Couverture du dossier de Livry Participatif sur la protection du système écologique fonctionnel Sévigné-Salengro à Livry-Gargan, avec vue aérienne du secteur.

Protection du système écologique Sévigné–Salengro : lancement d’une pétition

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Lancement d’une pétition adressée au Préfet de la Seine-Saint-Denis

Système écologique Sévigné–Salengro
● En cours — Pétition active
Pour la protection du système écologique Sévigné–Salengro

Demande de protection effective du lac de Sévigné, de sa couronne arborée, des alignements structurants et de la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro — corridor écologique centenaire abritant des espèces protégées (martin-pêcheur, héron…).

✍ Signer la pétition sur Change.org

Livry-Gargan, 23 mars 2026 — A l’initiative de Livry Participatif, une pétition demande demande au préfet d’étudier la mise en œuvre d’une protection environnementale effective du système écologique Sévigné–Salengro à Livry-Gargan, ensemble cohérent comprenant notamment le lac de Sévigné, une couronne arborée, un alignement d’arbres structurants assurant une continuité écologique, ainsi que la chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro.

Un ensemble écologique fonctionnel au cœur d’un tissu urbain dense

Cet ensemble forme une continuité fonctionnelle stabilisée depuis plusieurs siècles, assurant des fonctions essentielles de refuge, alimentation, reproduction et déplacement pour la faune et la flore en milieu urbanisé. L’association rappelle également que ce système constitue un cadre de vie identifié par les habitants, à travers la présence d’arbres majeurs (chênes et sujets d’alignement) et d’une faune observable au quotidien.

Des enjeux naturalistes et des risques identifiés

La pétition souligne des enjeux naturalistes, notamment pour l’avifaune et les chiroptères, avec la présence d’espèces relevant de régimes de protection au titre du code de l’environnement, dont une relevant de la directive européenne « Oiseaux » (Martin-pêcheur), éléments que l’association indique avoir étayés par des observations.

Livry Participatif attire par ailleurs l’attention sur un risque immédiat et concret : la pression de promotion immobilière et la perspective d’opérations impliquant artificialisation et fragmentation d’un système écologique ancien. Sont notamment évoqués : abattages, rupture des alignements, remaniement des sols et nuisances induites. La pétition rappelle que la destruction d’un système pluriséculaire ne peut être compensé à court ou moyen terme.

Une demande principale : un Arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB)

Au cœur de la démarche, l’association demande l’engagement prioritaire d’une procédure d’Arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) visant les habitats et continuités constitutifs du système Sévigné–Salengro (lac, couronne, alignements et chênaie du 75 boulevard Roger-Salengro), afin d’encadrer strictement toute intervention susceptible de dégrader les milieux et d’empêcher des atteintes irréversibles.

À défaut d’APPB, la pétition sollicite des mesures préfectorales alternatives offrant un niveau de protection équivalent, explicitement opposables et assorties d’un calendrier, incluant notamment : prescriptions d’évitement et de réduction, interdiction des abattages et altérations d’habitats, protection des alignements et de la chênaie, gel conservatoire pendant l’instruction, suivi écologique et information du public.

Par ailleurs, le système menacé constitue actuellement un ilot de fraicheur crucial pour Livry-Gargan, sa suppression faisant courir un risque sanitaire notamment pour les populations les plus fragiles. En outre, le terrain menacé se situe sur une zone de risque hydrologique.

Une pétition ouverte aux signatures

La pétition a vocation à être transmise à Monsieur le Préfet de la Seine-Saint-Denis. Livry Participatif invite les habitantes et habitants de Livry-Gargan, ainsi que toute personne concernée par la protection des continuités écologiques urbaines, à se renseigner et à participer à la démarche.

Contact presse — Livry Participatif

contact@livryparticipatif.fr
livryparticipatif.fr

Lien de la pétition : https://www.change.org/Sévigné-Salengro

Petit ouvrage maçonné en brique et pierre avec un arc central, inscrit “1875”, au milieu d’un sous-bois verdoyant

Grand Angle : Parc de la Poudrerie, enjeux et perspectives

Biodiversité, bâti XIXᵉ et mémoire ouvrière — enjeux et perspectives

Le Parc forestier de la Poudrerie, plus qu’un simple parc urbain arboré, est une étendue forestière, vestige significatif de l’ancienne forêt de Bondy, un biotope qui couvrait initialement plus de 3 000 hectares il y a deux siècles. Au contact direct des tissus urbains environnants, il constitue aujourd’hui un espace de nature majeur au sein d’un territoire fortement anthropisé. Sa fréquentation est très élevée (environ 1,5 million de visites en 2022). Ce biotope a survécu aux épreuves du temps et requiert désormais des stratégies de gestion et de préservation adaptées à son environnement urbain immédiat, en considérant non seulement son importance écologique, mais aussi son riche héritage culturel.

La Poudrerie nationale de Sevran-Livry, décidée sous le Second Empire et ouverte en 1873, la structure paysagère et l’empreinte bâtie du site demeurent indissociables de l’histoire du parc. Le choix d’implantation répondait à des impératifs de sécurité tout en tirant parti d’une desserte logistique efficace (réseaux fluvial et ferroviaire). L’adoption de la vapeur comme source d’énergie motrice illustrait alors une avancée technologique notable, emblématique de l’esprit d’innovation de l’époque.

Après la fermeture industrielle (1969-1973), la décision d’en faire un parc forestier public a tourné une page importante de l’histoire locale. Les efforts de conservation et la transformation du site en grand parc urbain ont assuré la pérennité de son héritage historique, culturel et environnemental. Aujourd’hui, le parc de la Poudrerie se présente comme un témoin vivant de l’histoire industrielle régionale, articulant patrimoine et espaces de nature ouverts aux usages récréatifs des habitants du territoire.

Cette trajectoire consacre une double vocation désormais indissociable : la conservation d’un patrimoine naturel et paysager remarquable et la transmission d’un héritage industriel et technique singulier (traces d’ouvrages, bâtiments résiduels, trames viaires et hydrauliques), garantissant une cohabitation exigeante mais féconde entre histoire et nature au cœur de la ville.

Pour autant, la pérennité du parc reste conditionnée à une gestion fine des pressions : érosion et piétinement des sous-bois, conflits d’usages, vulnérabilités d’un patrimoine bâti encore fragile, difficultés ponctuelles d’entretien aux abords. Ces enjeux imposent d’articuler, dans la durée, les exigences des statuts de protection avec la réalité d’un grand parc urbain très fréquenté, en tenant compte de son inscription paysagère dans la Plaine de France et de ses continuités écologiques avec les corridors hydrauliques et les boisements périphériques. Depuis sa fondation, le parc a, de surcroît, été marqué par des phases de gestion alternant avancées et reculs, ce qui renforce l’exigence d’un pilotage lisible et outillé.

Géographie

Localisation

Le Parc forestier de la Poudrerie se situe à l’intersection de quatre municipalités (Sevran, Livry-Gargan, Villepinte et Vaujours) avec la commune de Tremblay-en-France en proximité immédiate. L’ensemble occupe l’extrémité nord-est de la Seine-Saint-Denis, en lisière de l’agglomération dense de la métropole parisienne, à la jonction de tissus urbains résidentiels et d’axes structurants régionaux.

Le parc forme une entité forestière d’environ 145 hectares, dont 119 hectares ouverts au public. À 12 kilomètres au nord-est de Paris, il est traversé par la voie ferrée Paris–Soissons et par le canal de l’Ourcq, véritable colonne vertébrale paysagère et de mobilité douce.

Par commune, les rues limitrophes suivantes structurent les interfaces d’accès et de perception :

  • Vaujours : allée des Sablons, allée Eugène-Burlot, chemin de Villepinte, boulevard Jacques-Amyot
  • Villepinte : avenue du Général-Delestraint, rue des Fraisiers
  • Livry-Gargan : rue du Docteur-Roux, rue Paul-Vieille, avenue Louis-Maurel, place H.-Joseph d’Autriche
  • Sevran : allée Apollinaire, allée Jacques-Decour, allée Rameau, allée Boieldieu, allée Van-Beethoven, allée Léon-Jouhaux, chemin du Baliveau, rue d’Estienne d’Orves, avenue du Maréchal-Lyautey, avenue Henri-Barbusse

Repère de statut. Au sein de cet ensemble, le site classé (loi de 1930) couvre 116 hectares (décret de 1994). Cette surface protégée s’inscrit dans l’aire du parc (≈ 145 ha) et explique certaines contraintes réglementaires spécifiques évoquées plus loin.

Description

L’environnement urbain immédiat est composé majoritairement de quartiers résidentiels de maisons individuelles, ponctués d’îlots d’habitat collectif plus denses. Le profil socio-économique du secteur présente des fragilités, qui se traduisent notamment par des attentes fortes en matière d’espaces publics de qualité, de nature de proximité et de parcours sécurisés. Le parc s’inscrit dans le périmètre de la Ceinture verte régionale et longe le corridor écologique structuré par le canal de l’Ourcq, ce qui renforce son rôle de réservoir de biodiversité et de maillon de continuités écologiques à l’échelle intercommunale.

L’accessibilité piétonne et cyclable est assurée par une multiplicité de portes réparties autour du périmètre. Deux polarités concentrent cependant l’essentiel des flux visiteurs : la porte de Sevran au pont de l’Ourcq et l’entrée à proximité des parkings principaux côté Livry-Gargan/Vaujours. Deux secteurs ne sont pas ouverts au public : le Bois de la Tussion au nord-est, fermé depuis avril 2000 en raison d’un aléa naturel de dissolution du gypse et de risques d’effondrement ; un secteur écologique au sud-est, maintenu en zone de quiétude et de protection, non accessible afin de préserver des habitats sensibles.

La composition interne alterne boisements, clairières, prairies, pelouses, mares et plans d’eau, maillés par un réseau de chemins piétons et itinéraires cyclables. Le parc conserve des bâtiments et ouvrages hérités de la poudrerie impériale puis nationale, repères du récit historique, ainsi que des aménagements contemporains correspondant à ses usages d’espace vert de loisirs (aires de jeux, sanitaires, mobiliers). À noter que certains espaces situés dans l’emprise générale ne relèvent pas de la gestion directe du parc : golf départemental, rives du canal (propriété des Services des Canaux de la Ville de Paris), poney-club et jardins familiaux.

Parc forestier de la Poudrerie : plan général et accès (Sevran–Livry-Gargan–Villepinte–Vaujours)

Environnement forestier (ancienne forêt de Bondy)

Au début du XIXᵉ siècle, la forêt de Bondy couvrait la quasi-totalité du quadrant nord-est du département. Les territoires d’Aulnay-sous-Bois, Bondy, Clichy-sous-Bois, Coubron, Livry, Montfermeil, Pavillon-sous-Bois, Rosny-sous-Bois, Vaujours et Villemomble formaient alors autant de clairières dans un massif continu.

L’extraction du gypse, l’exploitation forestière puis l’urbanisation liée aux dynamiques démographiques et industrielles de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle ont entraîné un rétrécissement substantiel de ce massif.

Aujourd’hui, il subsiste environ 400 hectares de cette forêt originelle, répartis principalement entre le Parc forestier de la Poudrerie et la forêt régionale de Bondy. Au sein de ce reliquat, la Poudrerie cumule un statut de protection élevé : elle constitue le seul site forestier classé de Seine-Saint-Denis (loi de 1930, cf. Repère de statut). Cette dissociation entre surface classée et emprise globale explique certaines discontinuités de protections aux marges, notamment sur des secteurs historiques non classés lors du décret d’origine.

Accessibilité et Liaisons

L’accessibilité par transports collectifs est satisfaisante à l’échelle locale, avec deux gares RER B — Sevran-Livry et Vert-Galant — situées à distance pédestre ou cyclable, ainsi qu’un éventail d’une dizaine de lignes de bus desservant les différents quartiers riverains.

La connectivité routière est fonctionnelle dans un rayon de proximité, mais le parc demeure peu lisible à l’échelle régionale : signalétique parcimonieuse, points d’accès discrets et interfaces parfois éloignées des grands axes.

La capacité de stationnement est limitée et concentrée à l’entrée principale (environ 250 places), ce qui contribue à contenir l’affluence automobile mais reporte l’effort sur la qualité des cheminements doux.

La présence du canal de l’Ourcq offre une épine dorsale cyclable continue reliant le parc au cœur de Paris et à d’autres grands espaces verts métropolitains ; depuis le bassin de la Villette, on accède au parc en environ 50 minutes à vélo en suivant le chemin de halage.

Au nord, l’adossement à un tissu résidentiel relativement dense crée un effet d’enclave qui renforce la fonction de lisière du parc. Au sud, la nationale 3 (profil à quatre voies) constitue une coupure majeure avec la forêt de Bondy, rendant plus stratégiques encore les liaisons douces et les franchissements existants ou potentiels.

L’environnement proche comprend des établissements scolaires (collège et lycée horticole à Vaujours, lycée à Sevran) et un projet de collège intercommunal Sevran/Livry-Gargan, autant d’équipements générateurs de fréquentation pédagogique et de potentialités de partenariats éducatifs. Bien que proche des centres-villes de Sevran, Vert-Galant et Livry, le parc n’est jouxté par aucun commerce, ce qui conforte sa vocation d’espace de nature et limite les nuisances d’activités.

Rôle régional et interfaces

Continuités écologiques et paysagères. Dans l’armature verte de l’Île-de-France, la Poudrerie occupe une position charnière : maillon de trames vertes et bleues connectées au canal de l’Ourcq et à la Ceinture verte, elle relie les grands espaces naturels de la Plaine de France aux parcs urbains de l’est parisien. La présence d’habitats humides (mares, fossés, berges) et de peuplements forestiers mûrs renforce l’intérêt écologique d’ensemble, notamment pour des espèces patrimoniales d’oiseaux et de chiroptères suivies à l’échelle régionale.

Fonctions sociales et récréatives. Le parc répond à une forte demande de nature ordinaire et d’activités libres (marche, course, vélo), avec un rayonnement principalement local et des usages métropolitains lors d’événements. Cette polyvalence exige une gestion fine des flux et une concertation continue avec les communes riveraines, afin d’équilibrer accueil du public, préservation écologique et lecture patrimoniale.

Interfaces urbaines et services écosystémiques. Dans le gradient entre milieux urbains denses et franges plus rurales de la Plaine de France, la Poudrerie agit comme zone tampon : atténuation des îlots de chaleur, infiltration et filtration, refuges de biodiversité, bien-être. Le maintien de zones de quiétude non ouvertes au public, conjugué à des liaisons douces structurées, constitue un levier pour préserver les fonctionnalités écologiques sans renoncer à l’accueil d’un large public.

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Histoire

Origines et Fondation

L’Empereur Napoléon III

La poudrerie impériale de Sevran-Livry, créée par décret en décembre 1865 sous le règne de Napoléon III, constitue un jalon majeur de l’industrie nationale des poudres. Conçue en 1867 par l’ingénieur Gustave Maurouard, elle répond à un double objectif : consolider le monopole d’État des poudres de commerce et inscrire cette production stratégique dans un mouvement de modernisation et de centralisation des industries sensibles.

Le choix du site s’explique par une combinaison de sécurité et de logistique : desserte fluviale par le canal de l’Ourcq et ferroviaire par la ligne de La Plaine à Hirson et Anor, et éloignement suffisant des bourgs de Sevran et de Livry-Gargan (au-delà de deux kilomètres) pour satisfaire les exigences de sûreté liées aux fabrications et au stockage d’explosifs.

Les travaux débutent en 1868, interrompus par la guerre franco-allemande de 1870. La mise en service intervient en 1873. L’établissement se singularise très tôt par l’adoption de la vapeur comme énergie motrice (une avancée déterminante par rapport aux entraînements hydrauliques) qui accompagne un saut technologique dans l’outillage, la continuité des cadences et l’organisation de la sécurité.

Dès l’origine, l’usine s’ordonne selon un plan en éventail structuré par un axe nord-sud : bâtiments disposés en demi-cercle autour d’un moteur central, séparation fonctionnelle des ateliers et cloisonnement des zones à risque. Le site produit des poudres de commerce et devient un lieu d’essais et d’innovations pour de nouvelles substances propulsives et explosives, dans le sillage des progrès de la chimie et de la balistique de la fin du XIXᵉ siècle.

Début XXᵉ siècle et Première Guerre mondiale

Au tournant du XXᵉ siècle, la poudrerie de Sevran-Livry s’affirme comme centre d’innovation et de production à grande échelle. La montée en puissance est nette dès 1914 : pendant la Première Guerre mondiale, l’établissement devient un site stratégique de l’effort national, mobilisant plus de 3 200 ouvriers et concentrant la production de poudre B (poudre sans fumée à base de nitrocellulose) destinée à l’armement. La logistique combinée rail-canal absorbe les flux de matières premières et facilite l’expédition, tandis que l’organisation en ateliers spécialisés et l’isolement des zones dangereuses soutiennent la continuité d’activité dans un contexte de forte contrainte.

Seconde Guerre mondiale

L’entre-deux-guerres s’accompagne d’une réduction d’activité, mais la montée des tensions internationales relance, dès 1937, les fabrications de poudres d’armement. Cette progression se poursuit jusqu’en mai 1940, date de l’occupation du site. La société allemande Firma Buck s’y installe à des fins militaires.

Une reprise partielle de productions civiles est organisée en 1941 sous l’autorité de Louis Médard, avant d’être rapidement interdite par l’occupant. À l’été 1944, le personnel s’implique dans la Résistance en fabriquant clandestinement des explosifs ; le site est libéré le 26 août 1944, refermant une séquence où la poudrerie aura conservé un rôle industriel et symbolique déterminant.

Réforme et fermeture

Après la Libération, en 1945, l’établissement reprend des fabrications à usages militaires et civils sous la direction rétablie de Louis Médard. Les années 1950 voient un rebond sur certains segments (notamment les cartouches de chasse) et la poursuite de recherches et d’essais sur poudres propulsives et explosifs. Fin 1951, les effectifs hors laboratoires atteignent 658 personnes, témoignant d’un niveau d’activité encore significatif.

Le traité de Rome (1957) et la réforme du Service des poudres engagent une restructuration nationale. La fermeture programmée de la poudrerie de Sevran-Livry s’inscrit dans ce mouvement : les productions propulsives et les propergols pour moteurs-fusées sont transférés vers Bergerac, Saint-Médard-en-Jalles et Pont-de-Buis, tandis que les laboratoires rejoignent le Centre de recherches du Bouchet (Essonne).

De 1969 à 1971, les installations cessent progressivement leurs activités, à l’exception du laboratoire de la Commission des substances explosives, qui poursuit jusqu’en 1973. À cette date, un siècle après la mise en service de l’usine, les dernières fonctions résiduelles sont déplacées vers le Centre d’études et de recherches des Charbonnages de France à Verneuil-en-Halatte.

René Amiable, dernier directeur et fondateur du musée, avec l’appui de l’historien Jean Astruc et d’acteurs locaux, se mobilise alors pour sauvegarder le territoire boisé (environ 137 hectares) et les vestiges les plus significatifs : bâtiments rescapés et éléments de l’ancienne chaîne d’entraînement mécanique (arbres de transmission autour du moteur central). Cette action prépare, dans les décennies suivantes, la reconversion en parc forestier, préservant une trame paysagère et technique unique où l’héritage industriel demeure lisible dans l’organisation des lieux.

Biodiversité et écosystèmes

Le Parc forestier de la Poudrerie réunit, dans un périmètre relativement contraint, un ensemble de milieux naturels complémentaires qui expliquent sa valeur écologique élevée en contexte urbain dense. La présence d’un réseau de zones humides, de boisements à forts diamètres, de clairières et de lisières diversifiées, ainsi que la proximité fonctionnelle du canal de l’Ourcq, installent un mosaïque d’habitats dont les continuités écologiques dépassent les seules limites du parc. Cette configuration, héritée de l’histoire industrielle du site et des opérations de reboisement et de reconversion, fonde à la fois la richesse spécifique observée et la sensibilité des équilibres écologiques aux usages contemporains.

Cadre écologique de référence

L’aire du parc s’inscrit dans un dispositif de protections et de reconnaissances écologiques qui structurent la gestion au quotidien. Le site classé (loi de 1930) vise la préservation du caractère pittoresque et de la composition historique, avec des effets collatéraux positifs sur les habitats.

Le parc est en outre intégré depuis 2006 au site Natura 2000 multisites de Seine-Saint-Denis (1157 ha, 15 parcs et forêts), dont l’objectif principal est la conservation d’une douzaine d’espèces d’oiseaux devenues rares en Europe. Il est également concerné par deux ZNIEFF : type 1 « Parc forestier de Sevran, Bois de la Tussion et Bois des Sablons » et type 2 « Massif de l’Aulnoye, Parc de Sevran et Fosse Maussoin ». Les inventaires ANCA (12/2022) proposent une évolution du contour de la ZNIEFF de type 1 et soulignent l’importance conjointe des cortèges forestiers et de ceux inféodés aux milieux aquatiques et humides.

Typologie des milieux et structure des habitats

La structure écologique du parc repose sur une trame forestière continue à laquelle s’agrègent des milieux ouverts et humides. Le boisement principal, composé de strates d’âges variés, offre une canopée haute générant des gradients lumineux et des micro-habitats favorables à la nidification des pics et au cortège d’oiseaux forestiers.

Les clairières et prairies, souvent héritées d’anciennes emprises d’ateliers ou alignées sur des axes historiques, apportent une composante herbacée et entomologique utile à l’alimentation de l’avifaune et des chiroptères.

Les mares, fossés, suintements et plans d’eau, en liaison plus ou moins directe avec le canal de l’Ourcq, dessinent un filet hydrologique interne jouant un rôle de nurserie pour l’herpétofaune et de halte pour certaines espèces en transit. Ce maillage aquatique a une origine industrielle (pièces d’eau et mares alimentées par les écoulements et la condensation des machines, avec exutoire vers le canal) et explique en partie la valeur actuelle des zones humides.

Les lisières diversifiées, en contact avec les quartiers riverains, forment enfin des transitions écotones où la flore des bords de chemin et le buissonnement fournissent abris et ressources trophiques.

Fonctions écologiques et services écosystémiques

La combinaison de grands arbres, de bois mort, d’îlots de quiétude et d’un réseau d’eaux calmes offre un panel de fonctions écologiques rarement réuni en première couronne. Sur le plan microclimatique, la canopée et les strates arbustives contribuent à modérer les températures et à améliorer le confort d’usage en période estivale.

D’un point de vue hydrologique, les zones humides et les sols forestiers favorisent l’infiltration, la décantation des matières en suspension et la restitution progressive des eaux, ce qui limite localement les ruissellements. L’ensemble participe à des services rendus aux habitants (bien-être, loisirs de nature, pédagogie environnementale).

Avifaune

La richesse ornithologique du parc s’explique par l’articulation de trois familles d’habitats déterminants.

— Milieux aquatiques et rivulaires : accueil du martin-pêcheur d’Europe, espèce sensible au dérangement et à la turbidité.

— Boisements à forts diamètres : présence de cavités, chandelles et bois mort permettant l’installation et la reproduction de pics forestiers recherchés, dont le pic mar et le pic noir.

— Clairières, prairies et lisières : diversification des passereaux, zones de gagnage et de repos en marge des axes internes.

La présence de ces espèces indicatrices impose un calage saisonnier des interventions d’entretien et de sécurité, ainsi qu’une maîtrise des usages sur les secteurs de quiétude identifiés.

Chiroptères, herpétofaune et entomofaune

La présence de chiroptères est attestée par des indices matériels relevés dans certains bâtiments et ouvrages historiques (guano, restes d’insectes, indices de gîtes), avec un potentiel d’accueil déjà signalé par les ZNIEFF 2011-2012. L’accès restreint de certains édifices a toutefois limité la détermination spécifique, ce qui appelle des inventaires complémentaires.

Les milieux humides internes et périphériques abritent une herpétofaune typique des mares et fossés, dont la diversité dépend de la qualité de l’eau, de la connectivité entre points d’eau et du maintien d’une végétation rivulaire diversifiée.

L’entomofaune, liée aux prairies et aux ourlets ensoleillés, bénéficie de la gestion différenciée des fauches et de la présence de zones refuges non fauchées en période de reproduction.

Flore, boisements matures et bois mort

Les composantes floristiques reflètent l’histoire des plantations, des recolonisations naturelles et des successions secondaires. Les peuplements arrivés à maturité présentent des diamètres et des volumes suffisants pour constituer des habitats d’intérêt pour les espèces cavernicoles et saproxyliques ; le maintien d’un volume de gros bois et de bois mort, compatible avec la sécurité des usagers, demeure une condition écologique majeure.

La flore des zones humides, berges et suintements participe à la filtration/épuration et structure des cortèges d’intérêt à l’échelle locale. Des lisières stratifiées privilégiant des arbustes indigènes assurent une ressource mellifère et fruitière étalée dans le temps.

Continuités écologiques et connectivité

Le parc occupe une position charnière dans les continuités écologiques de la plaine. Le canal de l’Ourcq fonctionne comme axe de dispersion et de déplacement pour l’avifaune, les chiroptères et certains invertébrés (cf. Géographie – Rôle régional et interfaces).

Les liaisons vers la forêt régionale de Bondy, vers les franges boisées à l’est et, plus largement, vers les parcs et espaces ouverts voisins, limitent l’isolement écologique du site. La qualité de ces corridors tient autant à la perméabilité des ouvrages et interfaces (ponts, talus, pieds d’infrastructures) qu’à une gestion soignée des lisières et des traversées piétonnes/cyclables.

Pressions, vulnérabilités et facteurs de perturbation

La fréquentation soutenue, valorisée au regard des objectifs sociaux du parc, constitue une pression à organiser. Le piétinement des sous-bois, la création de trajets informels et la circulation de cycles hors des parcours prévus fragilisent certains habitats.

Dans les milieux humides, perturbations de berges, matières en suspension et micro-pollutions dégradent les habitats de reproduction et d’alimentation. Les dérangements en période de nidification, particulièrement sensibles pour les espèces phares, nécessitent itinéraires alternatifs, jalonnements et signalétique temporelle.

Les espèces exotiques envahissantes (contextes ripariens et friches urbaines) constituent un facteur de banalisation à contenir par des interventions régulières, ciblées et suivies.

Enfin, la sécurité des usagers, qui impose des coupes de sécurité, doit être conciliée avec le maintien de bois mort et d’arbres à cavités.

Orientations de gestion écologique

Les axes d’action prioritaires, tels qu’ils ressortent de l’état des lieux et des documents de référence, se concentrent sur des mesures simples, récurrentes et évaluables :

  • Zones humides : entretien des mares et fossés, restauration de berges végétalisées, maîtrise de la turbidité.
  • Quiétude biologique : définition de fenêtres saisonnières, mises en défens temporaires de linéaires sensibles, jalonnement des itinéraires et adaptation de la programmation événementielle.
  • Boisements matures : maintien de gros bois et d’arbres à cavités avec hiérarchisation des sujets à conserver ; zones de rétention de bois mort au sol compatibles sécurité.
  • Milieux ouverts : fauche tardive et conservation de zones refuges pour soutenir entomofaune, chiroptères et avifaune.
  • EEE : surveillance régulière, arrachages ciblés et suivi des résultats.

L’ensemble de ces mesures s’articule avec les objectifs écologiques, la lecture patrimoniale des axes historiques et les exigences d’accueil du public, en cohérence avec les statuts de protection.

Transformation, usages, classement et labélisation

1973–1977 : Fermeture de l’usine et promesse d’un parc

En 1973, la Poudrerie nationale de Sevran-Livry cesse ses activités industrielles. Le vaste site, ponctué d’ateliers, d’étangs techniques et de merlons (buttes anti-déflagration), devient un espace à risques, interdit au public. L’État arbitre rapidement : le 13 septembre 1974, un arbitrage interministériel retient la création d’un grand espace vert ouvert aux habitants. Le 24 décembre 1975, un décret en Conseil des ministres acte la création d’un « parc national forestier » sur les parties boisées de l’ancienne poudrerie. Le foncier demeure propriété de l’État (transfert du ministère des Armées vers celui de la Qualité de la Vie) et une convention du 18 juin 1976 confie la gestion à l’Office national des forêts (ONF).

La transition est décisive : dépollution, démolition de plusieurs centaines de bâtiments industriels vétustes et potentiellement dangereux, sécurisation. À l’été 1976, environ 300 constructions sont rasées. Sur les emprises dégagées, pelouses et replantations reconstituent la matrice forestière ; les anciens alignements d’ateliers laissent place à des clairières. Quelques bâtiments sont conservés en vue d’usages futurs, d’autres partiellement démolis, d’autres enfin restent en attente de projet. Dès 1977, une première portion du parc ouvre : l’usine close amorce sa transformation en vaste espace de nature et de promenade, et la promesse d’un parc public s’engage, avec l’enjeu d’articuler mémoire industrielle, renaturation et futurs usages.

1977–1994 : Ouverture complète et premiers équilibres

Les années suivantes installent un triptyque « accueillir, entretenir, raconter ». En 1982, le parc est entièrement ouvert dans son périmètre actuel. La même année, l’ancien magasin au salpêtre devient un musée technique des poudres et de l’armement (cf. Le Musée de la Poudrerie). Parallèlement, l’ONF conduit une reconquête verte : reboisements, pelouses entretenues, élargissement d’allées en prairies selon les usages. La trame arborée recouvre peu à peu la topographie industrielle (fondations, canaux, merlons), tout en conservant la lisibilité des grands axes du XIXᵉ siècle.

Côté habitants, les usages se structurent. Dès 1980 naît l’Association des usagers du parc, future Association des Amis du Parc, qui fédère visites guidées, expositions, promenades nature et médiations. Cette parole citoyenne complète la gestion forestière : besoins de propreté, questionnement sur certaines coupes, plaidoyer pour la sauvegarde des derniers témoins bâtis. Le parc devient à la fois lieu de promenade et support d’une mémoire industrielle locale.

La transformation se poursuit dans les années 1980 : démolitions des structures inutiles ou dangereuses. Environ 90 % du bâti historique disparaît ; subsistent une trentaine de bâtiments fonctionnels (ateliers, entrepôts, logements) et quelques ouvrages disséminés. Le remodelage — d’une usine dense vers une forêt-parc aérée — conserve les éléments structurants. À la fin de la décennie, un premier équilibre s’établit entre nature régénérée et patrimoine industriel minimal.

1994–2006 : Classement patrimonial, crise budgétaire et nouvelle gestion

Le 21 avril 1994, un décret classe le parc au titre de la loi de 1930 pour ses qualités historiques et pittoresques. Le classement consacre à la fois un reliquat de l’ancienne forêt de Bondy et les derniers témoins d’architecture industrielle du XIXᵉ siècle ; il implique une vigilance accrue sur les interventions lourdes (respect des axes, perspectives, masses boisées).

La fin des années 1990 connaît une crise de moyens : en 1995, la subvention spéciale à l’ONF est supprimée. Entretien et surveillance reculent ; propreté et bâti se dégradent. La mobilisation s’organise (associations, pétition de grande ampleur, délibérations municipales). En 1999, la gestion est transférée à l’Agence des espaces verts d’Île-de-France (AEV), qui prend aussi, en 2000, les bois de la Tussion et des Sablons pour une gestion cohérente. L’ambition demeure : accueillir un public croissant, préserver la mémoire du lieu et poursuivre la renaturation engagée vingt ans plus tôt. En 2006, le parc intègre le dispositif Natura 2000 (directive Oiseaux) au sein d’un site multi-sites départemental.

2006–2011 : Natura 2000 et passage de témoin au Département

Après l’entrée en Natura 2000, une transition de gouvernance s’opère. Dès 2010, l’AEV se désengage progressivement. Par convention tripartite, au 1ᵉʳ janvier 2011, la gestion opérationnelle est confiée au Département de la Seine-Saint-Denis, en partenariat avec la Région et l’État (le foncier demeurant à l’État).

S’ouvre une phase d’ingénierie quotidienne sur un site classé unique en Seine-Saint-Denis : concilier usages croissants et préservation, canaliser circulations douces et VTT sans dénaturer le lieu, sécuriser les ruines sans en altérer la valeur, entretenir fossés, mares et lisières, arbitrer le sort des bâtiments (conservation, transformation, déconstruction) avec les services de l’État.

2012–2019 : Stabiliser, raconter, reconnaître

La décennie suivante consolide les atouts du parc. Le Musée de la Poudrerie, pivot culturel installé dans l’ancien magasin reconverti, poursuit sa mission. Les associations d’usagers développent les médiations (animations nature, visites historiques, accueil scolaires). Les inventaires naturalistes se précisent ; la présence de chiroptères dans certains bâtiments impose diagnostics et précautions avant rénovation.

En 2017, une convention de délégation de gestion conforte le Département comme gestionnaire, entérinant l’accord État–Région–Département. La coexistence avec d’autres gestionnaires perdure : le canal de l’Ourcq, propriété de la Ville de Paris, requiert des coordinations spécifiques (berges, signalétique, franchissements). Cette pluralité impose une vigilance pour préserver l’unité d’ensemble.

En 2019, la Région Île-de-France classe plusieurs arbres remarquables (deux séquoias géants sur la perspective Dautriche/Maurouard, chênes « doublettes », un peuplier noir très incliné, un orme champêtre isolé). La sylviculture évolue : la canopée est traitée comme un patrimoine à part entière (port libre, renouvellement naturel raisonné, prise en compte du changement climatique, gestion du bois mort). Le patrimoine naturel prend ainsi toute sa place aux côtés du patrimoine historique.

2019–2024 : Vers une protection étendue ?

À partir de 2019, l’extension du site classé revient au premier plan afin de recoudre des lisières restées hors du périmètre de 1994 (portes historiques, anciennes emprises bâties). En février 2019, la parcelle de l’ancienne porte de la Marine (sud-ouest) et la parcelle Dautriche (nord) sont inscrites sur la liste indicative des sites à classer. Le CGEDD émet un avis favorable en 2021 ; le dossier technique est élaboré en 2022-2023 ; une enquête publique est programmée en 2024. L’extension proposée (≈ 12 ha : 3,5 ha à Livry-Gargan, 8,5 ha à Sevran) porterait le total classé à ≈ 128 ha, parachevant la protection et assurant une continuité paysagère et de gestion.

La diversité des propriétaires explique la progressivité du processus : cœur historique propriété de l’État (ministère de l’Écologie) géré par le Département ; canal de l’Ourcq relevant de la Ville de Paris ; ancienne caserne nord réhabilitée en résidence sociale ; pavillon de lisière sud privé ; parcelles autour du musée appartenant au ministère des Armées, certaines en cession à l’EPF. Chaque secteur requiert conventions dédiées, calendriers alignés et diagnostics, d’où une extension conduite par étapes concertées.

Parallèlement, les attentes locales s’aiguisent : piétinement hors allées, sentiers informels, intrusions de vélos, assèchement saisonnier de mares, dépôts sauvages à certaines entrées (porte de la Marine). Les bénévoles demandent périodes de quiétude, balisage renforcé, restauration écologique des berges et études faunistiques préalables aux travaux sur le bâti. La gestion départementale ajuste en retour : entretien différencié, hiérarchisation des cheminements, calibrage des coupes de sécurité. En jeu : concilier biodiversité et accueil, à l’aube d’un périmètre étendu et d’une gouvernance clarifiée.

Le Musée de la Poudrerie : mémoire vivante de l’usine

Créé en 1982, le Musée de la Poudrerie est la pièce maîtresse de la mise en valeur historique du site. Installé dans l’ex-magasin au salpêtre, il retrace plus d’un siècle d’épopée industrielle à Sevran-Livry. Né à l’initiative de quatre acteurs — René Amiable (dernier directeur), Jean Astruc (historien local), Marius Bœuf et Suzanne Rigal-Herbin — il devient en 1990 le Musée technique des poudres et de l’armement. Le parcours, en plusieurs salles, présente la fabrication des poudres et explosifs et l’évolution des technologies, de la poudre noire à la poudre B (1884, Paul Vieille) puis aux propergols solides, ainsi que des focus sur les poudres propulsives et les cartouches de chasse.

Le parcours consacre aussi une section aux ouvriers (vie quotidienne, métiers, risques) et traite du fort de Vaujours, site voisin historiquement lié à des essais de missiles utilisant des explosifs produits à Sevran. Machines, outils, maquettes et archives restituent l’ambiance de la manufacture et rappellent l’importance stratégique du site pour la défense nationale.

En 2019, le musée et des bâtiments historiques voisins bénéficient de plus de 200 000 € via le Loto du Patrimoine (programme Stéphane Bern) et la Fondation du Patrimoine : mise en sécurité de l’ancien magasin de poudres, restauration d’un laboratoire, rénovation d’un hangar emblématique. En parallèle, le Département et la Fondation lancent un appel aux dons pour les édifices en péril. Cette mobilisation, destinée à prévenir la ruine de structures du XIXᵉ siècle et à valoriser ce patrimoine, permet au musée de poursuivre sa mission de transmission de la mémoire ouvrière et technique au cœur du parc.

Gestion et gouvernance du parc : une gestion complexe et perfectible

1975–1995 — Un modèle ONF sous soutient de l’État, puis rupture de financement

Depuis sa création, la gestion du Parc forestier de la Poudrerie a alterné avancées et reculs, à l’image d’un statut et de financements complexes. De 1975 à 1995, l’ONF assure l’aménagement et l’entretien grâce à une ligne budgétaire de l’État. La suppression de cette subvention en 1995 plonge le parc dans l’incertitude et suscite une forte mobilisation des usagers et des élus. En 1999, l’intervention conjointe de la Région Île-de-France et de l’AEV stabilise la situation : la Région finance intégralement les investissements et 40 % du fonctionnement ; le Département et l’État complètent. Ce plan, jugé indispensable, transfère la gestion quotidienne à l’AEV avec des moyens renforcés. Pierre-Charles Krieg, alors président de l’AEV, en souligne le caractère impératif pour la conservation du site.

1999–2011 — AEV : remise à niveau sans pilote stratégique unique

Les années 2000 cherchent un modèle de gouvernance pérenne. En 2004, l’Association des Amis du Parc publie Le Patrimoine bâti rénové et adopte deux motions en assemblée générale (février 2004) :

  1. réhabiliter le patrimoine bâti dans un plan global et cohérent (idée d’un comité de pilotage proposée dès octobre 1999) ;
  2. créer rapidement une structure opérationnelle dotée d’un réel pouvoir décisionnel.

En 2008, l’association adresse une lettre ouverte aux élus : elle demande une cellule de pilotage avec budget propre et personnel sur site (entretien, gardiennage), un schéma directeur à dix ans (projet d’ensemble, programmation d’investissements, répartition des rôles) et une gouvernance clarifiée, la fréquentation annuelle dépassant alors le million de visites. Malgré la remise à niveau conduite par l’AEV, aucun dispositif stable et lisible n’est instauré.

La fin des années 2000 voit évoluer le contexte institutionnel : la pérennité de l’engagement de l’AEV est questionnée ; le Département de la Seine-Saint-Denis se projette à nouveau dans un rôle de premier plan ; l’AEV amorce un retrait progressif à Sevran (cf. IV pour la transition). Reviennent les interrogations : sans AEV, quel portage ? Retour à un pilotage départemental ? Qui défend le dossier à l’échelle régionale ? Ces incertitudes révèlent l’absence d’un statut adapté (établissement public dédié ou syndicat mixte) pour ancrer la gestion dans la durée.

2011–2016 — Département gestionnaire : conventions et angles morts

Pour pallier la fragilité de la gouvernance, l’idée d’un syndicat mixte émerge au début des années 2010, avec le Département en chef de file aux côtés de la Région et des communes. Le projet n’aboutit pas. Depuis 2011, la gestion repose sur des conventions tripartites renouvelées (État propriétaire, Département gestionnaire, Région financeur) — montage peu lisible pour le public.

Parallèlement, le parc s’inscrit dans les politiques territoriales. À l’échéance du CPRD 93 (2013), la nécessité d’investissements dédiés est soulignée. En 2014, un Conseil des usagers examine une étude de pré-programmation (A&C) esquissant un pôle « nature–culture–mémoire » articulant patrimoine bâti et naturel ; des arbitrages restent à trancher entre fonctions patrimoniales (musée, expositions) et animations (sport, loisirs). Dans le CDT Est Seine-Saint-Denis soumis à enquête mi-2014, le parc est intégré à un arc paysager le long du canal de l’Ourcq. L’Autorité environnementale demande de renforcer continuités écologiques et liaisons vertes (via SDRIF et PLU), consacrant le rôle structurant du site dans la trame verte du nord-est parisien.

2016 — Pétition « Parc en danger » : seuil d’alerte et conditions d’action

En 2016, l’Association des Amis du Parc forestier de la Poudrerie (APFP) estime que le parc est « en danger » et porte une pétition demandant :

  1. que l’État n’abandonne pas le seul site classé qu’il possède en Seine-Saint-Denis et s’engage très rapidement à des actions de sauvegarde du patrimoine naturel et bâti, ainsi que du patrimoine poudrier ;
  2. qu’une solution pérenne de gestion soit enfin trouvée, intégrant la Région Île-de-France et le Département ;
  3. que les partenaires associatifs œuvrant à la préservation et à l’animation de cet espace naturel soient associés à la gouvernance du parc.

Cette mobilisation, soutenue par de nombreux acteurs locaux et plusieurs associations de protection de l’environnement, réactive le débat sur le pilotage, la programmation d’investissements et la participation des usagers.

Enjeux et défis actuels

Patrimoine naturel : milieux, fréquentation et continuités écologiques

Espace vert majeur en zone dense, le parc paraît exposé à une surfréquentation et à des incivilités susceptibles d’affecter les milieux : piétinement des sous-bois, tassement des sols, érosion locale de merlons, dérangements faunistiques. Les circulations VTT hors sentiers et la piste cyclable interne interrogent, pour certains tronçons, la compatibilité avec les objectifs de conservation (cf. chap. III). Les moyens de surveillance et de gardiennage semblent, à ce stade, parfois en deçà des usages.

Des ajustements opérationnels pourraient possiblement être envisagés : fenêtres de quiétude saisonnières, mises en défens temporaires, gestion différenciée des prairies et lisières, jalonnement plus lisible et médiation renforcée sur les périodes de nidification et la fragilité des berges/mares (cf. chap. III §9). Une articulation plus fine entre animations et périodes écologiques clés limiterait les conflits d’usages.

À l’échelle intercommunale, la fragmentation urbaine et la discontinuité de certaines lisières pourraient amoindrir la connectivité avec d’autres parcs de la trame départementale. Interfaces routières (notamment N3), zones urbanisées adjacentes et franchissements limités constituent des points de friction pour avifaune, chiroptères et herpétofaune. Des mesures sur la perméabilité des ouvrages, la consolidation des lisières et un maillage de micro-habitats le long des liaisons douces paraissent pertinentes (cf. chap. I §4–5 ; chap. III §7).

Dans un contexte de changement climatique, la fonction de corridor vers le canal de l’Ourcq et la forêt de Bondy gagnerait à être consolidée : restaurations de berges végétalisées, entretien mares/fossés avec maîtrise de la turbidité, suivis hydrologiques et faunistiques partagés (cf. chap. III).

Patrimoine bâti

Malgré des restaurations ponctuelles, une part du bâti du XIXᵉ siècle demeure en situation préoccupante. Des constats de forte dégradation sont régulièrement évoqués pour le pavillon Dautriche, avec une complexification probable des opérations de rénovation au fil du temps. Les arcs de transmission de l’ancienne salle des machines et l’atelier du groupe XI semblent, eux aussi, requérir des mesures conservatoires rapides afin d’éviter des pertes irréversibles, des chantiers complémentaires, même sans ouverture systématique au public, pourraient s’avérer nécessaires pour stabiliser l’ensemble.

La pérennité du Musée de la Poudrerie appelle une attention continue. Un démantèlement, une réduction de périmètre ou une mise en sommeil prolongée affaibliraient la transmission scientifique et technique portée par les collections et par l’implantation in situ. La valeur du site réside aussi dans un patrimoine immatériel qui associe mémoire ouvrière, culture de sécurité industrielle, récits militaires et innovations technologiques. À défaut d’une médiation suffisamment visible et durable, il est à considérer que l’appropriation par le grand public puisse s’éroder progressivement, d’où l’intérêt de renforcer les parcours interprétatifs et de consolider une médiation scientifique.

Une approche intégrée du couple patrimoine naturel et patrimoine industriel pourrait être recherchée. Des audits partagés, associant expertise écologique et expertise du bâti, paraissent de nature à hiérarchiser les urgences, à ordonnancer les investissements et à faciliter la recherche de financements croisés.

Lisières, pressions foncières et interfaces urbaines

Certaines lisières (ex. ancienne porte de la Marine) semblent affectées par des dépôts sauvages (gravats, encombrants), avec effets possibles sur l’esthétique et les habitats de bordure. Des coopérations intercommunales accrues pour la collecte, des dispositifs dissuasifs ciblés et une sensibilisation des riverains paraissent indiqués. Le développement de liaisons douces vers Sevran, Livry-Gargan, Villepinte et Vaujours améliorerait accessibilité, sécurité et trame verte (cf. chap. I).

La pression immobilière en frange ne peut être écartée. Elle pourrait se manifester jusqu’en extrême limite du parc et, ponctuellement, en son sein sur des zones non classées ou non inscrites (cf. chap. IV). Une vigilance particulière semblerait souhaitable afin d’éviter empiètements et ruptures de continuités ; un recousage des lisières, articulé aux évolutions de classement, pourrait être étudié avec les services compétents.

Des interventions légères et réversibles aux interfaces (végétalisation des pieds d’ouvrages, franchissements plus perméables, seuils d’entrée mieux caractérisés) amélioreraient la perception et la fonctionnalité écologique des bords, avec des coûts maîtrisés.

Gouvernance, financement et démocratie environnementale

La coordination intercommunale demeure centrale. La présence de quatre communes peut induire, si les circuits de décision ne sont pas stabilisés, des approches segmentées et des initiatives peu concertées (ex. projet de théâtre en lisière côté Sevran). Tant que gouvernance et financements ne sont pas pleinement pérennisés, un risque de dispersion des efforts ne peut être exclu. Une participation plus élevée du public pourrait évoluer d’une consultation vers une co-décision outillée. Cette démarche semble de nature à favoriser acceptabilité et mise en œuvre apaisée.

La transmission de l’histoire et de la mémoire constitue un volet de gouvernance à part entière. Un affaiblissement de la médiation risquerait d’entamer la compréhension d’un site héritier d’une histoire militaire et industrielle. Le maintien d’un socle muséal visible, des formats pédagogiques adaptés et l’intégration de cette dimension dans les arbitrages d’aménagement paraissent utiles pour éviter une érosion du patrimoine immatériel.

Perspectives d’Avenir restreintes

Les trajectoires de développement demeurent contraintes par la superposition d’enjeux écologiques, patrimoniaux et d’usages, et par une gouvernance multi-acteurs exigeant des arbitrages continus.

Anciens projets « CD 40 »

Un projet départemental dit RD 40 envisageait d’amputer le périmètre forestier pour relier plus rapidement Tremblay-en-France à la RN 3, avec un trafic accru de poids lourds et une perte d’hectares boisés. La contestation locale a été forte. En 2008, la communication du Conseil général met en avant l’achèvement de la RD 40 Tremblay–Villepinte (six ans de travaux au service du Parc des Expositions de Villepinte), en promouvant une « urbanité dense et durable ». La lecture des plans a été perçue comme ouvrant, à terme, la voie d’éventuelles extensions vers la RN 3. Si cette perspective s’est depuis éloignée, elle illustre la vulnérabilité récurrente du parc face aux logiques d’infrastructures lourdes.

Ancien Schéma directeur d’aménagement du Parc régional des coteaux de l’Aulnoye

L’avenir du parc de la Poudrerie a été balisé par plusieurs initiatives stratégiques de l’Agence des espaces verts (AEV), lorsqu’elle en assurait la gestion. Ces orientations sont documentées dans les études et rapports suivants :

  • « Devenir du Parc national forestier de la Poudrerie de Sevran, vers une charte de l’environnement, étude préalable – phase diagnostic » (mai 2000) ;
    • « Devenir du Parc national forestier de la Poudrerie de Sevran, vers une charte de l’environnement, stratégie – synthèse des groupes de travail » (juin 2000) ;
    • « Parc régional des Coteaux de l’Aulnoye, schéma directeur d’aménagement, scénarios et priorités. Parc national forestier de la Poudrerie de Sevran, forêt régionale de Bondy » (novembre 2001) ;
    • Étude « sécurité – tranquillité » du Parc national forestier de la Poudrerie de Sevran, par l’IAURIF (juin 2005).

Ces documents structuraient le développement du parc autour de deux axes « nature et culture » :

  1. Vocation naturelle. Inscrit au cœur d’une trame verte locale et régionale, le parc devait renforcer les liaisons écologiques avec la forêt de Bondy, le parc du Sausset, le canal de l’Ourcq, le parc des Sœurs, etc., et s’intégrer au projet de parc régional des Coteaux de l’Aulnoye.
  2. Vocation sociale et culturelle. Une stratégie d’« environnement / développement social » d’ancrage local était envisagée : maison de l’oiseau, maison des abeilles, et développement d’activités culturelles événementielles.

Les projets mentionnés se divisaient en deux catégories :

– l’intégration du parc au futur parc régional des Coteaux de l’Aulnoye ;
– les actions dans son périmètre immédiat (requalification des limites et accès, hiérarchisation des déplacements, activités à développer).

Sevran, Vaujours, Villepinte, Livry-Gargan et Paris (propriétaire des emprises du canal) avaient chacune formulé des projets urbains et/ou paysagers visant à développer les liaisons — en particulier douces — entre le parc et son contexte urbain ou les parcs voisins :

  • Réseau vert le long du canal (Sevran, Paris, Département de la Seine-Saint-Denis) ;
    • Mail planté entre le parc de Sevran et le parc des Sœurs (Sevran) ;
    • Transformation du chemin des Baliveau en boulevard urbain (Sevran) ;
    • Coulée verte entre le parc de la Poudrerie et la forêt de Bondy (Vaujours) ;
    • Projets de circulations douces dans le cadre du Plan de déplacements urbains d’Île-de-France et des liaisons inter-parcs (Villepinte).

Les communes formulaient aussi des projets de restructuration des espaces urbains adjacents, notamment pour améliorer l’accessibilité en transports en commun :

  • Réorganisation des abords de la gare de Sevran-Livry (parking, desserte, friche SNCF, etc.) — Sevran ;
    • Réorganisation des abords de la gare du Vert-Galant (parking, barreau de liaison porte du Vert-Galant) — Villepinte ;
    • Remaniement de la RD 44 (rue du Docteur Roux) avec création d’une nouvelle entrée place Dautriche et intégration d’un partage de la voirie (liaisons cyclables, piétonnes et transports en commun) ;
    • Réaménagement des berges du canal pour améliorer le confort des usagers, notamment des cyclistes.

2016 : Relance et groupe de travail interinstitutionnel

En 2016, l’État annonce 2 M€ pour la décontamination et la restauration de bâtiments ciblés. En parallèle, le Département affiche des ambitions socio-culturelles et sportives. Une fermeture symbolique du parc est organisée ; la Région met en place un groupe de travail associant le ministère de l’Environnement, le ministère des Armées, la Région Île-de-France, le Département de la Seine-Saint-Denis, les communes de Sevran, Livry-Gargan, Villepinte, Vaujours, l’AEV, l’Ineris, l’Association des Amis du Parc, ainsi que les EPT Paris Terres d’Envol et Grand Paris Grand Est.

2017-2018 : Nouveau projet de développement par le département

En décembre 2017, le Département, la Région, l’État et des EPT signent un programme quinquennal (8,5 M€ ; 1,9 M€ à la charge du Département). En 2018, 500 000 € sont engagés pour études et sécurisation. La gestion de l’emprise (≈ 173 ha) est transférée au Département sans limitation de durée ; les frais de fonctionnement sont partagés à parts égales par la Région et le Département (450 000 € chacun).

Parmi les bâtiments industriels du parc (en activité de 1873 à 1973), plusieurs doivent être réhabilités : bâtiment central de la poudrerie, forum, cartoucherie, conciergerie. Le Département envisage en outre de nouvelles activités, gratuites ou payantes, incluant des lieux de restauration et des offres culturelles. Enfin, des aménagements sont prévus au nord du parc, dont un nouveau parcours sportif et des aires de jeux.

2018 : Nouvelles incertitudes

En 2018, l’État (propriétaire) étudie une privatisation partielle de certains bâtiments historiques à des fins de rentabilisation, malgré l’opposition d’élus locaux. Parallèlement, le Département et le ministère des Armées lancent un appel à projets pour la valorisation des bâtiments.

  • Projets en cours et à venir : description des aménagements en discussion ou en réalisation.
    • Impacts sur le parc et ses abords : conséquences attendues sur l’environnement, la communauté locale et l’accessibilité.
    • Participation et réactions du public : réception par la population et modalités de participation au processus décisionnel.
    • Défis et opportunités : enjeux (changement climatique, pressions démographiques) et leviers (technologies vertes, démarches participatives).

La même année, la Région Île-de-France annonce un investissement de 2,5 M€ sur la période 2018-2022 pour :

  • révéler le patrimoine par la rénovation du bâti et sa valorisation auprès des usagers ;
  • ouvrir le parc sur la ville grâce à une meilleure signalétique et à une accessibilité renforcée ;
  • améliorer l’accueil du public par de nouveaux services ;
  • intensifier les usages, notamment aux franges du parc.

D’autres partenaires, dont l’État, le Département et plusieurs communes, sont associés au projet, pour un budget cible de 8,5 millions d’euros.

Préconisation en matière environnementales

À l’issue d’un inventaire faunistique réalisé en 2003-2004, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a émis plusieurs recommandations :

  1. La régulation de la fréquentation. Bien que de nombreux sentiers traversent le parc, les zones forestières restent facilement accessibles. La strate dominante est arborée et élevée, avec peu de sous-bois et de buissons. Promeneurs, utilisateurs de vélos tout-terrain et chiens tendent ainsi à quitter les sentiers, piétinent le sol, entravent la régénération naturelle et perturbent la faune. Des mesures correctives sont préconisées : créer des barrières naturelles et canaliser les flux sur des itinéraires définis, notamment par la plantation de buissons épineux (prunelliers, églantiers) dissuadant les usagers de s’écarter des allées.
  • L’accroissement de l’hétérogénéité des parcelles. La strate arborée, dominante et haute, manque d’une strate intermédiaire. Pour l’avifaune, une structure végétale plus variée favoriserait une plus grande diversité d’espèces. La diversité des essences est également cruciale : des périodes de fructification décalées diversifient les ressources alimentaires tout au long de l’année.

De nombreux talus (ou merlons) à l’ouest du parc. Nombre d’entre eux, dénudés et fortement utilisés par les cyclistes, devraient être soustraits à la fréquentation et revégétalisés afin de devenir des refuges pour la faune. Ces talus remplissent aussi une fonction hydraulique importante, en retenant les eaux et en limitant le ruissellement vers l’aval.

Conclusion

Le Parc forestier de la Poudrerie conjugue deux dimensions indissociables : un patrimoine naturel issu de la forêt de Bondy (boisements matures, mares, fossés, corridor du canal de l’Ourcq) et un patrimoine bâti et technique du XIXᵉ siècle (trame viaire, merlons, bâtiments rescapés, musée), auxquels s’ajoute un patrimoine immatériel fait de mémoire ouvrière, de savoir-faire et de récits militaires et industriels. Protégé au titre des sites classés (1994) et intégré à Natura 2000 (depuis 2006), le parc apparaît à la fois comme réservoir de biodiversité et témoin majeur de l’histoire industrielle locale.

Son emprise sur quatre communes — Sevran, Livry-Gargan, Villepinte et Vaujours — en fait un équipement intercommunal structurant. Cette multi-appartenance renforce son rôle dans les continuités écologiques et paysagères de la Plaine de France, mais suppose une coordination étroite entre l’État (propriétaire), le Département (gestionnaire), la Région et les villes riveraines, notamment pour les accès, la sécurité, la signalétique, les liaisons douces et l’entretien des lisières.

Plusieurs risques ont été identifiés ou évoqués : vulnérabilité d’éléments bâtis non restaurés (dont le pavillon Dautriche, pour lequel la rénovation semblerait se complexifier avec le temps), fragmentation urbaine et pertes de connectivité vers les autres parcs de la trame départementale, pressions foncières possibles en lisière et, ponctuellement, à l’intérieur des zones non classées ou non inscrites, gouvernance et financements encore à pérenniser, ainsi que fragilités muséales dont il conviendrait d’éviter tout démantèlement. À cela s’ajoutent les effets attendus du changement climatique sur les milieux humides et la canopée, et le risque d’une érosion du patrimoine immatériel si la médiation publique s’affaiblissait.

À ces conditions, la Poudrerie pourrait continuer d’articuler, au bénéfice des quatre communes et de leurs habitants, conservation patrimoniale, exigence écologique et accueil du public, tout en sécurisant ses valeurs matérielles et immatérielles à long terme.

Références

L’ARCHITECTURE (revue). Constructions ouvrières : « Les installations ouvrières à la poudrerie de Sevran-Livry » (mention dans tables/index – extrait).. 1918.

IAURIF (Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région d’Île-de-France). Parc forestier de la Poudrerie (site classé) : étude pilote « Sécurité-Tranquillité ». Paris : IAURIF, juin 2005.

DÉPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS. La Poudrerie nationale de Sevran-Livry : de la manufacture au parc forestier (brochure patrimoine). [Bobigny] : Conseil général de la Seine-Saint-Denis, 2010.

DÉPARTEMENT DE LA SEINE-SAINT-DENIS. Parc de la Poudrerie – Bois de Tussion : document d’objectifs (DOCOB) Natura 2000 (ZPS). Février 2011.

MARIN, Agnès. Chemin des Parcs : étude paysagère du site et de son contexte : tracé et principes (Sevran). [PDF]. Pour : Département de la Seine-Saint-Denis, décembre 2012.

Parc de la Poudrerie nationale de Sevran-Livry : histoire, sites et éléments remarquables : document pédagogique. [S. l.] : [s. n.], [s. d.].

LE PARISIEN. « 1 000 signatures pour sauver le parc de la Poudrerie ». Le Parisien [en ligne]. 18 avril 2016.

ALLEMAND, Raphaelle. Parc de la Poudrerie – Bois de la Tussion : Préservons l’avenir de notre patrimoine vert (pétition). Change.org [en ligne]. 5 avril 2016.

ASSEMBLÉE NATIONALE. Question écrite n° 12113 : « Avenir du parc de la Poudrerie » (Mme Clémentine Autain). Questions.assemblee-nationale.fr [en ligne]. Question publiée au Journal officiel le 18 septembre 2018 ; réponse publiée le 22 janvier 2019.

PRÉFET DE LA RÉGION D’ÎLE-DE-FRANCE ; DRIEAT ÎLE-DE-FRANCE (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports). Projet d’extension de classement du parc forestier de la Poudrerie ; projet d’inscription des cités-jardins du parc forestier de la Poudrerie (Livry-Gargan, Sevran, Vaujours, Villepinte – Seine-Saint-Denis) : rapport de présentation du dossier d’enquête publique. Avril 2024.

PRÉFET DE LA RÉGION D’ÎLE-DE-FRANCE ; DRIEAT ÎLE-DE-FRANCE (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports). Projet d’extension de classement du parc forestier de la Poudrerie ; projet d’inscription des cités-jardins du parc forestier de la Poudrerie (Livry-Gargan, Sevran, Vaujours, Villepinte – Seine-Saint-Denis) : annexes. Octobre 2024.

Travaux du Lac de Sévigné en 2025 : Atteintes environnementales, une « réhabilitation » précipitée ?

Depuis la mi-mai 2025, le lac de Sévigné, espace emblématique de Livry-Gargan, fait l’objet d’un chantier d’aménagement initié par la municipalité et présenté comme une « restauration des continuités écologiques ». À ce stade, les éléments disponibles (observations de terrain et documents publics) décrivent surtout une démarche paysagère (fermetures, plantations, réaménagements esthétiques) plutôt qu’une ingénierie fondée sur l’usage des riverains et livryens, des diagnostics naturalistes et citoyens, des objectifs environnementaux mesurables et un suivi indépendant.

Annoncé sans information publique préalable dédiée, le chantier est programmé sur un an et couvre l’ensemble du site. Ce tempo resserré est peu propice à une phase préparatoire approfondie ou à un pilotage écologique généralement recommandé pour des milieux relevant de la trame verte et bleue locale.

À la date de publication, aucune étude d’impact ni évaluation environnementale préalable n’a été rendue publique. Cette absence entretient l’hypothèse d’une opération portée par une logique « décorative » héritée de pratiques anciennes, plutôt que par une ingénierie des milieux fondée sur diagnostics, indicateurs et redevabilité. Elle nourrit des interrogations quant aux effets sur la biodiversité et au respect des principes de transparence et de concertation.

Périmètre temporel — Des documents et intentions existent depuis 2015 ; la présente analyse concerne la phase opérationnelle conduite en 2025. La notion de « précipitation » ne vise donc pas l’âge du projet, mais son calendrier d’exécution : calendrier compressé, absence de phasage écologique, interventions en période sensible, défaut d’étude d’impact rendue publique en amont. L’ancienneté de la gestation ne dispense pas des exigences d’ingénierie applicables au moment des travaux.

Une mise en œuvre hâtive, sans information préalable suffisante

Le chantier a débuté à la mi-mai 2025 dans une quasi-discrétion : fermeture complète du site, absence de communication publique claire et pas de concertation spécifique. Une inauguration s’est tenue le 17 mai, en présence du maire et de plusieurs élus, sans annonce formelle en amont. Habitants, riverains, associations et usagers se sont ainsi retrouvés mis devant le fait accompli.

Si l’objectif de requalification aurait pu être jugé louable dans un premier temps, la méthode interroge : un an de travaux couvrant l’ensemble du site, d’un seul tenant. Une telle stratégie du « tout, tout de suite » s’écarte des bonnes pratiques qui recommandent des interventions progressives et phasées, seules à même de préserver les équilibres des milieux (strates, habitats, cycles) et d’éviter des ruptures d’habitats préjudiciables aux espèces.

Des atteintes environnementales en pleine période sensible

Les interventions menées sur le patrimoine arboré constituent un point d’alerte majeur. Deux cèdres remarquables — un cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) et un cèdre du Liban (Cedrus libani) — ont fait l’objet d’un élagage très sévère (suppression quasi totale des branches basses et intermédiaires, réduction importante du houppier). D’autres abattages ont été constatés, notamment à proximité immédiate du square Ahmed-Merabet.

Ces opérations ont été réalisées en pleine période de nidification (février–juin), alors que des espèces protégées fréquentent régulièrement le site. Au printemps 2025, des observations attestent la présence de cormorans (Phalacrocorax carbo) et d’un héron cendré (Ardea cinerea), utilisant ces arbres comme perchoirs et zones de repos.

Dans un tel contexte, la prudence s’impose : les articles L. 411-1 et suivants du Code de l’environnement interdisent toute perturbation intentionnelle d’espèces protégées sans dérogation préfectorale. À ce jour, aucune autorisation n’a été communiquée.

Par ailleurs, aucune étude d’impact environnemental ni notice d’incidences n’a été versée au débat local ; aucun diagnostic, aucune matrice d’impacts ni protocole de suivi n’ont été rendus publics. Cette carence nuit à la traçabilité des choix techniques et confirme l’orientation principalement « paysagère » du projet, en l’absence d’une démonstration des mesures Éviter-Réduire-Compenser (ERC) attendues pour des milieux sensibles.

Focus espèce — Le Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo)

Phénologie (Île-de-France) : nidification en colonies dès février–mars.
Statut : espèce protégée (arrêté ministériel du 29/10/2009) ; destruction de nids et perturbation interdites, sauf dérogation préfectorale dûment motivée.

Livry-Gargan — Lac de Sévigné : cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), comparatif 2024–2025 ; à gauche, houppier étendu ; à droite, silhouette plus courte avec branches basses raccourcies.
Cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), Lac de Sévigné (Livry-Gargan). Comparatif 2024–2025 : à gauche, état 2024 ; à droite, état 2025.
Cèdre du Liban (Cedrus libani), Lac de Sévigné (Livry-Gargan). Comparatif 2024–2025 : à gauche, état 2024 ; à droite, état 2025.

Tableau 1 — Cèdres : particularités botaniques et intérêt écologique
Espèce Particularités botaniques Intérêt écologique
Cedrus atlantica (cèdre de l’Atlas) Port conique puis tabulaire ; aiguilles bleu-vert Support possible de gros nids ; bonne résilience climatique
Cedrus libani (cèdre du Liban) Large houppier étagé ; feuillage vert franc Plateformes de repos pour grands oiseaux

Sensibilité des cèdres aux tailles. Ces conifères tolèrent mal les interventions sévères. La littérature horticole recommande des tailles légères, en saison de repos, sans excéder ≈ 20 % du volume foliaire. Focus — Cedrus atlantica supporte très mal les tailles drastiques : faible rejet après grosses coupes, risque fongique (champignons lignivores), baisse durable de photosynthèse et espérance de vie diminuée.

Tableau 2 — Lac de Sévigné (printemps 2025) : état initial / état après interventions
Point clé Situation avant Situation après (printemps 2025)
Houppier — Cedrus atlantica Dense, descendant jusqu’au sol Sections basses intégralement supprimées
Houppier — Cedrus libani Large houppier étagé Réduction drastique ; sommet seulement conservé
Nids de cormorans ≥ 7 couples Supposés détruits ou abandonnés

Effets immédiats.
— Perte d’au moins une saison de reproduction pour la colonie.
— Stress physiologique pour les deux cèdres (photosynthèse amputée ; portes d’entrée aux pathogènes).
— Diminution de la canopée locale ⇒ moindre rafraîchissement et captation de polluants.

Un déclassement silencieux d’un secteur à forte valeur écologique

En 2024, lors de l’adoption du PLUi, une séquence paysagère remarquable, auparavant identifiée dans l’ancien PLU et reprise dans plusieurs documents municipaux (dont l’Atlas de la biodiversité communale), a été déclassée. Cette requalification juridique, sans mesure de protection locale équivalente, est intervenue sans véritable débat public dédié.

Une telle évolution facilite des interventions plus lourdes, en l’absence d’un cadre écologique opposable et d’un suivi indépendant. Elle apparaît contradictoire avec l’ambition réaffirmée de faire du lac un refuge de biodiversité — d’autant que des documents municipaux successifs, ainsi que l’Agenda 2030 de Livry-Gargan, présentaient ce site comme un maillon central de la trame écologique locale.

Suppression des conifères en façade des anciennes eaux thermales en 2025

Livry-Gargan — Lac de Sévigné : montage comparatif du pin noir d’Autriche en parvis des anciennes eaux thermales ; à gauche, arbre présent (état antérieur) ; à droite, parvis en chantier sans l’arbre (2025).
Pin noir d’Autriche (Pinus nigra subsp. nigra), parvis des anciennes eaux thermales : avant (arbre présent) / après (octobre 2025, parvis en chantier).
Pin noir d’Autriche (Pinus nigra subsp. nigra), côté arrière du bâtiment sur berge : à gauche (2024) l’arbre est présent ; à droite (2025) la berge est en chantier et l’arbre n’est plus visible.

Concertation et partenariats : un écart entre discours et réalité

Le site bénéficiait depuis 2022 d’un refuge ornithologique, créé à la suite d’une proposition citoyenne (par des habitants désormais engagés dans Livry Participatif). Ce refuge a disparu des plans actuels, sans mesure de substitution ni suivi indépendant.

Dans le même temps, les communications municipales présentent la LPO comme partenaire du projet — assertion répétée lors de l’inauguration du 17 mai 2025 et dans le magazine municipal de juin 2025 (« Le projet a également été travaillé avec la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) »). Ce décalage entre communication institutionnelle et réalité opérationnelle fragilise la confiance et la crédibilité de la démarche.

Évolution du « refuge ornithologique » en 2024-2025

Maison de la Source (Lac de Sévigné) : dalles béton et parcelle minéralisée lors du chantier, août 2025.

Pour un véritable projet environnemental : des garanties nécessaires

L’ensemble des constats précédents (démarrage précipité, interventions arboricoles en période sensible, déclassement écologique, disparition du refuge ornithologique, absence d’étude d’impact et de suivi) souligne les limites d’un projet piloté par le paysager plus que par l’écologie de résultat.

Pour aligner le projet sur une ingénierie écologique robuste, plusieurs garanties seraient apparues comme indispensables :

  • Mesures in situ en cas d’impacts avérés : revégétalisation structurée, renforcement des strates arbustives, gestion douce des arbres remarquables, réactivation d’un refuge ornithologique identifié.
  • Transparence : publication des autorisations administratives, du calendrier détaillé, des diagnostics phytosanitaires et écologiques.
  • Diagnostics naturalistes complets : inventaires faune/flore multi-saisons, cartographie des habitats, identification des continuités écologiques.
  • Objectifs mesurables : indicateurs de diversité spécifique nicheuse, surfaces d’habitats fonctionnels, maintien/installation de micro-habitats (bois mort, cavités, strates arbustives).
  • Application rigoureuse d’ERC (« éviter – réduire – compenser ») : évitement en périodes sensibles, réductions in situ, compensations locales documentées.
  • Phasage écologique : interventions séquencées hors période de reproduction, gestion différenciée par zones, ajustements progressifs.
  • Suivi : protocole confié à un organisme tiers (associatif ou scientifique), indicateurs publics et bilans réguliers (T0, T1, T3).

Conclusion

Pourquoi parler de biodiversité en ville ?

En milieu urbain, chaque grand arbre constitue un micro-écosystème vertical : support potentiel de nidification, îlot de fraîcheur (ombrage, évapotranspiration), réservoir de carbone et filtre à particules. Fragiliser ou perdre un sujet âgé interrompt des chaînes d’interactions espèces–habitats dont l’effet cumulé dépasse la seule valeur paysagère.

Le lac s’inscrit dans la trame verte et bleue locale, c’est-à-dire la continuité des milieux (lisières boisées, berges, alignements) qui facilite les déplacements d’espèces et améliore le cadre de vie (ombrage, confort d’été). Présenté comme écologique, le projet du lac de Sévigné semble, dans sa mise en œuvre, largement paysager sans diagnostic, phasage et suivi. Faute d’étude d’impact rendue publique, de gouvernance ouverte et d’indicateurs mesurables, il risque de produire une requalification visuelle séduisante mais écologiquement appauvrissante.

Par ailleurs, si des documents d’intention existent depuis 2015, cela ne dispense pas, en 2025, d’un phasage respectueux des cycles biologiques, d’une évaluation environnementale accessible et d’un suivi scientifique. Enfin, indépendamment du calendrier institutionnel, les décisions d’aménagement gagneraient à s’inscrire dans une logique de pérennité écologique, d’intérêt général et de redevabilité publique, plutôt que dans une dynamique d’exécution accélérée.

Références.

  • France. Code de l’environnement, art. L. 411-1 à L. 411-3 (Protection des espèces et de leurs habitats). Légifrance.
  • Union européenne. (2009). Directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 relative à la conservation des oiseaux sauvages. Journal officiel de l’Union européenne.
  • Union européenne. (1992). Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages. Journal officiel de l’Union européenne.
  • Grand Paris Grand Est. (2024). Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) : Dispositions applicables au secteur du lac de Sévigné [Document d’urbanisme].
  • Ville de Livry-Gargan. (2015). Plan local d’urbanisme (PLU) : Identification des séquences paysagères remarquables [Document d’urbanisme].
  • Ville de Livry-Gargan. Agenda 2030 [Document de politique publique].

Vue aérienne isométrique d’îlots urbains où chaque cœur d’îlot est totalement entouré d’immeubles sur quatre côtés, sans accès depuis la rue.

Cœurs d’Îlots : sommes-nous tous concernés ?

= Connectivité écologique / Urbanisme =
Septembre 2025

FICHE ENVIRONNEMENT n° 16

Leur classement dans le Plan Local d’Urbanisme (PLUi) peut concerner de nombreux habitants : propriétaires privés, copropriétés, riverains… Les cœurs d’îlots influent sur la qualité de vie, le paysage urbain, la valeur foncière et les stratégies de transition écologique.

Définition :

Un îlot urbain est un ensemble de parcelles délimité par des rues. Le cœur d’îlot en désigne la partie centrale, souvent non bâtie : jardin, cour, espace vert, terrain de pleine terre.

Dans les PLU(i), un « cœur d’îlot » correspond à un espace non construit et non imperméabilisés, protégés pour leur potentiel rôle environnemental et urbain.

Pourquoi cela vous concerne

  • Cadre de vie : plus de végétation = plus de fraîcheur en été, meilleure qualité de l’air, infiltration des eaux pluviales.
  • Patrimoine et paysage : certains quartiers voient leur caractère sauvegardé grâce au classement en cœur d’îlot.
  • Égalité entre habitants : tous les quartiers n’ont pas la même capacité à accueillir ces espaces, ce qui pose des questions de justice territoriale.
  • Propriétaires privés : une parcelle classée cœur d’îlot devient en partie inconstructible → impact direct sur la valeur foncière et les projets d’aménagement.
  • Collectivité : le classement peut transférer une responsabilité écologique vers les particuliers, si la puissance publique ne montre pas l’exemple sur ses propres terrains.

Atouts

  • Climat & confort urbain : apport d’îlots de fraîcheur en été, réduction des îlots de chaleur.
  • Eau & sols : infiltration des eaux de pluie, réduction du risque d’inondation, recharge des nappes.
  • Air & santé : amélioration locale de la qualité de l’air, diminution des polluants.
  • Biodiversité : refuge pour la faune et la flore, à condition d’être reliés par des corridors écologiques.
  • Santé Publique & Lien social : Situés sur une parcelle publique ou collective, lieux de respiration, de rencontre et d’interaction sociale, amélioration de la santé mentale.
  • Patrimoine & paysage : préservation d’espaces verts dans des quartiers historiques, protection contre la spéculation immobilière.

Limites et controverses

  • Isolement écologique : sans connexions à d’autres espaces verts, leur rôle pour la biodiversité reste marginal.
  • Inégalités territoriales : certains quartiers très minéralisés n’ont pas de cœurs d’îlots exploitables.
  • Conflits d’usage : contraintes fortes pour les propriétaires privés (perte de constructibilité, entretien).
  • Manque de transparence : critères de classement jugés opaques, manque de concertation citoyenne.
  • Transfert de responsabilités : charge écologique et financière reposant sur les propriétaires privés plutôt que sur la puissance publique.
  • Valeur immobilière : paradoxe entre valorisation des logements environnants et perte de valeur pour le terrain classé.

🏙 Cas du PLUi du Grand Paris – Grand Est : Pour l’espace repéré en cœur d’îlot, les cinq critères cumulés sont :

  • ✓ espace végétalisé ;
  • ✓ situé à plus de 5 m des bâtiments durs ;
  • ✓ couvrant au moins 3 parcelles ;
  • ✓ atteignant un seuil minimal de 100 m² (toutes parcelles confondues) ;
  • ✓ ne dépassant pas 50 % d’une seule parcelle.

Problèmes soulevés : incohérences de sélection, manque d’information des propriétaires, perte de valeur des terrains concernés.

Conclusion et conditions d’acceptabilité

Les cœurs d’îlots sont un outil utile de lutte contre les îlots de chaleur urbains et de préservation de la biodiversité. Toutefois, leur efficacité et leur acceptabilité démocratique reposent sur plusieurs conditions :

  • une intégration cohérente à la trame verte urbaine (corridors écologiques, haies, alignements d’arbres),
  • une concertation transparente et équitable avec les citoyens,
  • un soutien clair aux propriétaires privés (incitations financières, subventions, crédits d’impôt),
  • une exemplarité de la puissance publique dans l’application des règles sur ses propres terrains,
  • et une application équilibrée entre espaces publics et privés.

Pour savoir si vous êtes concerné par ces mesures, prenez le temps de vérifier le classement de votre parcelle dans le PLUi.

Réf. : Analyse de la végétalisation des cœurs d’îlots – Le cas des parcelles de grands propriétaires institutionnels », Apur, juillet 2021

Et après l’appel à idées 2008 « Habiter les cœurs d’îlot » | Agora, biennale de Bordeaux Métropole

Végétalisation en cœur d’îlot dans une copropriété parisienne – Agence Parisienne du Climat 20 juillet 2022

Jeffrey Blain, « Le modèle des super-îlots à Barcelone : un exemple de régénération d’une ville », Géoconfluences , février 2024.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Atelier_parisien_d%27urbanisme

Illustration d’un bus T Zen 3 circulant sur un site propre, accompagnée du texte "Concertation publique" : visuel générique du projet de BHNS entre Paris et Livry-Gargan.

Concertation publique sur le projet Tzen 3 (12 mai – 30 juin 2025)

Du 12 mai au 30 juin 2025, le Département de la Seine‑Saint‑Denis ouvre une nouvelle phase de concertation sur le Tzen 3, la future ligne de bus à haut niveau de service entre Paris (Porte de Pantin) et Livry‑Gargan. Réunions publiques, registre numérique et participation par courrier : faites entendre votre voix sur ce projet structurant pour la RD 933.

Les informations ci‑dessous sont issues des documents officiels du Département de la Seine‑Saint‑Denis et ses partenaires. Livry Participatif les relaie à titre purement informatif.

Concertation publique – Ligne de BHNS Tzen 3 (Paris 19ᵉ ↔ Livry‑Gargan)

Du 12 mai 2025 au 30 juin 2025

Déposer votre contribution

1. Le Tzen 3 en bref

  • Parcours : 10 km entre Porte de Pantin (Paris 19ᵉ) et Gargan (Livry‑Gargan / Les Pavillons‑sous‑Bois) via Pantin, Bobigny, Romainville, Noisy‑le‑Sec et Bondy.
  • Stations : ≈ 20 arrêts, connexions avec le métro 5, les tramways T1, T3b et T4 et, à terme, la ligne 15 Est du Grand Paris Express.
  • Temps de trajet cible : 30 minutes entre Paris et Les Pavillons‑sous‑Bois.
  • Site propre central sur la RD 933, priorité aux feux, bus articulés fonctionnant au biométhane.
  • Mise en service visée : horizon 2030 après études, autorisations et travaux.
Le projet en chiffres (source : Département 93, avril 2025)
Indicateur Valeur
Capacité d’un bus137 places (dont 32 assises)
Fréquence heure de pointeToutes les 5 min
Amplitude de service5 h 00 → 0 h 30
Réduction CO₂ visée− 40 % sur le corridor RD 933
Nouvelles plantations≈ 500 arbres/arbustes

2. Coût et financement (estimation maître d’ouvrage)

L’infrastructure est estimée à 187,7 M€ HT (hors matériel roulant), financée à 49 % Région Île‑de‑France, 30 % Département 93 et 21 % État. Le matériel roulant (≈ 16 M€) est pris en charge par Île‑de‑France Mobilités.

3. Qui porte le projet ?

Maîtrise d’ouvrage : Département de la Seine‑Saint‑Denis.
Partenaires opérationnels : Région Île‑de‑France, Île‑de‑France Mobilités, État, RATP.

4. Pourquoi une nouvelle concertation ?

Conçu en 2016, le tracé a été révisé pour mieux intégrer les enjeux climatiques, la qualité de vie des riverains et les mobilités actives. L’édition 2025 vise à :

  1. présenter le projet actualisé ;
  2. recueillir les observations du public ;
  3. arbitrer trois variantes locales avant l’enquête publique.

5. Variantes soumises à votre avis

Secteur Scénario A Scénario B
Raymond-Queneau (Pantin) Terre-plein central planté entre les voies (plus d’espaces verts) Plantations en bordure, trottoirs élargis et plus ombragés
École hôtelière / Arts de la Rue (Bobigny – Noisy-le-Sec) 1 station mutualisée pour optimiser le temps de trajet 2 stations distinctes pour une desserte locale plus fine
Terminus « Gargan » (Les Pavillons-sous-Bois / Livry-Gargan) Terminus RD 933 : performance optimale, compatibilité prolongement Vaujours Terminus avenue Victor-Hugo : correspondance Tram T4, mais rupture de site propre

6. Comment participer ? (12 mai → 30 juin 2025)

Se renseigner

  • Dossier et registre numérique : www.tzen3.fr
  • Dépliant 5 volets et dossier 16 pages téléchargeables.

Réunions publiques d’information – Concertation Tzen 3

  • PANTIN — Lundi 2 juin 2025 • 18 h 00
    Bibliothèque Elsa‑Triolet, 102 avenue Jean‑Lolive
  • BONDY — Jeudi 5 juin 2025 • 18 h 30
    Salle des fêtes, esplanade Claude‑Fuzier
  • BOBIGNY — Mardi 10 juin 2025 • 18 h 30
    École Simone‑Veil, salle Sarah‑Bernhardt, 161 rue de Paris
  • LES PAVILLONS‑SOUS‑BOIS — Jeudi 12 juin 2025 • 19 h 00
    Espace des Arts, 144 avenue Jean‑Jaurès
    Réunion la plus proche de Livry‑Gargan : faites entendre votre voix !

Contribuer

  1. En ligne : registre numérique https://www.tzen3.fr/concertation/je-participe
  2. Par courrier : carte‑T préaffranchie jointe au dépliant, à poster avant le 30 juin.
  3. Sur registre papier : à l’accueil des mairies des huit communes concernées.

7. Calendrier prévisionnel du projet

Période Phase décrite par le maître d’ouvrage
2025Concertation publique
2025 – 2027Études, procédures environnementales et enquêtes publiques
Fin 2026 – 2027Travaux préparatoires
2028Obtention des autorisations
2028 – 2029Travaux principaux
Horizon 2030Mise en service commerciale

8. Enjeux pour Livry‑Gargan et ses quartiers

Liste des potentiels bénéfices annoncés par le maître d’ouvrage :

  • Accès‑centre : liaison directe vers Paris (≈ 30 min) et vers le tram T4.
  • Trafic RD 933 : baisse de la circulation de transit & meilleure sécurité.
  • Renaturation urbaine : objectif ≈ 500 nouveaux arbres, revêtements clairs anti‑îlot de chaleur.
  • Mobilités actives : pistes cyclables du Réseau Vélo IDF, trottoirs élargis & accessibles.
  • Accessibilité universelle : quais 32 cm, guidage podotactile, rampes PMR.
  • Climat & santé : bus biométhane (− 80 % particules), objectif − 40 % CO₂.

9. Ressources utiles

📁 Consultez aussi nos archives documentaires

De nombreux documents publics relatifs au projet Tzen 3 — notamment issus des concertations de 2010 et de l’enquête publique de 2016 — ont aujourd’hui disparu des sites institutionnels ou ne sont plus accessibles au public.

Afin d’assurer une traçabilité minimale du débat public, Livry Participatif republie dans sa section « Archives » l’ensemble des documents retrouvés, librement communicables et vérifiables. Cette collection, bien que partielle et lacunaire, vise à préserver la mémoire du projet.

🔎 Accéder aux archives Tzen 3

Texte mis à disposition sous licence CC BY‑NC‑SA 4.0.
Catégories : Enquêtes/Consultations · Urbanisme · Mobilités – Mots‑clefs : Tzen 3, concertation, RD 933, mobilité durable, Livry‑Gargan, Seine‑Saint‑Denis, participation citoyenne

Hérisson européen marchant dans l’herbe à la tombée de la nuit, éclairé par une lumière bleutée avec des fleurs jaunes en arrière-plan.

Le Hérisson, un allié menacé

FICHES « BIODIVERSITÉ »

Le Hérisson commun (Erinaceus europaeus), également appelé hérisson européen, est un petit mammifère couvert de piquants (5 000 à 7 500) qu’il hérisse en se mettant en boule lorsqu’il se sent en danger.
Il possède un corps recouvert de poils raides et bruns, quatre pattes, une petite queue conique (2 à 3 cm), un museau pointu, 36 dents, des oreilles courtes (2 à 3 cm). Il mesure entre 22 et 32 cm de longueur, 12 à 15 cm de hauteur, et pèse entre 450 g et 2,5 kg selon la saison.
Son espérance de vie à l’état sauvage est d’environ 3 ans.

🏡 Habitat et mode de vie

Le hérisson vit dans les clairières, haies, friches et jardins. Il affectionne les endroits avec des cachettes et des sources de nourriture.

En automne, il prépare un nid confectionné avec des feuilles mortes et des herbes sèches pour hiberner d’octobre à avril, lorsque les températures descendent en dessous de 5 à 7 °C.

  • La présence en journée d’un hérisson non abrité est anormale et peut justifier une prise en charge.
  • Activité : nocturne, de la tombée de la nuit jusqu’à l’aube, d’avril à septembre.
  • Les mâles peuvent parcourir jusqu’à 3 km en une nuit.

🍽️ Régime alimentaire

Insectivore et omnivore. Consomme escargots, limaces, lombrics, araignées, insectes, fruits, œufs cassés, petits animaux (serpents, lézards, rongeurs, batraciens).

Contribution au jardin : Prédation de limaces, escargots, insectes ravageurs … aide à maintenir la santé des cultures.

✅ Nourriture possible en complément :

  • Eau fraîche
  • Croquettes ou pâtée pour chats / chiens
  • Légumes cuits
  • Fruits (banane, melon)
  • Noix et amandes (en petite quantité)

❌ Ne pas donner :

  • Lait (toxique)
  • Pain

🐾 Reproduction : Avril à août

Gestation : 35 jours
Portées : 4 à 7 petits, deux fois par an.
Les petits naissent aveugles, avec 100 épines blanches. Yeux et oreilles s’ouvrent à 14 jours, alimentation solide à 3 semaines, indépendants à 6 semaines.

⚠️ Protection et Menaces

Statut : À l’occasion de la COP-16 du 28 octobre 2024, une alerte a été lancée concernant le hérisson européen, lequel est sur le point d’être en voie d’extinction. Espèce protégée, il y a interdiction de le tuer, blesser, transporter, vendre ou garder comme animal de compagnie.
La violation de ces interdictions constitue un délit puni de 3 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.

Menaces humaines : Parmi les causes de mortalité d’origine humaine, les principales sont les pesticides (dont produits anti-limaces et escargots), la fragmentation des habitats, le trafic routier, les outils de jardinage, les noyades liées aux bassins et piscines, les feux de jardins.

Le hérisson est un allié précieux pour les jardiniers et l’environnement. Il joue un rôle essentiel dans l’écosystème. Sa protection est cruciale pour préserver la biodiversité. Vous pouvez agir contre sa disparition.

🌿 Comment l’aider ?

  • Lui offrir des abris dans votre jardin : tas de bois, feuilles, caisses aménagées
  • Bannir les pesticides et éviter les feux de jardin
  • Mettre à sa disposition de l’eau propre, dans un récipient bas et peu profond et, éventuellement, une nourriture adaptée en automne et après la période d’hivernation (mars-avril)
  • Lorsque plusieurs voisins souhaitent les protéger, relier les jardins avec des passages est idéal
  • Installer un abri à l’écart du passage pour l’hibernation et la reproduction


Annonce de concertation préalable sur le Schéma régional des carrières d’Île-de-France, avec un fond de paysage de carrière en bleu

Concertation préalable du Schéma régional des carrières d’Île-de-France (SRC)

CONCERTATION

Organisée par la DRIEAT Île-de-France (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports)

Période de concertation : du 1ᵉʳ avril au 1ᵉʳ juin 2025

🧭 Qu’est-ce que le Schéma régional des carrières (SRC) ?

Le Schéma régional des carrières (SRC) est un document de planification instauré par la loi ALUR du 24 mars 2014. Il vise à répondre aux besoins en matériaux et substances de carrières du territoire tout en assurant une gestion économe et rationnelle des ressources minérales.

Le SRC appréhende l’activité économique dans sa globalité, de l’extraction à l’utilisation, en passant par la logistique nécessaire à une exploitation raisonnée à l’échelle régionale.

🗣️ Modalités de participation à la concertation

La concertation préalable se déroule du 1ᵉʳ avril au 1ᵉʳ juin 2025. Elle permet au public de formuler des observations et des propositions sur le projet de SRC.

Concertation préalable du Schéma régional des carrières d’Île-de-France (SRC)

Du 1er avril au 1er juin 2025

🗣️ Réunion publique

Cette réunion, organisée par la DRIEAT Île-de-France, aura pour objectif de présenter les enjeux du futur Schéma régional des carrières (SRC).

Réunion publique d’information – 2 avril 2025

Une réunion publique ouverte à tous se tiendra le mercredi 2 avril 2025 à 18h30 à la Maison des Associations (11 rue Caillaux, 75013 Paris).

Elle permettra à chacun de comprendre les enjeux du futur Schéma régional des carrières et de poser ses questions aux porteurs du projet.

Intervenants prévus :

  • Guillaume CHARBONNIER — DRIEAT (ressources minérales)
  • Sébastien CORNU — Tersen (relations institutionnelles)
  • Francis REDON — Président d’Environnement 93
  • Luc BLANCHARD — Co-président FNE Île-de-France

🗺️ Enjeux spécifiques à l’Île-de-France

La région Île-de-France présente des particularités qui influencent l’élaboration du SRC :

  • Forte urbanisation : avec une densité de population élevée, la demande en matériaux de construction est significative.
  • Objectifs de construction : la région vise la construction de 70 000 logements par an, ce qui nécessite une planification rigoureuse de l’approvisionnement en matériaux.
  • Enjeux environnementaux : la stratégie nationale bas carbone et la réglementation environnementale RE2020 imposent des contraintes supplémentaires en matière de durabilité et de réduction des émissions.
  • Évolutions techniques : le secteur du BTP évolue avec des projets tels que Recybéton, qui influencent les besoins en matériaux et les méthodes de construction.

📍 Un périmètre régional, des enjeux locaux

L’Île-de-France, région la plus peuplée de France, concentre :

  • une forte demande en matériaux liée aux objectifs de construction (70 000 logements par an),
  • des contraintes environnementales majeures (objectifs ZAN, trames vertes, bruit, qualité de l’air),
  • et une raréfaction des ressources exploitables à proximité des zones urbaines.

🏘️ Impacts pour les habitants

Bien que le SRC soit un document à l’échelle régionale, ses implications se font sentir au niveau local :

  • Urbanisme : les orientations du SRC peuvent influencer les projets de construction et d’aménagement.
  • Environnement : la gestion des carrières et l’approvisionnement en matériaux ont des impacts sur l’environnement local, notamment en termes de transport et de pollution.
  • Participation citoyenne : la concertation offre aux habitants l’opportunité de s’exprimer sur des décisions qui affectent leur cadre de vie.

🧾 Ressources complémentaires

📄 Documents disponibles

Les documents constitutifs du SRC sont accessibles sur le site de la DRIEAT Île-de-France :

🔗 Schéma régional des carrières d’Île-de-France : concertation préalable du public


Illustration graphique représentant un quartier résidentiel densément urbanisé, avec un aménagement paysager central et des directions vers les communes voisines : Coubron, Aulnay, Sevran et Vaujours.

Livry-Gargan est-elle vraiment si verte ?

Idée Reçue : Livry-Gargan est la ville la plus verte de Seine-Saint-Denis

FAUX

Livry-Gargan est souvent présentée comme la commune la plus verte de Seine-Saint-Denis. Cette idée repose sur la présence de parcs emblématiques comme le Parc Lefèvre et d’arbres remarquables tels que le cèdre du Liban. Pourtant, cette réputation flatteuse masque une réalité bien différente. Une analyse objective des données d’occupation des sols révèle que Livry-Gargan est loin d’être à la hauteur de ce mythe.

Une couverture verte bien en deçà des attentes Des disparités frappantes au niveau local

Les espaces verts à Livry-Gargan ne représentent que 13 % de la superficie totale de la commune, soit 95,4 hectares, répartis comme suit :

Espaces verts urbains : 35,6 hectares (4,85 %).
Forêts : 59,8 hectares (8,14 %).

Des disparités frappantes au niveau local

L’étude ci-dessous référencée 1 révèle des disparités importantes entre les communes de Seine-Saint-Denis. Tandis que Montfermeil plafonne à seulement 7,76 % d’espaces verts, des communes comme Vaujours ou Villepinte atteignent respectivement 33,87 % et 23,51 %. La moyenne des communes limitrophes hors Raincy, estimée à 28,78 %, souligne le retard de Livry-Gargan en termes de superficie d’espaces naturels accessibles.

En comparaison, la commune voisine de Coubron atteint une couverture verte de 64,86 %, faisant figure d’exemple en matière de gestion et de préservation des espaces naturels. Cette différence met en évidence l’écart entre la perception et la réalité à Livry-Gargan.

Une fragmentation écologique limitante
Malgré la présence de parcs et de forêts, les espaces verts à Livry-Gargan souffrent d’une forte fragmentation. Isolés les uns des autres, ces espaces peinent à jouer un rôle significatif dans la circulation des espèces animales et végétales. Par ailleurs, le tissu urbain discontinu, qui couvre 81,47 % de la superficie, constitue un frein majeur à l’extension des espaces verts et à la création de corridors écologiques indispensables pour renforcer la continuité environnementale.

Livry-Gargan n’est pas, contrairement à sa réputation, la commune la plus verte de Seine-Saint-Denis avec seulement 13 % d’espaces verts.

Malgré une perception locale flatteuse, Livry-Gargan ne peut prétendre au titre de commune la plus verte de Seine-Saint-Denis. Avec seulement 13 % d’espaces verts, elle se classe loin derrière des communes comme Coubron ou Vaujours et d’autres communes. Ce biais de perception est contre-productif, car il entretient une illusion de confort qui freine la prise de conscience des enjeux réels et retarde les actions nécessaires à une véritable amélioration environnementale. Cependant, en engageant une planification ambitieuse, Livry-Gargan pourrait significativement améliorer son patrimoine vert, son impact environnemental et la qualité de vie de ses habitants…



  1. Le programme CORINE (Coordination of Information on the Environment) Land Cover, mis en place par l’Agence européenne pour l’environnement, propose une base de données géoréférencées répertoriant l’occupation des sols à l’échelle de l’Europe. Basé sur l’analyse d’images satellites, il attribue à chaque parcelle de territoire une catégorie définissant son usage (forêt, zone urbaine, zone agricole, espaces verts, etc.). ↩︎
Façade principale du Pavillon d’Autriche, bâtiment en pierre et brique à trois niveaux, toiture à la Mansart avec lucarnes et cheminées, porte centrale et balcon filant

Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux patrimoniaux

Triptyque — Partie 3/3

Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux patrimoniaux

Observations de Livry Participatif dans le cadre de l’enquête publique conjointe — projet d’extension de classement au titre des sites et d’inscription des cités-jardins (Vaujours – Sevran – Livry-Gargan – Villepinte, 27 janvier au 25 février 2025)

Contexte général : pourquoi protéger le patrimoine de la Poudrerie ?

Le projet d’extension de classement au titre des sites et d’inscription pour le Parc de la Poudrerie et les cités-jardins qui y sont associées répond à plusieurs enjeux majeurs :

  • La préservation d’un patrimoine historique et industriel : la Poudrerie, fondée au XIXe siècle, témoigne d’une histoire forte de l’industrie de la poudre en France. Ses bâtiments, encore visibles et parfois menacés, présentent un intérêt patrimonial certain.
  • La valorisation paysagère et récréative du site : en tant que parc forestier ouvert au public, il est devenu un lieu de détente, de loisirs et de promenade pour de nombreux habitants. L’extension du classement vise à pérenniser cette fonction sociale et ce paysage singulier à l’échelle du territoire.

C’est dans cet esprit que les services de l’État (DRIEAT Île-de-France) ont engagé une procédure de classement et d’inscription supplémentaire, visant à inclure les éléments historiques non encore protégés (pavillon Dautriche, caserne, parcelles de la Marine, etc.), ainsi que les cités-jardins conçues pour accueillir les ouvriers et employés de la Poudrerie.

Le cadre légal de la protection patrimoniale

Les deux niveaux de protection

Le classement au titre des sites est régi par les articles L.341-1 et suivants du Code de l’environnement, qui visent à protéger et conserver des espaces naturels ou bâtis ayant un intérêt paysager, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque. Toute modification de l’état des lieux est soumise à une autorisation spéciale délivrée par l’autorité compétente.

L’inscription au titre des sites constitue un deuxième niveau de protection (articles L.341-1 et R.341-9 du Code de l’environnement), imposant aux propriétaires ou porteurs de projets de signaler tout travaux susceptibles de modifier l’aspect du site, avec un avis de l’Architecte des Bâtiments de France.

Périmètre et ambition du projet

Extension du classement : il s’agit d’inclure les espaces qui n’ont pas été intégrés lors du classement initial de 1994, notamment l’entrée historique du parc (Pavillon Dautriche, parcelles non classées du ministère des Armées, etc.) et la parcelle de la Marine au nord.

Création de sites inscrits : elle concerne des ensembles de cités-jardins et de logements historiques (avenue de la Poudrerie à Livry-Gargan, boulevard Jacques Amyot à Villepinte, rue Paul Vieille à Vaujours, etc.) qui sont directement associés à l’histoire industrielle de la Poudrerie.

Objectifs de la protection

  • Réaffirmer la cohérence historique de l’ancienne poudrerie et de ses abords, en reconstituant un ensemble unitaire respectant le plan d’origine.
  • Maintenir et encadrer les usages du site pour éviter les menaces liées à la pression urbaine (densification des franges du parc, modification de la composition paysagère, disparition de bâtiments remarquables).
  • Faciliter la prise en compte de la biodiversité (site Natura 2000, ZNIEFF, etc.) en protégeant les corridors écologiques.
  • Offrir un cadre lisible aux acteurs locaux (collectivités, opérateurs, associations) pour guider la gestion et les éventuels travaux.

Reconnaissance du caractère patrimonial et paysager

Qualités historiques et architecturales

Les bâtiments de l’ancienne poudrerie (Pavillon Dautriche, Quadrilatère Gamma, etc.) représentent un héritage industriel unique du XIXe siècle, illustrant le savoir-faire des manufactures d’État. Les cités-jardins, souvent conçues selon les principes du mouvement hygiéniste du début du XXe siècle, ont une valeur architecturale et urbaine (formes variées, présence de petits jardins individuels, façades en briques, etc.). La démarche de compléter le classement initial pour intégrer ces secteurs bâtis renforce la cohérence historique et la compréhension globale du site.

Intérêt paysager et pittoresque

La structure en éventail du premier périmètre industriel, pensée par l’ingénieur Gustave Maurouard, confère au parc un aspect singulier, avec des allées bordées de merlons boisés et des espaces en clairières (anciens lieux de stockage). Les alignements d’arbres, les voies pavées, les fossés et mares contribuent à un caractère pittoresque qui se distingue clairement du tissu urbain alentour. Les cités-jardins prolongent cette dimension pittoresque en offrant des perspectives végétales, de petites places centrales et des espaces de proximité arborés.

Patrimoine social et mémoriel

L’ancienne poudrerie a façonné l’histoire locale pendant plus d’un siècle (de 1873 à 1973), impliquant jusqu’à plus de 3 000 ouvriers et cadres. Les logements ouvriers et cités-jardins témoignent de l’organisation sociale propre à la poudrerie, avec des réfectoires, coopératives et équipements sportifs (stade Burlot, etc.). La protection par inscription permet de maintenir et valoriser ce témoignage de vie collective, encore perceptible dans les usages et rites culturels (fête de la Sainte-Barbe, etc.).

Principaux motifs d’adhésion au projet de protection

Consolidation de la cohérence patrimoniale : Il est souligné la pertinence d’inclure l’entrée historique du parc et les cités-jardins pour restaurer l’unité d’origine de la poudrerie.

Cadre plus protecteur : L’avis majoritairement positif s’explique par la volonté de préserver le site contre des projets immobiliers ou d’infrastructures lourdes qui pourraient le dénaturer.

Opportunité de gestion concertée : Le projet de classement renforce le dialogue entre l’État, les collectivités et les associations, notamment pour la mise en œuvre d’un cahier d’orientations de gestion.

Réserves et points d’interrogation

Malgré l’adhésion large au principe de protection, des réserves importantes ont été exprimées lors de la réunion publique du 15 février 2025 et dans les observations déposées par les adhérents de Livry Participatif :

  • État de dégradation avancée de certains bâtiments (Pavillon Dautriche, hangar au soufre…) : des inquiétudes subsistent quant à l’urgence de travaux de mise en sécurité et de restauration.
  • Manque de moyens financiers : la réussite du classement dépendra de la mobilisation de subventions (État, Région, Département) et du portage politique local.
  • Coordination avec le PLUi : plusieurs participants ont relevé une possible contradiction entre les zonages urbains prévus et la protection du parc (densification autour des gares).
  • Pression d’usage : la fréquentation élevée du parc (notamment en période estivale) appelle un encadrement précis de la circulation des promeneurs, cyclistes, cavaliers.

Des éléments patrimoniaux exclus du PLUi : la réserve n°2 de la commission d’enquête

Les bâtiments non intégrés à l’inventaire patrimonial

L’EPT Grand Paris Grand Est n’a pas accepté d’intégrer plusieurs éléments patrimoniaux de l’ancienne Poudrerie nationale dans son inventaire patrimonial au titre du patrimoine protégé. Cette exclusion contredit les recommandations du projet d’extension au titre des sites, qui visent une prise en compte globale du patrimoine industriel et social de la poudrerie. Parmi ces éléments refusés figurent :

  • L’ancien laboratoire,
  • L’ancienne infirmerie-prison de la caserne,
  • Les anciens postes de garde,
  • La coopérative de la Cité-Jardin.

Lors de l’enquête publique sur le PLUi, des observations citoyennes ont mis en évidence la richesse du patrimoine bâti et naturel de Livry-Gargan, composé d’anciens bâtiments, de parcs, de jardins et d’espaces forestiers associés aux sites historiques. Ce patrimoine contribue non seulement à la qualité de vie des habitants, mais aussi à l’identité culturelle et paysagère de la ville.

Malgré ces enjeux, plusieurs éléments jusque-là considérés comme patrimoniaux ont été déclassés dans le nouveau PLUi, sans qu’une information préalable ne soit apportée au public. Cette situation se retrouve également autour du parc de la Poudrerie et de ses bâtiments historiques, où la cohérence écopaysagère entre les forêts, les anciennes casernes, les laboratoires et les cités-jardins pourrait être compromise si des déclassements interviennent sans concertation préalable.

Des déclassements sans justification suffisante : le rapport de la commission d’enquête

Dans son rapport, la commission d’enquête souligne cette problématique en formulant plusieurs réserves, notamment la réserve n°2, qui exige la mise en cohérence des critères d’identification du patrimoine (au titre de l’article L.151-19 du Code de l’urbanisme) et leur intégration dans le règlement du PLUi.

« Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter […] les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d’ordre culturel, historique ou architectural […]. »

Article L.151-19 du Code de l’urbanisme

Le commissaire enquêteur relève que le déclassement de plusieurs bâtiments a été justifié par les élus locaux au motif de besoins ponctuels de mise aux normes, de rénovation ou d’amélioration. Ils affirment que ces déclassements n’impliquent pas nécessairement des destructions, mais permettent d’assouplir les contraintes pour mieux entretenir ces bâtiments.

« Concernant le déclassement des bâtis de Livry-Gargan, la commission constate la réponse très peu détaillée de l’EPT ; aucune justification précise n’est donnée pour chacun des bâtiments. Ces justifications auraient été de nature à éclairer au mieux le public sur le devenir de ces bâtiments et d’apprécier la trajectoire de conservation du patrimoine bâti sur la ville. […]

La commission estime que les réponses de l’EPT sur les questions relatives au patrimoine et aux changements de zonage, n’apportent pas d’éclairage complémentaire suffisant pour pallier l’absence de justification claire et précise des règles énoncées dans le projet. […]

RESERVE N°2 de la commission d’enquête : Mettre en cohérence les critères d’identification des éléments relevant de l’article L151-19 du Code de l’urbanisme, et les intégrer dans le règlement du PLUi, avant l’approbation. […]

À Livry-Gargan, c’est à l’initiative d’associations que le public a contesté ces inscriptions/retraits au titre du Code de l’urbanisme, par pétitions très argumentées, déposées sur le registre numérique et en mairie. […]

Toutefois, la commission relève l’insuffisance de justifications, notamment à Livry-Gargan, apportées aux demandes de déclassement, qui devrait conduire à un retrait de ces demandes au sein de ce projet. […]

L’inventaire du bâti remarquable devra être établi sur la base de critères objectifs, concrets, historiquement ou architecturalement justifiés, avec des partenaires dont les compétences sont unanimement reconnues tels que le Conseil Départemental, le CAUE de Seine-Saint-Denis, et les Architectes des Bâtiments de France. »

Rapport de la commission d’enquête PLUi GPGE

Portrait des bâtiments menacés

L’ancienne infirmerie et prison de la caserne

L'ancienne infirmerie et prison de la caserne de la poudrerie, édifiée en 1897
L’ancienne infirmerie et prison de la caserne — Édifié en 1897, caractéristique de l’architecture de la poudrerie (moellons, pierre de meulière, alternance briques/pierres calcaires) — Source : patrimoine.seinesaintdenis.fr

Édifié en 1897, ce pavillon abrite à l’origine l’infirmerie de la caserne, ses bureaux ainsi qu’une cellule d’emprisonnement. Son style, comme les matériaux utilisés (moellons, pierre de meulière, alternance de briques et pierres calcaires), sont caractéristiques de la poudrerie. Transformé en logements pour ingénieurs en 1949, il a été reconverti en logement social dans les années 1990.

L’ancien poste de garde et écurie

Les anciens postes de garde et écurie encadrant l'entrée de la caserne d'infanterie construite vers 1875
Les anciens postes de garde : deux pavillons marquant l’entrée de la caserne d’infanterie construite vers 1875, architecture représentative du début de la IIIe République — Source : patrimoine.seinesaintdenis.fr

Deux pavillons à usage de logements et d’écurie marquaient l’entrée de la caserne d’infanterie construite vers 1875. D’abord utilisé comme écurie, le bâtiment est progressivement aménagé en logement, fonction qu’il conserve encore actuellement. Son architecture est représentative des édifices élevés au début de la IIIe République sur la poudrerie.

L’ancien laboratoire

L'ancien laboratoire d'épreuves physique et chimique de la poudre noire édifié en 1872, actuellement centre de loisirs municipal
L’ancien laboratoire d’épreuves physique et chimique de la poudre noire, édifié en 1872 — Soubassement en meulière, maçonnerie de pierre enduite, appareillages de briques formant décors — Source : patrimoine.seinesaintdenis.fr

Laboratoire d’épreuves physique et chimique de la poudre noire édifié en 1872, le bâtiment abrite depuis les années 1990 un centre de loisirs de la ville de Livry-Gargan. Malgré son homogénéité apparente, la façade principale présente deux campagnes de construction distinctes. À droite se trouve le bâtiment d’origine composé d’un avant-corps jouxté de deux ailes comprenant chacune deux travées. À gauche, l’extension en « L » du début du XXe siècle reprend strictement la même composition et les mêmes mises en œuvre : soubassement en meulière, maçonnerie de pierre enduite, appareillages de briques et de pierres formant décors.

La réhabilitation en cours de la cité-jardin : une modernisation en décalage avec l’inscription

Une initiative louable, une mise en œuvre problématique

La réhabilitation en cours de la cité-jardin de la Poudrerie, initiée en 2022 par Seine-Saint-Denis Habitat, marque une étape importante dans la rénovation du patrimoine bâti de Livry-Gargan. Il est difficile d’être défavorable à une telle initiative, visant à améliorer les performances énergétiques des logements et à adapter l’habitat aux besoins actuels. Cependant, plusieurs questions majeures se posent quant à la cohérence entre ces travaux de modernisation et le projet d’inscription de la cité-jardin en tant que site patrimonial.

En effet, l’inscription intervient alors que la cité-jardin a été profondément remaniée, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. De nombreux éléments d’origine ont été remplacés ou modifiés, affectant ainsi l’identité architecturale et historique du site :

  • Huisseries et clôtures : remplacées par des matériaux modernes qui ne respectent pas toujours le caractère patrimonial initial.
  • Crépis et couleurs : application de nouvelles teintes et textures qui rompent avec l’unité esthétique d’origine.
  • Façades et menuiseries : modernisation altérant l’esthétique d’origine du bâti.

De plus, aucun acteur spécialisé dans la préservation du patrimoine, tel que la Fondation du Patrimoine, n’a été intégré au projet. L’absence de cette expertise a conduit à des choix qui peuvent apparaître en décalage avec une démarche de valorisation historique.

Affichages du chantier de réhabilitation de la cité-jardin de la Poudrerie à Livry-Gargan
Affichages du chantier de réhabilitation en cours de la cité-jardin de Livry-Gargan — © Livry Participatif

La démolition de l’ancienne coopérative : un effacement irréversible

L’élément le plus préoccupant de cette réhabilitation demeure la démolition de l’ancienne coopérative de la cité-jardin, prévue dans le permis de construire n° 093 046 21 C0074 délivré le 13 janvier 2022 par Seine-Saint-Denis Habitat. Ce bâtiment constitue un témoignage essentiel du fonctionnement initial de la cité-jardin, illustrant son approche sociale et coopérative caractéristique de son époque. Son effacement est en totale inadéquation avec l’objectif d’inscription de la cité-jardin en tant que site patrimonial, qui vise précisément à préserver et valoriser ce type d’héritage historique.

De surcroît, l’ancienne coopérative a été murée, témoignant d’une mise à l’écart du bâti avant sa destruction, sans considération pour sa valeur patrimoniale. Sa disparition compromettrait la cohérence du projet d’inscription en privant la cité-jardin d’un élément structurant de son histoire et de son identité.

Affichage du permis de construire n° 093 046 21 C0074 délivré à Seine-Saint-Denis Habitat pour la réhabilitation de la cité-jardin
Permis de construire n° 093 046 21 C0074 délivré le 13 janvier 2022 à Seine-Saint-Denis Habitat — Nature des travaux : réhabilitation thermique et démolition d’un bâtiment comprenant un local commercial (l’ancienne coopérative) — © Livry Participatif

Pour mémoire, le permis de construire n° 093 046 21 C0074 stipule :

  • Bénéficiaire : Seine-Saint-Denis Habitat
  • Nature des travaux : Réhabilitation thermique et résidentialisation de la cité-jardin comprenant 21 logements individuels et la démolition d’un bâtiment comprenant un local commercial et un logement
  • Adresse du projet : 19 à 69 avenue de la Poudrerie – 93190 Livry-Gargan
  • Surface du terrain : 7 295 m² ; Surface créée : 50 m² ; Surface supprimée : 384 m²

La coopérative : mémoire d’une organisation sociale

L’ancienne coopérative-épicerie de la cité-jardin représente bien plus qu’un bâtiment : elle est le témoin d’un modèle d’organisation sociale propre aux cités ouvrières du début du XXe siècle.

Carte postale ancienne du hameau de la Poudrerie à Livry-Gargan montrant la coopérative-épicerie
Carte postale ancienne du « Hameau de la Poudrerie » (Livry-Gargan, S.-et-O.) : la coopérative-épicerie au cœur de la cité-jardin, avec l’avenue arborée en premier plan
Photo actuelle de l'ancienne coopérative-épicerie de la cité-jardin de la Poudrerie
L’ancienne coopérative-épicerie de la cité-jardin aujourd’hui — Témoin de l’organisation sociale de la poudrerie, dont la démolition est prévue dans le permis de construire n° 093 046 21 C0074 — © Livry Participatif

Les propositions de Livry Participatif : vers un périmètre de protection unifié

Le problème de la segmentation du périmètre actuel

Le règlement graphique du PLUi présente le site de l’ancienne poudrerie, son quartier et la cité-jardin comme segmentés en trois zones distinctes dites « Séquence bâtie remarquable au titre du L.151-19 du Code de l’Urbanisme ». Cependant, il semble impératif de reconnaître que l’ensemble des bâtiments de l’ancienne poudrerie, ainsi que les habitations situées de part et d’autre de l’avenue de la Poudrerie, constituent un patrimoine unifié hérité de l’ancien site industriel de l’État dédié à la fabrication de la poudre. Il est donc nécessaire d’inclure tous les bâtiments existants dans cette zone au sein d’un seul périmètre étendu et cohérent.

État actuel de la séquence bâtie remarquable au PLUi

Le site de l’ancienne poudrerie, son quartier et la cité-jardin sont présentés comme segmentés en trois zones distinctes dites « Séquence bâtie remarquable au titre du L.151-19 du Code de l’Urbanisme ». Il semble impératif de reconnaître que l’ensemble des bâtiments de l’ancienne poudrerie, ainsi que les habitations situées de part et d’autre de l’avenue de la Poudrerie, constituent un patrimoine unifié. Il est donc nécessaire d’inclure tous les bâtiments existants dans cette zone au sein d’un seul périmètre étendu et cohérent.

Règlement graphique PLUi GPGE, plan du patrimoine de Livry-Gargan, périmètre actuel de la séquence bâtie remarquable
Règlement graphique PLUi GPGE — Plan du patrimoine – Livry-Gargan : périmètre actuel de la séquence bâtie remarquable (contour bleu) — trois zones distinctes, alors que le patrimoine forme un ensemble unitaire
↓ Voir la légende PLUi GPGE
Proposition d'extension du périmètre de la séquence bâtie remarquable sur le plan du patrimoine PLUi GPGE de Livry-Gargan
Règlement graphique PLUi GPGE — Plan du patrimoine – Livry-Gargan : Proposition d’extension du périmètre par Livry Participatif (encadré bleu marine) pour un périmètre étendu et cohérent
↓ Voir la légende PLUi GPGE

Extension du périmètre : intégration de l’ancienne infirmerie

Proposition d'extension du périmètre de la séquence bâtie remarquable avec intégration de l'ancienne infirmerie
Proposition d’extension du périmètre de la séquence remarquable sur cette zone avec une intégration de l’ancienne infirmerie — © Livry Participatif
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Extension du périmètre : intégration des anciens postes de gardes et de l’ancienne infirmerie-prison

Proposition d'extension du périmètre de la séquence bâtie remarquable avec intégration de l'ancienne infirmerie et des anciens postes de gardes
Proposition d’extension du périmètre de la séquence remarquable avec intégration de l’ancienne infirmerie et prison de la caserne, et des anciens postes de gardes — © Livry Participatif
↓ Voir la légende PLUi GPGE

Extension du périmètre global : intégration de la cité-jardin et de la coopérative

Proposition d'extension du périmètre global pour une intégration complète de la cité-jardin et de l'ancienne coopérative
Proposition d’extension du périmètre (en gris) pour une intégration complète du périmètre de la cité-jardin et de l’ancienne coopérative — © Livry Participatif
↓ Voir la légende PLUi GPGE

Synthèse des enjeux patrimoniaux : deux visions en tension

Les analyses révèlent deux visions divergentes :

  • D’un côté, la vision patrimoniale et environnementale, qui demande une protection exhaustive et une intégration complète de l’ensemble des éléments historiques du site. Cette vision s’inscrit dans une démarche de développement durable souhaitable pour le territoire et le département.
  • De l’autre, la vision limitée adoptée par l’EPT et reflétée dans les PLUi récents, qui, en raison d’un décalage temporel et de choix protectionnistes restreints, exclut des composantes essentielles.

Ce décalage génère un risque d’incohérence réglementaire. En l’absence d’une harmonisation, le projet d’extension du classement pourrait se trouver en contradiction avec la planification urbaine actuelle. Par ailleurs, l’exclusion de certains éléments patrimoniaux peut perturber la cohérence patrimoniale et environnementale de l’ensemble, dans un contexte où la pression urbaine s’accentue.

Recommandations

Enjeux démocratiques

  1. Renforcer la transparence des phases préalables à l’enquête publique : communiquer et rendre accessibles au public les rapports d’inspection générale, les comptes rendus des consultations institutionnelles (avis des communes concernées, du Département, des services de l’État tels que la Préfecture et l’UDAP) et analyses ayant contribué à l’élaboration du projet soumis à enquête.

Renforcer le volet bâti et patrimonial

  1. Réaliser un inventaire exhaustif des bâtiments et ouvrages remarquables (cités-jardins, anciens laboratoires, caserne, etc.) afin de prioriser leur restauration ou réhabilitation.
  2. Encourager la formation de partenariats (Fondation du Patrimoine, mécénat) pour cofinancer les travaux et valoriser l’héritage industriel et militaire.
  3. Élaborer un guide de prescriptions architecturales, sous l’égide de la DRIEAT et en concertation avec l’Architecte des Bâtiments, la Fondation du patrimoine, le CAUE et le Département, définissant matériaux, teintes, menuiseries, pour assurer une cohérence esthétique et historique.

Inscrire les bâtiments remarquables dans les documents d’urbanisme

  1. Inscrire la protection des bâtiments et séquences remarquables au PLUi : conformément aux observations exprimées lors des enquêtes publiques, sauvegarder l’ensemble industriel et militaire (ancien laboratoire, infirmerie-prison, postes de garde, coopérative…) pour maintenir la cohérence historique du site.
  2. Élargir le périmètre de protection de la séquence bâtie de l’ancienne poudrerie et les habitations de la cité-jardin dans un seul périmètre étendu et cohérent pour inclure l’ensemble des structures existantes afin de préserver et valoriser ce patrimoine unique.
  3. Reclasser les terrains du Ministère de la Défense et ceux du parc de la zone « Nl » vers la zone « N » pour refléter le statut de protection environnementale élevé (Natura 2000).

Assurer la cohérence des travaux de réhabilitation

  1. Exiger l’intégration d’experts patrimoniaux (Fondation du Patrimoine, CAUE, ABF) dans tout projet de réhabilitation touchant les bâtiments de la cité-jardin ou de la poudrerie, afin d’éviter les choix de matériaux et de mise en œuvre incompatibles avec la valeur patrimoniale du site.
  2. Reconsidérer la démolition de l’ancienne coopérative de la cité-jardin, prévue dans le permis de construire n° 093 046 21 C0074, dont la disparition priverait le site d’un témoignage essentiel de son organisation sociale historique.

Assurer une concertation et une gouvernance renforcées

  1. Créer un comité de pilotage (État, Département, communes, EPT, associations) pour veiller à l’application du classement et résoudre les conflits d’usage.
  2. Organiser une concertation régulière avec les habitants (réunions publiques, stands, visites guidées), afin de consolider l’adhésion et répondre aux interrogations.

Gérer la fréquentation de manière durable

  1. Sensibiliser le public (panneaux, brochures, signalétique) aux fragilités du site, aux réglementations en vigueur et au patrimoine industriel.

Légendes des documents graphiques du PLUi Grand Paris Grand Est

4.2.1.A — Plan de zonage

Zone naturelle

N – Naturelle
Nl – Loisirs
Na – Agriculture urbaine

Zone urbaine

UA – Centralités urbaines
UB – Intermédiaire
UC – Pavillonnaire
UG – Grands collectifs
UF – Activités économiques
UV – Urbaine verte
UE – Grands équipements
UP – Zone de projet

4.2.1.B — Périmètres et linéaires

Limite de zones et de secteurs
Emplacement réservé (L.151-41 1°)
Emplacement réservé (hachures)
Linéaire commercial (L.151-16)
Périmètre 500 m autour des gares
OAP sectorielle
Bâtiment — changement de destination
PAPAG (L. 151-41 5°)

4.2.2 — Prescriptions environnementales

Espace boisé classé
Espace vert paysager et écologique
Cœur d’îlot
Alignement d’arbres
+Arbre ou groupe remarquable
Zone humide (L. 211-1)
Milieux aquatiques et humides
Secteur d’attention écologique

4.2.11 — Plan du patrimoine

Patrimoine identifié (L.151-19)

Bâti remarquable protégé

Séquences patrimoniales

Séquence bâtie remarquable

Éléments d’information

Monument Historique classé ou inscrit

Références documentaires et patrimoniales

Département de la Seine-Saint-Denis — Inventaire du patrimoine. Ancienne infirmerie et prison de la caserne de la Poudrerie (1897). patrimoine.seinesaintdenis.fr

Département de la Seine-Saint-Denis — Inventaire du patrimoine. Ancien poste de garde et écurie de la caserne de la Poudrerie (vers 1875). patrimoine.seinesaintdenis.fr

Département de la Seine-Saint-Denis — Inventaire du patrimoine. Ancien laboratoire d’épreuves physique et chimique de la poudre noire (1872). patrimoine.seinesaintdenis.fr

Grand Paris Grand Est. Rapport de la commission d’enquête PLUi GPGE — dont Réserve n°2 relative à l’article L.151-19 du Code de l’urbanisme. 2024.

→ Pour les références documentaires relatives à l’enquête publique et au PLUi Grand Paris Grand Est, voir également : Extension de classement du Parc de la Poudrerie — enjeux urbanistiques.

Référence recommandée : Livry Participatif, « Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux patrimoniaux », Extension de classement du Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux patrimoniaux, Livry-Gargan, 2025.

Livry Participatif – 93190 Livry-Gargan

Contact : contact@livryparticipatif.frlivryparticipatif.fr

Identifiant : LPIU-2025-001-OBS-V1

ISSN ressource en ligne 2999-1080

© Livry Participatif, 2025.

Commission Biodiversité – Urbanisme – Patrimoine

Livry Participatif, Brugeat, R. (coord.), Mijouin, G. (rév.) & Santos Vieira, K. (rév. sci.). 2025. Observations sur l’enquête publique du parc forestier de la Poudrerie et des cités-jardins associées. Rapport d’observation. Livry Participatif, 2025.

Association déclarée par application de la Loi du 1er juillet 1901 et du décret du 16 août 1901.

Numéro RNA : W932012473 – Préfecture de la Seine-Saint-Denis

Numéro SIREN : 922085584

Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux environnementaux

Triptyque — Partie 1/3

Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux environnementaux

Observations de Livry Participatif dans le cadre de l’enquête publique conjointe — projet d’extension de classement au titre des sites et d’inscription des cités-jardins (Vaujours – Sevran – Livry-Gargan – Villepinte, 27 janvier au 25 février 2025)

Contexte écologique du projet

Le parc actuel, formé de boisements, d’anciennes friches industrielles reconverties et de zones humides, constitue un réservoir de biodiversité essentiel en Seine-Saint-Denis, dans un contexte de densification urbaine. En tant que parc forestier ouvert au public, il est devenu un lieu de détente, de loisirs et de promenade pour de nombreux habitants. L’extension du classement vise à pérenniser cette fonction sociale et ce paysage singulier, « poumon vert » à l’échelle du territoire.

C’est dans cet esprit que les services de l’État (DRIEAT Île-de-France) ont engagé une procédure de classement et d’inscription supplémentaire, visant à inclure les éléments historiques non encore protégés (pavillon Dautriche, caserne, parcelles de la Marine, etc.), ainsi que les cités-jardins conçues pour accueillir les ouvriers et employés de la Poudrerie.

Bénéfices écologiques et environnementaux de l’extension de classement

Préservation d’un réservoir de biodiversité

Le parc de la Poudrerie est inscrit au site Natura 2000 « Bois et parcs de Seine-Saint-Denis » et abrite plusieurs espèces protégées (pic noir, martin-pêcheur, pic mar). Les zones humides (mares, fossés) et le couvert forestier dense offrent des corridors écologiques qui s’étendent jusqu’à la Forêt de Bondy. L’extension de classement contribue à conforter ces continuités et à éviter une fragmentation supplémentaire des milieux.

Protection contre la pression urbaine

Les documents d’urbanisme locaux (PLU ou PLUi) prévoient parfois des zones constructibles en lisière immédiate du parc, rendant d’autant plus nécessaire et urgente une protection accrue de ce dernier. Le classement au titre des sites rend obligatoire une autorisation préalable pour toute modification paysagère significative, freinant ainsi les projets d’urbanisation inconsidérés. La reconnexion écologique entre le parc de la Poudrerie et ses abords est mieux garantie en évitant un mitage, facteur d’isolement écologique.

Sensibilisation et éco-tourisme

La mise en place de protections fortes peut encourager un tourisme de proximité respectueux de l’environnement, appuyé sur le patrimoine industriel et naturel. Les acteurs associatifs présents (Les Amis du Parc, Environnement 93, etc.) s’investissent déjà dans des visites guidées, inventaires naturalistes et animations scolaires. La valorisation pédagogique des mares, des alignements d’arbres et des bâtiments historiques peut renforcer l’appropriation citoyenne du lieu.

Ce que l’extension de classement vise à protéger concrètement

Les objectifs écologiques de la protection

Parmi les objectifs affirmés du projet de classement et d’inscription, la dimension environnementale est centrale :

  • Faciliter la prise en compte de la biodiversité (site Natura 2000, ZNIEFF, etc.) en protégeant les corridors écologiques.
  • Maintenir et encadrer les usages du site pour éviter les menaces liées à la pression urbaine (densification des franges du parc, modification de la composition paysagère, disparition de bâtiments remarquables).
  • Offrir un cadre lisible aux acteurs locaux (collectivités, opérateurs, associations) pour guider la gestion et les éventuels travaux.

Intérêt paysager : la structure en éventail de Maurouard

La structure en éventail du premier périmètre industriel, pensée par l’ingénieur Gustave Maurouard, confère au parc un aspect singulier, avec des allées bordées de merlons boisés et des espaces en clairières (anciens lieux de stockage). Les alignements d’arbres, les voies pavées, les fossés et mares contribuent à un caractère pittoresque qui se distingue clairement du tissu urbain alentour. Les cités-jardins prolongent cette dimension pittoresque en offrant des perspectives végétales, de petites places centrales et des espaces de proximité arborés.

Réserves et points d’attention sur les enjeux environnementaux

Si la protection est largement soutenue, des réserves ont été exprimées lors de la réunion publique du 15 février 2025 et dans les observations déposées :

  • La pression d’usage : la fréquentation élevée du parc (notamment en période estivale) appelle un encadrement précis de la circulation des promeneurs, cyclistes, cavaliers.
  • La coordination avec le PLUi : plusieurs participants ont relevé une possible contradiction entre les zonages urbains prévus et la protection du parc (densification autour des gares).
  • L’état de dégradation avancée de certains bâtiments (Pavillon Dautriche, hangar au soufre…) : des inquiétudes subsistent quant à l’urgence de travaux de mise en sécurité et de restauration.

Les zones humides : des milieux sous haute pression

Zoom sur les zones humides

Ces zones font partie des milieux naturels les plus dégradés et les plus menacés en France ; et ce, notamment à cause du développement urbain (Maman & Vienne, 2010). Elles ont plusieurs fonctions écologiques et rendent plusieurs services écosystémiques aux humains : contrôle des crues, épuration de l’eau, maintien de la biodiversité, stockage de carbone etc. (Fustec & Lefeuvre, 2000).

Une récente synthèse des connaissances sur les zones humides en France souligne leurs bénéfices. Le dernier suivi Wetlands International met en lumière une forte dépendance entre les zones humides et 30 % des espèces rares et menacées. Elles permettent, à la société, d’économiser annuellement 2 000 €/ha sur le traitement de l’eau potable par son action sur la purification de l’eau. De plus, elles stockent plus du double de carbone que toutes les forêts de la planète alors qu’elles ne couvrent aujourd’hui que 3 % de la surface de la Terre (Les zones humides en France — Synthèse des connaissances en 2024).

La fragmentation écologique : un risque documenté et immédiat

Discontinuité entre le Parc de la Poudrerie et la Forêt de Bondy

L’un des objectifs du projet d’extension de classement est de maintenir la cohérence et la continuité écologique du Parc de la Poudrerie, qui constitue un corridor vert essentiel dans un environnement urbain densément bâti. Or, les projets de densification autour des gares et des nouvelles zones d’aménagement tendent à créer des îlots de construction qui fragmentent ce corridor.

Conséquence écologique : La fragmentation réduit la capacité de dispersion des espèces, compromet la connectivité des habitats et accentue l’effet d’îlot de chaleur, ce qui affecte négativement la biodiversité locale avec une rupture du continuum vert.

Carte des espaces naturels et parcs départementaux en Île-de-France, focus Seine-Saint-Denis et Est parisien
Carte des espaces naturels et parcs départementaux en Île-de-France : Focus sur la Seine-Saint-Denis et ses environs (Est parisien) — © Département de la Seine-Saint-Denis

Le parc, maillon d’un réseau régional

Le parc forestier de la Poudrerie est un maillon essentiel du corridor écologique reliant la forêt de Bondy aux espaces naturels de l’Est parisien. Son rôle est fondamental pour :

  • la continuité des espaces boisés,
  • la circulation de l’avifaune,
  • le maintien d’un habitat pour les espèces protégées.

La fragmentation urbaine de Livry-Gargan : état des lieux

La densification programmée (entre le Châtinet et le Bois du Renard) accroît la fragmentation. Selon la cartographie établie par Livry Participatif, les zones UA et UB définies dans le PLUi, ainsi que les zones industrielles, forment un effet damier évident, avec des blocs de constructions fragmentées dispersées de manière irrégulière dans la zone concernée. Cette densification programmée accroît ainsi la fragmentation par :

  • Mitage et dispersion des constructions dans des zones initialement pavillonnaires.
  • Réduction des capacités de déplacement pour la faune.
  • Exposition accrue aux nuisances lumineuses et sonores.
Carte de la fragmentation urbaine de Livry-Gargan montrant les zones UA et UB en orange
Carte de la fragmentation urbaine de Livry-Gargan : les zones UA et UB (en orange) forment un effet damier caractéristique autour du parc — © Livry Participatif

L’enquête publique reconnaît le risque sans proposer de correctifs

L’enquête publique sur le classement en mentionne l’importance, mais n’anticipe pas l’impact des projets immobiliers en cours sur cette connectivité. L’OAP « Poudrerie-Hochailles », mentionnée dans le Rapport de présentation du dossier d’enquête publique (p. 62), porte un projet immobilier en frange de parc. L’enquête reconnaît une « forte pression urbaine [qui] se cristallise sur les franges du parc forestier de la Poudrerie », sans proposer d’actions correctives.

Le projet de construction de 1 350 logements : une menace directe sur le corridor

Un projet immobilier identifié dans le dossier d’enquête publique

L’OAP « Poudrerie-Hochaille » est un cadre stratégique défini par la ville de Livry-Gargan pour guider le développement urbain du secteur Poudrerie-Hochaille. Au total, 19 hectares sont directement concernés par ce projet d’aménagement, avec une zone d’étude élargie à 57 hectares pour intégrer les équipements et infrastructures de transport nécessaires. Parallèlement, l’Opération d’Intérêt Métropolitain (OIM) Poudrerie-Hochaille a été mise en place pour renforcer les actions de l’OAP. Cette opération, reconnue par la Métropole du Grand Paris, vise à coordonner les efforts de réaménagement du secteur. En 2020, une convention a été signée entre la Métropole du Grand Paris et l’Établissement Public Foncier d’Île-de-France (EPFIF) pour faciliter les acquisitions foncières nécessaires à la réalisation de ce projet.

Ce projet comprend la construction de 1 350 logements, des commerces, une ferme urbaine, et un groupe scolaire, situé entre la Cité-Jardin et la Route Nationale 3. Il met en évidence la fragmentation d’un corridor écologique reliant le Parc Forestier de la Poudrerie à la Forêt de Bondy, soulevant des impacts potentiels significatifs sur la biodiversité locale et la connectivité écologique.

Impact environnemental et urbanistique d’un projet de construction de 1 350 logements sur la connectivité écologique entre le Parc de la Poudrerie et la Forêt de Bondy

Carte illustrant l'impact du projet de 1 350 logements sur le corridor écologique entre le Parc de la Poudrerie et la Forêt de Bondy
Cette carte illustre le projet d’aménagement urbain comprenant la construction de 1 350 logements, situé entre la Cité-Jardin et la Route Nationale 3. L’image met en évidence la fragmentation d’un corridor écologique reliant le Parc Forestier de la Poudrerie à la Forêt de Bondy, soulignant les impacts potentiels sur la biodiversité locale et la connectivité écologique. La zone concernée est représentée en pointillés, tandis que les flux écologiques perturbés sont marqués par des flèches vertes. / Livry Participatif

Une pression foncière identifiée mais sans mesures correctives

Cette pression foncière est donc identifiée dans l’enquête publique, mais aucune mesure concrète n’est proposée pour y remédier. Puisque la pression foncière est avérée, il serait opportun que le projet d’extension/classement :

  • Intègre une évaluation précise des impacts des projets d’urbanisation environnants.
  • Propose des mesures garantissant l’intégrité du périmètre protégé.
  • Définisse des dispositions fermes pour assurer la protection du parc et de ses franges.
  • Rappelle l’urgence d’assurer cette protection.

Les serres de la RN3 : une aberration écologique et sanitaire dans un corridor déjà fragilisé

L’OAP « Poudrerie-Hochaille » prévoit, entre autres, la création d’un projet immobilier comportant des serres de grande hauteur (5 niveaux + attique) pour des jardins d’hiver ou des fermes urbaines le long de la RN3. Si l’idée d’une agriculture urbaine ou de serres potagères peut, sur le papier, s’avérer intéressante, son implantation dans ce corridor étroit — entre le parc de la Poudrerie et la forêt de Bondy — soulève des problèmes à la fois écologiques, sanitaires et de confort de vie.

Plan masse de la projection urbaine Poudrerie-Hochailles à Livry-Gargan avec les serres le long de la RN3
Projection Urban et Sens — Assistance à Maîtrise d’Ouvrage — Ville de Livry-Gargan / Bouygues Immobilier : plan masse du projet avec les serres prévues en bordure de RN3
Schéma volumétrique du projet urbain de Livry-Gargan le long de la RN3
Projection Urban et Sens — Schéma volumétrique du projet : densification entre la cité-jardin et la RN3 — Ville de Livry-Gargan / Bouygues Immobilier
Perspective architecturale du projet urbain avec serres et logements à Livry-Gargan
Projection Urban et Sens — Perspective architecturale : les serres (5 niveaux + attique) intégrées aux logements en bordure de RN3 — Ville de Livry-Gargan / Bouygues Immobilier

Risques pour la biodiversité

Les serres de grande hauteur (vitrées) renforcent la fragmentation, désorientent la faune (pollution lumineuse, collisions) et aggravent la stagnation des polluants.

Position stratégique du corridor : Le secteur de la RN3 entre la Poudrerie et la forêt de Bondy constitue un passage essentiel pour la faune, notamment l’avifaune protégée dans le cadre de Natura 2000. Toute construction imposante (serres de grande hauteur, structures vitrées) accentue la fragmentation déjà provoquée par la route, rendant encore plus difficile le déplacement des espèces.

Barrière physique et lumineuse : Les surfaces vitrées peuvent créer de la réverbération et de la pollution lumineuse, désorientant les oiseaux et perturbant leur cycle biologique. Elles peuvent aussi provoquer des collisions, a fortiori avec la présence de plantations internes aux baies vitrées, aggravant la mortalité aviaire dans une zone déjà contrainte.

Exposition accrue aux polluants : L’idée de couper les vents en provenance de la route au moyen de serres peut entraîner la stagnation ou la concentration de polluants (particules fines, oxydes d’azote, etc.). Les espèces animales, comme les oiseaux et les petits mammifères, peuvent s’y trouver sur-exposés, avec des effets à moyen et long terme sur leur santé et leur capacité de reproduction.

Répercussions sanitaires pour les usagers et les riverains

Concentration de polluants pour tous : Au-delà de la faune, les automobilistes, cyclistes et piétons empruntant la RN3, ainsi que les habitants alentour, risquent également d’être victimes d’une accumulation de polluants dans un espace confiné. Au lieu de diluer la pollution automobile, les serres risquent de créer un « piège à particules » à proximité immédiate de la chaussée.

Microclimat défavorable :

  • Réverbération de la chaleur : Les matériaux vitrés en enfilade, combinés à l’asphalte de la RN3, peuvent accentuer les îlots de chaleur urbains, surtout en période estivale. Les surchauffes deviennent problématiques pour la qualité de vie des riverains.
  • Non-dissipation des polluants : En retenant chaleur et gaz, les serres aggravent l’effet de confinement. Les vents, qui jouent normalement un rôle d’évacuation, ne peuvent plus circuler correctement.

Impact sur le cadre de vie : Vivre ou circuler entre la chaleur accrue des serres et le macadam surchauffé de la RN3 présente une expérience inconfortable pour les résidents et les usagers (piétons, automobilistes). La détérioration de la qualité de l’air, combinée à l’augmentation de la température, constitue un cocktail néfaste pour la santé publique (irritation respiratoire, stress thermique), particulièrement pour les populations les plus fragiles.

Coupe urbaine du projet le long du boulevard Schuman à Livry-Gargan montrant la hauteur des serres
Coupe urbaine du projet : les serres (5 niveaux + attique) en bordure de RN3, entre la cité-jardin et le boulevard Schuman — Projection Urban et Sens / Bouygues Immobilier

Un projet en décalage avec les objectifs de qualité environnementale

Incompatibilité avec la notion de corridor écologique : En théorie, les constructions destinées à la production agricole urbaine pourraient être implantées dans des zones moins sensibles. Leur positionnement à cet endroit clé coupe la continuité végétale nécessaire entre la Poudrerie et la forêt de Bondy.

Contradiction avec la réduction des îlots de chaleur : Partout en zone urbaine, les politiques publiques encouragent la végétalisation et la perméabilisation des sols pour réduire les pics de chaleur et favoriser le bien-être des populations. Ici, le recouvrement en serres et l’artificialisation qui l’accompagne vont à contresens de ces politiques.

Un besoin urgent de repenser l’aménagement : Au regard de l’ensemble de ces éléments, le projet de créer des serres le long de la RN3, entre le parc de la Poudrerie et la forêt de Bondy, apparaît comme une aberration autant écologique que sanitaire. Trois catégories d’effets négatifs se cumulent :

  1. Menaces sur la biodiversité : fragmentation renforcée, collisions d’oiseaux, pollution locale amplifiée.
  2. Impacts négatifs sur la santé humaine : concentration de polluants, élévation des températures, qualité de vie en berne pour les riverains et les usagers de la route.
  3. Inadéquation avec la politique urbaine durable : la densification à cet endroit précis, sans mesures de compensation ou de trame verte, s’oppose aux objectifs de préservation des corridors écologiques et de diminution des îlots de chaleur.

Il convient de noter que ce phénomène de morcellement des habitats naturels et ses effets sanitaires a notamment pu être observé dans le Nord-Est des États-Unis avec le morcellement des forêts et la prévalence de la maladie de Lyme (Tirard et al., 2016).

Ce projet illustre la nécessité et l’urgence d’étendre le classement du parc et de ses abords.

Le projet d’aménagement Tourville : l’artificialisation aux portes du parc

Parmi les opérations récemment engagées dans la limite immédiate du Parc de la Poudrerie, le projet d’aménagement de l’école Tourville à Livry-Gargan illustre les tensions entre densification, préservation des sols perméables et gestion écologique du corridor de l’Est parisien.

Contexte et localisation du projet

Ambitieux dans ses objectifs, le projet d’aménagement de la future école du quartier de la Poudrerie déclare chercher à moderniser les infrastructures éducatives et s’inscrire dans une démarche de développement durable. Cependant, sa mise en œuvre soulève des questions quant à la pratique et au respect des écosystèmes locaux.

Bien que l’initiative affiche une ambition environnementale (toitures végétalisées, plantations nouvelles), l’artificialisation demeure significative : certains arbres, notamment deux cèdres sains et de grand développement, ont été abattus au motif d’une incompatibilité avec la future configuration du site, avec choix de démolition totale de l’ancienne école plutôt qu’une réhabilitation, ayant pour conséquence la création d’un nouveau bâtiment occupant davantage de sol, au détriment d’espaces perméables.

Si le projet respecte formellement les prescriptions du PLU (avec une zone libre de 1 140 m², légèrement au-dessus de l’exigence réglementaire), il ne s’inscrit pas dans une stratégie globale de préservation du corridor. L’abattage d’arbres matures confirme l’écart entre les intentions affichées et la protection effective du couvert végétal.

Les cèdres supprimés, pourtant classés en « bon état phytosanitaire » selon une expertise de l’ONF de 2017 (non diffusée de manière transparente), rappellent la fragilité des arbres urbains face aux projets d’aménagement. Le cas Tourville illustre à quel point la justification sécuritaire peut conduire à l’élimination de sujets pourtant viables.

Enseignements pour le corridor écologique

Le cas de l’école Tourville met en évidence que :

  • La pleine terre peut être rognée par de nouveaux aménagements même présentés comme « durables ».
  • Les justifications d’abattage (sécurité, esthétique, modernisation) doivent être examinées avec précaution, surtout lorsqu’elles concernent des arbres matures contribuant à la trame végétale du parc.

Au final, ce projet illustre en miniature une problématique clé : comment concilier l’urbanisation (construction d’équipements scolaires nécessaires) et la préservation d’un corridor écologique déjà sous pression ? En l’absence d’une coordination renforcée et d’outils fermes (zone tampon réellement appliquée, servitudes de classement clairement annexées au PLUi), ce type d’opération risque de se multiplier, fragmentant davantage l’interface entre le Parc de la Poudrerie et les quartiers urbanisés.

Conséquences sur la qualité de vie et le développement durable

Impacts sur la qualité de vie des habitants : Une densification urbaine mal encadrée autour du Parc de la Poudrerie peut entraîner une perte d’espaces verts, un accroissement du trafic automobile, et une dégradation de l’environnement sonore et atmosphérique. Ces impacts sont en contradiction avec l’objectif de créer un espace de détente, de loisirs et de bien-être, propre à compenser la densité urbaine environnante.

Implications pour la transition écologique : Le déséquilibre entre la préservation d’un patrimoine écologique et historique et la pression immobilière nuit à la réalisation des objectifs de transition écologique : réduction de l’artificialisation des sols, maintien de corridors écologiques, promotion de la mobilité douce.

Synthèse : le rôle primordial du Parc de la Poudrerie dans la trame écologique régionale

Il convient de noter la présence de fortes fragmentations urbaines aux abords directs du parc qui pourraient, par sa protection accrue, donner un point de départ à la création de véritables trames. Le parc représente un véritable poumon vert, faisant partie intégrante de la trame de continuités écologiques de l’Est parisien. Son rôle en matière de biodiversité et microclimatique est fondamental, et les corridors entre les différents sites doivent être favorisés.

Recommandations

Mesures prioritaires à réintroduire ou mettre en œuvre

  1. Réinstaurer officiellement une zone tampon de 100 m autour du parc forestier de la Poudrerie pour préserver la continuité écologique et limiter la pression foncière immédiate.
  2. Procéder à une étude de compatibilité entre les projets immobiliers (cité-jardin de Livry-Gargan) et l’inscription au titre des sites, afin de préserver l’identité historique et paysagère.
  3. Prendre en compte l’impact de la densification sur les franges du parc dans l’enquête publique et élaborer des mesures de protection concrètes (reboisements, limites de gabarit, etc.).
  4. Reconnaître explicitement la menace pesant sur le corridor écologique reliant la Poudrerie à la forêt de Bondy, en intégrant cet enjeu dans les documents d’urbanisme.
  5. Mettre en place des mesures d’atténuation et de compensation visant à préserver l’équilibre écologique du site (plantations compensatoires, rétablissement de trames vertes, etc.).

Clarifier les règles d’intervention écologique

  1. Définir, dans le cahier d’orientations de gestion, des mesures de gestion forestière différenciées (maintien des vieux bois, préservation des mares, etc.).
  2. Créer un groupe de suivi écologique associant des associations naturalistes pour évaluer l’état des habitats et proposer des actions correctrices (plantation d’essences locales, lutte contre les invasives, etc.).

Gérer la fréquentation de manière durable

  1. Sensibiliser le public (panneaux, brochures, signalétique) aux fragilités du site, aux réglementations en vigueur et au patrimoine industriel.

Renforcer le rôle écologique interdépartemental du parc

  1. Renforcer le rôle de la Poudrerie en tant que réseau écologique interdépartemental : éviter toute banalisation ou dispersion non maîtrisée de ses abords, mettre en avant son héritage industriel et historique, et favoriser la connexion avec la Forêt de Bondy et le canal de l’Ourcq (limiter l’imperméabilisation, préserver les continuités vertes et bleues). Inscrire le parc et sa zone tampon dans la démarche de réduction de l’urbanisation, conformément à la loi Climat et Résilience Zéro Artificialisation Nette (ZAN).
  2. Promouvoir les corridors écologiques : afin de préserver la continuité entre le Parc de la Poudrerie et la Forêt de Bondy, renforcer le maillage de corridors écologiques par la création de voies vertes et de zones tampons.

Repositionner les projets incompatibles

  1. Repositionner les fermes urbaines et les jardins d’hiver de préférence dans des espaces bénéficiant déjà d’une perméabilité des sols et d’un ensoleillement optimisé.
  2. Préserver l’interface RN3 – corridor forestier en y aménageant des écrans végétalisés naturels, des haies et des talus boisés pour filtrer le bruit et la pollution, sans bloquer la circulation de l’air.
  3. Renforcer les mesures de protection pour maintenir un microclimat viable, une bonne qualité de l’air et la fonctionnalité écologique du corridor reliant la Poudrerie et la forêt de Bondy.
  4. Étudier l’impact du projet immobilier Poudrerie-Hochaille sur le corridor écologique et instaurer une zone tampon protégeant efficacement la connectivité entre la forêt de Bondy et la Poudrerie.

Références scientifiques

Fustec, É. & Lefeuvre, J.-C. (2000). Fonctions et valeurs des zones humides. Dunod.

Maman, L. & Vienne, L. (2010). Les zones humides, un patrimoine remarquable. Géosciences, 12, 68–77.

Les zones humides en France — Synthèse des connaissances en 2024. Données et études statistiques pour le changement climatique, l’énergie, l’environnement, le logement et les transports. Ministère de la Transition écologique. statistiques.developpement-durable.gouv.fr

Tirard, C., Abbadie, L., Laloi, D. & Koubbi, P. (2016). Ecologie. Fiches de cours, questions de révision et bonus web. Dunod.

Référence recommandée : Livry Participatif, « Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux environnementaux », Extension de classement du Extension de classement du Parc de la Poudrerie : enjeux environnementaux, Livry-Gargan, 2025.

Livry Participatif – 93190 Livry-Gargan

Contact : contact@livryparticipatif.frlivryparticipatif.fr

Identifiant : LPIU-2025-001-OBS-V1

ISSN ressource en ligne 2999-1080

© Livry Participatif, 2025.

Commission Biodiversité – Urbanisme – Patrimoine

Livry Participatif, Brugeat, R. (coord.), Mijouin, G. (rév.) & Santos Vieira, K. (rév. sci.). 2025. Observations sur l’enquête publique du parc forestier de la Poudrerie et des cités-jardins associées. Rapport d’observation. Livry Participatif, 2025.

Association déclarée par application de la Loi du 1er juillet 1901 et du décret du 16 août 1901.

Numéro RNA : W932012473 – Préfecture de la Seine-Saint-Denis

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