12 décembre 2024) qui confirme la cession d’une partie de l’emprise (parcelle E 1814) au profit du porteur du projet d’Institut médico-éducatif (IME). Le prix est maintenu à 490 000 €, et la décision introduit une servitude d’accès gratuite au bénéfice du projet. Cette servitude constitue une contrainte nouvelle : ses caractéristiques opérationnelles (tracé, largeur, bénéficiaires, durée, destination, modalités d’entretien) ne sont pas détaillées dans les pièces disponibles. La démolition préalable du pavillon de 1810 demeure au projet.

Le pôle d’évaluation domaniale fixe la valeur vénale à 486 000 € HT, avec marge ± 10 %, sans visite sur site. La méthode retient une hypothèse de cession « après démolition des bâtis existants » et mobilise des références de comparaison situées majoritairement secteur Poudrerie (hors centre-ville). Entre l’avis de 2023 et celui de 2025, on observe une variation d’assiette d’environ 200 m². L’avis est valide 18 mois et appelle une réactualisation en cas de modification du programme ou des règles d’urbanisme. Il précise en outre que l’évaluation dépend des informations transmises : toute inexactitude ou lacune peut affecter sensiblement le résultat.

Lors de la séance du 3 juillet 2025, le maire n’a pas pris part personnellement à la délibération, compte tenu de ses fonctions à la tête du conseil d’administration de l’IME. Deux autres élues de la commune siègent également au CA de l’IME (adjointe à la santé ; conseillère déléguée au handicap, rapporteure 2024 du projet). Cette précaution en séance n’efface toutefois pas la participation active en amont (négociation du prix et des conditions, cadrage des échanges avec les services domaniaux, pilotage du retrait/reprise), de nature à peser sur l’issue de la décision. Dans un tel contexte, la désignation formelle d’un représentant ad hoc de la commune pour négocier et signer au nom de la collectivité constituait une bonne pratique à mobiliser ; aucune délibération spécifique en ce sens n’est mentionnée pour la séance du 3 juillet 2025.

IV. Enjeux croisés

Enjeux patrimoniaux

Le devenir du Pavillon Dionnet illustre un cas typique de tension entre deux objectifs de l’action publique : d’une part, la préservation du patrimoine historique et culturel local ; d’autre part, la réponse aux besoins contemporains en matière d’équipements médico-sociaux.

Sur le plan patrimonial, le bâtiment présente plusieurs dimensions reconnues d’intérêt historique, culturel et urbain :

  • Un témoin de l’histoire locale : Construit en 1810, le Pavillon Dionnet constitue l’une des dernières demeures bourgeoises de Livry-Gargan du XIXe siècle encore visibles sur l’avenue du Consul-Général-Nordling (ex-RN 3). À l’instar de la gare de Gargan, démolie en 2015, sa disparition viendrait appauvrir le paysage urbain et réduire la diversité architecturale de la commune. Ce cas s’inscrit par ailleurs dans un contexte plus large de recul de la protection patrimoniale, illustré par le déclassement, dans le PLUi adopté fin 2024, de plusieurs bâtiments notables de la ville.
  • Un site à forte portée culturelle : Le lieu revêt une valeur symbolique singulière en tant que berceau du magazine Métal hurlant, créé en 1975 par Jean-Pierre Dionnet, Moebius et Philippe Druillet. Ce périodique a marqué l’histoire de la bande dessinée et de la science-fiction, influençant durablement la culture et l’art contemporains, avec des échos internationaux sur plusieurs décennies. Plusieurs observateurs estiment que sa préservation aurait une portée mémorielle dépassant le cadre strictement local.
  • Un élément du cadre de vie des habitants : Le pavillon, bien que non utilisé depuis plusieurs années, demeure un repère visuel et affectif pour de nombreux riverains. Sa silhouette, sa situation en regard du château Lefèvre, son portail en fer forgé et son implantation sur l’avenue contribuent à l’identité locale. Sa destruction constituerait un risque d’uniformisation urbaine au profit de constructions neuves standardisées, accentuant un sentiment de perte de mémoire collective.

Enjeux démocratiques et d’informations

La nouvelle du vote du 12 décembre 2024 déclenche plusieurs réactions : outre la pétition, les médias locaux et spécialisés s’emparent du sujet. Des articles titrent, par exemple, « Livry-Gargan vote le déclassement et la vente du pavillon Dionnet, berceau de « Métal hurlant » » ou « Sans pavillon Dionnet, pas de Star Wars : à Livry-Gargan, le berceau de « Métal hurlant » bientôt démoli ».

En réaction aux interrogation citoyennes et associatives en faveur du maintien du Pavillon Dionnet, la majorité municipale réaffirme sa position en invoquant l’intérêt général. Le maire de Livry-Gargan, Pierre-Yves Martin, se déclare « surpris » par l’émotion suscitée autour de ce dossier, rappelant avoir initié en 2015 le repérage patrimonial de la maison. Il estime que les circonstances actuelles imposent de prioriser les besoins sociaux et médico-éducatifs.

Le maire fait également valoir que le futur bâtiment pourrait être connecté au groupe scolaire voisin Benoît-Malon, favorisant des synergies pédagogiques, dans la continuité d’une classe inclusive existante et de services partagés. Il indique que le projet a été élaboré en concertation avec l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France, susceptible de participer à son financement, pour une mise en œuvre envisagée à l’horizon 2027.

Sur le volet patrimonial, la municipalité qualifie les critiques de « faux débat ». Le maire précise que le portail en fer forgé serait conservé et maintenu dans un périmètre de protection, pour conserver une trace visible de l’histoire du site. Il affirme que la Ville n’entend pas « brader son histoire », mais qu’en l’espèce la priorité doit être donnée aux enjeux sociaux et médico-éducatifs. L’argument repose sur le constat d’importants investissements nécessaires à la restauration, tandis que la construction d’un nouvel IME répondrait à des besoins identifiés et bénéficierait de financements extérieurs (notamment de l’ARS et d’autres partenaires).

Cet argument interroge. En effet, si l’intérêt de répondre au problème de la vétusté de l’actuel IME est évident, problème connu de longue date par le Maire de Livry-Gargan, lequel est indiqué comme présidant le conseil d’administration de l’établissement, et d’autres élus majoritaires participant à la gestion de ce dernier, peut-on réellement évoquer l’intérêt général ? Selon quels critères ?

En s’appuyant sur une définition sémantique, l’intérêt général peut être compris comme « ce qui est bénéfique à l’ensemble des membres d’une communauté, en l’occurrence des Livryens ». Le nombre d’enfant accueilli par l’établissement est-il représentatif de l’ensemble des Livryens ? Quels sont les proportions d’enfants Livryens accueillis par le centre ? L’établissement est-il public ou privé ? Force est de constater un manque de transparence quant à son mode de fonctionnement, les niveaux de responsabilité des décideurs et les degrés d’implications réels des élus dans leur administration. L’intérêt général évoqué par le Maire n’entre-t-il pas en concurrence avec l’intérêt général de conservation du patrimoine, de protection du cadre de vie, de mise en lumière de la ville ou de réalisation du projet proposé, au nom du même intérêt général, par le même élu en 2015 ?

En s’en tenant aux faits, la municipalité met en avant la vétusté du pavillon — dont l’entretien relevait de sa responsabilité — pour justifier sa démolition au profit du projet IME. S’agissant de la vétusté de l’actuel IME, une plus grande transparence de l’établissement sur sa gestion serait utile pour comprendre les raisons de cette situation et examiner d’éventuelles alternatives (p. ex. anciennes cliniques Sully ou Vauban), fournissant d’ailleurs aux enfants un cadre plus apaisé que la proximité de l’ex-RN3, reconnue comme accidentogène et en tension dans les documents fournis à l’appui du Plan Local de Mobilité 2025 du Grand Paris Grand Est.

Là encore, il y a lieu de s’interroger sur les raisons profondes de l’absence d’entretien d’éléments historiques de la ville. S’agissant de la grille, il est constaté que celle-ci n’est pas entretenu et maintenu partiellement ouverte depuis plusieurs années, ce qui pèse sur sa structure et entraîne peu à peu des dégradations généralisées.

Enfin, si la Ville n’entend pas « brader son histoire », comment expliquer la revente à un prix inférieur (490 000 €) d’un patrimoine acquis douze ans plus tôt pour 664 401 € ?

V. Bilan financier : Regard de l’acquissions initiale du pavillon par la ville

Le Pavillon Dionnet et sa parcelle attenante, situés au 61–63 avenue du Consul-Général-Nordling à Livry-Gargan, correspondant aux parcelles cadastrées E 1812 et E 1814, ont été acquis par la commune le 3 juillet 2012 à la suite d’une adjudication judiciaire consécutive à une procédure de saisie immobilière. La mise à prix initiale s’élevait à 664 400 €, et la Ville a exercé son droit de préemption à l’issue de l’enchère publique, finalisant l’acquisition pour un montant exact de 664 401 € (cf. décision du maire n° 2012/112 du 25 juillet 2012).

La délibération n° 2024-12-38, adoptée en séance du Conseil municipal le 12 décembre 2024, acte la cession d’une partie de cette emprise — la parcelle E 1814, représentant 847 m² sur un total de 1 701 m² — au profit de l’Institut médico-éducatif (IME), pour un prix de vente fixé à 490 000 €.

Plusieurs éléments soulevés par cette opération interrogent à la fois la cohérence patrimoniale de la décision et les principes de bonne gestion des finances publiques :

  • Différentiel prix d’achat / prix de cession : le prix de vente représente environ 26 % de moins que le prix d’achat global de 2012, alors même que le marché foncier en zone urbaine dense a connu une tendance haussière au cours des douze dernières années. Il convient de noter que le bâtiment est toujours debout à ce jour.
  • Hypothèses de valorisation conditionnelles : l’estimation domaniale repose sur l’hypothèse d’une démolition préalable du bâtiment, hypothèse intégrée dans la demande d’évaluation. Or, le pavillon figurait encore dans le PLU 2015 comme « bâti isolé à préserver », jusqu’à son déclassement dans le PLUi de décembre 2024. La prise en compte de cette variable dans la valeur foncière est susceptible d’influer sur le montant estimé.
  • Absence de valorisation du bâti existant : aucun document disponible ne fait état d’une évaluation patrimoniale ou d’un chiffrage de réhabilitation du pavillon (daté de 1810), ni de son intégration dans une stratégie de requalification urbaine.
  • Absence de clause d’affectation du produit de cession : la délibération ne précise pas si les fonds issus de la vente seront affectés à un projet défini (réserve foncière, valorisation patrimoniale, équipement public), ni si des mécanismes de suivi de l’usage du terrain cédé (bail emphytéotique, conditions suspensives, clause de retour à la collectivité, etc.) seront mis en œuvre.
  • Évolution des intentions initiales : lors de l’achat de 2012, la commune avait exprimé l’objectif de créer un équipement public à destination de l’enfance, en lien avec l’école Benoît-Malon. Ce projet ne semble pas avoir été réévalué formellement en séance, et aucune délibération spécifique de renoncement à l’usage initial n’a été identifiée à ce jour.

La cession partielle du Pavillon Dionnet, dans les conditions actées par la délibération municipale du 12 décembre 2024, soulève dès lors une double interrogation :

  1. Gestion publique : la vente à un prix inférieur à l’acquisition initiale, sans valorisation de l’actif bâti et sans affectation précise du produit de cession, interroge la valorisation optimale des biens communaux et la justification de l’usage des ressources publiques.
  2. Stratégie urbaine : le renoncement au projet initial d’équipement public à vocation éducative ou sociale — au profit d’une cession à un opérateur tiers pour un projet exogène à la programmation municipale de 2012 — pose la question de la continuité des politiques locales d’aménagement et de la cohérence entre intentions initiales, arbitrages budgétaires et planification urbaine.

VI. Scénarios alternatifs

Dans le cadre du projet de relocalisation de l’Institut médico-éducatif (IME) sur le site du pavillon Dionnet, plusieurs propositions visent à concilier l’enjeu patrimonial et les besoins médico-sociaux. À ce jour, la position de la municipalité consiste à démolir entièrement la maison existante pour libérer l’emprise foncière nécessaire à la construction d’un nouvel établissement (à l’exception de la grille historique qui serait conservée en façade, selon déclarations en conseil municipal). En réponse, des pistes alternatives ont été évoquées pour limiter ou éviter la perte du patrimoine bâti.

Option 1 — Restauration et réaffectation culturelle du Pavillon (scénario « musée »)

Proposition défendue notamment par l’association Livry Participatif : changement d’implantation du projet IME, la Ville renonçant à utiliser la parcelle du pavillon pour permettre la conservation intégrale de la maison. Réhabilitation patrimoniale possible avec le soutien de partenaires (Fondation du patrimoine, mécénat d’entreprise, financements participatifs, etc.) et reconversion en équipement culturel.

Usages évoqués :

  • musée de la bande dessinée et de Métal hurlant ;
  • centre d’interprétation de l’histoire locale ;
  • maison des arts graphiques ou de la pop culture.

La proximité du Château de la Forêt renforcerait la cohérence d’un pôle culturel structurant à l’échelle du centre-ville. La municipalité souligne la rareté du foncier, sans publier d’état des lieux ; aucune étude, aucun devis ni chiffrage de réhabilitation n’ont été fournis.

Option 2 — Intégration partielle du pavillon dans le projet IME (scénario « façade conservée »)

Une deuxième piste consisterait à concevoir un projet architectural hybride, associant préservation partielle du bâtiment ancien et construction neuve. Le principe serait de conserver le pavillon Dionnet tout en édifiant l’IME dans une extension contemporaine à l’arrière.

Ce type de démarche, qualifiée d’« architecture intégrée », a été mis en œuvre dans d’autres contextes, avec des résultats permettant un compromis visuel et fonctionnel. À Livry-Gargan, il serait envisageable de conserver le corps principal du bâtiment de 1810 en l’état extérieur, et d’implanter le nouvel IME autour de celui-ci, relié par des structures légères (verrières, passerelles, matériaux compatibles). Cela maintiendrait l’aspect patrimonial depuis la rue, tout en assurant des locaux aux normes pour les activités médico-éducatives.

À ce jour, cette solution n’a pas été étudiée publiquement par la municipalité. Elle nécessiterait des études de faisabilité technique et financière, ainsi qu’une adaptation du programme initial.

Option 3 — Relocalisation de l’IME sur un autre site (scénario « plan B »)

Une troisième option consisterait à identifier un autre site pour accueillir le nouvel IME. Bien que la Ville considère le terrain du 61–63, avenue du Consul-Général-Nordling comme le plus opportun, certaines voix s’interrogent sur la possibilité de reprogrammer l’opération ailleurs. D’autres hypothèses évoquent des partenariats intercommunaux, sous réserve d’un accord de répartition des places entre territoires.

L’ARS étant partie prenante du projet de l’IME et de la requalification de la clinique Vauban en établissement de soins psycho-sociaux, La ville ayant bénéficié d’aides pour les projets médico-sociaux (LHSS, ACT, LAM), une relocalisation sur Vauban ou Sully pourrait être étudiée, sites potentiellement plus adaptés que la zone de l’ex-RN 3.

Ce scénario implique, à l’instar du premier, de renoncer à toute intervention sur le site du pavillon Dionnet, permettant sa sauvegarde.

Limites d’une valorisation mémorielle a minima

En cas de démolition du pavillon Dionnet, certaines propositions visent à préserver la mémoire du lieu par des dispositifs symboliques (plaque descriptive, etc.). Si de telles initiatives peuvent accompagner un projet de transformation urbaine, elles ne constituent pas des mesures patrimoniales à part entière : elles ne remplacent ni la matérialité du bâtiment, ni sa valeur d’usage passée, ni sa fonction de repère dans le paysage urbain de Livry-Gargan. Une valorisation mémorielle dissociée du bâti relève d’une logique de compensation plus que de conservation et apparaît insuffisante au regard des critères de sauvegarde, du respect du cadre de vie local et de la transmission de l’histoire communale. En l’absence de maintien physique du site ou d’intégration substantielle de ses éléments dans le nouveau projet, le risque est celui d’une mémoire désincarnée, réduite à des artefacts commémoratifs sans véritable ancrage dans le tissu urbain.

VII. Gouvernance locale et débat public

Au-delà de son objet patrimonial et urbanistique, le dossier du Pavillon Dionnet interroge la gouvernance territoriale et la participation citoyenne aux décisions. Il met en évidence des fragilités dans l’élaboration, la diffusion et la justification des choix publics, notamment lorsqu’ils portent sur des éléments à valeur historique ou symbolique.

1. Un déficit d’information et de transparence

L’examen de la délibération municipale du 12 décembre 2024 — autorisant la cession de la parcelle incluant le pavillon — révèle un déficit notable de transparence dans la présentation du dossier aux élus. Selon plusieurs témoignages, l’importance patrimoniale du bâtiment n’aurait pas été clairement portée à leur connaissance au moment du vote. La note de synthèse transmise en amont ne mentionnait pas le repérage patrimonial communal du pavillon, et certaines déclarations publiques, dont celles du maire lors de la délibération du conseil municipal, ont entretenu une confusion en affirmant qu’il « n’était pas classé ».

Plus largement, une décision engageant la transformation ou la disparition d’un élément du patrimoine local devrait être précédée d’une information complète, vérifiée et plurielle. À défaut, la capacité de délibération éclairée des élus et la légitimité du processus s’en trouvent affaiblies.

2. Haut risque déontologique : double qualité institutionnelle du maire

La délibération n° 2024-12-38 fait apparaître un élément significatif : le maire de Livry-Gargan exerce également la fonction de président du conseil d’administration de l’Institut médico-éducatif (IME), structure bénéficiaire de la cession envisagée. Autrement dit, le même responsable public intervient :

  • comme représentant de la collectivité cédante, dans la procédure d’aliénation du domaine privé communal ;
  • et comme représentant de la structure acquéreuse, l’IME, porteur du projet d’aménagement sur le site concerné.

Cette situation, bien que légalement possible dans certaines configurations, interroge en matière d’impartialité, de transparence et de prévention des conflits d’intérêts. Dans le cas d’espèce :

  • aucune délégation de la procédure initiale ni de la signature des actes à un adjoint/agent indépendant n’a été actée ;
  • le maire a piloté les étapes préparatoires (échanges avec les services fiscaux, rédaction des actes, négociation avec l’IME) ;
  • ni les annexes ni la délibération ne mentionnent explicitement cette double qualité, information pourtant substantielle pour apprécier la régularité de la procédure et la nature des intérêts en présence.

Cette configuration ne préjuge pas de la légalité des actes pris, mais pose une question de lisibilité démocratique de la décision.

Des critiques institutionnelles sur le processus de déclassement

Ces carences ont également été relevées par la commission d’enquête chargée du PLUi dans le cadre de l’enquête publique 2024. Dans son rapport, la commission critique le manque de justification apportée par l’EPT Grand Paris – Grand Est sur les déclassements patrimoniaux opérés à Livry-Gargan, rappelant qu’il ne suffit pas d’expliquer pourquoi on classe un bâtiment : il faut tout autant motiver la décision de ne plus le protéger. La décision de déclassement devrait donc faire l’objet d’une explication détaillée, étayée et publique.

Dans le cas du Pavillon Dionnet, l’absence de réponses substantielles de l’EPT et de la municipalité alimente une défiance chez certains citoyens et observateurs quant à la sincérité et à la robustesse des choix opérés.

4. Un déficit de concertation locale en amont des décisions

Si une enquête publique s’est tenue en 2024 pour la révision du PLUi, aucune réunion publique spécifique n’a été organisée par la municipalité sur le devenir du Pavillon Dionnet. Le contraste est notable au regard de précédents (p. ex. gare de l’Abbaye dans les années 2000) où un processus d’information plus soutenu avait été mis en œuvre.

L’absence de débat public dédié sur un sujet mêlant patrimoine, culture et urbanisme pourrait être perçue comme un manque d’ouverture. Le recours à une procédure intercommunale pour entériner le déclassement d’un bien strictement communal pourrait donner le sentiment d’un éloignement décisionnel et diluer les responsabilités politiques.

Ce déficit d’information et de prise en compte a conduit une partie des habitants à se mobiliser (pétition, médias). Le cas illustre plus largement la nécessité de consolider les outils de démocratie participative : concertation en amont des projets structurants, et amélioration de la communication institutionnelle autour des décisions en préparation.

Gouvernance culturelle et protection

Le cas du Pavillon Dionnet pose une question plus large : qui décide du sort d’un lieu lié à l’histoire de la culture populaire ? La commune, propriétaire du bien, au nom de ses besoins locaux, ou l’État (ministère de la Culture) au titre d’un patrimoine de portée nationale/internationale ? Dans d’autres circonstances, l’État a classé d’office des édifices menacés malgré l’avis de collectivités. Ici, malgré la notoriété de Métal hurlant, aucune procédure de classement n’a été officiellement engagée durant la période considérée.

Plus généralement, la reconnaissance du patrimoine du XIXe siècle, y compris des lieux de création associés à des mouvements artistiques/culturels contemporains, demeure limitée dans les dispositifs traditionnels. L’histoire du Pavillon Dionnet pourrait constituer un cas d’école pour faire évoluer les critères de protection, en intégrant davantage les marqueurs de mémoire collective récente.

Une proposition : vers l’élaboration d’un PLU patrimonial

Dans ce contexte, l’élaboration d’un PLU patrimonial apparaît comme une piste structurante à l’échelle communale. Elle permettrait d’identifier, documenter et encadrer la préservation du patrimoine bâti et immatériel, tout en anticipant les évolutions urbaines. La démarche s’inscrirait dans :

  • les recommandations de la commission d’enquête du PLUi 2024, appelant à des justifications circonstanciées pour chaque déclassement ;
  • les préconisations de l’Institut Paris Région (ex-IAU) en faveur d’atlas du patrimoine et de diagnostics culturels territorialisés comme outils d’aide à la décision.

À Livry-Gargan, un tel PLU patrimonial permettrait :

  • d’objectiver les critères de classement et de déclassement ;
  • d’associer davantage les habitants à l’identification des éléments patrimoniaux de proximité (bâtis, végétaux, espaces publics, lieux symboliques) ;
  • de faciliter la cohabitation entre projets d’aménagement et préservation du cadre de vie.

L’exemple du Pavillon Dionnet montre qu’en l’absence d’un tel outil, des tensions peuvent naître entre intérêts légitimes et souligne la nécessité de repenser la gouvernance culturelle locale dans une perspective transversale, articulant enjeux sociaux, urbanistiques et patrimoniaux.

Conclusion

Le dossier du Pavillon Dionnet dépasse largement la seule question du devenir d’un bâtiment ancien. Il renvoie à des arbitrages fondamentaux sur les valeurs qu’une collectivité entend préserver et transmettre : d’un côté, un lieu à forte portée mémorielle, combinant une architecture du XIXe siècle et une dimension culturelle emblématique du XXe (berceau de Métal hurlant) ; de l’autre, un projet d’équipement répondant à un besoin médico-social identifié, visant à améliorer les conditions d’accueil d’enfants en situation de handicap.

Des tensions comparables existent dans de nombreuses communes françaises. La particularité de Livry-Gargan réside ici dans la conjonction de deux facteurs : un patrimoine local longtemps sous-estimé et un projet social jugé vertueux, dont la mise en œuvre soulève une controverse en raison de la notoriété internationale attachée au lieu.

L’analyse des différentes phases du dossier fait apparaître plusieurs constats : la décision initiale de démolir le pavillon a été prise sans procédure de concertation spécifique, suscitant des réactions d’associations, d’habitants et de passionnés. Cette mobilisation a contribué à renforcer la transparence du processus décisionnel en obligeant la municipalité à apporter davantage de justifications. Néanmoins, le projet n’a pas évolué dans ses grandes lignes, traduisant une priorité donnée à un équipement neuf au détriment de la conservation patrimoniale.

Ce contexte conduit à une interrogation de fond : le choix opéré est-il le plus équilibré possible au regard de l’intérêt général, entendu dans toutes ses dimensions (sociales, culturelles, historiques et urbanistiques) ? Le débat reste ouvert tant que la décision finale n’a pas encore produit ses effets juridiques.

À ce stade, plusieurs pistes restent techniquement envisageables. Outre la création d’un véritable lieu de mémoire dédié à Métal hurlant — afin de préserver l’héritage symbolique du site en cas de démolition —, les scénarios examinés dans le corps du dossier demeurent ouverts : (1) restauration et réaffectation culturelle du pavillon sur place ; (2) intégration partielle du bâti ancien au sein d’un projet IME (architecture intégrée) ; (3) relocalisation de l’IME sur un autre site plus adapté. Cette réflexion s’inscrit dans une problématique plus large : la reconnaissance et la protection du patrimoine culturel du XIXe siècle, encore insuffisamment représenté dans les politiques de sauvegarde malgré son impact sur l’imaginaire collectif.

Le cas du Pavillon Dionnet interroge également la gouvernance du patrimoine à l’échelle locale. Il révèle les limites actuelles des outils disponibles pour articuler projet d’aménagement et valorisation des lieux de mémoire culturelle. Une recommandation forte se dégage : la mise en œuvre d’un Plan local d’urbanisme patrimonial, offrant un cadre stratégique explicite pour l’identification, la justification et la protection du patrimoine bâti et immatériel. Cette proposition s’inscrit dans la continuité des réserves formulées par la commission d’enquête du PLUi (2024), qui a souligné le manque d’argumentation sur les déclassements opérés à Livry-Gargan, et rejoint les recommandations méthodologiques de l’Institut Paris Région en faveur de diagnostics partagés, d’atlas patrimoniaux et de démarches participatives structurées.

Parallèlement, les paramètres financiers et domaniaux présentés dans le bilan (différentiel entre le prix d’acquisition et le prix de cession, hypothèses d’évaluation « après démolition », absence d’affectation précise du produit de cession) s’agrègent aux enjeux de stratégie urbaine et de continuité des politiques publiques. Ils invitent à apprécier le projet non seulement au prisme des besoins médico-sociaux, mais aussi sous l’angle de la valorisation optimale des biens communaux et de la cohérence d’ensemble de l’action municipale.

Le Pavillon Dionnet, longtemps délaissé, a ainsi été replacé au cœur du débat public. Sa situation interroge la capacité des institutions locales à faire dialoguer mémoire et modernité, et à associer les citoyens à des choix qui engagent leur territoire. Au-delà de son devenir concret, elle rappelle que la démocratie locale ne se résume pas à l’application de procédures : elle suppose un véritable effort de mise en débat des enjeux, de partage des connaissances et de construction collective de l’intérêt général.

Travaux du Lac de Sévigné en 2025 : Atteintes environnementales, une « réhabilitation » précipitée ?

Depuis la mi-mai 2025, le lac de Sévigné, espace emblématique de Livry-Gargan, fait l’objet d’un chantier d’aménagement initié par la municipalité et présenté comme une « restauration des continuités écologiques ». À ce stade, les éléments disponibles (observations de terrain et documents publics) décrivent surtout une démarche paysagère (fermetures, plantations, réaménagements esthétiques) plutôt qu’une ingénierie fondée sur l’usage des riverains et livryens, des diagnostics naturalistes et citoyens, des objectifs environnementaux mesurables et un suivi indépendant.

Annoncé sans information publique préalable dédiée, le chantier est programmé sur un an et couvre l’ensemble du site. Ce tempo resserré est peu propice à une phase préparatoire approfondie ou à un pilotage écologique généralement recommandé pour des milieux relevant de la trame verte et bleue locale.

À la date de publication, aucune étude d’impact ni évaluation environnementale préalable n’a été rendue publique. Cette absence entretient l’hypothèse d’une opération portée par une logique « décorative » héritée de pratiques anciennes, plutôt que par une ingénierie des milieux fondée sur diagnostics, indicateurs et redevabilité. Elle nourrit des interrogations quant aux effets sur la biodiversité et au respect des principes de transparence et de concertation.

Périmètre temporel — Des documents et intentions existent depuis 2015 ; la présente analyse concerne la phase opérationnelle conduite en 2025. La notion de « précipitation » ne vise donc pas l’âge du projet, mais son calendrier d’exécution : calendrier compressé, absence de phasage écologique, interventions en période sensible, défaut d’étude d’impact rendue publique en amont. L’ancienneté de la gestation ne dispense pas des exigences d’ingénierie applicables au moment des travaux.

Une mise en œuvre hâtive, sans information préalable suffisante

Le chantier a débuté à la mi-mai 2025 dans une quasi-discrétion : fermeture complète du site, absence de communication publique claire et pas de concertation spécifique. Une inauguration s’est tenue le 17 mai, en présence du maire et de plusieurs élus, sans annonce formelle en amont. Habitants, riverains, associations et usagers se sont ainsi retrouvés mis devant le fait accompli.

Si l’objectif de requalification aurait pu être jugé louable dans un premier temps, la méthode interroge : un an de travaux couvrant l’ensemble du site, d’un seul tenant. Une telle stratégie du « tout, tout de suite » s’écarte des bonnes pratiques qui recommandent des interventions progressives et phasées, seules à même de préserver les équilibres des milieux (strates, habitats, cycles) et d’éviter des ruptures d’habitats préjudiciables aux espèces.

Des atteintes environnementales en pleine période sensible

Les interventions menées sur le patrimoine arboré constituent un point d’alerte majeur. Deux cèdres remarquables — un cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) et un cèdre du Liban (Cedrus libani) — ont fait l’objet d’un élagage très sévère (suppression quasi totale des branches basses et intermédiaires, réduction importante du houppier). D’autres abattages ont été constatés, notamment à proximité immédiate du square Ahmed-Merabet.

Ces opérations ont été réalisées en pleine période de nidification (février–juin), alors que des espèces protégées fréquentent régulièrement le site. Au printemps 2025, des observations attestent la présence de cormorans (Phalacrocorax carbo) et d’un héron cendré (Ardea cinerea), utilisant ces arbres comme perchoirs et zones de repos.

Dans un tel contexte, la prudence s’impose : les articles L. 411-1 et suivants du Code de l’environnement interdisent toute perturbation intentionnelle d’espèces protégées sans dérogation préfectorale. À ce jour, aucune autorisation n’a été communiquée.

Par ailleurs, aucune étude d’impact environnemental ni notice d’incidences n’a été versée au débat local ; aucun diagnostic, aucune matrice d’impacts ni protocole de suivi n’ont été rendus publics. Cette carence nuit à la traçabilité des choix techniques et confirme l’orientation principalement « paysagère » du projet, en l’absence d’une démonstration des mesures Éviter-Réduire-Compenser (ERC) attendues pour des milieux sensibles.

Focus espèce — Le Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo)

Phénologie (Île-de-France) : nidification en colonies dès février–mars.
Statut : espèce protégée (arrêté ministériel du 29/10/2009) ; destruction de nids et perturbation interdites, sauf dérogation préfectorale dûment motivée.

Livry-Gargan — Lac de Sévigné : cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), comparatif 2024–2025 ; à gauche, houppier étendu ; à droite, silhouette plus courte avec branches basses raccourcies.
Cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), Lac de Sévigné (Livry-Gargan). Comparatif 2024–2025 : à gauche, état 2024 ; à droite, état 2025.
Cèdre du Liban (Cedrus libani), Lac de Sévigné (Livry-Gargan). Comparatif 2024–2025 : à gauche, état 2024 ; à droite, état 2025.

Tableau 1 — Cèdres : particularités botaniques et intérêt écologique
Espèce Particularités botaniques Intérêt écologique
Cedrus atlantica (cèdre de l’Atlas) Port conique puis tabulaire ; aiguilles bleu-vert Support possible de gros nids ; bonne résilience climatique
Cedrus libani (cèdre du Liban) Large houppier étagé ; feuillage vert franc Plateformes de repos pour grands oiseaux

Sensibilité des cèdres aux tailles. Ces conifères tolèrent mal les interventions sévères. La littérature horticole recommande des tailles légères, en saison de repos, sans excéder ≈ 20 % du volume foliaire. Focus — Cedrus atlantica supporte très mal les tailles drastiques : faible rejet après grosses coupes, risque fongique (champignons lignivores), baisse durable de photosynthèse et espérance de vie diminuée.

Tableau 2 — Lac de Sévigné (printemps 2025) : état initial / état après interventions
Point clé Situation avant Situation après (printemps 2025)
Houppier — Cedrus atlantica Dense, descendant jusqu’au sol Sections basses intégralement supprimées
Houppier — Cedrus libani Large houppier étagé Réduction drastique ; sommet seulement conservé
Nids de cormorans ≥ 7 couples Supposés détruits ou abandonnés

Effets immédiats.
— Perte d’au moins une saison de reproduction pour la colonie.
— Stress physiologique pour les deux cèdres (photosynthèse amputée ; portes d’entrée aux pathogènes).
— Diminution de la canopée locale ⇒ moindre rafraîchissement et captation de polluants.

Un déclassement silencieux d’un secteur à forte valeur écologique

En 2024, lors de l’adoption du PLUi, une séquence paysagère remarquable, auparavant identifiée dans l’ancien PLU et reprise dans plusieurs documents municipaux (dont l’Atlas de la biodiversité communale), a été déclassée. Cette requalification juridique, sans mesure de protection locale équivalente, est intervenue sans véritable débat public dédié.

Une telle évolution facilite des interventions plus lourdes, en l’absence d’un cadre écologique opposable et d’un suivi indépendant. Elle apparaît contradictoire avec l’ambition réaffirmée de faire du lac un refuge de biodiversité — d’autant que des documents municipaux successifs, ainsi que l’Agenda 2030 de Livry-Gargan, présentaient ce site comme un maillon central de la trame écologique locale.

Suppression des conifères en façade des anciennes eaux thermales en 2025

Livry-Gargan — Lac de Sévigné : montage comparatif du pin noir d’Autriche en parvis des anciennes eaux thermales ; à gauche, arbre présent (état antérieur) ; à droite, parvis en chantier sans l’arbre (2025).
Pin noir d’Autriche (Pinus nigra subsp. nigra), parvis des anciennes eaux thermales : avant (arbre présent) / après (octobre 2025, parvis en chantier).
Pin noir d’Autriche (Pinus nigra subsp. nigra), côté arrière du bâtiment sur berge : à gauche (2024) l’arbre est présent ; à droite (2025) la berge est en chantier et l’arbre n’est plus visible.

Concertation et partenariats : un écart entre discours et réalité

Le site bénéficiait depuis 2022 d’un refuge ornithologique, créé à la suite d’une proposition citoyenne (par des habitants désormais engagés dans Livry Participatif). Ce refuge a disparu des plans actuels, sans mesure de substitution ni suivi indépendant.

Dans le même temps, les communications municipales présentent la LPO comme partenaire du projet — assertion répétée lors de l’inauguration du 17 mai 2025 et dans le magazine municipal de juin 2025 (« Le projet a également été travaillé avec la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) »). Ce décalage entre communication institutionnelle et réalité opérationnelle fragilise la confiance et la crédibilité de la démarche.

Évolution du « refuge ornithologique » en 2024-2025

Maison de la Source (Lac de Sévigné) : dalles béton et parcelle minéralisée lors du chantier, août 2025.

Pour un véritable projet environnemental : des garanties nécessaires

L’ensemble des constats précédents (démarrage précipité, interventions arboricoles en période sensible, déclassement écologique, disparition du refuge ornithologique, absence d’étude d’impact et de suivi) souligne les limites d’un projet piloté par le paysager plus que par l’écologie de résultat.

Pour aligner le projet sur une ingénierie écologique robuste, plusieurs garanties seraient apparues comme indispensables :

  • Mesures in situ en cas d’impacts avérés : revégétalisation structurée, renforcement des strates arbustives, gestion douce des arbres remarquables, réactivation d’un refuge ornithologique identifié.
  • Transparence : publication des autorisations administratives, du calendrier détaillé, des diagnostics phytosanitaires et écologiques.
  • Diagnostics naturalistes complets : inventaires faune/flore multi-saisons, cartographie des habitats, identification des continuités écologiques.
  • Objectifs mesurables : indicateurs de diversité spécifique nicheuse, surfaces d’habitats fonctionnels, maintien/installation de micro-habitats (bois mort, cavités, strates arbustives).
  • Application rigoureuse d’ERC (« éviter – réduire – compenser ») : évitement en périodes sensibles, réductions in situ, compensations locales documentées.
  • Phasage écologique : interventions séquencées hors période de reproduction, gestion différenciée par zones, ajustements progressifs.
  • Suivi : protocole confié à un organisme tiers (associatif ou scientifique), indicateurs publics et bilans réguliers (T0, T1, T3).

Conclusion

Pourquoi parler de biodiversité en ville ?

En milieu urbain, chaque grand arbre constitue un micro-écosystème vertical : support potentiel de nidification, îlot de fraîcheur (ombrage, évapotranspiration), réservoir de carbone et filtre à particules. Fragiliser ou perdre un sujet âgé interrompt des chaînes d’interactions espèces–habitats dont l’effet cumulé dépasse la seule valeur paysagère.

Le lac s’inscrit dans la trame verte et bleue locale, c’est-à-dire la continuité des milieux (lisières boisées, berges, alignements) qui facilite les déplacements d’espèces et améliore le cadre de vie (ombrage, confort d’été). Présenté comme écologique, le projet du lac de Sévigné semble, dans sa mise en œuvre, largement paysager sans diagnostic, phasage et suivi. Faute d’étude d’impact rendue publique, de gouvernance ouverte et d’indicateurs mesurables, il risque de produire une requalification visuelle séduisante mais écologiquement appauvrissante.

Par ailleurs, si des documents d’intention existent depuis 2015, cela ne dispense pas, en 2025, d’un phasage respectueux des cycles biologiques, d’une évaluation environnementale accessible et d’un suivi scientifique. Enfin, indépendamment du calendrier institutionnel, les décisions d’aménagement gagneraient à s’inscrire dans une logique de pérennité écologique, d’intérêt général et de redevabilité publique, plutôt que dans une dynamique d’exécution accélérée.

Références.

  • France. Code de l’environnement, art. L. 411-1 à L. 411-3 (Protection des espèces et de leurs habitats). Légifrance.
  • Union européenne. (2009). Directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 relative à la conservation des oiseaux sauvages. Journal officiel de l’Union européenne.
  • Union européenne. (1992). Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages. Journal officiel de l’Union européenne.
  • Grand Paris Grand Est. (2024). Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) : Dispositions applicables au secteur du lac de Sévigné [Document d’urbanisme].
  • Ville de Livry-Gargan. (2015). Plan local d’urbanisme (PLU) : Identification des séquences paysagères remarquables [Document d’urbanisme].
  • Ville de Livry-Gargan. Agenda 2030 [Document de politique publique].

Vue aérienne isométrique d’îlots urbains où chaque cœur d’îlot est totalement entouré d’immeubles sur quatre côtés, sans accès depuis la rue.

Cœurs d’Îlots : sommes-nous tous concernés ?

= Connectivité écologique / Urbanisme =
Septembre 2025

FICHE ENVIRONNEMENT n° 16

Leur classement dans le Plan Local d’Urbanisme (PLUi) peut concerner de nombreux habitants : propriétaires privés, copropriétés, riverains… Les cœurs d’îlots influent sur la qualité de vie, le paysage urbain, la valeur foncière et les stratégies de transition écologique.

Définition :

Un îlot urbain est un ensemble de parcelles délimité par des rues. Le cœur d’îlot en désigne la partie centrale, souvent non bâtie : jardin, cour, espace vert, terrain de pleine terre.

Dans les PLU(i), un « cœur d’îlot » correspond à un espace non construit et non imperméabilisés, protégés pour leur potentiel rôle environnemental et urbain.

Pourquoi cela vous concerne

  • Cadre de vie : plus de végétation = plus de fraîcheur en été, meilleure qualité de l’air, infiltration des eaux pluviales.
  • Patrimoine et paysage : certains quartiers voient leur caractère sauvegardé grâce au classement en cœur d’îlot.
  • Égalité entre habitants : tous les quartiers n’ont pas la même capacité à accueillir ces espaces, ce qui pose des questions de justice territoriale.
  • Propriétaires privés : une parcelle classée cœur d’îlot devient en partie inconstructible → impact direct sur la valeur foncière et les projets d’aménagement.
  • Collectivité : le classement peut transférer une responsabilité écologique vers les particuliers, si la puissance publique ne montre pas l’exemple sur ses propres terrains.

Atouts

  • Climat & confort urbain : apport d’îlots de fraîcheur en été, réduction des îlots de chaleur.
  • Eau & sols : infiltration des eaux de pluie, réduction du risque d’inondation, recharge des nappes.
  • Air & santé : amélioration locale de la qualité de l’air, diminution des polluants.
  • Biodiversité : refuge pour la faune et la flore, à condition d’être reliés par des corridors écologiques.
  • Santé Publique & Lien social : Situés sur une parcelle publique ou collective, lieux de respiration, de rencontre et d’interaction sociale, amélioration de la santé mentale.
  • Patrimoine & paysage : préservation d’espaces verts dans des quartiers historiques, protection contre la spéculation immobilière.

Limites et controverses

  • Isolement écologique : sans connexions à d’autres espaces verts, leur rôle pour la biodiversité reste marginal.
  • Inégalités territoriales : certains quartiers très minéralisés n’ont pas de cœurs d’îlots exploitables.
  • Conflits d’usage : contraintes fortes pour les propriétaires privés (perte de constructibilité, entretien).
  • Manque de transparence : critères de classement jugés opaques, manque de concertation citoyenne.
  • Transfert de responsabilités : charge écologique et financière reposant sur les propriétaires privés plutôt que sur la puissance publique.
  • Valeur immobilière : paradoxe entre valorisation des logements environnants et perte de valeur pour le terrain classé.

🏙 Cas du PLUi du Grand Paris – Grand Est : Pour l’espace repéré en cœur d’îlot, les cinq critères cumulés sont :

  • ✓ espace végétalisé ;
  • ✓ situé à plus de 5 m des bâtiments durs ;
  • ✓ couvrant au moins 3 parcelles ;
  • ✓ atteignant un seuil minimal de 100 m² (toutes parcelles confondues) ;
  • ✓ ne dépassant pas 50 % d’une seule parcelle.

Problèmes soulevés : incohérences de sélection, manque d’information des propriétaires, perte de valeur des terrains concernés.

Conclusion et conditions d’acceptabilité

Les cœurs d’îlots sont un outil utile de lutte contre les îlots de chaleur urbains et de préservation de la biodiversité. Toutefois, leur efficacité et leur acceptabilité démocratique reposent sur plusieurs conditions :

  • une intégration cohérente à la trame verte urbaine (corridors écologiques, haies, alignements d’arbres),
  • une concertation transparente et équitable avec les citoyens,
  • un soutien clair aux propriétaires privés (incitations financières, subventions, crédits d’impôt),
  • une exemplarité de la puissance publique dans l’application des règles sur ses propres terrains,
  • et une application équilibrée entre espaces publics et privés.

Pour savoir si vous êtes concerné par ces mesures, prenez le temps de vérifier le classement de votre parcelle dans le PLUi.

Réf. : Analyse de la végétalisation des cœurs d’îlots – Le cas des parcelles de grands propriétaires institutionnels », Apur, juillet 2021

Et après l’appel à idées 2008 « Habiter les cœurs d’îlot » | Agora, biennale de Bordeaux Métropole

Végétalisation en cœur d’îlot dans une copropriété parisienne – Agence Parisienne du Climat 20 juillet 2022

Jeffrey Blain, « Le modèle des super-îlots à Barcelone : un exemple de régénération d’une ville », Géoconfluences , février 2024.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Atelier_parisien_d%27urbanisme

Un cycliste circule face à une file de voitures sur l’avenue Anatole-France à Livry-Gargan, partageant une voie étroite avec les véhicules. En arrière-plan, un poids lourd est visible.

Lettre ouverte des riverains de l’avenue Anatole-France

Nous, riverains de l’avenue Anatole-France, exprimons ici notre profonde désapprobation et notre colère face à la situation actuelle qui affecte notre avenue depuis la lettre circulaire de la mairie de fin octobre 2023 :

« Vous aurez constaté – je l’espère avec satisfaction – l’implantation récente d’une zone de ralentissement au droit des numéros 14/16. »

Il est à noter que ce ralentisseur, censé régler le problème de la vitesse excessive sur toute l’avenue, a été installé au milieu de celle-ci, suite à la demande d’un ou deux riverains pour des raisons personnelles, mais sans aucune concertation avec les riverains directement concernés.

Les modifications successives des sens de circulation et de la signalisation ont eu pour effet d’entraîner un surcroît de circulation, en raison de la convergence des véhicules venant des avenues Liégeard, Collaveri, Moutiers et de la rue Amédée-Dunois.
De plus, notre avenue est devenue un itinéraire « bis » pour les automobilistes en transit, qui utilisent des applications de type Waze ou Google Maps pour traverser la ville plus rapidement.

Cet afflux excessif de circulation dans une « avenue » aussi étroite et courte est incompatible avec le fait que celle-ci soit déclarée par la mairie comme une voie cyclable importante. En effet, cette voie regroupe d’une part une voie commune aux véhicules et aux cyclistes, et d’autre part une piste cyclable en sens inverse.

Nous constatons donc au quotidien les problèmes suivants :

1. Problèmes de sécurité

La cohabitation entre les véhicules et les deux-roues devient chaotique et dangereuse.

  • Pour « se protéger » des véhicules, la plupart des cyclistes utilisent la piste cyclable en sens inverse ; de même, les motos empruntent celle-ci pour doubler à grande vitesse, au risque d’entrer en collision avec un deux-roues en face.
  • Lors des croisements entre les différents types de véhicules, vu le manque de place, la probabilité d’accident est fortement augmentée. (Pour mémoire, l’article R.414-4 du Code de la route exige qu’en ville, il y ait un espace minimum de 1 mètre pour les dépassements.)
  • Les riverains qui souhaitent entrer ou sortir de leur garage sont contraints d’effectuer des manœuvres dangereuses pour s’insérer dans le flux ou pour rentrer chez eux, en raison du manque de visibilité et de la vitesse excessive des véhicules circulant.

2. Problème des véhicules de plus de 3,5 t

Le problème de sécurité est aggravé par la présence de poids lourds sur cette voie.

  • Suite à un échange de courriers avec la mairie, Monsieur le Maire avait répondu positivement, par courrier du 4 juillet 2024, à la demande d’interdiction des poids lourds de plus de 3,5 t.
  • Un panneau d’interdiction pour les plus de 3,5 t, ainsi qu’un panneau de limitation à 30 km/h, avaient été posés à l’entrée de la rue.
  • En décembre 2024, ces panneaux ont été supprimés sans autre explication, alors qu’ils constituaient un début de solution.

3. Problème du ralentisseur au milieu de l’avenue

Ce ralentisseur, qualifié par Monsieur le Maire de « dispositif complémentaire » censé réduire la vitesse excessive des véhicules, ne remplit pas son rôle :

  • Les véhicules prennent le début de l’avenue à pleine vitesse, freinent au dernier moment, puis réaccélèrent juste après.
  • La vitesse n’est réduite que quelques mètres en amont du ralentisseur, soit sur environ 5 mètres, pour une avenue qui en compte 200.

En revanche, ce dispositif :

  • Entraîne de graves nuisances sonores et vibratoires, rendant la vie quotidienne des riverains insupportable (même avec des doubles vitrages phoniques).
  • Génère une pollution atmosphérique liée aux émissions de CO, CO₂ et de particules fines.
  • Les chocs et vibrations, amplifiés par la présence d’immeubles hauts, se répercutent dans les halls d’entrée et constituent une source de stress préjudiciable à la santé des habitants.

👉 En conséquence, le positionnement de ce ralentisseur au milieu de l’avenue ne répond aucunement à l’objectif initial de réduction de la vitesse sur l’ensemble de la voie.
👉 En plus des problèmes cités, ce ralentisseur entraîne également une perte de valeur immobilière des biens, préjudiciable aux riverains.

4. Problème concernant la zone 30 km/h

La zone 30 est indispensable sur l’avenue pour permettre la cohabitation sécurisée des différents modes de transport, mais elle ne peut être respectée en l’état lacunaire de la signalétique :

  • Seul le panneau de fin de zone 30 est présent en bout d’avenue.
  • Un unique panneau de zone 30, peu visible, est installé à la fin de l’avenue Collaveri.
  • En revanche, les véhicules en provenance des voies Liégeard, Moutiers, Pachaud-Lainé et Amédée-Dunois n’ont aucune indication de la zone 30 et s’engagent à pleine vitesse.

👉 Il est urgent de revoir la signalétique.

5. Conclusion

La pose de ce ralentisseur ne règle ni le problème de la vitesse, ni celui de la sécurité des différents usagers de l’avenue.

Il est urgent d’agir.

C’est pourquoi nous demandons une entrevue avec Monsieur le Maire, afin de lui exposer la situation, de lui présenter notre pétition, ainsi que nos propositions pour retrouver une circulation apaisée dans notre avenue, permettant aux riverains de ne plus subir les nuisances actuelles et de retrouver un cadre de vie normal.

Les riverains de l’avenue Anatole-France


Propositions des riverains de l’avenue Anatole-France :

1. Modification du plan de circulation

Modification du plan de circulation pour dissuader les véhicules en transit, utilisant les applications type Waze, Maps, d’emprunter notre avenue (étude d’impact et mise en place de feux rouges, stops, sens interdits en amont…).

2. Suppression du ralentisseur installé au 14/16 de l’avenue

La suppression du ralentisseur installé à la hauteur du 14/16 de l’avenue qui ne règle pas le problème de la vitesse et crée des nuisances sonores et vibratoires pour un grand nombre de riverains.

Nous nous appuyons pour cette demande sur le rapport de Livry Participatif réalisé pour l’Allée Dupleix et publié le 15/09/2023 et qui crée un précédent :
« Les ralentisseurs, bien que conçus pour réduire la vitesse des véhicules, engendreraient des nuisances sonores et ondulatoires à chaque passage, perturbant ainsi la tranquillité des riverains ; des effets sur les véhicules : les ralentisseurs peuvent causer des dommages aux véhicules, en particulier à ceux à faible garde au sol, et causer une usure prématurée ; des coûts d’installation et d’entretien : la mise en place et l’entretien régulier des ralentisseurs peuvent engendrer des coûts supplémentaires pour la collectivité ».

3. Implantation d’un dispositif de réduction de vitesse en entrée d’avenue

L’implantation à l’entrée de « l’avenue » d’un dispositif permettant dès le départ de réduire la vitesse :

  • a. Rond-point franchissable (pavés autobloquants par ex.)
  • b. Chicane
  • c. Plateau de faible hauteur pour passage piétons

4. La mise en zone 30 de l’ensemble de l’avenue

La mise en zone 30 de l’ensemble de l’avenue par :

  • a. Indication « Zone 30 » sur les voies concernées (en particulier sur Pachaud Lainé au niveau du croisement avec Collaveri, Amédée Dunois)
  • b. Un panneau « zone 30 » lumineux avec marquage au sol « Zone 30 » au début de l’avenue
  • c. Un radar pédagogique indiquant la vitesse des véhicules
  • d. Un panneau « contrôles fréquents »
  • e. Contrôle effectif des véhicules par la police ou un radar

5. Interdiction de l’avenue aux véhicules de plus de 3,5 tonnes

a. Panneau d’interdiction 3,5t au début de l’avenue

b. Contrôle effectif des véhicules par la police ou un radar


Annonce de concertation préalable sur le Schéma régional des carrières d’Île-de-France, avec un fond de paysage de carrière en bleu

Concertation préalable du Schéma régional des carrières d’Île-de-France (SRC)

CONCERTATION

Organisée par la DRIEAT Île-de-France (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports)

Période de concertation : du 1ᵉʳ avril au 1ᵉʳ juin 2025

🧭 Qu’est-ce que le Schéma régional des carrières (SRC) ?

Le Schéma régional des carrières (SRC) est un document de planification instauré par la loi ALUR du 24 mars 2014. Il vise à répondre aux besoins en matériaux et substances de carrières du territoire tout en assurant une gestion économe et rationnelle des ressources minérales.

Le SRC appréhende l’activité économique dans sa globalité, de l’extraction à l’utilisation, en passant par la logistique nécessaire à une exploitation raisonnée à l’échelle régionale.

🗣️ Modalités de participation à la concertation

La concertation préalable se déroule du 1ᵉʳ avril au 1ᵉʳ juin 2025. Elle permet au public de formuler des observations et des propositions sur le projet de SRC.

Concertation préalable du Schéma régional des carrières d’Île-de-France (SRC)

Du 1er avril au 1er juin 2025

🗣️ Réunion publique

Cette réunion, organisée par la DRIEAT Île-de-France, aura pour objectif de présenter les enjeux du futur Schéma régional des carrières (SRC).

Réunion publique d’information – 2 avril 2025

Une réunion publique ouverte à tous se tiendra le mercredi 2 avril 2025 à 18h30 à la Maison des Associations (11 rue Caillaux, 75013 Paris).

Elle permettra à chacun de comprendre les enjeux du futur Schéma régional des carrières et de poser ses questions aux porteurs du projet.

Intervenants prévus :

  • Guillaume CHARBONNIER — DRIEAT (ressources minérales)
  • Sébastien CORNU — Tersen (relations institutionnelles)
  • Francis REDON — Président d’Environnement 93
  • Luc BLANCHARD — Co-président FNE Île-de-France

🗺️ Enjeux spécifiques à l’Île-de-France

La région Île-de-France présente des particularités qui influencent l’élaboration du SRC :

  • Forte urbanisation : avec une densité de population élevée, la demande en matériaux de construction est significative.
  • Objectifs de construction : la région vise la construction de 70 000 logements par an, ce qui nécessite une planification rigoureuse de l’approvisionnement en matériaux.
  • Enjeux environnementaux : la stratégie nationale bas carbone et la réglementation environnementale RE2020 imposent des contraintes supplémentaires en matière de durabilité et de réduction des émissions.
  • Évolutions techniques : le secteur du BTP évolue avec des projets tels que Recybéton, qui influencent les besoins en matériaux et les méthodes de construction.

📍 Un périmètre régional, des enjeux locaux

L’Île-de-France, région la plus peuplée de France, concentre :

  • une forte demande en matériaux liée aux objectifs de construction (70 000 logements par an),
  • des contraintes environnementales majeures (objectifs ZAN, trames vertes, bruit, qualité de l’air),
  • et une raréfaction des ressources exploitables à proximité des zones urbaines.

🏘️ Impacts pour les habitants

Bien que le SRC soit un document à l’échelle régionale, ses implications se font sentir au niveau local :

  • Urbanisme : les orientations du SRC peuvent influencer les projets de construction et d’aménagement.
  • Environnement : la gestion des carrières et l’approvisionnement en matériaux ont des impacts sur l’environnement local, notamment en termes de transport et de pollution.
  • Participation citoyenne : la concertation offre aux habitants l’opportunité de s’exprimer sur des décisions qui affectent leur cadre de vie.

🧾 Ressources complémentaires

📄 Documents disponibles

Les documents constitutifs du SRC sont accessibles sur le site de la DRIEAT Île-de-France :

🔗 Schéma régional des carrières d’Île-de-France : concertation préalable du public


Façade du pavillon Dionnet à Livry-Gargan en 2023, derrière une grille en fer forgé, avec un portail monumental encadré de piliers en pierre.

Le Pavillon Dionnet

PRÉSENTATION

  • Nom du bâtiment : Pavillon Dionnet
  • Localisation : 61-63 avenue du Consul Général Nordling, Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis)
  • Année de construction : 1810
  • Style architectural : Maison bourgeoise de la première moitié du XIXᵉ siècle

Le Pavillon Dionnet, construit en 1810, est un édifice emblématique de l’histoire de Livry-Gargan, à la fois par son architecture typique de la maison bourgeoise du XIXᵉ siècle et par son rôle central dans l’histoire culturelle mondiale.

Situé sur l’avenue du Consul Général Nordling, il occupe une place stratégique dans le centre de la commune, face au Château de la Forêt.

Au-delà de sa valeur locale, ce bâtiment s’inscrit dans le patrimoine culturel international, ayant été le lieu de naissance du magazine Métal Hurlant, une œuvre révolutionnaire qui marquera de façon décisive le monde de la science-fiction, du graphisme et de la bande dessinée.

CONTEXTE HISTORIQUE

À l’aube du XIXᵉ siècle, Livry-Gargan, alors une bourgade rurale, devient progressivement une destination prisée par les élites parisiennes.

L’essor des résidences secondaires et des maisons de villégiature marque cette époque. Le Pavillon Dionnet illustre cette transition : une demeure bourgeoise érigée dans un cadre bucolique, à proximité de la forêt de Bondy. À cette époque, l’attractivité du territoire se développe grâce à l’amélioration des voies de communication, facilitant les déplacements vers la capitale.

UNE ARCHITECTURE TYPOLOGIQUE

Le pavillon est un exemple livryen remarquable de l’architecture bourgeoise du XIXᵉ siècle.

  • Matériaux emblématiques de l’Île-de-France : pierres de taille et meulières
  • Clôture en fer forgé : raffinement et attention aux détails

UNE INTÉGRATION URBAINE SIGNIFICATIVE

Sa position, face au Château de la Forêt et en cœur de ville, fait du Pavillon Dionnet un repère visuel et historique pour les habitants.

L’ensemble participe à la mémoire collective de Livry-Gargan, en racontant l’évolution urbaine de la ville.

Le Pavillon Dionnet s’inscrit dans une période charnière de l’histoire urbaine de Livry-Gargan, lorsque la commune, encore majoritairement rurale au début du XIXᵉ siècle, se transforme progressivement en une destination privilégiée pour la bourgeoisie parisienne.

La construction de demeures bourgeoises comme le Pavillon Dionnet reflète ce phénomène, des résidences confortables, destinées à offrir un cadre de vie paisible, loin de l’agitation de la capitale. L’évolution du quartier illustre bien le développement de la ville au fil des siècles, avec une transformation progressive des espaces alentours pour répondre aux exigences urbaines.

LE BERCEAU DE MÉTAL HURLANT

En 1975, le Pavillon Dionnet devient le théâtre d’un événement majeur pour la culture populaire internationale :

La naissance du magazine Métal Hurlant.

Fondé par :

  • Jean-Pierre Dionnet
  • Moebius
  • Philippe Druillet
  • Bernard Farkas
  • Nikita Mandryka

Ce magazine révolutionne la bande dessinée de science-fiction, en explorant des thèmes audacieux et en adoptant un style graphique innovant.

Influence et héritage de Métal Hurlant :

  • Métal Hurlant est à l’origine d’un mouvement artistique global, inspirant de nombreux créateurs.
  • Il influence des œuvres emblématiques comme Star Wars, Mad Max et Blade Runner, ou encore les univers cyberpunk, définissant un style visuel unique.
  • Il devient une franchise internationale avec le magazine Heavy Metal, adaptation américaine qui dépasse les 230 000 ventes par numéro au début des années 80.
  • En 1981, Métal Hurlant donne naissance à un film d’animation culte, aujourd’hui une référence du genre. Ce film a également permis de faire découvrir le hard rock français, en intégrant un morceau du groupe Trust dans sa bande-son. Ce morceau correspond à la version anglaise du titre Préfabriqué 1.
  • En 1999, le film Heavy Metal voit le jour, s’inspirant du magazine et poursuivant son héritage visuel et narratif.
  • En 2012, la série TV « Metal Hurlant Chronicles » rappelle le caractère toujours actuel de l’œuvre des fondateurs du magazine.

LE PAVILLON DIONNET AUJOURD’HUI

Le Pavillon Dionnet est désormais le dernier représentant de son époque à Livry-Gargan le long de l’ancienne Route d’Allemagne (aujourd’hui RN3).

Change.org – Sauvons le Pavillon Dionnet, berceau de Métal Hurlant et patrimoine de Livry-Gargan !
Signer la pétition
Le pavillon Dionnet en 1910 – Propriété Sauvin
Le pavillon Dionnet, 2023



Photomontage du parc Georges-Clemenceau à Livry-Gargan en 2024 : à gauche, un arbre majestueux dans un espace verdoyant ; à droite, un terrain dévasté avec des fouilles et des déblais, en arrière-plan des immeubles.

Éclairages sur l’abandon du projet immobilier sur le parc Georges-Clemenceau

Le 5 décembre 2024, le maire de Livry-Gargan annonçait l’abandon du projet municipal prévoyant la construction d’un ensemble immobilier de 74 logements locatifs sociaux et intermédiaires accompagné d’un centre médical sur le site du parc Georges-Clemenceau.

Si nous ne pouvons que saluer cette décision d’annulation d’un projet controversé dont tous les éléments factuels soulignaient l’incohérence, il est désormais nécessaire, a minima, de restituer à cet espace vert les arbres qui lui ont été enlevé, bien qu’il demeure regrettable que les spécimens anciens aient été irrémédiablement détruits.

Si l’annonce visant à restituer au parc Clemenceau sa fonction initiale aurait pu être encourageante, la perspective évoquée d’y installer des structures sportives, telles qu’un city stade, suscite toujours des préoccupations légitimes, compromettant potentiellement sa vocation initiale d’îlot de fraîcheur et de corridor écologique dans un quartier exposé en termes d’îlots de chaleur urbain comme l’indique les cartes de l’Institut Paris Région.

Dans le cadre de sa mission d’observatoire et d’information des Livryens, Livry Participatif souhaite apporter un éclairage complet sur la situation en janvier 2025 du parc Clemenceau et sur l’historique de ce dossier.

1. Contexte initial : Une volonté de céder la parcelle (juin 2023)

La décision : Par une délibération adoptée en juin 2023, le Conseil municipal de Livry-Gargan a entériné la cession et le déclassement de la parcelle E 1819, secteur Clemenceau-Lebon-Vaujours, principale constitutive du parc Georges-Clemenceau.

L’Intérêt général évoqué : L’objectif annoncé par la ville consistait à ériger un pôle de santé assorti de logements sociaux, supposés bénéficier en priorité aux professionnels de santé, l’offre de soins médicaux de proximité étant jugée prioritaire pour les habitants. Cependant, la délibération ne mentionnait aucune clause suspensive liée à l’obtention d’une autorisation par l’Agence Régionale de Santé (ARS). Dès lors, il était légitime de s’interroger sur la destruction préalable d’un espace vert pour un projet conditionné à une décision administrative incertaine.

Une communication défaillante et orientée : Il convient de noter que les documents municipaux et la délibération ne font aucune mention explicite du parc Clemenceau, se limitant à l’usage du terme « parcelle ». Cette terminologie aboutissait à masquer la destruction d’un espace vert pourtant reconnu, dans des études commanditées par la ville elle-même, pour son rôle de corridor écologique reliant le parc de la Poudrerie à la forêt de Bondy, rôle dont le préfet faisait déjà mention dès 2015.

Cette reconnaissance en tant que « parc », officiellement admise par la mairie jusqu’en 2021, sera ensuite niée dans la communication municipale, y compris dans une vidéo filmée en contrechamp de l’espace vert, masquant ainsi les arbres du parc, refusant même de considérer ladite « parcelle » comme une zone simplement arborée.

Ce refus de reconnaissance du Parc Georges Clemenceau persiste encore en 2025, même après l’annonce de l’abandon du projet initial lorsque la municipalité évoque la « création » d’un « parc » présenté comme un « espace de nature et de loisir », évitant les termes de réhabilitation ou de réaménagement, pourtant plus appropriés pour un site à la vocation historique et écologique déjà bien établie.

A noter également que la promotion du futur « centre médical », présenté comme indispensable, s’accompagnait d’indications lacunaires : ce centre, en secteur 2 (avec dépassements d’honoraires) était prévu à proximité du Centre Municipal de Santé, sur une zone mal desservie par les transports en communs.

2. Les recommandations de la Commission d’enquête et le PLUi (été-automne 2024)

Enquête publique et recommandation n°25 (août 2024) : Dans le cadre de l’enquête publique pour la révision du PLUi (Plan Local d’Urbanisme intercommunal), la Commission d’enquête désigné par le Tribunal administratif publiait son rapport de recommandations. Dans sa recommandation n°25, la Commission, interpellé par plusieurs associations et citoyens, invitait à « reconsidérer la protection du Parc Georges Clemenceau », mettant en avant la qualité de l’argumentation en faveur de sa préservation lors de l’enquête publique et l’incohérence de vouloir préserver des cœurs d’îlot privés tout en supprimant un grand parc public. Livry Participatif faisait également mention, lors de l’enquête publique de la destruction prématurée d’une partie de sa végétation, incluant des tilleuls anciens, en période de nidification.

Validation par Grand Paris Grand Est (décembre 2024) : Le 17 décembre 2024, l’EPT Grand Paris Grand Est donnait droit à cette recommandation en classant le parc Georges-Clemenceau comme zone naturelle de loisirs dans le nouveau PLUi.

3. L’annonce du maire de Livry-Gargan

Renoncement au projet : Début décembre 2024, le maire annonçait l’abandon du projet en évoquant des « retards » dans les autorisations de l’ARS, rendant le pôle de santé inapplicable dans des délais raisonnables. Autrement dit, le pôle de santé ne serait plus réalisable dans des délais convenables, rendant caduc l’ensemble du projet. Cette justification soulève des incohérences :

  • La délibération du Conseil Municipal de juin 2023 avait enclenché la vente sans qu’il soit jamais évoqué de condition suspensive liée à l’ARS.
  • L’abattage des arbres a eu lieu avant même que la validation du projet soit confirmée par l’ARS.
  • L’absence de mention de la recommandation n°25 dans ses motifs d’annulation, la municipalité allant jusqu’à annoncer avoir elle-même demandé la sanctuarisation du parc.
  • La chronologie des évènements montre que la Commission d’enquête et le vote final du PLUi par Grand Paris – Grand Est précèdent et coïncident étroitement avec cette annonce.

Perspectives pour le parc Georges-Clemenceau

Annonce de « création d’un parc » : L’annonce municipale de la « création d’un parc » sur la parcelle Clemenceau constitue un choix de communication discutable, tant ce parc, anciennement dénommé parc du château, est un espace historique dont l’existence du château est attestée depuis le XIIe siècle, et dont le caractère naturel est encore plus ancien, faisait partie intégrante de l’ancienne forêt de Bondy.

Cette formulation soulève des interrogations sur l’avenir du site : s’agira-t-il d’un retour à son état antérieur ou d’une transformation ?

Ces différents éléments dénotent d’une absence de sincérité dans les communications relative à ce sujet, posant un problème notable majeur en termes de démocratie et de participation citoyenne, les citoyens ne pouvant apprécier les tenants et aboutissants, et la valeur d’une décision qu’en présence d’une information claire, sincère et exhaustive.

Enfin, la détermination, voire l’entêtement, avec laquelle ce projet immobilier a été défendu par la municipalité jusqu’à la fin de l’année 2024, l’absence de prise en compte, et parfois la négation, des éléments factuels s’y opposant, la communication tronquée autour du projet immobilier et les incohérences des éléments dévoilés occasionnellement, tranchent avec le motif d’absence d’autorisation de l’ARS. Une prise de conscience de l’importance du parc pour l’équilibre du quartier aurait été plus compréhensible et acceptable.