2026 — Quadricentenaire de la naissance de Madame de Sévigné (1626–1696)
En 2017, à l’occasion d’un concours épistolaire, un adhérent livryen a imaginé une lettre singulière : non pas une lettre à Livry, mais une lettre de Livry. Livry Participatif publie ce texte.
Très chère Marie,
« La beauté de Livry est au-dessus de tout ce que vous avez vu. » Par ces mots, et à bien d’autres occasions, vous vantiez, il y a quelque 345 ans, la beauté de ce Livry où vous aimiez vous ressourcer. En vieille dame un peu coquette, la gêne et la timidité m’ont fait prendre ce retard pour répondre à ce beau compliment.
Le temps a certes bien changé les lieux chers à votre cœur : la forêt de Bondy et l’abbaye elle-même n’existent plus que dans nos souvenirs et par quelques traces que l’amoureux des belles choses saura retrouver. Je crois toutefois avoir su garder bien des attraits qui ne sauraient vous laisser indifférente.
J’ai conservé un de mes biens les plus précieux : 80 hectares de parcs et jardins servant d’écrin à une flore et une faune des plus diversifiées. Vous reconnaîtrez aisément rouge-gorges, moineaux, mésanges, poules d’eau, geais, pies et quelques centaines d’oiseaux communs de la région, mais aurez également la surprise, en fréquentant ces jardins, de découvrir des oiseaux plus exotiques, des perruches d’un vert de jade qui se plaisent particulièrement près des séquoias géants du parc Lefèvre.
Ces arbres impressionnants, originaires de la lointaine Californie, côtoient de majestueux chênes, cèdres et platanes centenaires et forment, alliés à des plants de taille plus modeste, un havre de verdure et de calme dont profitent les promeneurs et les chasseurs d’images.
Le canal de l’Ourcq et des plans d’eau, dont un lac portant votre nom, dernier vestige du parc de l’Abbaye que vous aimiez tant, offrent un cadre propice à la flânerie.
Cette richesse naturelle, dont vous sûtes si bien vanter les mérites, chère Marie, s’exprime également dans des espaces plus modestes : un parterre fleuri devant l’hôtel de ville ou le jardin privatif d’un quartier pavillonnaire suffisent parfois à trancher agréablement avec l’urbanisme tentaculaire de la banlieue parisienne. Votre ville s’attache, malgré les difficiles contraintes d’un urbanisme contemporain, à respecter cette image que vous avez grandement contribué à créer et à mettre, et à conserver la distinction de ville fleurie « quatre fleurs ».
Un cèdre du Liban trois fois centenaire orne la route nationale 3 ; comme lui, je reste un îlot de verdure, mêlant patrimoine et exotisme, nature et modernité, dont vous aimerez encore les couleurs et l’art de vivre.
La culture reste une valeur appréciée ; le château offre à chacun des rencontres avec l’art, l’image et la forme, expose un monde de contraste et les artistes y trouvent un espace d’expression et de rencontres.
« Rencontre » : ce mot résonne d’ailleurs autour des cafés-philo où les idées se mêlent et se démêlent, de la médiathèque, des nombreux restaurants offrant un vaste choix allant des plats du terroir aux mets des contrées les plus lointaines, et des nombreuses associations qui permettent aux Livryens de partager leurs passions.
Amoureux de la nature, de l’architecture, de la bonne chère, des arts, de l’histoire ou des belles lettres partageront votre jugement et apprécieront, je l’espère, ma compagnie.
Vous qui exprimez le vœu de vivre 200 ans, nous fêterons ensemble dans moins de 10 ans votre 400e anniversaire, car malgré les heurts de l’histoire, je reste éternellement votre.
Votre amie sincère, Livry
Publié dans le cadre du quadricentenaire de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626–2026).
MIJOUIN, Gilles (2017). « Très chère Marie » [texte, concours épistolaire]. Reproduction : Livry Participatif.
Biodiversité, bâti XIXᵉ et mémoire ouvrière — enjeux et perspectives
Le Parc forestier de la Poudrerie, plus qu’un simple parc urbain arboré, est une étendue forestière, vestige significatif de l’ancienne forêt de Bondy, un biotope qui couvrait initialement plus de 3 000 hectares il y a deux siècles. Au contact direct des tissus urbains environnants, il constitue aujourd’hui un espace de nature majeur au sein d’un territoire fortement anthropisé. Sa fréquentation est très élevée (environ 1,5 million de visites en 2022). Ce biotope a survécu aux épreuves du temps et requiert désormais des stratégies de gestion et de préservation adaptées à son environnement urbain immédiat, en considérant non seulement son importance écologique, mais aussi son riche héritage culturel.
La Poudrerie nationale de Sevran-Livry, décidée sous le Second Empire et ouverte en 1873, la structure paysagère et l’empreinte bâtie du site demeurent indissociables de l’histoire du parc. Le choix d’implantation répondait à des impératifs de sécurité tout en tirant parti d’une desserte logistique efficace (réseaux fluvial et ferroviaire). L’adoption de la vapeur comme source d’énergie motrice illustrait alors une avancée technologique notable, emblématique de l’esprit d’innovation de l’époque.
Après la fermeture industrielle (1969-1973), la décision d’en faire un parc forestier public a tourné une page importante de l’histoire locale. Les efforts de conservation et la transformation du site en grand parc urbain ont assuré la pérennité de son héritage historique, culturel et environnemental. Aujourd’hui, le parc de la Poudrerie se présente comme un témoin vivant de l’histoire industrielle régionale, articulant patrimoine et espaces de nature ouverts aux usages récréatifs des habitants du territoire.
Cette trajectoire consacre une double vocation désormais indissociable : la conservation d’un patrimoine naturel et paysager remarquable et la transmission d’un héritage industriel et technique singulier (traces d’ouvrages, bâtiments résiduels, trames viaires et hydrauliques), garantissant une cohabitation exigeante mais féconde entre histoire et nature au cœur de la ville.
Pour autant, la pérennité du parc reste conditionnée à une gestion fine des pressions : érosion et piétinement des sous-bois, conflits d’usages, vulnérabilités d’un patrimoine bâti encore fragile, difficultés ponctuelles d’entretien aux abords. Ces enjeux imposent d’articuler, dans la durée, les exigences des statuts de protection avec la réalité d’un grand parc urbain très fréquenté, en tenant compte de son inscription paysagère dans la Plaine de France et de ses continuités écologiques avec les corridors hydrauliques et les boisements périphériques. Depuis sa fondation, le parc a, de surcroît, été marqué par des phases de gestion alternant avancées et reculs, ce qui renforce l’exigence d’un pilotage lisible et outillé.
Géographie
Localisation
Le Parc forestier de la Poudrerie se situe à l’intersection de quatre municipalités (Sevran, Livry-Gargan, Villepinte et Vaujours) avec la commune de Tremblay-en-France en proximité immédiate. L’ensemble occupe l’extrémité nord-est de la Seine-Saint-Denis, en lisière de l’agglomération dense de la métropole parisienne, à la jonction de tissus urbains résidentiels et d’axes structurants régionaux.
Le parc forme une entité forestière d’environ 145 hectares, dont 119 hectares ouverts au public. À 12 kilomètres au nord-est de Paris, il est traversé par la voie ferrée Paris–Soissons et par le canal de l’Ourcq, véritable colonne vertébrale paysagère et de mobilité douce.
Par commune, les rues limitrophes suivantes structurent les interfaces d’accès et de perception :
Vaujours : allée des Sablons, allée Eugène-Burlot, chemin de Villepinte, boulevard Jacques-Amyot
Villepinte : avenue du Général-Delestraint, rue des Fraisiers
Livry-Gargan : rue du Docteur-Roux, rue Paul-Vieille, avenue Louis-Maurel, place H.-Joseph d’Autriche
Sevran : allée Apollinaire, allée Jacques-Decour, allée Rameau, allée Boieldieu, allée Van-Beethoven, allée Léon-Jouhaux, chemin du Baliveau, rue d’Estienne d’Orves, avenue du Maréchal-Lyautey, avenue Henri-Barbusse
Repère de statut. Au sein de cet ensemble, le site classé (loi de 1930) couvre 116 hectares (décret de 1994). Cette surface protégée s’inscrit dans l’aire du parc (≈ 145 ha) et explique certaines contraintes réglementaires spécifiques évoquées plus loin.
Description
L’environnement urbain immédiat est composé majoritairement de quartiers résidentiels de maisons individuelles, ponctués d’îlots d’habitat collectif plus denses. Le profil socio-économique du secteur présente des fragilités, qui se traduisent notamment par des attentes fortes en matière d’espaces publics de qualité, de nature de proximité et de parcours sécurisés. Le parc s’inscrit dans le périmètre de la Ceinture verte régionale et longe le corridor écologique structuré par le canal de l’Ourcq, ce qui renforce son rôle de réservoir de biodiversité et de maillon de continuités écologiques à l’échelle intercommunale.
L’accessibilité piétonne et cyclable est assurée par une multiplicité de portes réparties autour du périmètre. Deux polarités concentrent cependant l’essentiel des flux visiteurs : la porte de Sevran au pont de l’Ourcq et l’entrée à proximité des parkings principaux côté Livry-Gargan/Vaujours. Deux secteurs ne sont pas ouverts au public : le Bois de la Tussion au nord-est, fermé depuis avril 2000 en raison d’un aléa naturel de dissolution du gypse et de risques d’effondrement ; un secteur écologique au sud-est, maintenu en zone de quiétude et de protection, non accessible afin de préserver des habitats sensibles.
La composition interne alterne boisements, clairières, prairies, pelouses, mares et plans d’eau, maillés par un réseau de chemins piétons et itinéraires cyclables. Le parc conserve des bâtiments et ouvrages hérités de la poudrerie impériale puis nationale, repères du récit historique, ainsi que des aménagements contemporains correspondant à ses usages d’espace vert de loisirs (aires de jeux, sanitaires, mobiliers). À noter que certains espaces situés dans l’emprise générale ne relèvent pas de la gestion directe du parc : golf départemental, rives du canal (propriété des Services des Canaux de la Ville de Paris), poney-club et jardins familiaux.
Parc forestier de la Poudrerie : plan général et accès (Sevran–Livry-Gargan–Villepinte–Vaujours)
Environnement forestier (ancienne forêt de Bondy)
Au début du XIXᵉ siècle, la forêt de Bondy couvrait la quasi-totalité du quadrant nord-est du département. Les territoires d’Aulnay-sous-Bois, Bondy, Clichy-sous-Bois, Coubron, Livry, Montfermeil, Pavillon-sous-Bois, Rosny-sous-Bois, Vaujours et Villemomble formaient alors autant de clairières dans un massif continu.
L’extraction du gypse, l’exploitation forestière puis l’urbanisation liée aux dynamiques démographiques et industrielles de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle ont entraîné un rétrécissement substantiel de ce massif.
Aujourd’hui, il subsiste environ 400 hectares de cette forêt originelle, répartis principalement entre le Parc forestier de la Poudrerie et la forêt régionale de Bondy. Au sein de ce reliquat, la Poudrerie cumule un statut de protection élevé : elle constitue le seul site forestier classé de Seine-Saint-Denis (loi de 1930, cf. Repère de statut). Cette dissociation entre surface classée et emprise globale explique certaines discontinuités de protections aux marges, notamment sur des secteurs historiques non classés lors du décret d’origine.
Accessibilité et Liaisons
L’accessibilité par transports collectifs est satisfaisante à l’échelle locale, avec deux gares RER B — Sevran-Livry et Vert-Galant — situées à distance pédestre ou cyclable, ainsi qu’un éventail d’une dizaine de lignes de bus desservant les différents quartiers riverains.
La connectivité routière est fonctionnelle dans un rayon de proximité, mais le parc demeure peu lisible à l’échelle régionale : signalétique parcimonieuse, points d’accès discrets et interfaces parfois éloignées des grands axes.
La capacité de stationnement est limitée et concentrée à l’entrée principale (environ 250 places), ce qui contribue à contenir l’affluence automobile mais reporte l’effort sur la qualité des cheminements doux.
La présence du canal de l’Ourcq offre une épine dorsale cyclable continue reliant le parc au cœur de Paris et à d’autres grands espaces verts métropolitains ; depuis le bassin de la Villette, on accède au parc en environ 50 minutes à vélo en suivant le chemin de halage.
Au nord, l’adossement à un tissu résidentiel relativement dense crée un effet d’enclave qui renforce la fonction de lisière du parc. Au sud, la nationale 3 (profil à quatre voies) constitue une coupure majeure avec la forêt de Bondy, rendant plus stratégiques encore les liaisons douces et les franchissements existants ou potentiels.
L’environnement proche comprend des établissements scolaires (collège et lycée horticole à Vaujours, lycée à Sevran) et un projet de collège intercommunal Sevran/Livry-Gargan, autant d’équipements générateurs de fréquentation pédagogique et de potentialités de partenariats éducatifs. Bien que proche des centres-villes de Sevran, Vert-Galant et Livry, le parc n’est jouxté par aucun commerce, ce qui conforte sa vocation d’espace de nature et limite les nuisances d’activités.
Plan de repérage – éléments bâtis et périmètre d’extension du site classéDomanialités et périmètres du site classé
Rôle régional et interfaces
Continuités écologiques et paysagères. Dans l’armature verte de l’Île-de-France, la Poudrerie occupe une position charnière : maillon de trames vertes et bleues connectées au canal de l’Ourcq et à la Ceinture verte, elle relie les grands espaces naturels de la Plaine de France aux parcs urbains de l’est parisien. La présence d’habitats humides (mares, fossés, berges) et de peuplements forestiers mûrs renforce l’intérêt écologique d’ensemble, notamment pour des espèces patrimoniales d’oiseaux et de chiroptères suivies à l’échelle régionale.
Fonctions sociales et récréatives. Le parc répond à une forte demande de nature ordinaire et d’activités libres (marche, course, vélo), avec un rayonnement principalement local et des usages métropolitains lors d’événements. Cette polyvalence exige une gestion fine des flux et une concertation continue avec les communes riveraines, afin d’équilibrer accueil du public, préservation écologique et lecture patrimoniale.
Interfaces urbaines et services écosystémiques. Dans le gradient entre milieux urbains denses et franges plus rurales de la Plaine de France, la Poudrerie agit comme zone tampon : atténuation des îlots de chaleur, infiltration et filtration, refuges de biodiversité, bien-être. Le maintien de zones de quiétude non ouvertes au public, conjugué à des liaisons douces structurées, constitue un levier pour préserver les fonctionnalités écologiques sans renoncer à l’accueil d’un large public.
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La poudrerie impériale de Sevran-Livry, créée par décret en décembre 1865 sous le règne de Napoléon III, constitue un jalon majeur de l’industrie nationale des poudres. Conçue en 1867 par l’ingénieur Gustave Maurouard, elle répond à un double objectif : consolider le monopole d’État des poudres de commerce et inscrire cette production stratégique dans un mouvement de modernisation et de centralisation des industries sensibles.
Le choix du site s’explique par une combinaison de sécurité et de logistique : desserte fluviale par le canal de l’Ourcq et ferroviaire par la ligne de La Plaine à Hirson et Anor, et éloignement suffisant des bourgs de Sevran et de Livry-Gargan (au-delà de deux kilomètres) pour satisfaire les exigences de sûreté liées aux fabrications et au stockage d’explosifs.
Les travaux débutent en 1868, interrompus par la guerre franco-allemande de 1870. La mise en service intervient en 1873. L’établissement se singularise très tôt par l’adoption de la vapeur comme énergie motrice (une avancée déterminante par rapport aux entraînements hydrauliques) qui accompagne un saut technologique dans l’outillage, la continuité des cadences et l’organisation de la sécurité.
Dès l’origine, l’usine s’ordonne selon un plan en éventail structuré par un axe nord-sud : bâtiments disposés en demi-cercle autour d’un moteur central, séparation fonctionnelle des ateliers et cloisonnement des zones à risque. Le site produit des poudres de commerce et devient un lieu d’essais et d’innovations pour de nouvelles substances propulsives et explosives, dans le sillage des progrès de la chimie et de la balistique de la fin du XIXᵉ siècle.
Début XXᵉ siècle et Première Guerre mondiale
Au tournant du XXᵉ siècle, la poudrerie de Sevran-Livry s’affirme comme centre d’innovation et de production à grande échelle. La montée en puissance est nette dès 1914 : pendant la Première Guerre mondiale, l’établissement devient un site stratégique de l’effort national, mobilisant plus de 3 200 ouvriers et concentrant la production de poudre B (poudre sans fumée à base de nitrocellulose) destinée à l’armement. La logistique combinée rail-canal absorbe les flux de matières premières et facilite l’expédition, tandis que l’organisation en ateliers spécialisés et l’isolement des zones dangereuses soutiennent la continuité d’activité dans un contexte de forte contrainte.
Seconde Guerre mondiale
L’entre-deux-guerres s’accompagne d’une réduction d’activité, mais la montée des tensions internationales relance, dès 1937, les fabrications de poudres d’armement. Cette progression se poursuit jusqu’en mai 1940, date de l’occupation du site. La société allemande Firma Buck s’y installe à des fins militaires.
Une reprise partielle de productions civiles est organisée en 1941 sous l’autorité de Louis Médard, avant d’être rapidement interdite par l’occupant. À l’été 1944, le personnel s’implique dans la Résistance en fabriquant clandestinement des explosifs ; le site est libéré le 26 août 1944, refermant une séquence où la poudrerie aura conservé un rôle industriel et symbolique déterminant.
Réforme et fermeture
Après la Libération, en 1945, l’établissement reprend des fabrications à usages militaires et civils sous la direction rétablie de Louis Médard. Les années 1950 voient un rebond sur certains segments (notamment les cartouches de chasse) et la poursuite de recherches et d’essais sur poudres propulsives et explosifs. Fin 1951, les effectifs hors laboratoires atteignent 658 personnes, témoignant d’un niveau d’activité encore significatif.
Le traité de Rome (1957) et la réforme du Service des poudres engagent une restructuration nationale. La fermeture programmée de la poudrerie de Sevran-Livry s’inscrit dans ce mouvement : les productions propulsives et les propergols pour moteurs-fusées sont transférés vers Bergerac, Saint-Médard-en-Jalles et Pont-de-Buis, tandis que les laboratoires rejoignent le Centre de recherches du Bouchet (Essonne).
De 1969 à 1971, les installations cessent progressivement leurs activités, à l’exception du laboratoire de la Commission des substances explosives, qui poursuit jusqu’en 1973. À cette date, un siècle après la mise en service de l’usine, les dernières fonctions résiduelles sont déplacées vers le Centre d’études et de recherches des Charbonnages de France à Verneuil-en-Halatte.
René Amiable, dernier directeur et fondateur du musée, avec l’appui de l’historien Jean Astruc et d’acteurs locaux, se mobilise alors pour sauvegarder le territoire boisé (environ 137 hectares) et les vestiges les plus significatifs : bâtiments rescapés et éléments de l’ancienne chaîne d’entraînement mécanique (arbres de transmission autour du moteur central). Cette action prépare, dans les décennies suivantes, la reconversion en parc forestier, préservant une trame paysagère et technique unique où l’héritage industriel demeure lisible dans l’organisation des lieux.
Biodiversité et écosystèmes
Le Parc forestier de la Poudrerie réunit, dans un périmètre relativement contraint, un ensemble de milieux naturels complémentaires qui expliquent sa valeur écologique élevée en contexte urbain dense. La présence d’un réseau de zones humides, de boisements à forts diamètres, de clairières et de lisières diversifiées, ainsi que la proximité fonctionnelle du canal de l’Ourcq, installent un mosaïque d’habitats dont les continuités écologiques dépassent les seules limites du parc. Cette configuration, héritée de l’histoire industrielle du site et des opérations de reboisement et de reconversion, fonde à la fois la richesse spécifique observée et la sensibilité des équilibres écologiques aux usages contemporains.
Cadre écologique de référence
L’aire du parc s’inscrit dans un dispositif de protections et de reconnaissances écologiques qui structurent la gestion au quotidien. Le site classé (loi de 1930) vise la préservation du caractère pittoresque et de la composition historique, avec des effets collatéraux positifs sur les habitats.
Le parc est en outre intégré depuis 2006 au site Natura 2000 multisites de Seine-Saint-Denis (1157 ha, 15 parcs et forêts), dont l’objectif principal est la conservation d’une douzaine d’espèces d’oiseaux devenues rares en Europe. Il est également concerné par deux ZNIEFF : type 1 « Parc forestier de Sevran, Bois de la Tussion et Bois des Sablons » et type 2 « Massif de l’Aulnoye, Parc de Sevran et Fosse Maussoin ». Les inventaires ANCA (12/2022) proposent une évolution du contour de la ZNIEFF de type 1 et soulignent l’importance conjointe des cortèges forestiers et de ceux inféodés aux milieux aquatiques et humides.
Typologie des milieux et structure des habitats
La structure écologique du parc repose sur une trame forestière continue à laquelle s’agrègent des milieux ouverts et humides. Le boisement principal, composé de strates d’âges variés, offre une canopée haute générant des gradients lumineux et des micro-habitats favorables à la nidification des pics et au cortège d’oiseaux forestiers.
Les clairières et prairies, souvent héritées d’anciennes emprises d’ateliers ou alignées sur des axes historiques, apportent une composante herbacée et entomologique utile à l’alimentation de l’avifaune et des chiroptères.
Les mares, fossés, suintements et plans d’eau, en liaison plus ou moins directe avec le canal de l’Ourcq, dessinent un filet hydrologique interne jouant un rôle de nurserie pour l’herpétofaune et de halte pour certaines espèces en transit. Ce maillage aquatique a une origine industrielle (pièces d’eau et mares alimentées par les écoulements et la condensation des machines, avec exutoire vers le canal) et explique en partie la valeur actuelle des zones humides.
Les lisières diversifiées, en contact avec les quartiers riverains, forment enfin des transitions écotones où la flore des bords de chemin et le buissonnement fournissent abris et ressources trophiques.
Fonctions écologiques et services écosystémiques
La combinaison de grands arbres, de bois mort, d’îlots de quiétude et d’un réseau d’eaux calmes offre un panel de fonctions écologiques rarement réuni en première couronne. Sur le plan microclimatique, la canopée et les strates arbustives contribuent à modérer les températures et à améliorer le confort d’usage en période estivale.
D’un point de vue hydrologique, les zones humides et les sols forestiers favorisent l’infiltration, la décantation des matières en suspension et la restitution progressive des eaux, ce qui limite localement les ruissellements. L’ensemble participe à des services rendus aux habitants (bien-être, loisirs de nature, pédagogie environnementale).
Avifaune
La richesse ornithologique du parc s’explique par l’articulation de trois familles d’habitats déterminants.
— Milieux aquatiques et rivulaires : accueil du martin-pêcheur d’Europe, espèce sensible au dérangement et à la turbidité.
— Boisements à forts diamètres : présence de cavités, chandelles et bois mort permettant l’installation et la reproduction de pics forestiers recherchés, dont le pic mar et le pic noir.
— Clairières, prairies et lisières : diversification des passereaux, zones de gagnage et de repos en marge des axes internes.
La présence de ces espèces indicatrices impose un calage saisonnier des interventions d’entretien et de sécurité, ainsi qu’une maîtrise des usages sur les secteurs de quiétude identifiés.
Pic noir (Dryocopus martius)Pic mar (Dendrocoptes medius)Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis)
Chiroptères, herpétofaune et entomofaune
La présence de chiroptères est attestée par des indices matériels relevés dans certains bâtiments et ouvrages historiques (guano, restes d’insectes, indices de gîtes), avec un potentiel d’accueil déjà signalé par les ZNIEFF 2011-2012. L’accès restreint de certains édifices a toutefois limité la détermination spécifique, ce qui appelle des inventaires complémentaires.
Les milieux humides internes et périphériques abritent une herpétofaune typique des mares et fossés, dont la diversité dépend de la qualité de l’eau, de la connectivité entre points d’eau et du maintien d’une végétation rivulaire diversifiée.
L’entomofaune, liée aux prairies et aux ourlets ensoleillés, bénéficie de la gestion différenciée des fauches et de la présence de zones refuges non fauchées en période de reproduction.
Flore, boisements matures et bois mort
Les composantes floristiques reflètent l’histoire des plantations, des recolonisations naturelles et des successions secondaires. Les peuplements arrivés à maturité présentent des diamètres et des volumes suffisants pour constituer des habitats d’intérêt pour les espèces cavernicoles et saproxyliques ; le maintien d’un volume de gros bois et de bois mort, compatible avec la sécurité des usagers, demeure une condition écologique majeure.
La flore des zones humides, berges et suintements participe à la filtration/épuration et structure des cortèges d’intérêt à l’échelle locale. Des lisières stratifiées privilégiant des arbustes indigènes assurent une ressource mellifère et fruitière étalée dans le temps.
Continuités écologiques et connectivité
Le parc occupe une position charnière dans les continuités écologiques de la plaine. Le canal de l’Ourcq fonctionne comme axe de dispersion et de déplacement pour l’avifaune, les chiroptères et certains invertébrés (cf. Géographie – Rôle régional et interfaces).
Les liaisons vers la forêt régionale de Bondy, vers les franges boisées à l’est et, plus largement, vers les parcs et espaces ouverts voisins, limitent l’isolement écologique du site. La qualité de ces corridors tient autant à la perméabilité des ouvrages et interfaces (ponts, talus, pieds d’infrastructures) qu’à une gestion soignée des lisières et des traversées piétonnes/cyclables.
Écureuil roux sur un tronc d’arbreSéquoia géant
Pressions, vulnérabilités et facteurs de perturbation
La fréquentation soutenue, valorisée au regard des objectifs sociaux du parc, constitue une pression à organiser. Le piétinement des sous-bois, la création de trajets informels et la circulation de cycles hors des parcours prévus fragilisent certains habitats.
Dans les milieux humides, perturbations de berges, matières en suspension et micro-pollutions dégradent les habitats de reproduction et d’alimentation. Les dérangements en période de nidification, particulièrement sensibles pour les espèces phares, nécessitent itinéraires alternatifs, jalonnements et signalétique temporelle.
Les espèces exotiques envahissantes (contextes ripariens et friches urbaines) constituent un facteur de banalisation à contenir par des interventions régulières, ciblées et suivies.
Enfin, la sécurité des usagers, qui impose des coupes de sécurité, doit être conciliée avec le maintien de bois mort et d’arbres à cavités.
Orientations de gestion écologique
Les axes d’action prioritaires, tels qu’ils ressortent de l’état des lieux et des documents de référence, se concentrent sur des mesures simples, récurrentes et évaluables :
Zones humides : entretien des mares et fossés, restauration de berges végétalisées, maîtrise de la turbidité.
Quiétude biologique : définition de fenêtres saisonnières, mises en défens temporaires de linéaires sensibles, jalonnement des itinéraires et adaptation de la programmation événementielle.
Boisements matures : maintien de gros bois et d’arbres à cavités avec hiérarchisation des sujets à conserver ; zones de rétention de bois mort au sol compatibles sécurité.
Milieux ouverts : fauche tardive et conservation de zones refuges pour soutenir entomofaune, chiroptères et avifaune.
EEE : surveillance régulière, arrachages ciblés et suivi des résultats.
L’ensemble de ces mesures s’articule avec les objectifs écologiques, la lecture patrimoniale des axes historiques et les exigences d’accueil du public, en cohérence avec les statuts de protection.
Transformation, usages, classement et labélisation
1973–1977 : Fermeture de l’usine et promesse d’un parc
En 1973, la Poudrerie nationale de Sevran-Livry cesse ses activités industrielles. Le vaste site, ponctué d’ateliers, d’étangs techniques et de merlons (buttes anti-déflagration), devient un espace à risques, interdit au public. L’État arbitre rapidement : le 13 septembre 1974, un arbitrage interministériel retient la création d’un grand espace vert ouvert aux habitants. Le 24 décembre 1975, un décret en Conseil des ministres acte la création d’un « parc national forestier » sur les parties boisées de l’ancienne poudrerie. Le foncier demeure propriété de l’État (transfert du ministère des Armées vers celui de la Qualité de la Vie) et une convention du 18 juin 1976 confie la gestion à l’Office national des forêts (ONF).
La transition est décisive : dépollution, démolition de plusieurs centaines de bâtiments industriels vétustes et potentiellement dangereux, sécurisation. À l’été 1976, environ 300 constructions sont rasées. Sur les emprises dégagées, pelouses et replantations reconstituent la matrice forestière ; les anciens alignements d’ateliers laissent place à des clairières. Quelques bâtiments sont conservés en vue d’usages futurs, d’autres partiellement démolis, d’autres enfin restent en attente de projet. Dès 1977, une première portion du parc ouvre : l’usine close amorce sa transformation en vaste espace de nature et de promenade, et la promesse d’un parc public s’engage, avec l’enjeu d’articuler mémoire industrielle, renaturation et futurs usages.
1977–1994 : Ouverture complète et premiers équilibres
Les années suivantes installent un triptyque « accueillir, entretenir, raconter ». En 1982, le parc est entièrement ouvert dans son périmètre actuel. La même année, l’ancien magasin au salpêtre devient un musée technique des poudres et de l’armement (cf. Le Musée de la Poudrerie). Parallèlement, l’ONF conduit une reconquête verte : reboisements, pelouses entretenues, élargissement d’allées en prairies selon les usages. La trame arborée recouvre peu à peu la topographie industrielle (fondations, canaux, merlons), tout en conservant la lisibilité des grands axes du XIXᵉ siècle.
Côté habitants, les usages se structurent. Dès 1980 naît l’Association des usagers du parc, future Association des Amis du Parc, qui fédère visites guidées, expositions, promenades nature et médiations. Cette parole citoyenne complète la gestion forestière : besoins de propreté, questionnement sur certaines coupes, plaidoyer pour la sauvegarde des derniers témoins bâtis. Le parc devient à la fois lieu de promenade et support d’une mémoire industrielle locale.
La transformation se poursuit dans les années 1980 : démolitions des structures inutiles ou dangereuses. Environ 90 % du bâti historique disparaît ; subsistent une trentaine de bâtiments fonctionnels (ateliers, entrepôts, logements) et quelques ouvrages disséminés. Le remodelage — d’une usine dense vers une forêt-parc aérée — conserve les éléments structurants. À la fin de la décennie, un premier équilibre s’établit entre nature régénérée et patrimoine industriel minimal.
1994–2006 : Classement patrimonial, crise budgétaire et nouvelle gestion
Le 21 avril 1994, un décret classe le parc au titre de la loi de 1930 pour ses qualités historiques et pittoresques. Le classement consacre à la fois un reliquat de l’ancienne forêt de Bondy et les derniers témoins d’architecture industrielle du XIXᵉ siècle ; il implique une vigilance accrue sur les interventions lourdes (respect des axes, perspectives, masses boisées).
La fin des années 1990 connaît une crise de moyens : en 1995, la subvention spéciale à l’ONF est supprimée. Entretien et surveillance reculent ; propreté et bâti se dégradent. La mobilisation s’organise (associations, pétition de grande ampleur, délibérations municipales). En 1999, la gestion est transférée à l’Agence des espaces verts d’Île-de-France (AEV), qui prend aussi, en 2000, les bois de la Tussion et des Sablons pour une gestion cohérente. L’ambition demeure : accueillir un public croissant, préserver la mémoire du lieu et poursuivre la renaturation engagée vingt ans plus tôt. En 2006, le parc intègre le dispositif Natura 2000 (directive Oiseaux) au sein d’un site multi-sites départemental.
2006–2011 : Natura 2000 et passage de témoin au Département
Après l’entrée en Natura 2000, une transition de gouvernance s’opère. Dès 2010, l’AEV se désengage progressivement. Par convention tripartite, au 1ᵉʳ janvier 2011, la gestion opérationnelle est confiée au Département de la Seine-Saint-Denis, en partenariat avec la Région et l’État (le foncier demeurant à l’État).
S’ouvre une phase d’ingénierie quotidienne sur un site classé unique en Seine-Saint-Denis : concilier usages croissants et préservation, canaliser circulations douces et VTT sans dénaturer le lieu, sécuriser les ruines sans en altérer la valeur, entretenir fossés, mares et lisières, arbitrer le sort des bâtiments (conservation, transformation, déconstruction) avec les services de l’État.
2012–2019 : Stabiliser, raconter, reconnaître
La décennie suivante consolide les atouts du parc. Le Musée de la Poudrerie, pivot culturel installé dans l’ancien magasin reconverti, poursuit sa mission. Les associations d’usagers développent les médiations (animations nature, visites historiques, accueil scolaires). Les inventaires naturalistes se précisent ; la présence de chiroptères dans certains bâtiments impose diagnostics et précautions avant rénovation.
En 2017, une convention de délégation de gestion conforte le Département comme gestionnaire, entérinant l’accord État–Région–Département. La coexistence avec d’autres gestionnaires perdure : le canal de l’Ourcq, propriété de la Ville de Paris, requiert des coordinations spécifiques (berges, signalétique, franchissements). Cette pluralité impose une vigilance pour préserver l’unité d’ensemble.
En 2019, la Région Île-de-France classe plusieurs arbres remarquables (deux séquoias géants sur la perspective Dautriche/Maurouard, chênes « doublettes », un peuplier noir très incliné, un orme champêtre isolé). La sylviculture évolue : la canopée est traitée comme un patrimoine à part entière (port libre, renouvellement naturel raisonné, prise en compte du changement climatique, gestion du bois mort). Le patrimoine naturel prend ainsi toute sa place aux côtés du patrimoine historique.
2019–2024 : Vers une protection étendue ?
À partir de 2019, l’extension du site classé revient au premier plan afin de recoudre des lisières restées hors du périmètre de 1994 (portes historiques, anciennes emprises bâties). En février 2019, la parcelle de l’ancienne porte de la Marine (sud-ouest) et la parcelle Dautriche (nord) sont inscrites sur la liste indicative des sites à classer. Le CGEDD émet un avis favorable en 2021 ; le dossier technique est élaboré en 2022-2023 ; une enquête publique est programmée en 2024. L’extension proposée (≈ 12 ha : 3,5 ha à Livry-Gargan, 8,5 ha à Sevran) porterait le total classé à ≈ 128 ha, parachevant la protection et assurant une continuité paysagère et de gestion.
La diversité des propriétaires explique la progressivité du processus : cœur historique propriété de l’État (ministère de l’Écologie) géré par le Département ; canal de l’Ourcq relevant de la Ville de Paris ; ancienne caserne nord réhabilitée en résidence sociale ; pavillon de lisière sud privé ; parcelles autour du musée appartenant au ministère des Armées, certaines en cession à l’EPF. Chaque secteur requiert conventions dédiées, calendriers alignés et diagnostics, d’où une extension conduite par étapes concertées.
Parallèlement, les attentes locales s’aiguisent : piétinement hors allées, sentiers informels, intrusions de vélos, assèchement saisonnier de mares, dépôts sauvages à certaines entrées (porte de la Marine). Les bénévoles demandent périodes de quiétude, balisage renforcé, restauration écologique des berges et études faunistiques préalables aux travaux sur le bâti. La gestion départementale ajuste en retour : entretien différencié, hiérarchisation des cheminements, calibrage des coupes de sécurité. En jeu : concilier biodiversité et accueil, à l’aube d’un périmètre étendu et d’une gouvernance clarifiée.
Le Musée de la Poudrerie : mémoire vivante de l’usine
Créé en 1982, le Musée de la Poudrerie est la pièce maîtresse de la mise en valeur historique du site. Installé dans l’ex-magasin au salpêtre, il retrace plus d’un siècle d’épopée industrielle à Sevran-Livry. Né à l’initiative de quatre acteurs — René Amiable (dernier directeur), Jean Astruc (historien local), Marius Bœuf et Suzanne Rigal-Herbin — il devient en 1990 le Musée technique des poudres et de l’armement. Le parcours, en plusieurs salles, présente la fabrication des poudres et explosifs et l’évolution des technologies, de la poudre noire à la poudre B (1884, Paul Vieille) puis aux propergols solides, ainsi que des focus sur les poudres propulsives et les cartouches de chasse.
Le parcours consacre aussi une section aux ouvriers (vie quotidienne, métiers, risques) et traite du fort de Vaujours, site voisin historiquement lié à des essais de missiles utilisant des explosifs produits à Sevran. Machines, outils, maquettes et archives restituent l’ambiance de la manufacture et rappellent l’importance stratégique du site pour la défense nationale.
En 2019, le musée et des bâtiments historiques voisins bénéficient de plus de 200 000 € via le Loto du Patrimoine (programme Stéphane Bern) et la Fondation du Patrimoine : mise en sécurité de l’ancien magasin de poudres, restauration d’un laboratoire, rénovation d’un hangar emblématique. En parallèle, le Département et la Fondation lancent un appel aux dons pour les édifices en péril. Cette mobilisation, destinée à prévenir la ruine de structures du XIXᵉ siècle et à valoriser ce patrimoine, permet au musée de poursuivre sa mission de transmission de la mémoire ouvrière et technique au cœur du parc.
Gestion et gouvernance du parc : une gestion complexe et perfectible
1975–1995 — Un modèle ONF sous soutient de l’État, puis rupture de financement
Depuis sa création, la gestion du Parc forestier de la Poudrerie a alterné avancées et reculs, à l’image d’un statut et de financements complexes. De 1975 à 1995, l’ONF assure l’aménagement et l’entretien grâce à une ligne budgétaire de l’État. La suppression de cette subvention en 1995 plonge le parc dans l’incertitude et suscite une forte mobilisation des usagers et des élus. En 1999, l’intervention conjointe de la Région Île-de-France et de l’AEV stabilise la situation : la Région finance intégralement les investissements et 40 % du fonctionnement ; le Département et l’État complètent. Ce plan, jugé indispensable, transfère la gestion quotidienne à l’AEV avec des moyens renforcés. Pierre-Charles Krieg, alors président de l’AEV, en souligne le caractère impératif pour la conservation du site.
1999–2011 — AEV : remise à niveau sans pilote stratégique unique
Les années 2000 cherchent un modèle de gouvernance pérenne. En 2004, l’Association des Amis du Parc publie Le Patrimoine bâti rénové et adopte deux motions en assemblée générale (février 2004) :
réhabiliter le patrimoine bâti dans un plan global et cohérent (idée d’un comité de pilotage proposée dès octobre 1999) ;
créer rapidement une structure opérationnelle dotée d’un réel pouvoir décisionnel.
En 2008, l’association adresse une lettre ouverte aux élus : elle demande une cellule de pilotage avec budget propre et personnel sur site (entretien, gardiennage), un schéma directeur à dix ans (projet d’ensemble, programmation d’investissements, répartition des rôles) et une gouvernance clarifiée, la fréquentation annuelle dépassant alors le million de visites. Malgré la remise à niveau conduite par l’AEV, aucun dispositif stable et lisible n’est instauré.
La fin des années 2000 voit évoluer le contexte institutionnel : la pérennité de l’engagement de l’AEV est questionnée ; le Département de la Seine-Saint-Denis se projette à nouveau dans un rôle de premier plan ; l’AEV amorce un retrait progressif à Sevran (cf. IV pour la transition). Reviennent les interrogations : sans AEV, quel portage ? Retour à un pilotage départemental ? Qui défend le dossier à l’échelle régionale ? Ces incertitudes révèlent l’absence d’un statut adapté (établissement public dédié ou syndicat mixte) pour ancrer la gestion dans la durée.
2011–2016 — Département gestionnaire : conventions et angles morts
Pour pallier la fragilité de la gouvernance, l’idée d’un syndicat mixte émerge au début des années 2010, avec le Département en chef de file aux côtés de la Région et des communes. Le projet n’aboutit pas. Depuis 2011, la gestion repose sur des conventions tripartites renouvelées (État propriétaire, Département gestionnaire, Région financeur) — montage peu lisible pour le public.
Parallèlement, le parc s’inscrit dans les politiques territoriales. À l’échéance du CPRD 93 (2013), la nécessité d’investissements dédiés est soulignée. En 2014, un Conseil des usagers examine une étude de pré-programmation (A&C) esquissant un pôle « nature–culture–mémoire » articulant patrimoine bâti et naturel ; des arbitrages restent à trancher entre fonctions patrimoniales (musée, expositions) et animations (sport, loisirs). Dans le CDT Est Seine-Saint-Denis soumis à enquête mi-2014, le parc est intégré à un arc paysager le long du canal de l’Ourcq. L’Autorité environnementale demande de renforcer continuités écologiques et liaisons vertes (via SDRIF et PLU), consacrant le rôle structurant du site dans la trame verte du nord-est parisien.
2016 — Pétition « Parc en danger » : seuil d’alerte et conditions d’action
En 2016, l’Association des Amis du Parc forestier de la Poudrerie (APFP) estime que le parc est « en danger » et porte une pétition demandant :
que l’État n’abandonne pas le seul site classé qu’il possède en Seine-Saint-Denis et s’engage très rapidement à des actions de sauvegarde du patrimoine naturel et bâti, ainsi que du patrimoine poudrier ;
qu’une solution pérenne de gestion soit enfin trouvée, intégrant la Région Île-de-France et le Département ;
que les partenaires associatifs œuvrant à la préservation et à l’animation de cet espace naturel soient associés à la gouvernance du parc.
Cette mobilisation, soutenue par de nombreux acteurs locaux et plusieurs associations de protection de l’environnement, réactive le débat sur le pilotage, la programmation d’investissements et la participation des usagers.
Enjeux et défis actuels
Patrimoine naturel : milieux, fréquentation et continuités écologiques
Espace vert majeur en zone dense, le parc paraît exposé à une surfréquentation et à des incivilités susceptibles d’affecter les milieux : piétinement des sous-bois, tassement des sols, érosion locale de merlons, dérangements faunistiques. Les circulations VTT hors sentiers et la piste cyclable interne interrogent, pour certains tronçons, la compatibilité avec les objectifs de conservation (cf. chap. III). Les moyens de surveillance et de gardiennage semblent, à ce stade, parfois en deçà des usages.
Des ajustements opérationnels pourraient possiblement être envisagés : fenêtres de quiétude saisonnières, mises en défens temporaires, gestion différenciée des prairies et lisières, jalonnement plus lisible et médiation renforcée sur les périodes de nidification et la fragilité des berges/mares (cf. chap. III §9). Une articulation plus fine entre animations et périodes écologiques clés limiterait les conflits d’usages.
À l’échelle intercommunale, la fragmentation urbaine et la discontinuité de certaines lisières pourraient amoindrir la connectivité avec d’autres parcs de la trame départementale. Interfaces routières (notamment N3), zones urbanisées adjacentes et franchissements limités constituent des points de friction pour avifaune, chiroptères et herpétofaune. Des mesures sur la perméabilité des ouvrages, la consolidation des lisières et un maillage de micro-habitats le long des liaisons douces paraissent pertinentes (cf. chap. I §4–5 ; chap. III §7).
Dans un contexte de changement climatique, la fonction de corridor vers le canal de l’Ourcq et la forêt de Bondy gagnerait à être consolidée : restaurations de berges végétalisées, entretien mares/fossés avec maîtrise de la turbidité, suivis hydrologiques et faunistiques partagés (cf. chap. III).
Patrimoine bâti
Malgré des restaurations ponctuelles, une part du bâti du XIXᵉ siècle demeure en situation préoccupante. Des constats de forte dégradation sont régulièrement évoqués pour le pavillon Dautriche, avec une complexification probable des opérations de rénovation au fil du temps. Les arcs de transmission de l’ancienne salle des machines et l’atelier du groupe XI semblent, eux aussi, requérir des mesures conservatoires rapides afin d’éviter des pertes irréversibles, des chantiers complémentaires, même sans ouverture systématique au public, pourraient s’avérer nécessaires pour stabiliser l’ensemble.
La pérennité du Musée de la Poudrerie appelle une attention continue. Un démantèlement, une réduction de périmètre ou une mise en sommeil prolongée affaibliraient la transmission scientifique et technique portée par les collections et par l’implantation in situ. La valeur du site réside aussi dans un patrimoine immatériel qui associe mémoire ouvrière, culture de sécurité industrielle, récits militaires et innovations technologiques. À défaut d’une médiation suffisamment visible et durable, il est à considérer que l’appropriation par le grand public puisse s’éroder progressivement, d’où l’intérêt de renforcer les parcours interprétatifs et de consolider une médiation scientifique.
Une approche intégrée du couple patrimoine naturel et patrimoine industriel pourrait être recherchée. Des audits partagés, associant expertise écologique et expertise du bâti, paraissent de nature à hiérarchiser les urgences, à ordonnancer les investissements et à faciliter la recherche de financements croisés.
Bâtiment de la mécanographiePavillon d’AutricheAncien atelier de poudrePavillon Maurouard
Lisières, pressions foncières et interfaces urbaines
Certaines lisières (ex. ancienne porte de la Marine) semblent affectées par des dépôts sauvages (gravats, encombrants), avec effets possibles sur l’esthétique et les habitats de bordure. Des coopérations intercommunales accrues pour la collecte, des dispositifs dissuasifs ciblés et une sensibilisation des riverains paraissent indiqués. Le développement de liaisons douces vers Sevran, Livry-Gargan, Villepinte et Vaujours améliorerait accessibilité, sécurité et trame verte (cf. chap. I).
La pression immobilière en frange ne peut être écartée. Elle pourrait se manifester jusqu’en extrême limite du parc et, ponctuellement, en son sein sur des zones non classées ou non inscrites (cf. chap. IV). Une vigilance particulière semblerait souhaitable afin d’éviter empiètements et ruptures de continuités ; un recousage des lisières, articulé aux évolutions de classement, pourrait être étudié avec les services compétents.
Des interventions légères et réversibles aux interfaces (végétalisation des pieds d’ouvrages, franchissements plus perméables, seuils d’entrée mieux caractérisés) amélioreraient la perception et la fonctionnalité écologique des bords, avec des coûts maîtrisés.
Gouvernance, financement et démocratie environnementale
La coordination intercommunale demeure centrale. La présence de quatre communes peut induire, si les circuits de décision ne sont pas stabilisés, des approches segmentées et des initiatives peu concertées (ex. projet de théâtre en lisière côté Sevran). Tant que gouvernance et financements ne sont pas pleinement pérennisés, un risque de dispersion des efforts ne peut être exclu. Une participation plus élevée du public pourrait évoluer d’une consultation vers une co-décision outillée. Cette démarche semble de nature à favoriser acceptabilité et mise en œuvre apaisée.
La transmission de l’histoire et de la mémoire constitue un volet de gouvernance à part entière. Un affaiblissement de la médiation risquerait d’entamer la compréhension d’un site héritier d’une histoire militaire et industrielle. Le maintien d’un socle muséal visible, des formats pédagogiques adaptés et l’intégration de cette dimension dans les arbitrages d’aménagement paraissent utiles pour éviter une érosion du patrimoine immatériel.
Perspectives d’Avenir restreintes
Les trajectoires de développement demeurent contraintes par la superposition d’enjeux écologiques, patrimoniaux et d’usages, et par une gouvernance multi-acteurs exigeant des arbitrages continus.
Anciens projets « CD 40 »
Un projet départemental dit RD 40 envisageait d’amputer le périmètre forestier pour relier plus rapidement Tremblay-en-France à la RN 3, avec un trafic accru de poids lourds et une perte d’hectares boisés. La contestation locale a été forte. En 2008, la communication du Conseil général met en avant l’achèvement de la RD 40 Tremblay–Villepinte (six ans de travaux au service du Parc des Expositions de Villepinte), en promouvant une « urbanité dense et durable ». La lecture des plans a été perçue comme ouvrant, à terme, la voie d’éventuelles extensions vers la RN 3. Si cette perspective s’est depuis éloignée, elle illustre la vulnérabilité récurrente du parc face aux logiques d’infrastructures lourdes.
Ancien Schéma directeur d’aménagement du Parc régional des coteaux de l’Aulnoye
L’avenir du parc de la Poudrerie a été balisé par plusieurs initiatives stratégiques de l’Agence des espaces verts (AEV), lorsqu’elle en assurait la gestion. Ces orientations sont documentées dans les études et rapports suivants :
« Devenir du Parc national forestier de la Poudrerie de Sevran, vers une charte de l’environnement, étude préalable – phase diagnostic » (mai 2000) ;
« Devenir du Parc national forestier de la Poudrerie de Sevran, vers une charte de l’environnement, stratégie – synthèse des groupes de travail » (juin 2000) ;
« Parc régional des Coteaux de l’Aulnoye, schéma directeur d’aménagement, scénarios et priorités. Parc national forestier de la Poudrerie de Sevran, forêt régionale de Bondy » (novembre 2001) ;
Étude « sécurité – tranquillité » du Parc national forestier de la Poudrerie de Sevran, par l’IAURIF (juin 2005).
Ces documents structuraient le développement du parc autour de deux axes « nature et culture » :
Vocation naturelle. Inscrit au cœur d’une trame verte locale et régionale, le parc devait renforcer les liaisons écologiques avec la forêt de Bondy, le parc du Sausset, le canal de l’Ourcq, le parc des Sœurs, etc., et s’intégrer au projet de parc régional des Coteaux de l’Aulnoye.
Vocation sociale et culturelle. Une stratégie d’« environnement / développement social » d’ancrage local était envisagée : maison de l’oiseau, maison des abeilles, et développement d’activités culturelles événementielles.
Les projets mentionnés se divisaient en deux catégories :
– l’intégration du parc au futur parc régional des Coteaux de l’Aulnoye ; – les actions dans son périmètre immédiat (requalification des limites et accès, hiérarchisation des déplacements, activités à développer).
Sevran, Vaujours, Villepinte, Livry-Gargan et Paris (propriétaire des emprises du canal) avaient chacune formulé des projets urbains et/ou paysagers visant à développer les liaisons — en particulier douces — entre le parc et son contexte urbain ou les parcs voisins :
Réseau vert le long du canal (Sevran, Paris, Département de la Seine-Saint-Denis) ;
Mail planté entre le parc de Sevran et le parc des Sœurs (Sevran) ;
Transformation du chemin des Baliveau en boulevard urbain (Sevran) ;
Coulée verte entre le parc de la Poudrerie et la forêt de Bondy (Vaujours) ;
Projets de circulations douces dans le cadre du Plan de déplacements urbains d’Île-de-France et des liaisons inter-parcs (Villepinte).
Les communes formulaient aussi des projets de restructuration des espaces urbains adjacents, notamment pour améliorer l’accessibilité en transports en commun :
Réorganisation des abords de la gare de Sevran-Livry (parking, desserte, friche SNCF, etc.) — Sevran ;
Réorganisation des abords de la gare du Vert-Galant (parking, barreau de liaison porte du Vert-Galant) — Villepinte ;
Remaniement de la RD 44 (rue du Docteur Roux) avec création d’une nouvelle entrée place Dautriche et intégration d’un partage de la voirie (liaisons cyclables, piétonnes et transports en commun) ;
Réaménagement des berges du canal pour améliorer le confort des usagers, notamment des cyclistes.
2016 : Relance et groupe de travail interinstitutionnel
En 2016, l’État annonce 2 M€ pour la décontamination et la restauration de bâtiments ciblés. En parallèle, le Département affiche des ambitions socio-culturelles et sportives. Une fermeture symbolique du parc est organisée ; la Région met en place un groupe de travail associant le ministère de l’Environnement, le ministère des Armées, la Région Île-de-France, le Département de la Seine-Saint-Denis, les communes de Sevran, Livry-Gargan, Villepinte, Vaujours, l’AEV, l’Ineris, l’Association des Amis du Parc, ainsi que les EPT Paris Terres d’Envol et Grand Paris Grand Est.
2017-2018 : Nouveau projet de développement par le département
En décembre 2017, le Département, la Région, l’État et des EPT signent un programme quinquennal (8,5 M€ ; 1,9 M€ à la charge du Département). En 2018, 500 000 € sont engagés pour études et sécurisation. La gestion de l’emprise (≈ 173 ha) est transférée au Département sans limitation de durée ; les frais de fonctionnement sont partagés à parts égales par la Région et le Département (450 000 € chacun).
Parmi les bâtiments industriels du parc (en activité de 1873 à 1973), plusieurs doivent être réhabilités : bâtiment central de la poudrerie, forum, cartoucherie, conciergerie. Le Département envisage en outre de nouvelles activités, gratuites ou payantes, incluant des lieux de restauration et des offres culturelles. Enfin, des aménagements sont prévus au nord du parc, dont un nouveau parcours sportif et des aires de jeux.
2018 : Nouvelles incertitudes
En 2018, l’État (propriétaire) étudie une privatisation partielle de certains bâtiments historiques à des fins de rentabilisation, malgré l’opposition d’élus locaux. Parallèlement, le Département et le ministère des Armées lancent un appel à projets pour la valorisation des bâtiments.
Projets en cours et à venir : description des aménagements en discussion ou en réalisation.
Impacts sur le parc et ses abords : conséquences attendues sur l’environnement, la communauté locale et l’accessibilité.
Participation et réactions du public : réception par la population et modalités de participation au processus décisionnel.
Défis et opportunités : enjeux (changement climatique, pressions démographiques) et leviers (technologies vertes, démarches participatives).
La même année, la Région Île-de-France annonce un investissement de 2,5 M€ sur la période 2018-2022 pour :
révéler le patrimoine par la rénovation du bâti et sa valorisation auprès des usagers ;
ouvrir le parc sur la ville grâce à une meilleure signalétique et à une accessibilité renforcée ;
améliorer l’accueil du public par de nouveaux services ;
intensifier les usages, notamment aux franges du parc.
D’autres partenaires, dont l’État, le Département et plusieurs communes, sont associés au projet, pour un budget cible de 8,5 millions d’euros.
Préconisation en matière environnementales
À l’issue d’un inventaire faunistique réalisé en 2003-2004, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a émis plusieurs recommandations :
La régulation de la fréquentation. Bien que de nombreux sentiers traversent le parc, les zones forestières restent facilement accessibles. La strate dominante est arborée et élevée, avec peu de sous-bois et de buissons. Promeneurs, utilisateurs de vélos tout-terrain et chiens tendent ainsi à quitter les sentiers, piétinent le sol, entravent la régénération naturelle et perturbent la faune. Des mesures correctives sont préconisées : créer des barrières naturelles et canaliser les flux sur des itinéraires définis, notamment par la plantation de buissons épineux (prunelliers, églantiers) dissuadant les usagers de s’écarter des allées.
L’accroissement de l’hétérogénéité des parcelles. La strate arborée, dominante et haute, manque d’une strate intermédiaire. Pour l’avifaune, une structure végétale plus variée favoriserait une plus grande diversité d’espèces. La diversité des essences est également cruciale : des périodes de fructification décalées diversifient les ressources alimentaires tout au long de l’année.
De nombreux talus (ou merlons) à l’ouest du parc. Nombre d’entre eux, dénudés et fortement utilisés par les cyclistes, devraient être soustraits à la fréquentation et revégétalisés afin de devenir des refuges pour la faune. Ces talus remplissent aussi une fonction hydraulique importante, en retenant les eaux et en limitant le ruissellement vers l’aval.
Conclusion
Le Parc forestier de la Poudrerie conjugue deux dimensions indissociables : un patrimoine naturel issu de la forêt de Bondy (boisements matures, mares, fossés, corridor du canal de l’Ourcq) et un patrimoine bâti et technique du XIXᵉ siècle (trame viaire, merlons, bâtiments rescapés, musée), auxquels s’ajoute un patrimoine immatériel fait de mémoire ouvrière, de savoir-faire et de récits militaires et industriels. Protégé au titre des sites classés (1994) et intégré à Natura 2000 (depuis 2006), le parc apparaît à la fois comme réservoir de biodiversité et témoin majeur de l’histoire industrielle locale.
Son emprise sur quatre communes — Sevran, Livry-Gargan, Villepinte et Vaujours — en fait un équipement intercommunal structurant. Cette multi-appartenance renforce son rôle dans les continuités écologiques et paysagères de la Plaine de France, mais suppose une coordination étroite entre l’État (propriétaire), le Département (gestionnaire), la Région et les villes riveraines, notamment pour les accès, la sécurité, la signalétique, les liaisons douces et l’entretien des lisières.
Plusieurs risques ont été identifiés ou évoqués : vulnérabilité d’éléments bâtis non restaurés (dont le pavillon Dautriche, pour lequel la rénovation semblerait se complexifier avec le temps), fragmentation urbaine et pertes de connectivité vers les autres parcs de la trame départementale, pressions foncières possibles en lisière et, ponctuellement, à l’intérieur des zones non classées ou non inscrites, gouvernance et financements encore à pérenniser, ainsi que fragilités muséales dont il conviendrait d’éviter tout démantèlement. À cela s’ajoutent les effets attendus du changement climatique sur les milieux humides et la canopée, et le risque d’une érosion du patrimoine immatériel si la médiation publique s’affaiblissait.
À ces conditions, la Poudrerie pourrait continuer d’articuler, au bénéfice des quatre communes et de leurs habitants, conservation patrimoniale, exigence écologique et accueil du public, tout en sécurisant ses valeurs matérielles et immatérielles à long terme.
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PRÉFET DE LA RÉGION D’ÎLE-DE-FRANCE ; DRIEAT ÎLE-DE-FRANCE (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports). Projet d’extension de classement du parc forestier de la Poudrerie ; projet d’inscription des cités-jardins du parc forestier de la Poudrerie (Livry-Gargan, Sevran, Vaujours, Villepinte – Seine-Saint-Denis) : annexes. Octobre 2024.
2026 — Quadricentenaire de la naissance de Madame de Sévigné (1626–1696)
Portrait de Madame de Sévigné (pastel attribué à Robert Nanteuil, 1665–1675). Image CC0 (Paris Musées / Musée Carnavalet).
En 2026, nous commémorons le quadricentenaire de la naissance de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626–1696).
À cette occasion, Livry Participatif propose la reproduction intégrale de la lettre la plus souvent citée localement — mais presque toujours tronquée — celle où elle écrit notamment : « La beauté de Livry est au-dessus de tout ce que vous avez vu… ».
Pourquoi cette lettre compte à Livry
À Livry‑Gargan, la figure de Madame de Sévigné est associée à l’abbaye Notre‑Dame de Livry et à son environnement paysager. Dans cette lettre du 30 mai 1672, Sévigné ne décrit pas seulement un lieu : elle donne une image sensible d’un Livry verdoyant (arbres, parfums de chèvrefeuille) et le compare à la Provence de sa fille (forêts d’orangers).
Je ne reçus point hier de vos lettres, ma pauvre enfant. Votre voyage de Monaco vous avoit mise hors de toute mesure : je me doutois que ce petit malheur m’arriveroit. Je vous envoie les nouvelles de M. de Pompone. Voilà déjà la mode d’être blessé qui commence ; j’ai le cœur fort triste dans la crainte de cette campagne. Mon fils m’écrit fort souvent ; il se porte bien jusqu’à présent.
Ma tante est toujours dans un état déplorable ; et cependant, ma chère bonne, nous avons le courage d’envisager un jour pour partir, en jouant une espérance que de bonne foi nous n’avons point. Je suis toujours à trouver certaines choses fort mal arrangées parmi les événements de notre vie : ce sont de grosses pierres dans le chemin, trop lourdes pour les déranger ; je crois que nous passerons par-dessus ; ce n’est pas sans peine : la comparaison est juste.
Je ne mènerai point ma petite-enfant ; elle se porte très-bien à Livry ; elle y passera tout l’été. La beauté de Livry est au-dessus de tout ce que vous avez vu : les arbres sont plus beaux et plus verts, tout est plein de ces aimables chèvrefeuilles : cette odeur ne m’a point encore dégoûtée ; mais vous méprisez bien nos petits buissons, auprès de vos forêts d’orangers. Voici une histoire très-tragique de Livry.
Vous vous souvenez bien de ce prétendu très-dévot, qui n’osoit tourner la tête ; je disois qu’il sembloit qu’il y portât un verre d’eau. La dévotion l’a rendu fou : une belle nuit il s’est donné cinq ou six coups de couteau ; et tout nu, et tout en sang, il se mit à genoux au milieu de la chambre.
On entre, on le trouve en cet état : « Eh mon Dieu ! mon frère, que faites-vous ? et qui vous a accommodé ainsi ? — Mon père, dit-il froidement, c’est que je fais pénitence. » Il tombe évanoui, on le couche, on le panse, on le trouve très-blessé ; on le guérit après trois mois de soins, et puis ils l’ont renvoyé à Lyon à ses parents.
Si vous ne trouvez pas cette tête-là assez renversée, vous n’avez qu’à le dire, et je vous donnerai celle de Mme Paul, qui est devenue éperdue, et s’est amourachée d’un grand benêt de vingt-cinq ou vingt-six ans, qu’elle avoit pris pour faire le jardin. Vraiment il a fait un beau ménage. Cette femme l’épouse. Ce garçon est brutal, il est fou ; il la battra bientôt ; il l’a déjà menacée.
N’importe, elle en veut passer par là ; je n’ai jamais vu tant de passion : ce sont tous les plus beaux violents sentiments qu’on puisse imaginer ; mais ils sont croqués comme les grosses peintures ; toutes les couleurs y sont, il n’y aura qu’à les étaler. Je me suis extrêmement divertie sur ces caprices de l’amour ; je me suis effrayée moi-même voyant de tels attentats.
Quelle insolence ! s’attaquer à Mme Paul, c’est-à-dire à l’austère, l’antique et grossière vertu ! Où trouvera-t-on quelque sûreté ? Voilà de belles nouvelles, ma pauvre bonne, au lieu de vos aimables relations.
Mme de la Fayette est toujours languissante ; M. de la Rochefoucauld toujours écloppé ; nous faisons quelquefois des conversations d’une tristesse qu’il semble qu’il n’y ait plus qu’à nous enterrer. Le jardin de Mme de la Fayette est la plus jolie chose du monde : tout est fleuri, tout est parfumé ; nous y passons bien des soirées, car la pauvre femme n’ose pas aller en carrosse.
Nous vous souhaiterions bien quelquefois derrière une palissade pour entendre certains discours de certaines terres inconnues que nous croyons avoir découvertes. Enfin, ma fille, en attendant ce jour heureux de mon départ, je passe du faubourg au coin du feu de ma tante, et du coin du feu de ma tante à ce pauvre faubourg.
Je vous prie, ma chère, n’oubliez pas tout à fait M. d’Harouys, dont le cœur est un chef-d’œuvre de perfection, et qui vous adore. Adieu, ma très-aimable enfant ; j’ai bien envie de savoir de vos nouvelles, et de votre fils. Il fait bien chaud chez vous autres ; je crains cette saison pour lui, et pour vous beaucoup plus, car je n’ai pas encore pensé qu’on pût aimer quelque chose plus que vous.
J’embrasse mon cher Grignan. Vous aime-t-il toujours bien ? Je le prie de m’aimer aussi.
Lettre 281 (1672), édition Monmerqué (1862). Reproduction en domaine public (édition du XIXe siècle).
Née le 28 juin 1948, passionnée d’art, d’histoire et de patrimoine, Nicole Lellouche est une fleuriste de métier, artiste peintre, et responsable municipale, reconnue pour son action en faveur de la vie culturelle et de la valorisation patrimoniale à Livry-Gargan. Son parcours se caractérise par un ancrage professionnel durable dans l’artisanat de proximité, une pratique artistique personnelle attestée par des expositions, puis l’exercice de responsabilités publiques orientées vers la programmation culturelle, la médiation artistique, les jumelages et la sauvegarde d’éléments patrimoniaux locaux.
Horticultrice de formation, Nicole Lellouche débute sa carrière au sein de l’Entreprise Accard, à partir de 1968, où elle assure notamment des fonctions de Directrice d’exploitation, de vente de végétaux et de production. Elle exerce ensuite le métier de fleuriste indépendante pendant vingt-cinq années, de 1979 à 2004, installée au 23 rue Jacques-Duclos à Aulnay-sous-Bois. Cette activité de commerce de proximité constitue la première séquence structurante de sa trajectoire, associant autonomie professionnelle, présence quotidienne dans la ville et relation avec la population.
Portrait de Nicole Lellouche
Pratique artistique : peinture et expositions
Parallèlement à son activité professionnelle, Nicole Lellouche est artiste peintre. Cette pratique, présentée comme constante et personnelle, se manifeste publiquement par plusieurs expositions. En octobre 2007, elle expose ses œuvres à Aulnay-sous-Bois, à l’Espace Gainville. En 2017, une exposition de ses œuvres est organisée au Château Seigneurial de Villemomble, où elle présente « ses souvenirs et sa vision poétique d’objets du quotidien », formule qui souligne une approche sensible du réel, centrée sur les scènes ordinaires et la transfiguration artistique du quotidien. Cette exposition personnelle est décrite comme révélatrice d’une âme d’artiste, avec un intérêt prononcé pour la mise en valeur de la beauté, dimension tenue pour indissociable de son investissement plus large dans la promotion de la culture. Le 24 juin 2017, la Société académique d’éducation et d’encouragement « Arts-Sciences-Lettres » lui décerne une médaille d’argent, au titre du « développement culturel ».
Exposition « Les fruits de la passion » – Coll. privéePlaquette d’exposition – Coll. privée
Sélection de tableaux de Nicole Lellouche (paysages et natures mortes). – Coll. privée
Adjointe au maire chargée de la culture.
Nicole Lellouche accepte des responsabilités municipales en mars 2014 et est nommée Adjointe au Maire de Livry-Gargan en charge des Affaires culturelles. Elle exerce ce mandat de 2014 à 2020. À ce poste, elle supervise l’ensemble des équipements et services culturels de la ville, incluant les médiathèques, le Centre culturel Yves-Montand (à la fois salle de spectacle et cinéma municipal), le conservatoire de musique et de danse, ainsi que le Château de la Forêt, lieu d’expositions d’art, parmi d’autres composantes du dispositif culturel municipal. Son action dynamise la vie culturelle livryenne avec un succès certain. Au Château de la Forêt, qui accueille à la fois des artistes de renom et des talents locaux, la fréquentation des expositions annuelles augmente de manière significative, évolution attribuée à un travail visant à rendre la culture attractive et accessible, mais en maintenant un niveau d’exigence très élevé.
Programmation, saisons culturelles et expositions marquantes.
Nicole Lellouche porte alors une attention particulière portée à la construction des saisons culturelles. Elle était très fière des programmations élaborées, parce qu’elles reflétaient une exigence assumée et un respect profond des artistes. Certaines expositions occupèrent, dans ses souvenirs, une place centrale, notamment l’exposition de l’artiste Yuichi Ono au Château de la Forêt, dont elle admirait l’élégance, la délicatesse et la profondeur, ainsi que l’accueil d’artistes tels que Michel Jouenne, auquel elle tenait particulièrement, consciente de l’importance et de la portée de son œuvre. Ces expositions sont présentées, non comme de simples événements, mais comme des rencontres justes entre un lieu, une œuvre et un public, impliquant un accompagnement personnel.
2017 : Journées du patrimoine, ouverture de saison et rayonnement culturel.
Dans le cadre de sa volonté de diversification de l’offre culturelle, un jalon est mentionné en 2017, lors des Journées du patrimoine. À cette occasion, Nicole Lellouche inaugure l’ouverture de la saison 2017-2018 en organisant un vernissage exceptionnel des toiles de Michel Jouenne, invité d’honneur au Château de la Forêt. Elle affirme alors que « Livry-Gargan va continuer de rayonner », formule liée à sa volonté d’offrir aux habitants « le programme [culturel] le plus large possible, dans lequel toutes les tranches d’âges pourront trouver satisfaction ». Son mandat s’achève après les élections municipales de 2020.
Nicole Lellouche est attachée à la reconnaissance patrimoniale de Livry-Gargan, en particulier du château de style XIIIe siècle et du parc Lefèvre, qu’elle considère comme un véritable écrin pour les évènement culturelles. En 2017, elle coordonne et participe activement à la création d’un parcours historique relatif à Livry aux XVIIe et XVIIIe siècles, démarche relevant d’une médiation patrimoniale destinée au public, reposant notamment sur des plaques historiques et sur l’appui de documents d’époque (gravures, photographies et textes relatifs à l’abbaye, notamment). Elle aimait depuis lors rappeler avoir mené des recherches dans le cadre de ce projet et avoir identifié un lien entre l’abbé de Coulanges, alors abbé commendataire de l’abbaye de Livry, et le père d’André Le Nôtre, lien qui aurait conduit à solliciter André Le Nôtre pour la réalisation de jardins.
Dans la même logique de sauvegarde, lorsqu’elle apprend l’arrêt de l’activité du restaurant La Main Blanche, situé à l’angle de l’avenue Paul-Bert et de l’avenue Vauban, elle intervient comme négociatrice auprès du propriétaire afin de récupérer une peinture — un triptyque de grand format — fixée au mur de l’établissement, représentant l’ancienne gare de l’Abbaye, dans l’objectif d’éviter la perte de cette représentation du patrimoine local. Elle participe elle-même, afin de s’assurer de la mise en œuvre effective, à la restauration et au nettoyage de ce triptyque de grand format, aujourd’hui conservé au Château de la Forêt.
Diplôme de médaille d’argent « Arts-Sciences-Lettres » attribué à Nicole Lellouche au titre du « Développement culturel » (Paris, 24 juin 2017).
Inaugurations et événements culturels : « Il était une fois Carzou ».
En 2018, elle considère comme un honneur d’inaugurer « Il était une fois Carzou », référence à l’artiste Carzou, présenté comme ayant réalisé le décor de la chapelle du couvent de la Présentation située à Manosque. Cet épisode s’inscrit dans la continuité d’une action qui associe programmation artistique, médiation et valorisation de références culturelles au-delà du strict cadre local.
Écrits, discours et médiation.
Nicole Lellouche se distingue par ses prises de parole lorsqu’il s’agit d’art et de culture. Elle rédige des billets d’humeur culturelle et prononce des allocutions lors de vernissages. En 2016, à propos de l’artiste sculpteur non-voyant Doris Valerio, elle écrit : « S’il est un artiste dont le parcours est hors du commun, Monsieur Valerio est de ceux-là. […] Si Monsieur Valerio est un sculpteur de la nuit, il possède ce don magique de faire jaillir la lumière, celle que chaque artiste possède au fond de l’âme. ». Pour le peintre Victor Sasportas, elle rédige un texte intitulé « Dialogue silencieux avec une œuvre d’art », daté de février 2016, dans lequel elle formule une conception de l’art comme expérience durable et transformation intérieure : « Lorsque la trace du pinceau écrit à ce point les couleurs de la vie, alors l’œuvre demeure à tout jamais conservée en nous. Quand un artiste transmute à ce point le spectateur, alors l’artiste a rempli sa mission. ». Elle célèbre également le peintre floral Yuichi Ono en des termes repris dans sa biographie : « Pivoines délicates et soyeuses, roses chatoyantes ou majestueuses amaryllis, l’élégance et le raffinement sont la signature de cet artiste. […] Ses œuvres ont un goût d’intemporel. Sa vision restitue le merveilleux, l’harmonie et la grâce […] – Nicole Lellouche ».
Après 2020, Nicole Lellouche ne figure plus parmi les élus municipaux actifs. Son rapport à l’engagement public demeure intact, considérant ce qu’elle a apporté, défendu et rendu possible une action dans le domaine culturel. Elle utilise également sa page Facebook dans une logique de vitrine culturelle, en repartageant et en republiant régulièrement des contenus iconographiques variés. On y trouve notamment des œuvres monumentales, des photographies de détails architecturaux (cathédrales, abbayes), des éléments de mobilier de l’Égypte ancienne, des œuvres et sculptures relevant de l’Art nouveau, des pièces de joaillerie, des paysages, des compositions florales, ainsi que de nombreuses autres références artistiques et patrimoniales dans une démarche de diffusion avec un goût esthétique assumé. Le sérieux de son engagement culturel se teinte parfois d’humour, sous la forme de chroniques satiriques.
Par ses passions croisées, elle était parfaitement à même d’établir des liens entre l’histoire des lieux et les milieux naturels, qu’elle appréhendait comme deux dimensions complémentaires d’un même cadre de vie. Dans le prolongement de son engagement, elle s’investit dès la création de Livry Participatif en mettant son expertise au service de l’association. Elle figure parmi les premières bénévoles et parmi les premières personnes à apporter une aide effective après la création de la structure ; elle devient adhérente en 2023 et participe à plusieurs dossiers, apportant un accompagnement précieux, dans une logique d’appui et de soutien.
Nicole Lellouche s’éteint le 25 décembre 2025.
Merci à Elle.
Triptyque représentant l’ancienne gare de l’Abbaye de Livry (scène ferroviaire)
JEUDI 11 DÉCEMBRE À 19 h 00 À L’ESPACE JULES VERNE
Nomination d’un(e) secrétaire de séance
Approbation du procès-verbal du Conseil municipal du 16 octobre 2025
Délibérations et rapports
2025-12-01 : Communication du Maire – Article L. 2122-22 du CGCT — Rapporteur : M. le Maire
2025-12-02 : Rémunération des agents affectés au recensement rénové de la population — Rapporteur : Mme MONIER
2025-12-03 : Approbation de l’adhésion de la commune de Neuilly-Plaisance aux syndicats du SIFUREP (Syndicat Intercommunal funéraire de la région parisienne) au titre de la compétence « Service extérieure des pompes funèbres » — Rapporteur : Mme MONIER
2025-12-04 : Autorisation d’ouverture de crédits d’investissement BP 2026 — Rapporteur : M. MANTEL
2025-12-05 : Ajustement d’autorisation de programme et crédits de paiement (AP/CP) — Rapporteur : M. MANTEL
2025-12-06 : Attribution d’un acompte de subvention 2026 au CCAS — Rapporteur : M. MANTEL
2025-12-07 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris pour le versement d’une subvention pour le réaménagement du square Bayard en îlot de fraîcheur — Rapporteur : M. CRALIS
2025-12-08 : Approbation de la convention à conclure avec l’Agence Régionale de Santé pour le versement d’une subvention pour la rénovation et la sécurisation (rénovation complète de la toiture) du centre municipal de santé Simone Veil — Rapporteur : M. CRALIS
2025-12-09 : Convention à conclure avec la Région Ile-de-France pour le versement d’une subvention pour l’acquisition, le paramétrage et la mise en service d’une plateforme « Cocoparks » de gestion intelligente du trafic et du stationnement — Rapporteur : M. CRALIS
2025-12-10 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris pour le versement d’une subvention pour l’acquisition, le paramétrage et la mise en service d’une plateforme « Cocoparks » de gestion intelligente du trafic et du stationnement au titre du dispositif « Innover Dans La Ville » — Rapporteur : M. CRALIS
2025-12-11 : Approbation de la convention à conclure avec la Métropole du Grand Paris pour le versement d’une subvention pour l’acquisition, l’installation et la mise en service d’un logiciel courrier dans le cadre du Fonds « Innover Dans La Ville » — Rapporteur : M. CRALIS
2025-12-12 : Approbation de la convention triennale de partenariat relative au recrutement et au financement d’un poste d’intervenant social au sein du commissariat de Police de Livry-Gargan — Rapporteur : Mme FOURNIER
2025-12-13 : Convention relative à la participation financière de l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France au financement des actions et des expérimentations de santé en faveur de la performance, la qualité, la coordination, la permanence, la prévention, la promotion ainsi que la sécurité sanitaire – Pass de Ville 2025 — Rapporteur : Mme CARCREFF
2025-12-14 : Convention relative à la participation financière de l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France au financement des actions et des expérimentations de santé en faveur de la performance, la qualité, la coordination, la permanence, la prévention, la promotion ainsi que la sécurité sanitaire – Contrat Local de Santé – Coordination 2025-2028 — Rapporteur : Mme CARCREFF
2025-12-15 : Convention de coopération avec mise à disposition de personnel médical entre le GROUPE HOSPITALIER DU TERRITOIRE GRAND PARIS NORD-EST, SITE CENTRE HOSPITALIER INTERCOMMUNAL ROBERT BALLANGER et le CENTRE MUNICIPAL DE SANTE SIMONE VEIL DE LIVRY-GARGAN — Rapporteur : Mme CARCREFF
2025-12-16 : Convention annuelle d’objectifs et de moyens entre la Ville de Livry-Gargan et la mission locale pour l’emploi de la DHUYS — Rapporteur : Mme BORDES
2025-12-17 : Attribution d’une subvention exceptionnelle à la fondation 30 MILLIONS D’AMIS pour la prise en charge d’un chien victime d’un acte de cruauté — Rapporteur : Mme BERTHE
2025-12-18 : Désignation des lauréats de la troisième session Coup de Pouce Jeunesse 2025 — Rapporteur : Mme MAKHLOUF
2025-12-19 : Renouvellement de la convention de partenariat entre l’association Française de pédagogie Suzuki et le conservatoire de la Ville de Livry-Gargan — Rapporteur : Mme MOULINAT-KERGOAT
2025-12-20 : Approbation de la convention pour l’organisation d’activités impliquant des intervenants extérieurs dans le domaine des activités artistiques — Rapporteur : Mme MOULINAT-KERGOAT
2025-12-21 : Approbation de l’avenant 2025 de la convention triennale de coopération culturelle et patrimoniale 2023-25 avec le département de la Seine-Saint-Denis — Rapporteur : Mme MOULINAT-KERGOAT
2025-12-22 : Approbation des conventions d’objectifs et de financement « Fonds de modernisation des établissements d’accueil du jeune enfant » de la Caisse d’Allocations Familiales pour six établissements — Rapporteur : Mme LE COZ
2025-12-23 : Approbation de l’avenant n°2 à la convention de garantie d’emprunt et de réservation de logements accordée à Immobilière 3F dans le cadre de la construction de 39 logements au 4, 6, 8 boulevard Gutenberg — Rapporteur : M. BEREZIN
2025-12-24 : Approbation de l’avenant n°1 à la convention pluriannuelle d’objectifs à conclure avec les associations percevant une subvention supérieure ou égale à 23 000 euros — Rapporteur : M. BARATTA
2025-12-25 : Avance des 4/12ème des subventions accordées aux associations dans l’attente du vote du budget primitif 2026 — Rapporteur : M. BARATTA
2025-12-26 : Rapport d’activité annuel 2024 de la société SAS MANDON titulaire de la délégation de service public pour la gestion des marchés d’approvisionnement de la Commune – Période du 1er janvier au 30 juin 2024 — Rapporteur : Mme MAUROBET
2025-12-27 : Rapport d’activité annuel 2024 de la société LOISEAU MARCHES titulaire de la délégation de service public pour la gestion des marchés d’approvisionnement de la Commune – Période du 1er juillet au 31 décembre 2024 — Rapporteur : Mme MAUROBET
2025-12-28 : Avis sur les dérogations exceptionnelles à l’interdiction du travail le dimanche accordées par M. le Maire au titre de l’année 2026 — Rapporteur : M. KOUCEM
2025-12-29 : Autorisation du conseil municipal à proroger les délais de l’Agenda d’Accessibilité Programmée (AD’AP) pour les travaux non encore réalisés — Rapporteur : Mme DJABALI
2025-12-30 : Abroge et remplace la délibération n°2024-12-42 relative à l’indemnité spéciale de fonction et d’engagement (ISFE) concernant les agents de la filière de la police municipale — Rapporteur : M. MARKARIAN
2025-12-31 : Modification du tableau des effectifs – Délibération cadre — Rapporteur : M. MARKARIAN
2025-12-32 : Rapport annuel d’activité du Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l’électricité et les réseaux de communication (SIPPEREC) – Année 2023 — Rapporteur : M. CARRATALA
2025-12-33 : Rapport annuel d’activité du Syndicat des eaux d’Ile de France (SEDIF) sur le prix et la qualité du service public de l’eau potable – Année 2023 — Rapporteur : M. MILOTI
2025-12-34 : Rapport annuel d’activité du Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Ile de France (SIGEIF) sur le prix et la qualité du service public du gaz, de l’électricité et des énergies locales – Année 2023 — Rapporteur : M. LAFARGUE
2025-12-35 : Rapport annuel sur le prix et la qualité du service public de déplacement urbain « La navette » délégué par Ile-de-France Mobilités – Année 2024 — Rapporteur : Mme HERRMANN
Questions diverses
Envoi complémentaire (5 décembre 2025) : Ajout de la délibération n°2025-12-36 « Budget principal Ville – Décision modificative n°3 », rapporteur : M. MANTEL.
Livry Participatif · Fiches environnement · n° 15 · Combien d’arbres jeunes pour remplacer l’abattage d’un cèdre du Liban bicentenaire ?
Combien d’arbres jeunes pour remplacer l’abattage d’un cèdre du Liban bicentenaire ?
Compensation écologique : qu’indiquent les ordres de grandeur (carbone, ombre, biomasse, évapotranspiration) ?
Contexte
Lors de l’abattage d’arbres urbains, il est fréquent d’entendre parler de « compensation écologique », présentant le remplacement de l’arbre adulte par deux jeunes arbres comme un reverdissement de la ville.
Au-delà de l’effet d’annonce, quelle est la réalité scientifique ?
Idée reçue
Idée reçue : « Planter un jeune arbre équilibre la perte d’un grand arbre » FAUX
Exemple : cèdre du Liban > 200 ans
Un cèdre du Liban de plus de 200 ans est un arbre mature de très grand développement, avec une forte biomasse, un système racinaire étendu,
et une capacité écologique particulièrement élevée.
Absorption du CO₂ : 40 à 100 kg/an selon la surface foliaire, contre 10 à 25 kg/an pour un jeune arbre.
Ombre portée importante (environ 150 à 350 m² en moyenne).
Habitat pour de nombreuses espèces (insectes, oiseaux, microfaune).
Évapotranspiration et rafraîchissement urbain majeurs.
Critère
Cèdre · 200 ans
Jeune cèdre · 3–5 ans
Biomasse aérienne
12 000 – 40 000 kg
20 – 60 kg
Surface foliaire
800 – 1 400 m²
4 – 12 m²
Évapotranspiration
100 – 250 L/j
3 – 10 L/j
Stockage carbone
1 200 – 2 000 kg
10 – 20 kg
Ombre portée
150 – 350 m²
1 – 3 m²
Faune associée
Très riche
Faible
Combien de jeunes arbres faudrait-il planter ?
Estimation (ordre de grandeur)
Pour compenser globalement les fonctions écologiques d’un tilleul cinquantenaire :
100 à 250 jeunes tilleuls seraient nécessaires, en plantation simultanée.
Le chiffre exact dépend de la survie, de la qualité du sol, de l’entretien, et des interactions écologiques du site.
Il faut au moins une à deux générations (50–120 ans) pour approcher les fonctions écologiques d’un cèdre bicentenaire abattu.
En milieu urbain, le taux de survie des jeunes arbres est de 50 à 70 %, selon l’arrosage, la qualité du sol et la protection.
Un arbre bicentenaire, outre sa grande valeur patrimoniale, est un puits de carbone bien plus efficace qu’une plantation jeune.
La perte est immédiate et durable : les jeunes arbres ne compensent pas à court terme.
En bref
Pour rattraper la suppression d’un cèdre du Liban bicentenaire (tel que l’arbre emblématique de la RN3), 100 à 250 jeunes cèdres seraient nécessaires
selon les critères retenus (séquestration carbone, surface foliaire, ombre, évapotranspiration), à condition d’assurer leur entretien sur deux générations.
Pour cette raison, la conservation des arbres matures doit être privilégiée. La plantation n’est pas une solution équivalente, mais un effort complémentaire.
Références
Nowak, D. J. et al. (2002), USDA Forest Service — Données agrégées de biomasse par âge, diamètre, espèce.
Réchauffement climatique — « Compenser un arbre abattu, même par trois jeunes, c’est un pari risqué » (Tribune de Genève).
Référence recommandée : Livry Participatif, « Combien d’arbres jeunes pour remplacer l’abattage d’un cèdre du Liban bicentenaire ? », Fiche environnement n° 15, 2025.
Depuis la mi-mai 2025, le lac de Sévigné, espace emblématique de Livry-Gargan, fait l’objet d’un chantier d’aménagement initié par la municipalité et présenté comme une « restauration des continuités écologiques ». À ce stade, les éléments disponibles (observations de terrain et documents publics) décrivent surtout une démarche paysagère (fermetures, plantations, réaménagements esthétiques) plutôt qu’une ingénierie fondée sur l’usage des riverains et livryens, des diagnostics naturalistes et citoyens, des objectifs environnementaux mesurables et un suivi indépendant.
Annoncé sans information publique préalable dédiée, le chantier est programmé sur un an et couvre l’ensemble du site. Ce tempo resserré est peu propice à une phase préparatoire approfondie ou à un pilotage écologique généralement recommandé pour des milieux relevant de la trame verte et bleue locale.
À la date de publication, aucune étude d’impact ni évaluation environnementale préalable n’a été rendue publique. Cette absence entretient l’hypothèse d’une opération portée par une logique « décorative » héritée de pratiques anciennes, plutôt que par une ingénierie des milieux fondée sur diagnostics, indicateurs et redevabilité. Elle nourrit des interrogations quant aux effets sur la biodiversité et au respect des principes de transparence et de concertation.
Périmètre temporel — Des documents et intentions existent depuis 2015 ; la présente analyse concerne la phase opérationnelle conduite en 2025. La notion de « précipitation » ne vise donc pas l’âge du projet, mais son calendrier d’exécution : calendrier compressé, absence de phasage écologique, interventions en période sensible, défaut d’étude d’impact rendue publique en amont. L’ancienneté de la gestation ne dispense pas des exigences d’ingénierie applicables au moment des travaux.
Une mise en œuvre hâtive, sans information préalable suffisante
Le chantier a débuté à la mi-mai 2025 dans une quasi-discrétion : fermeture complète du site, absence de communication publique claire et pas de concertation spécifique. Une inauguration s’est tenue le 17 mai, en présence du maire et de plusieurs élus, sans annonce formelle en amont. Habitants, riverains, associations et usagers se sont ainsi retrouvés mis devant le fait accompli.
Si l’objectif de requalification aurait pu être jugé louable dans un premier temps, la méthode interroge : un an de travaux couvrant l’ensemble du site, d’un seul tenant. Une telle stratégie du « tout, tout de suite » s’écarte des bonnes pratiques qui recommandent des interventions progressives et phasées, seules à même de préserver les équilibres des milieux (strates, habitats, cycles) et d’éviter des ruptures d’habitats préjudiciables aux espèces.
Des atteintes environnementales en pleine période sensible
Les interventions menées sur le patrimoine arboré constituent un point d’alerte majeur. Deux cèdres remarquables — un cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) et un cèdre du Liban (Cedrus libani) — ont fait l’objet d’un élagage très sévère (suppression quasi totale des branches basses et intermédiaires, réduction importante du houppier). D’autres abattages ont été constatés, notamment à proximité immédiate du square Ahmed-Merabet.
Ces opérations ont été réalisées en pleine période de nidification (février–juin), alors que des espèces protégées fréquentent régulièrement le site. Au printemps 2025, des observations attestent la présence de cormorans (Phalacrocorax carbo) et d’un héron cendré (Ardea cinerea), utilisant ces arbres comme perchoirs et zones de repos.
Dans un tel contexte, la prudence s’impose : les articles L. 411-1 et suivants du Code de l’environnement interdisent toute perturbation intentionnelle d’espèces protégées sans dérogation préfectorale. À ce jour, aucune autorisation n’a été communiquée.
Par ailleurs, aucune étude d’impact environnemental ni notice d’incidences n’a été versée au débat local ; aucun diagnostic, aucune matrice d’impacts ni protocole de suivi n’ont été rendus publics. Cette carence nuit à la traçabilité des choix techniques et confirme l’orientation principalement « paysagère » du projet, en l’absence d’une démonstration des mesures Éviter-Réduire-Compenser (ERC) attendues pour des milieux sensibles.
Focus espèce — Le Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo)
Phénologie (Île-de-France) : nidification en colonies dès février–mars. Statut : espèce protégée (arrêté ministériel du 29/10/2009) ; destruction de nids et perturbation interdites, sauf dérogation préfectorale dûment motivée.
Cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), Lac de Sévigné (Livry-Gargan). Comparatif 2024–2025 : à gauche, état 2024 ; à droite, état 2025.Cèdre du Liban (Cedrus libani), Lac de Sévigné (Livry-Gargan). Comparatif 2024–2025 : à gauche, état 2024 ; à droite, état 2025.
Tableau 1 — Cèdres : particularités botaniques et intérêt écologique
Espèce
Particularités botaniques
Intérêt écologique
Cedrus atlantica (cèdre de l’Atlas)
Port conique puis tabulaire ; aiguilles bleu-vert
Support possible de gros nids ; bonne résilience climatique
Cedrus libani (cèdre du Liban)
Large houppier étagé ; feuillage vert franc
Plateformes de repos pour grands oiseaux
Sensibilité des cèdres aux tailles. Ces conifères tolèrent mal les interventions sévères.
La littérature horticole recommande des tailles légères, en saison de repos, sans excéder ≈ 20 % du volume foliaire.
Focus —Cedrus atlantica supporte très mal les tailles drastiques : faible rejet après grosses coupes,
risque fongique (champignons lignivores), baisse durable de photosynthèse et espérance de vie diminuée.
Tableau 2 — Lac de Sévigné (printemps 2025) : état initial / état après interventions
Point clé
Situation avant
Situation après (printemps 2025)
Houppier — Cedrus atlantica
Dense, descendant jusqu’au sol
Sections basses intégralement supprimées
Houppier — Cedrus libani
Large houppier étagé
Réduction drastique ; sommet seulement conservé
Nids de cormorans
≥ 7 couples
Supposés détruits ou abandonnés
Effets immédiats.
— Perte d’au moins une saison de reproduction pour la colonie.
— Stress physiologique pour les deux cèdres (photosynthèse amputée ; portes d’entrée aux pathogènes).
— Diminution de la canopée locale ⇒ moindre rafraîchissement et captation de polluants.
Un déclassement silencieux d’un secteur à forte valeur écologique
En 2024, lors de l’adoption du PLUi, une séquence paysagère remarquable, auparavant identifiée dans l’ancien PLU et reprise dans plusieurs documents municipaux (dont l’Atlas de la biodiversité communale), a été déclassée. Cette requalification juridique, sans mesure de protection locale équivalente, est intervenue sans véritable débat public dédié.
Une telle évolution facilite des interventions plus lourdes, en l’absence d’un cadre écologique opposable et d’un suivi indépendant. Elle apparaît contradictoire avec l’ambition réaffirmée de faire du lac un refuge de biodiversité — d’autant que des documents municipaux successifs, ainsi que l’Agenda 2030 de Livry-Gargan, présentaient ce site comme un maillon central de la trame écologique locale.
Suppression des conifères en façade des anciennes eaux thermales en 2025
Pin noir d’Autriche (Pinus nigra subsp. nigra), parvis des anciennes eaux thermales : avant (arbre présent) / après (octobre 2025, parvis en chantier).Pin noir d’Autriche (Pinus nigra subsp. nigra), côté arrière du bâtiment sur berge : à gauche (2024) l’arbre est présent ; à droite (2025) la berge est en chantier et l’arbre n’est plus visible.
Concertation et partenariats : un écart entre discours et réalité
Le site bénéficiait depuis 2022 d’un refuge ornithologique, créé à la suite d’une proposition citoyenne (par des habitants désormais engagés dans Livry Participatif). Ce refuge a disparu des plans actuels, sans mesure de substitution ni suivi indépendant.
Dans le même temps, les communications municipales présentent la LPO comme partenaire du projet — assertion répétée lors de l’inauguration du 17 mai 2025 et dans le magazine municipal de juin 2025 (« Le projet a également été travaillé avec la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) »). Ce décalage entre communication institutionnelle et réalité opérationnelle fragilise la confiance et la crédibilité de la démarche.
Évolution du « refuge ornithologique » en 2024-2025
Refuge implanté sur une parcelle herbeuse, printemps 2024.Refuge : pelouse rase, herbes sèchesRefuge : pelouse rase, herbes sèchesRefuge : parcelle minéralisée : dalle bétonRefuge : souches d’arbres et dalle béton (19 juillet 2025)Refuge : élévations en parpaings sur dalle (11 octobre 2025)
Maison de la Source (Lac de Sévigné) : dalles béton et parcelle minéralisée lors du chantier, août 2025.
Pour un véritable projet environnemental : des garanties nécessaires
L’ensemble des constats précédents (démarrage précipité, interventions arboricoles en période sensible, déclassement écologique, disparition du refuge ornithologique, absence d’étude d’impact et de suivi) souligne les limites d’un projet piloté par le paysager plus que par l’écologie de résultat.
Pour aligner le projet sur une ingénierie écologique robuste, plusieurs garanties seraient apparues comme indispensables :
Mesures in situ en cas d’impacts avérés : revégétalisation structurée, renforcement des strates arbustives, gestion douce des arbres remarquables, réactivation d’un refuge ornithologique identifié.
Transparence : publication des autorisations administratives, du calendrier détaillé, des diagnostics phytosanitaires et écologiques.
Diagnostics naturalistes complets : inventaires faune/flore multi-saisons, cartographie des habitats, identification des continuités écologiques.
Objectifs mesurables : indicateurs de diversité spécifique nicheuse, surfaces d’habitats fonctionnels, maintien/installation de micro-habitats (bois mort, cavités, strates arbustives).
Phasage écologique : interventions séquencées hors période de reproduction, gestion différenciée par zones, ajustements progressifs.
Suivi : protocole confié à un organisme tiers (associatif ou scientifique), indicateurs publics et bilans réguliers (T0, T1, T3).
Conclusion
Pourquoi parler de biodiversité en ville ?
En milieu urbain, chaque grand arbre constitue un micro-écosystème vertical : support potentiel de nidification, îlot de fraîcheur (ombrage, évapotranspiration), réservoir de carbone et filtre à particules. Fragiliser ou perdre un sujet âgé interrompt des chaînes d’interactions espèces–habitats dont l’effet cumulé dépasse la seule valeur paysagère.
Le lac s’inscrit dans la trame verte et bleue locale, c’est-à-dire la continuité des milieux (lisières boisées, berges, alignements) qui facilite les déplacements d’espèces et améliore le cadre de vie (ombrage, confort d’été). Présenté comme écologique, le projet du lac de Sévigné semble, dans sa mise en œuvre, largement paysager sans diagnostic, phasage et suivi. Faute d’étude d’impact rendue publique, de gouvernance ouverte et d’indicateurs mesurables, il risque de produire une requalification visuelle séduisante mais écologiquement appauvrissante.
Par ailleurs, si des documents d’intention existent depuis 2015, cela ne dispense pas, en 2025, d’un phasage respectueux des cycles biologiques, d’une évaluation environnementale accessible et d’un suivi scientifique. Enfin, indépendamment du calendrier institutionnel, les décisions d’aménagement gagneraient à s’inscrire dans une logique de pérennité écologique, d’intérêt général et de redevabilité publique, plutôt que dans une dynamique d’exécution accélérée.
Portail
Lac & Jardins Madame de Sévigné
Cet article s’intègre au portail thématique « Lac & Jardins Madame de Sévigné ». Retrouvez la vue d’ensemble, la chronologie, les analyses liées au projet.
France. Code de l’environnement, art. L. 411-1 à L. 411-3 (Protection des espèces et de leurs habitats). Légifrance.
Union européenne. (2009). Directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 relative à la conservation des oiseaux sauvages. Journal officiel de l’Union européenne.
Union européenne. (1992). Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages. Journal officiel de l’Union européenne.
Grand Paris Grand Est. (2024). Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) : Dispositions applicables au secteur du lac de Sévigné [Document d’urbanisme].
Ville de Livry-Gargan. (2015). Plan local d’urbanisme (PLU) : Identification des séquences paysagères remarquables [Document d’urbanisme].
Ville de Livry-Gargan. Agenda 2030 [Document de politique publique].
Approbation du procès-verbal du Conseil municipal du 3 juillet 2025
Délibérations et rapports
2025-10-01 : Communication du Maire — Article L. 2122-22 du CGCT — Rapporteur : M. le Maire
2025-10-02 : Budget principal Ville — Décision modificative n° 2 – 2025 — Rapporteur : M. Mantel
2025-10-03 : Admission en non-valeur des produits irrécouvrables — Budget principal Ville — Rapporteur : M. Mantel
2025-10-04 : Ajustement d’autorisations de programme et crédits de paiement (AP/CP) — Rapporteur : M. Mantel
2025-10-05 : Attribution de subvention pour la rénovation thermique du groupe scolaire Bayard au titre du Fonds d’investissement métropolitain (FIM) 2024 – Métropole du Grand Paris — Rapporteur : M. Cralis
2025-10-06 : Attribution de subvention pour la réfection de la toiture du gymnase Jean-Jaurès au titre du FIM 2024 – Métropole du Grand Paris — Rapporteur : M. Cralis
2025-10-07 : Approbation de la convention avec la Région Île-de-France pour le versement d’une subvention pour la création du Cabinet médical Vauban — Rapporteur : M. Cralis
2025-10-08 : Approbation de l’adhésion à la centrale d’achat Réseau des Acheteurs Hospitaliers (RESAH) — Rapporteur : M. Chassain
2025-10-09 : Adhésion à l’association Centre Hubertine-Auclert — Rapporteur : Mme Fournier
2025-10-10 : Approbation d’une convention relative à l’organisation d’une collecte solidaire au profit du Secours populaire — Rapporteur : Mme Adlani
2025-10-11 : Fourniture de boissons et de denrées alimentaires à l’association Collectif des Associations Livryennes (CALT) pour la buvette de la brocante aux jouets — Rapporteur : Mme Adlani
2025-10-12 : Modification du règlement intérieur du Conseil municipal des Enfants — Rapporteur : Mme Adlani
2025-10-13 : Attribution d’une subvention exceptionnelle à l’association Lyriakéa pour le projet Andalouse — Rapporteur : M. Baratta
2025-10-14 : Avis sur le Plan local des mobilités de Grand Paris Grand Est — Rapporteur : Mme Herrmann
2025-10-15 : Garantie d’emprunt à la société Toit et Joie — Acquisition en VEFA de 49 logements – 21-23 allée Hoche, Livry-Gargan — Rapporteur : M. Berezin
2025-10-16 : Convention de réservation de logements avec Toit et Joie — VEFA 49 logements – 21-23 allée Hoche, Livry-Gargan — Rapporteur : M. Berezin
2025-10-17 : Garantie d’emprunt à Toit et Joie — Acquisition en VEFA de 21 logements – 15-17 allée Hoche, Livry-Gargan — Rapporteur : M. Berezin
2025-10-18 : Convention de réservation de logements avec Toit et Joie — VEFA 21 logements – 15-17 allée Hoche, Livry-Gargan — Rapporteur : M. Berezin
2025-10-19 : Prolongation de la validité des cartes d’entrée au centre nautique Roger-Lebas — Rapporteur : M. Arnaud
2025-10-20 : Attribution de subventions dans le cadre du dispositif « Sport à l’école » — Rapporteur : M. Arnaud
2025-10-21 : Approbation des conditions d’acquisition de la parcelle sise 7-9 rue du 8 Mai 1945 pour l’édification d’une nouvelle école primaire — Rapporteur : M. Miloti
2025-10-22 : Recours aux contrats d’apprentissage — Rapporteur : M. Markarian
2025-10-23 : Modification du tableau des effectifs — Rapporteur : M. Markarian
2025-10-24 : Attribution de subvention exceptionnelle au lycée Henri-Sellier pour l’organisation d’un séjour à New-York — Rapporteur : Mme Di Orio
2025-10-25 : Attribution de subvention exceptionnelle à l’association Handball-Club de Livry-Gargan pour le projet d’inclusion : Handiball — Rapporteur : M. Baratta
Questions diverses
Envoi complémentaire (9 octobre 2025) : Modification de la délibération n° 2025-10-20 – Attribution de subventions dans le cadre du dispositif « Sport à l’école ».
Du 13 octobre au 11 novembre 2025, l’EPT Grand Paris Grand Est soumet au public, par voie électronique, le Projet de Plan local de mobilité (PLM). Donnez votre avis en ligne : observations et propositions ouvertes pendant 30 jours.
🏙️ Communes concernées : Clichy-sous-Bois, Coubron, Gagny, Gournay-sur-Marne, Le Raincy, Les Pavillons-sous-Bois, Livry-Gargan, Montfermeil, Neuilly-Plaisance, Neuilly-sur-Marne, Noisy-le-Grand, Rosny-sous-Bois, Vaujours, Villemomble.
Informations issues des sources officielles (registre numérique, avis d’ouverture, sites institutionnels). Livry Participatif les relaie à titre informatif et neutre.
Participation du public par voie électronique — PLM Grand Paris Grand Est
Période : 13 octobre → 11 novembre 2025 • Organisateur : EPT GPGE (11, bd du Mont d’Est, 93160 Noisy-le-Grand)
Horaires du registre : ouverture le 13/10/2025 à 00 h • clôture le 11/11/2025 à minuit.
Maître d’ouvrage : Établissement Public Territorial Grand Paris Grand Est — 11, boulevard du Mont d’Est, 93160 Noisy-le-Grand.
La participation du public par voie électronique permet à chacun de consulter un dossier et de déposer des observations en ligne pendant une période déterminée. Elle se substitue à l’enquête publique pour certains documents (dont les PLM) et est encadrée par L.1214‑32 (Code des transports) et L.123‑19 (Code de l’environnement).
📁 Consultez aussi nos archives documentaires
De nombreux documents publics relatifs au projet Tzen 3 — notamment issus des concertations de 2010 et de l’enquête publique de 2016 — ont aujourd’hui disparu des sites institutionnels ou ne sont plus accessibles au public.
Afin d’assurer une traçabilité minimale du débat public, Livry Participatif republie dans sa section « Archives » l’ensemble des documents retrouvés, librement communicables et vérifiables. Cette collection, bien que partielle et lacunaire, vise à préserver la mémoire du projet.
Texte mis à disposition sous licence CC BY-NC-SA 4.0. Catégories : Consultations publiques · Urbanisme · Mobilités —
Mots-clefs : PLM, GPGE, participation citoyenne, mobilités, accessibilité, transports collectifs
Dernière mise à jour : 14 octobre 2025.
Leur classement dans le Plan Local d’Urbanisme (PLUi) peut concerner de nombreux habitants : propriétaires privés, copropriétés, riverains… Les cœurs d’îlots influent sur la qualité de vie, le paysage urbain, la valeur foncière et les stratégies de transition écologique.
Définition :
Un îlot urbain est un ensemble de parcelles délimité par des rues. Le cœur d’îlot en désigne la partie centrale, souvent non bâtie : jardin, cour, espace vert, terrain de pleine terre.
Dans les PLU(i), un « cœur d’îlot » correspond à un espace non construit et non imperméabilisés, protégés pour leur potentiel rôle environnemental et urbain.
Pourquoi cela vous concerne
Cadre de vie : plus de végétation = plus de fraîcheur en été, meilleure qualité de l’air, infiltration des eaux pluviales.
Patrimoine et paysage : certains quartiers voient leur caractère sauvegardé grâce au classement en cœur d’îlot.
Égalité entre habitants : tous les quartiers n’ont pas la même capacité à accueillir ces espaces, ce qui pose des questions de justice territoriale.
Propriétaires privés : une parcelle classée cœur d’îlot devient en partie inconstructible → impact direct sur la valeur foncière et les projets d’aménagement.
Collectivité : le classement peut transférer une responsabilité écologique vers les particuliers, si la puissance publique ne montre pas l’exemple sur ses propres terrains.
Atouts
Climat & confort urbain : apport d’îlots de fraîcheur en été, réduction des îlots de chaleur.
Eau & sols : infiltration des eaux de pluie, réduction du risque d’inondation, recharge des nappes.
Air & santé : amélioration locale de la qualité de l’air, diminution des polluants.
Biodiversité : refuge pour la faune et la flore, à condition d’être reliés par des corridors écologiques.
Santé Publique & Lien social : Situés sur une parcelle publique ou collective, lieux de respiration, de rencontre et d’interaction sociale, amélioration de la santé mentale.
Patrimoine & paysage : préservation d’espaces verts dans des quartiers historiques, protection contre la spéculation immobilière.
Limites et controverses
Isolement écologique : sans connexions à d’autres espaces verts, leur rôle pour la biodiversité reste marginal.
Inégalités territoriales : certains quartiers très minéralisés n’ont pas de cœurs d’îlots exploitables.
Conflits d’usage : contraintes fortes pour les propriétaires privés (perte de constructibilité, entretien).
Manque de transparence : critères de classement jugés opaques, manque de concertation citoyenne.
Transfert de responsabilités : charge écologique et financière reposant sur les propriétaires privés plutôt que sur la puissance publique.
Valeur immobilière : paradoxe entre valorisation des logements environnants et perte de valeur pour le terrain classé.
🏙 Cas du PLUi du Grand Paris – Grand Est : Pour l’espace repéré en cœur d’îlot, les cinq critères cumulés sont :
✓ espace végétalisé ;
✓ situé à plus de 5 m des bâtiments durs ;
✓ couvrant au moins 3 parcelles ;
✓ atteignant un seuil minimal de 100 m² (toutes parcelles confondues) ;
✓ ne dépassant pas 50 % d’une seule parcelle.
Problèmes soulevés : incohérences de sélection, manque d’information des propriétaires, perte de valeur des terrains concernés.
Conclusion et conditions d’acceptabilité
Les cœurs d’îlots sont un outil utile de lutte contre les îlots de chaleur urbains et de préservation de la biodiversité. Toutefois, leur efficacité et leur acceptabilité démocratique reposent sur plusieurs conditions :
une intégration cohérente à la trame verte urbaine (corridors écologiques, haies, alignements d’arbres),
une concertation transparente et équitable avec les citoyens,
un soutien clair aux propriétaires privés (incitations financières, subventions, crédits d’impôt),
une exemplarité de la puissance publique dans l’application des règles sur ses propres terrains,
et une application équilibrée entre espaces publics et privés.
Pour savoir si vous êtes concerné par ces mesures, prenez le temps de vérifier le classement de votre parcelle dans le PLUi.
Réf. : Analyse de la végétalisation des cœurs d’îlots – Le cas des parcelles de grands propriétaires institutionnels », Apur, juillet 2021
Et après l’appel à idées 2008 « Habiter les cœurs d’îlot » | Agora, biennale de Bordeaux Métropole
Végétalisation en cœur d’îlot dans une copropriété parisienne – Agence Parisienne du Climat 20 juillet 2022
Jeffrey Blain, « Le modèle des super-îlots à Barcelone : un exemple de régénération d’une ville », Géoconfluences , février 2024.